//img.uscri.be/pth/fcb28b181d68733a257fe066406360428ed85b7f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Le pas suspendu de la révolte

De
591 pages
«Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages pleines de poison.»
Lautréamont
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Mathieu Belezi
Le pas suspendu de la révolte
Flammarion
©Flammarion, 2017.
ISBN Epub : 9782081406650
ISBN PDF Web : 9782081406667
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081293663
Ouvrage composé et converti parPixellence(59100 Roubaix)
Présentationde l'éditeur Plût au ciel que le lecteur, enhardi etdevenu momentanément féroce comme ce quil lit, trouve, sans sedésorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécagesdésolésde ces pages pleinesde poison. Lautréamont
Du même auteur
Le Petit Roi, réédition Le Livre de Poche. Les Solitaires(épuisé). Meri Djan(épuisé). Une sorte de Dieu, Motifs, n° 331. La Mort, je veux dire, Serpent noir. C'était notre terre, Albin Michel ; Le Livre de Poche. Les Vieux Fous, Flammarion ; Le Livre de Poche. Un faux pas dans la vie d'Emma Picard, Flammarion ; Le Livre de poche.
Le pas suspendu de la révolte
Pour Siss
Il était tard, et pourtant pas un souffle ne circulaitdans lesrues. Parles fenêtres ouvertes la fille entrevoyait le mouvementdes ventilateurs Celuides corps nus qui se cognaient aux meubles, ou transpiraient en silencedans le garrotdes draps. Les trottoirs étaient vides, plus sombres qued'habitude Comme si la chaleurétranglait aussi lesréverres. En marchant elle sentait coulerle longde sesreins un filetde sueur Pendant que sarobedansait surses cuissesde cendre chaude Si légère, sidécolletéedevant etderrre.
Et c'est arrivée à la portede sa maison Que la fille entenditdu bruit Un caillou quiroulait ou quelque chosederessemblant. Elle seretourna. Ne vit que l'ombre épaisse et lesdeux chats qui s'enfuyaient. Rassurée elle introduisit sa clédans la serrure, libéra le pêne Fit un pasdans le couloiret seretourna pourclaquerla porte. Mais il était trop tard. Un piedbloquait la manœuvre. Elle poussade toutes ses forces sansréussiràdissuadercelui qui voulait entrer. Alors elle lâcha prise, courut le longdu couloir, traversa le salon et la chambre Et seréfugiadans la sallede bains.
Sans se presserl'homme à têted'aiglereferma le battantde la porte. Il chercha l'interrupteurle longdu mur, appuya surle bouton Fit jaillirla lumière crued'une ampoule. Au portemanteau il accrocha sa veste,déboutonna son polo et le passa par-dessus sa tête Enfila ses gantsde caoutchouc. Il était toujours mieux torse nu pourfaire ce qu'il avait à faire. Et à son touril traversa le salon S'arrêtadans la chambre qui sentait le patchouli et tantd'autres odeurs Se frotta le nez et alluma la lampede chevet. Au-dessusdu lit la fille avait accroché un posterde FreddieMercury Ce chanteurà moustache et blouson pailleté. Quel monde, pensa l'homme à têted'aigle. Il s'assit surle lit et sortit son poignard, une lamede vingt centimètres Capablede stoppernet la coursed'un fuyard Oud'égorgern'importe quelle gorge humaine. Toujours assis, le poignard-commando surles genoux Il écouta longtemps les sanglotsde la fille.
Pourquoi pleurait-elle puisqu'elle avait vingt ans Et qu'à vingt ans, mademoiselle, on ne pleure pas On serévolte
Et puis il sedit que c'était le moment. Il se leva, s'approchade la sallede bains et projeta sarangeren avant. La porte vola en éclats Et la filleréfugiéedans la baignoire se mit à hurler. L'homme à têted'aigle fondit surelle
Sortitde sa poche un foulardet la bâillonna. Ensuite il attrapa le corps, le portadans la chambre Et l'allongea surle lit. Une horloge pendue au mursonna les trois coupsde trois heures. Rien à foutre, pensa-t-il, carle temps pourmoi s'est arrêté. Etdans ce temps arrêté il observa les yeux fousde la fille qui tournaient enrond commedes bourdons pris au piège En implorant quelque impossible pardon.
Pourquoidemandaient-ils pardon, puisqu'ils avaient vingt ans Et qu'à vingt ans, mademoiselle, on n'a pasdes yeux quidemandent pardon On ades yeux en colère On ades yeux en colère, une bouche qui honnit Etdes mains qui n'ont peurderien.
Enfin il attrapa larobe et ladéchirade haut en bas Regarda le corps qui lui était offert, le tourna et leretourna. La peau était blanche, tachéede son, une vraie peaude jeune fille. De la pointede son poignardil trancha les bretellesdu soutien-gorge Caressa les seins tatoués, leduvet animaldu ventre, l'insouciancedes hanches. C'était le moment. Il enleva sesrangers,déboucla son ceinturon Sedébarrassade son pantalon etde son caleçon. Vois comme je bande Luidit-il en pressant ses couilles à pleines mains. L'horloge seremit à sonner, etdes gens passèrent en courantdans larue. Écartantd'une main le string, il flatta les veines bleuesde son sexe Et malgré lesruades et les pleursde la fille Fourra son glanddans le ventre offert. Foutue femelle ! Pensa-t-il au momentde jouir.
Pourquoi pleurait-elle puisqu'elle avait vingt ans Et qu'à vingt ans, mademoiselle, on ne pleure pas On crie On crie, on cassedu flic Et on posedes bombes sous les piedsdes orateurs.
Lorsqu'il seretiradu ventre anéanti, il était prêt pourledernieracte. Empoignant son feutre noiril écrivit
En lettres capitales surlesreinsde la fille. Et puis, le poignardà la main il fit ce qu'il avait à faire. C'était toujours la même chose, et ses gestes finissaient paravoirla précisionde l'habitude. Le bec et le poitrail en sang il ne tarda pas à seredresser Entradans la sallede bains et sedoucha Passa un peignedans ses plumesdouloureuses Serhabilla.
Et aux premières lueursde l'aube l'homme à têted'aigle ouvrit la porte Lareferma endonnantdeux toursde clé. Il avait à la main un sacde sport. Au-dessusde luides martinets se poursuivaientdans un ciel sans nuage Criant éperdument leurjoie. Il leva la tête, suivit leursarabande. Etde cinq ! Leurannonça-t-il Avantd'entamerladescentede la colline. Un peu plus basdans larue il croisa un jeune homme quirentrait chez lui.