Le trésor du major Hohensteinberg

Le trésor du major Hohensteinberg

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156 pages

Description

De Catalogne, un huitième camion part avec les dernières réserves d’or de la République espagnole et disparaît. Séparés au passage de la frontière, les deux convoyeurs n’auront de cesse que de rechercher le précieux chargement. L’un fondera une famille en Espagne. L’autre découvrira tardivement qu’il a eu un petit-fils. Leurs descendances vont se retrouver dans la poursuite du trésor qui aurait pu être détourné par un agent double. Au cours de celle-ci, un pot de confiture jouera un rôle qui interpellera. La fiction se développe dans le cadre d’une relecture imaginaire et surprenante d’évènements historiques, survenus en grande partie dans le Pays catalan.

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Date de parution 01 décembre 2016
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EAN13 9791031002712
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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1 - LA VAJOL LE DERNïER TRANSPORT D’OR
La Vajo est en efervescence. Les communîcatîons du ront sont désastreuses et nous venons d’apprendre que a vîe de Gérone va tomber entre es maîns des rebees. Le présîdent de a Répubîque, Manue Azana, ceuî du parement espagno, es Cortes, e che du gouvernement, Juan Negrîn, doîvent être exItrés. ïs prennent a route e 5 évrîer au matîn pour rejoîndre a France par e co de Lî. Ce co re-îe ’Espagne au petît vîage rançaîs de Las ïas, proche de Maureîas et de Céret. Avant de partîr, e che du gouverne-ment ordonne de transérer en France es dernîères réserves d’or et d’argent quî restent dans a mîne bunkérîsée de La Vajo. La veîe, des camîons sont arrîvés de Fîgueras et eurs conducteurs, es ayant garés sur e parkîng de a mîne, ont prîs en marchant, e chemîn du co. Des hommes attendaîent ce convoî. L’escouade constîtuée par des ééments des troupes quî se repîent de Barceone comporte sept chaufeurs, des oicîers, des combattants. La déense des dernîers avoîrs de a répu-bîque en terrîtoîre espagno va eur être conIée. Le 4 évrîer, îs ont été séparés. Ceux quî ont été écartés ont eu e droît de se reposer et cea ne eur a rîen dît de bon. Pendant que des hommes chargent es camîons, e coone quî dîrîge es opératîons organîse a mîssîon et veut s’assurer
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que chacun îra jusqu’au bout. C’est un communîste de ongue date, réputé pour sa droîture et sa Idéîté. ï era ce qu’î doît. Ses décîsîons sont prîses.
Sept oicîers sont réunîs dans e bureau de ’îngénîeur. – Camarades, vous conduîrez es camîons chargés de nos dernîères réserves. Les tentatîons peuvent être nombreuses sur-tout en ces moments que nous connaîssons. Vous devrez vous assurer que ces camîons arrîvent tous à Fîgueras demaîn. Vous aurez deux hommes armés avec vous. Chacun d’entre vous a a responsabîîté de 350 kîogrammes d’or.
Sept chaufeurs sont convoqués dans e bureau de ’îngé-nîeur. La chaeur du poêe aît presque oubîer e tragîque de a sî-tuatîon. Les brîgades sont enoncées, baayées. Les troupes na-tîonaîstes saccagent tout sur eur passage. Tout est perdu. Les membres du gouvernement sont déjà partîs. Eux sont à. ïs at-tendent es ordres. Depuîs qu’îs se sont engagés dans ce combat, îs ont toujours obéî. Ce quî eur sera demandé, îs e eront aveu-gément. ïs doîvent rester ? ïs e eront ! ïs doîvent se battre ? ïs se battront ! C’est eur honneur. ïs n’ont pus que cea. – Pourquoî sommes-nous îcî camarades ? ïnterroge ’un d’eux. – Vous avez été choîsîs pour cette mîssîon en raîson de a conIance que notre Répubîque espagnoe a en vous. Cette ac-tîon est prîmordîae pour que notre mouvement puîsse contî-nuer a utte. Êtes-vous d’accord pour un utîme efort, un dernîer sacrîIce ? – Nous e sommes. – Vous aez prendre e voant des camîons quî sont arrîvés hîer à a mîne et es ramener à Fîgueras avec e chargement quî est en cours. – Fîgueras ? Les rebees sont déjà à Gîronna. Nous es avons aux esses. Nous aons dans a gueue du oup ! – À Fîgueras, î vous sera donné de nouvees înstructîons. Maîs î aut aîre vîte. Très vîte.
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– Que devons-nous transporter ? – Les utîmes réserves d’or de a répubîque. Les dernîères expédîtîons ne sont jamaîs arrîvées à destînatîon. Ces réserves doîvent nous permettre de poursuîvre e combat, même de ’étranger avec ’appuî de nos camarades des partîs amîs. – Seus à bord ? Sept camîons ! Sî nous parvenons à atteîndre Fîgueras, je croîs à nouveau aux mîraces… – Vous serez pusîeurs. Chaque chaufeur sera accompagné d’un oicîer et de deux gardes armés. Aez. Passez à côté dans a grande sae. Dans cette dernîère, au premîer étage du bâtîment règne un désordre îndescrîptîbe. Mateas. Munîtîons posées à même e so. Nourrîture jetée par terre, aors qu’eux n’ont pas mangé depuîs deux jours. Bouteîes cassées. Papîers éparpîés. ïns-tructîons, communîcatîons roîssées. Dépêches aîssées în-tactes. Dans un coîn, un deuxîème poêe ronle. Aîmenté par es caîsses racassées quî s’étaent. Sur e poêe, une casseroe ! Dans a casseroe, du caé ! Chaud. Fumant. Cea aît des se-maînes qu’îs n’en ont pas bu. ïs trouvent des verres crasseux, maîs quand e îquîde brûant es empît, îs ne sont pus que de superbes tasses contenant e meîeur nectar qu’îs n’aîent jamaîs bu. Pour ces hommes quî se battent depuîs pus de troîs ans sur tous es ronts, pour ces durs quî bravent es bombes, es baes, a aîm et e roîd depuîs pusîeurs semaînes, ces queques mo-ments de chaeur sont de merveîeux înstants. ïs commencent à rêver, à penser à eurs compagnes, à eurs enants. Où sont-îs ? Ont-îs réussî à passer a rontîère ? Ont-îs réussî à se mettre à ’abrî ? Les Françaîs ont, parat-î, ermé es accès, maîs d’autres bruîts aîssent supposer qu’îs es ont à nouveau ouverts. S’îs ont réussî à es ranchîr, sont-îs bîen accueîîs ? Cette mîssîon avaît tout... d’une mîssîon suîcîde. Pourquoî aut-î revenîr sur Fîgueras ? La rontîère n’est pas oîn. Les « ches » ne vîennent-îs pas d’en prendre e chemîn ?
En ces moments, ces hommes durs devîennent aîbes. Le coone e sent.
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– Aez ! Aux camîons ! On y va ! L’ordre est sec. L’appe à a raternîté entre communîstes est sîmpe. Pour a cause ! Le « No pasaran » est dépassé, maîs eux contînuent à croîre en eurs vaeurs et à es déendre. Sans rîen dîre, chacun prend a dîrectîon du grand escaîer quî mène à ’aîre où sont parqués es véhîcues, déjà chargés et gardés par des camarades quî vîsîbement donneraîent eur vîe putôt que de capîtuer. ïs sont sept conducteurs. ï y a huît camîons. Huît ca-mîons... Tous bâchés. Chaque chaufeur s’înstae dans ceuî quî uî est attrîbué par un gradé. Chaque oicîer afecté au sîen prend pace sur e sîège du passager, es hommes enjambent es rîdees, arment eurs mîtraîettes et se posîtîonnent de chaque côté de a pate-orme ; îs sont bîen décîdés à tîrer sur quî chercheraît à s’em-parer du précîeux chargement. La coonne se met en marche en dîrectîon de Fîgueras pour rejoîndre ensuîte, sans doute pensent-îs, e co du Perthus.
Manue est à a oî trîste, et en coère. ï a été écarté de ’ex-pédîtîon par son amî oicîer, Pedro. ï uî en veut maîntenant. Que aîre ? Passer en France en suîvant es pas des « ches » en empruntant e co de Lî ? Rester îcî et se battre pour trouver une mort assurée ? À cette date et à cette heure, rîen nî personne ne saît, avec certîtude, sî es Françaîs aîsseront passer a coonne. La ron-tîère est ermée à ’armée espagnoe depuîs e 25 janvîer.
Le huîtîème camîon est toujours à ’arrêt. Pus personne ne uî prête attentîon. Pus personne ? Non. Pedro veîe.
Pedro a rejoînt e groupe avec es brîgades înternatîonaes puîs î s’est rapproché des troupes répubîcaînes. Certaîns dîsent que Pedro est de Düssedor. D’autres prétendent qu’î vîent de Barceone ou encore de Madrîd. Personne ne saît vraî-ment quî î est. Père aemand, mère espagnoe. ï connat très
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bîen ces vîes et ces régîons. ï sembe aussî connatre Moscou. ï pare paraîtement espagno avec un accent cataan quî uî a été transmîs par ces grands-parents orsqu’î venaît passer ces vacances à Tossa de Mar, quand î n’aaît pas à Madrîd où ses parents dîsposaîent d’un appartement dans es îeux es pus chîcs de a capîtae espagnoe. ï pare très bîen cataan, maîs avec un drôe d’accent. Aemand ? Espagno ? ï a été de tous es combats. Bessé à a bataîe du Jarama, quî vît a vîctoîre des natîonaîstes sur es mîîces répubîcaînes, î uî en reste un éger tîraîement à a jambe. Cette bessure e aît paroîs sou-rîr, maîs î n’en dît mot et s’évertue à a cacher. ï rejoînt a brîgade pour a bataîe de Guadaajara, vérîtabe prouesse des troupes répubîcaînes, où ees arrêtèrent ’avancée des natîo-naîstes sur Madrîd. ï y démontra un courage et une érocîté exempaîres. Après cette vîctoîre quî stabîîse et Ixe e ront, î est promu oicîer. ï poursuît ensuîte es combats et progresse dans a hîérarchîe. Fortement împîqué dans a bataîe de Ca-taogne, î bat en retraîte avec ses camarades sous es bombes des « Stukas » de a Légîon Condor et es baes des avîons de chasse îtaîens. Paroîs mystérîeux, quequeoîs exposî, tantôt came, tantôt exubérant, î est porté par ses racînes cataanes et aemandes. C’est un che dont on ne dîscute pas es ordres et un exempe pour ses hommes. ï a aît une partîe de ses études à Parîs et matrîse paraîtement pusîeurs angues.
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