Le Viol

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156 pages
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Description

L’Enfer et sa cohorte d’horreurs ne résident pas dans les toiles de maître, ou dans le seul imaginaire des croyants… Ils sont là, au plus près de nous, plus que tangibles. Ainsi, partout où est l’homme trouve-t-on des antichambres et des portes qui donnent accès à cet univers où se conjuguent violence et démence. Dans les cuisines d’un restaurant, dans un sex-shop ou même dans un coquet salon par exemple… Même son âme, l’homme ne peut prétendre en faire un lieu immaculé, et il existe en elle de ces zones opaques et folles qui brouillent toutes les valeurs et qui peuvent transformer une victime en bourreau… Ces lieux où germent le mal, l’absurdité, l’horrible, Daniel Bastié en fait le cœur de ces quatre nouvelles qui voient les ténèbres recouvrir chacun de ses personnages. Le harcèlement sexuel d’un fonctionnaire par sa supérieure, une rencontre avec le diable, une curiosité sexuelle qui tourne mal, une macabre et glaçante confidence… Ce qui unit ces quatre sujets, c’est bien sûr les incursions qu’ils mettent en scène sur des territoires où règnent le non-sens et le vice… Mais c’est encore l’écriture, ciselée et raffinée, d’un Daniel Bastié, qui joue de nous comme il le fait de ses personnages. Déconcertant, grinçant, ce recueil jette un regard acide sur notre nature.

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EAN13 9782748360486
Langue Français

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Le Viol
Daniel Bastié Le Viol et autres récits
Publibook
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Préface
On ne parle bien que de ce qu’on connaît. Daniel Bastié a apprivoisé son quotidien, qu’il nous livre ici, dans ses quatre longues nouvelles, avec un extraordinaire appétit de précision et un œil de photographe consommé. Partant du réel vécu de chaque jour – les transports en commun qu’il pratique, la ville qu’il arpente, les bureaux qu’il visite, les magasins qu’il chérit –, il met en scène des situations qui pourraient être banales et qui pourtant se chargent tout à coup, au détour des lignes, d’une fantastique originalité. L’originalité de l’événement dans sa totale saugrenuité. Car dans ce bureau transpirant(Le viol),dans cette rue étroite(Jean-Claude m’attend),dans cet appartement fa-milial(Une mauvaise digestion)et dans ce magasin d’images(Ciné sado),les hommes peuvent se comporter et se révéler avec leurs écarts les plus surprenants. Et l’univers stable de la quotidienneté tout à coup cha-vire, bascule, s’anéantit. Les certitudes bourgeoises sont ébranlées pour de bon, la moralité a vécu. Il ne reste que les illusions. C’est peut-être bien cela qui intéresse et pas-sionne Daniel Bastié, le petit monstre qui est en chacun de nous – monstre qu’il dissèque avec cynisme et sans la moindre pitié. L’homme est imparfait et il est bon qu’on nous le rappelle de temps à autre ! Dans ce quelconque sans risque apparent mais dange-reux, qu’il décortique à plaisir, un peu à la manière de la téléréalité, il y a tout à coup un grain de sable, un déra-page, et c’est alors l’engrenage dans le mal, dans la faute, dans les errements. La machine humaine compassée se grippe et, dans son geste non prémédité mais coupable,
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l’homme devient l’acteur d’un destin dont il n’est pas for-cément l’auteur. C’est bien le milieu qui fait l’homme, et non l’inverse, hélas ! Le viol n’a lieu que parce que les circonstances urbaines et sociales, souvent entachées d’indifférence et de morosité, l’y amènent progressi-vement, insidieusement. La rencontre avec Satan vient du dedans de l’individu, dès lors qu’il est agressé dans la rue. Il suffit d’un choc sur la tête et toutes nos retenues se lâ-chent. La mauvaise digestion est surtout le fait d’un ami qu’on n’aurait pas dû écouter avec tant de complaisance. Et le shopping vicieux ne devient malsain, au bout du compte, que parce que le vendeur va trop loin dans ses propositions. Quand lessnuff moviesirruption dans font votre vie à votre insu, il y va de votre vie à votre tour… Quatre histoires donc pour approcher l’âme humaine, sans poncif, sans grand-guignol, dans quatre univers d’ici et maintenant, qui se rejoignent peut-être dans un monde nauséeux, laissant les acteurs et le lecteur plutôt stupéfiés. C’est sûr qu’après lecture, nous n’irons pas danser, mais nous nous interrogerons, nous resterons dans le malaise des situations exposées et nous débattrons d’homme à homme avec notre conscience. Et si j’avais été ce fonc-tionnaire laissant les traces de son crime aux côtés de sa victime ? Et si j’avais un ami faisant de moi un complice de silence ? Et si, bouillonnant d’idées noires, bureaucrate anonyme, je faisais ma descente aux enfers ? Et si j’étais ce mauvais mari préférant les revues et les films porno-graphiques à sa gentille épouse ? Il y a une justice. Les personnages de ces quatre histoi-res flirtant avec l’outrage paient pour leurs forfaits. Le violeur ne s’en tirera pas indemne, la rencontre avec le diable a un prix, les confidences de l’ami font mal, très mal, et le libidineux du sex-shop passera de l’autre côté de la caméra. Daniel Bastié se défend toutefois de faire de la philosophie ni de vouloir instaurer une certaine morale. Ni cliché ni facilité, dit-il, mais un portrait intraitable de ce
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