Les amants de l

Les amants de l'Exodus

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Livres
398 pages

Description

Le deuxième roman historique d'un auteur fortement plébiscité par un comité de lecture grand public.
Préface de Mireille Calmel + verbatim sur bandeau.


Juillet 1947. Cinq mille rescapés des camps de la mort s'embarquent pour la Palestine sur un steamer des Grands-Lacs. Arrivés au large de Haïfa, ils sont éperonnés par la marine de guerre anglaise. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Le bateau est renvoyé en France, à Port-de-Bouc, où la Haganah et le Mossad déclenchent la première grande bataille médiatique du XX siècle. Ça, c'est l'Histoire. La petite histoire permet de descendre dans les cales de ce bateau, d'y vivre au quotidien et d'entrer dans les secrets d'une histoire d'amour entre un jeune Juif et la fille d'un SS.



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Date de parution 06 novembre 2014
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EAN13 9782819503804
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couverture

COUP DE COEUR

de

MIREILLE CALMEL

pagetitre

Pour Gilbert Igonet, Médecin hors-norme.

J’ai eu le privilège, pendant trente ans,
de partager son combat
et ses rêves d’un monde différent,
libéré des maladies éliminables
liées à l’environnement construit par l’homme.

Du même auteur

Aux éditions Les Nouveaux Auteurs

Le Christ de Marie-Shan. Thriller, 2007.

L’héritière de Shanghaï. Thriller, 2009.

Le roman de l’an mil. Roman, 2012.

La damnation du templier. Roman, 2013.

Préface


Il m’est toujours difficile de préfacer un livre, cela me renvoie à l’image de ces professeurs pontifiants qui griffonnaient notes et commentaires en haut des copies d’étudiants. Or je n’ai jamais été et ne serai jamais qu’une raconteuse d’histoires, une lectrice alanguie dans un fauteuil, près d’une tasse de thé vert, mon préféré, attentive aux émotions de personnages crayonnés par leur auteur. Oser les mots pour en parler, c’est briser ce lien puissant, tenu, secret qui s’installe entre un livre et son lecteur, c’est partager l’intimité d’un moment volé au temps qui passe, au quotidien. Un moment que l’on a envie, jalousement de se garder à soi. Mais voilà. Certaines histoires sont des évidences, des îlots d’humanité qui ne doivent pas demeurer dans l’ombre, dans l’oubli. Celle de l’Exodus en fait partie. Je la connaissais avant que Ramón BASAGANA ne s’en empare, avant qu’il ne lui donne ce souffle, cette respiration épique des grands écrivains, et celle plus intime des amants de chagrin. Je n’ai pas aimé ce livre, je l’ai ri, écouté, pleuré. Je l’ai reconnu au milieu d’autres comme cette part d’humanité que chacun et chacune d’entre nous préserve dans le fracas d’un quotidien de plus en plus dérouté de ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Chaque guerre a ses héros et ses victimes, chaque combat ses raisons ou ses déraisons, chaque idéal son contraire. La mémoire d’un peuple, la mémoire d’une vie ne survit que par l’amour et l’attention qu’on lui témoigne.

Alors si cette préface devait se résumer à un mot, un seul, à l’attention de Ramón BASAGANA, dont le style se passe de tout faire-valoir, ce serait celui-ci : « Merci… »

 

Mireille Calmel

PROLOGUE


Paris, 16 juillet 1942.

L’aube.

La voiture, une Peugeot 202, franchit la Seine au pont Neuf et s’engage sur la rive droite. Au volant, le SS-Sturmbannführer1 Karl Röhmer, du département opérationnel de la Waffen-SS. Il chantonne. Sur le siège passager, Anna Lambert, 24 ans, interne en chirurgie à la Salpêtrière, sommeille. Après une garde longue et pénible, compliquée de deux interventions délicates sur fond de pénurie en chloroforme, elle rentre chez elle exténuée. Karl la raccompagne. Il la déposera au pied de son immeuble, comme à l’accoutumée, et repartira dès qu’elle aura refermé la porte d’entrée.

Elle bâille, s’étire, soupire, coiffe de ses doigts longs et fins une mèche revêche. Ses cheveux sont châtain doré, ceux de Karl, piquetés de fils blancs, châtain roux. Grand, bien bâti, la quarantaine sportive, cet officier SS au regard vert est assurément bel homme, quelqu’un dont on n’oublie pas les traits. Anna, de plus petite taille mais tout aussi sportive, offre un visage qui frappe par son harmonie, ses yeux marron très vifs, son nez fin, ses lèvres volontaires aux commissures sensuelles… et par un sourire dont l’ébauche ne faiblit pour ainsi dire jamais.

Malgré leur différence d’âge, on trouve que le beau Karl et la belle Anna forment un couple assorti. Ce qui ne manque pas de faire jaser. L’irruption de cet officier allemand dans la vie de la jeune interne a réveillé des jalousies féroces dans les salles de garde.

Alors qu’ils longent l’hôpital Saint-Antoine, il pose délicatement une main sur son genou.

— Ça va ? Tu n’es pas trop fatiguée ?

Nein, ich bin schläfrig.2

Elle a répondu avec ce délicieux accent alsacien que Karl trouve inimitable. Originaire d’un petit village sur les bords du Rhin, Anna parle couramment allemand.

— Tu me feras le plaisir de rentrer chez toi et de te coucher. Si tu as besoin de quelque chose, il te suffit d’un mot.

— Non, je n’ai besoin de rien, merci Karl.

Comme la charrette d’un laitier barre la rue, il en profite pour prendre un paquet sur le siège arrière et le lui tend.

— Voilà, c’est du café et du sucre. Demain, je t’apporterai des cigarettes.

— Mais non, ce n’est pas la peine.

— Mais si, mais si ! J’y tiens.

— Je te dis que non !

— Et moi, je te dis que si !

Karl adore cette façon touchante qu’elle a de refuser les produits du marché noir : des œufs, du chocolat, du riz… Bien entendu, elle finit toujours par accepter.

Arrivés boulevard de la Chapelle, ils tombent sur plusieurs autobus de la compagnie du Métropolitain, stationnés à la queue leu leu. Tout autour, des policiers français, arme au poing, poussent vers les véhicules un nombre impressionnant d’hommes, de femmes et d’enfants, dans un cafouillis de valises et de baluchons hâtivement bouclés.

Anna se tourne vers Karl.

— C’est quoi, ce remue-ménage ?

— Une rafle.

— Une rafle de quoi ?

— De Juifs. Je t’en ai parlé la semaine dernière, souviens-toi.

— Ah oui, je m’en souviens. Avec toutes ces gardes, ce détail m’avait échappé. Entre nous, tu crois que ça mérite un tel branle-bas ?

— Le but de l’opération est d’arrêter en une journée tous les Juifs étrangers résidant en France. C’est Helmut qui dirige l’opération.

— Helmut ?

— Mais oui, l’officier que nous avons rencontré au Palais Garnier. Où as-tu la tête aujourd’hui ? C’est la fatigue qui te fait ça ?

Elle se souvient parfaitement d’un jeune lieutenant SS, plutôt charmant, qui lui avait fait les yeux doux pendant l’entracte, sous les ors du grand foyer. Ce qui l’avait frappée, c’est qu’au lieu d’arriver aux bras d’une galante parisienne, comme la plupart des officiers supérieurs allemands, il devisait avec Bernard Leroy, le secrétaire général de la police française.

Elle promène un regard détaché sur ces gens. Tous portent l’étoile jaune sur le côté gauche de leurs vêtements. Ils ont l’air résignés.

— Je ne vois pas de soldats allemands.

— C’est normal : Leroy a accepté de collaborer. Tu comprends bien qu’en tant que puissance d’occupation, nous ne pouvions procéder seuls à une rafle de cette envergure. Menée à bien par la police française, elle ne devrait poser que des problèmes mineurs.

Elle parcourt les groupes du regard.

— J’ai l’impression que vous y avez mis le paquet ! Il en sort de partout !

— Le rythme prévu est de trois transports hebdomadaires contenant chacun 1 000 Juifs. Les directives d’Eichmann sont claires : il veut que la France soit libérée totalement et le plus vite possible, de ses Juifs.

Elle ferme les yeux. Les chiffres et les images heurtent des recoins sensibles de son cerveau. Combien va-t-il falloir de convois, de trains, de wagons… pour transporter tous les Juifs de France ? Lorsqu’elle rouvre les yeux, la 202 arrive à hauteur d’un groupe de femmes. Elles tiennent des enfants par la main. Leurs yeux sont hagards, bouffis, lourds de sommeil, leurs vêtements froissés, de toute évidence passés à la hâte.

Comme la Peugeot ralentit, elle croise le regard d’une femme blonde dont le bébé tète goulûment son sein. Elle est belle, sa coiffure bien soignée. Remarquant le drapeau de la Waffen-SS sur le capot, elle fixe Anna. Il n’y a ni haine ni ressentiment dans son regard, seulement quelque chose d’indéfinissable, une sorte d’indifférence résignée qui brouille la vue et qui oblige la jeune interne à détourner les yeux.

Les policiers français ont remarqué eux aussi le drapeau de la Waffen-SS et s’empressent de faire dégager la chaussée. Dans la cohue qui s’ensuit, la femme blonde trébuche. Plusieurs personnes se précipitent pour retenir le bébé.

Dès que la 202 a dépassé le groupe, Anna se tourne à nouveau vers Karl.

— Je ne comprends pas, tu m’avais dit qu’il y aurait des dérogations pour les femmes enceintes et celles qui allaitent… Pourquoi celle-ci fait-elle partie du lot ?

— C’est un problème de logistique. Pour éviter toute perte de temps, Helmut a décidé que ce problème ne serait pas traité au domicile des Juifs, mais dans les centres de tri et par des gens du métier.

Elle fixe le trottoir, deux noctambules passablement éméchés cognent du pied contre le rideau d’un bistrot et se font vertement éconduire par la patronne depuis la fenêtre du premier. La femme d’un boulanger balaye son bout de trottoir, des passants pressent le pas… Un peu plus loin, comme la voiture ralentit une seconde fois, son regard est attiré par la vitrine d’un magasin de chaussures : on vient d’y exposer les tous derniers modèles pour femme, dont un en fibranne et semelles de bois. La photo du maréchal Pétain trône au milieu des bottes…

L’aube.

Paris s’éveille.

— Où sont-ils, ces centres ? demande-t-elle d’un ton détaché.

— Dans la région parisienne. Dans un premier temps, les Juifs seront conduits au Vélodrome d’Hiver – le Vel d’Hiv, comme vous dites de façon si poétique – puis à Drancy. De là…

— Oui, de là ?

Il y a de l’agressivité dans sa question. Karl hausse les épaules.

— On verra bien.

Ils croisent d’autres véhicules de la compagnie du Métropolitain, tous bondés de civils. L’atmosphère dans les rues est lourde. Ceux qui partent au travail évitent de fixer les convois ; les patrons des bistrots scrutent les occupants à la recherche de visages connus, puis détournent le regard. Le silence est pesant, comme si une chape de plomb s’était abattue sur Paris, épargnant les gens mais écrasant les mots jusqu’à la racine. On entend le grincement d’un essieu, le martèlement des sabots sur les pavés.

Mais on ne voit pas d’uniforme allemand.

 

La Peugeot stationne en douceur devant le numéro 29 de la rue Monseigneur, dans le XIe. Karl Röhmer prend délicatement la main de l’interne et y dépose un baiser.

— Je te souhaite une belle journée, ma chère Anna. Tâche de bien dormir. Il descend, fait le tour du véhicule et ouvre galamment la portière.

— C’est un bonheur sans cesse renouvelé que de passer quelques instants avec toi ! Un privilège dont je ne saurais me lasser.

— Merci, Karl, à demain.

Elle se dirige vers l’entrée de l’immeuble et demande le cordon. Il y a un déclic, la porte s’ouvre. Avant de refermer, elle se retourne et agite discrètement la main.

 

Postée derrière la fenêtre de la loge, Léonie Scarpatti, la concierge de l’immeuble, n’a rien perdu de la scène.

— Ça y est, le Boche vient de faire demi-tour !

Nestor, son mari, qui se rase devant la glace de la cuisine, lève son rasoir.

— Est-ce qu’ils se sont embrassés ?

— Toujours pas, et je me demande ce que ça cache. Avec ses manières de sainte-nitouche, cette Marie-couche-toi-là part pour nous en conter de belles !

— Tu crois qu’elle couche ?

— Bien sûr que si ! Tu n’as pas vu les œillades qu’il lui lance ?

Machinalement, Nestor empoigne le cuir d’affûtage et se met à rafraîchir la lame, qu’il fait pivoter une demi-douzaine de fois avant de la remettre à l’ouvrage.

— Oui, j’ai vu, mais c’est pas clair. Quand on couche, on se file un patin avant de mettre les bouts, même chez les Boches ! Tu m’enlèveras pas de l’idée qu’il y a quelque chose de pas clair, entre ces deux-là.

Léonie hausse les épaules. Elle colle l’oreille à la porte.

— Ça y est, elle est au troisième, j’entends la clef. Elle tourne la poignée, entrouvre et passe la tête dans l’entrebâillement.

Maigre, sèche, édentée, aussi volubile que teigneuse, Léonie est tout le contraire de son homme, un quinquagénaire placide dont l’aimable embonpoint a fondu comme beurre au soleil depuis que les restrictions ont vidé son garde-manger.

— Tu ne comprends rien aux femmes, lance-t-elle en quittant l’entrebâillement. Ça se voit dans le regard lorsqu’une fille va aux cuisses, et je l’ai vu comme je te vois : cette greluche se fait sauter par l’autre Boche. Cherche pas, des salopes, il y en a partout, même dans les hostos !

Elle dresse à nouveau l’oreille, tous ses sens en éveil.

— Chut ! Il y a quelqu’un, là-haut !

 

Anna n’a plus qu’une idée en tête : dormir !

Cela fait vingt-quatre heures qu’elle opère pour ainsi dire sans interruption ! Pendant qu’elle tourne la clef dans la serrure, elle repasse dans sa tête les détails des interventions. C’est une habitude : la garde terminée, elle revient sur chaque cas. Mais elle est épuisée, elle ne parvient pas à faire le tri.

Elle dort debout.

Soudain, elle entend un frôlement derrière son dos. Elle n’est pas d’un naturel craintif, mais l’escalier est mal éclairé et les temps sont troubles ; le moindre bruit devient suspect. Elle inspire profondément, contracte ses mâchoires et se retourne d’un coup.

— Qui est là ?

Un jeune homme de son âge, grand de taille, mal rasé, les cheveux en désordre, vient de jaillir de la pénombre. Sa main gauche tient une valise, sa main droite, bandée grossièrement, saigne.

— Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez ?

— N’ayez pas peur mademoiselle, je ne vous veux aucun mal, j’ai juste besoin d’aide.

Elle plisse les paupières, reste sur ses gardes.

— Que vous est-il arrivé ?

— Je suis tombé dans l’escalier.

Elle jette un regard professionnel au pansement, puis à la flaque de sang sur le palier.

— Je ne pense pas, non. Vous n’êtes certainement pas tombé sur l’escalier ! À moins qu’une troupe de samouraïs n’ait bivouaqué dans mon immeuble cette nuit ! Si vous voulez que je vous aide, vous feriez mieux de tout me dire !

Le jeune homme ne répond pas. Il pâlit d’un coup, vacille, lâche sa valise, cherche appui…

— Ça va, adossez-vous au mur, je vais voir ce que je peux faire.

Il s’exécute. De grosses gouttes perlent de son front. Il cherche sa respiration. Lorsque Anna défait le pansement, le sang jaillit d’un coup, par saccades.

— Merde, il a pété une artère !

Rapide comme un chat sautant sur un mulot, elle arrache le foulard quelle porte au cou et le noue fermement autour du poignet blessé. Elle le tutoie :

— Il faut que je t’emmène à l’hôpital, c’est urgent !

— Il n’en est pas question, répond une voix derrière son dos.

Anna se retourne lentement, à nouveau sur ses gardes. Une jeune femme sort de l’ombre. Brune, indéniablement belle, avec des yeux d’un noir troublant, un regard vif et froid.

— La police nous recherche. Si mon frère va à l’hôpital, nous sommes faits !

Elle a dit ces mots d’une voix égale, sans émotion. Anna l’observe attentivement. Elle a rarement vu une femme dégager une telle impression d’aplomb, de sang-froid. Elle trouve d’ailleurs que l’air résolu lui va bien. Une beauté hardie, est-ce que cela existe ?

Elle montre la flaque de sang sur le palier.

— Sa blessure est grave, avez-vous une autre idée, que d’aller à l’hôpital ? La jeune femme ne répond pas. Anna se tourne vers le jeune homme et a un mouvement de recul : une étoile jaune, cousue à gauche du cœur, brille dans la pénombre. Des images dévalent dans son esprit : les autobus de la compagnie du Métropolitain, le cafouillis des valises, la femme blonde trébuchant avec son bébé sur le bord du trottoir…

— Si vous pouvez aider mon frère, c’est tant mieux, reprend la jeune inconnue. Sinon, on se débrouillera sans vous. J’ai le nom d’un autre médecin dans le quartier. Tout ce que je vous demande, c’est de ne pas nous dénoncer.

Anna hausse les épaules. Au même instant, la voix de la concierge tonne dans l’escalier.

— Est-ce que tout va bien, docteur Lambert ? J’entends des gens sur le palier du troisième, du côté de chez vous. Vous n’avez pas de problème, au moins !

Anna se penche par-dessus la rampe.

— Rien à signaler, madame Scarpatti, je parle avec des amis. Au fait, je rentre d’une garde assez pénible et je voudrais me reposer. Si quelqu’un me demande, soyez gentille, dites que je ne suis pas là.

On entend un grognement, puis la porte de la loge claque, un claquement sec. Trop sec. Anna ouvre la porte de son appartement.

— Vite, entrez, cette femme est une peste. Nous n’avons pas le choix, je ferai avec les moyens du bord.

 

Anna montre une corbeille de fruits sur la commode.

— Servez-vous, mettez-vous à l’aise.

Ils ne bougent pas.

Elle pose son sac et les considère un peu surprise, mais comprend qu’ils se méfient et n’insiste pas. Elle se hâte vers la fenêtre, tire les rideaux… Elle va ensuite à la cuisine et ressort avec un seau et une serpillière qu’elle tend à la jeune femme brune, la tutoyant d’emblée.

— Tiens, va laver la flaque de sang. Pendant ce temps, j’installe ton frère. Je vais l’opérer sur la table du salon. Au fait, je m’appelle Anna.

— Moi, c’est Shanna, mon frère s’appelle David.

— Ravie de vous connaître. Tout va bien se passer, vous verrez.

 

La concierge entrebâille la porte : plus aucun bruit, la voie est libre.