Les chemins perdus

Les chemins perdus

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Français
292 pages

Description

Les chemins perdus nous entraînent aux portes du Sahara, à la frontière désincarnée d'un monde sans loi, là où il y a plus d'un demi-siècle les hommes s'exaltaient, devenaient implacables. Les énergies s'embrasaient, les forces adverses se déchaînaient, les horizons s'inclinaient et s'affaissaient, tandis que les sensibilités se troublaient. Mais malgré la frénésie ambiante, dans la famille Grezet et ses alliés, quelque chose de propice à la maîtrise et au discernement émergeait, libre de toute entrave. Jusqu'à recomposer, d'aveuglements en éblouissements, l'harmonie et l'espoir.

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Date de parution 19 avril 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140119972
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Henri Chapelet
Les chemins perdus
Les chemins perdus
Roman
collection Amarante
Les chemins perdus
Amarante Cette collection est consacrée aux textes de création littéraire contemporaine francophone. Elle accueille les œuvres de fiction (romans et recueils de nouvelles) ainsi que des essais littéraires et quelques récits intimistes.
La liste des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Henri ChapeletLes chemins perdusRoman
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-17391-7 EAN : 9782343173917
De frénétiques délateurs, des bourreaux tranquilles, à l'ouvrage dans l'univers, s'appliquent selon des préceptes supérieurs.
René Char
1  Dans la maison emplie d’amour, le visage d’or resté dans le miroir occupe toute la place. La douleur se ramifie dans tout son corps d’adolescent, l’invite à changer d’espace. Comme chaque jour, il lui faut trouver dans le monde une brèche où elle pourra s’insérer. Où mieux la bercer, se dit Jérôme, que sur le grand cyprès face à l’étendue déserte du maquis ? Il se lève de sa chaise, pose son livre sur la table et sort du salon, un goût de cendre dans la bouche et un son d’orgue et de cloches dans la tête.  C’est l’heure des confitures, du lait ou du chocolat, mais une nouvelle fois il s’en va le ventre creux gravir seul la colline. Il traverse la cour dans sa largeur, saisit son vélo qu’il a laissé la veille contre le mur de la métairie et l’enfourche. L’air sent bon la garrigue chaude truffée de lavande, de serpolet, de térébinthe, de ciste et de jasmin séché, et cela est aussi délectable qu’une pintade aux raisins muscats sortant du four. Stimulé par le mouvement et par sa passion pour cette terre qui est toujours là, errante, il accélère progressivement son allure. La brise, la stridulation des insectes, les cris lointains des rapaces et le gazouillis de la rivière composent sur la lande un quatuor qui fait éloge du silence.
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