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Les Chevaliers teutoniques

De
900 pages

Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Henryk Sienkiewicz. "Les Chevaliers teutoniques", qui pourrait aussi se traduire par "Les Chevaliers de la Croix", marque le retour du Prix Nobel de littérature au roman historique, genre dans lequel il a déjà fait ses preuves avec son célèbre "Quo Vadis ?". Il y brosse le Moyen Âge polonais, gonflé d'un grand souffle de mysticisme, pendant la Guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l'Ordre Teutonique. Dans la plus pure tradition romanesque, deux chevaliers polonais, Macko, lent, méditatif, malin et inflexible, et son jeune neveu Zbyszko, impulsif et invincible, voyagent vers Cracovie. Chemin faisant, ils rencontrent Lichtenstein, messager des "Chevaliers de la Croix", que Zbyszko offense. Il devrait, en conséquence de son acte, être condamné à mort, mais il est sauvé in extremis par Danusia, fille de Jurand, héros spirituel de cette épopée. L'amour naît entre le jeune homme et sa libératrice, et ils se marient secrètement. Danusia est ensuite enlevée par les Chevaliers teutoniques, et Zbyszko la retrouve, après de longues recherches et d'innombrables aventures, folle et malade. Elle meurt pendant le voyage de retour. Zbyszko, dont la douleur s'apaise, épouse la courageuse et intrépide Jagienka. Cette fable se déroule sur le fond dramatique de la lutte étemelle entre le monde slave et le monde germanique, entre les Polonais et les Chevaliers teutoniques, et se termine par la puissante description de la bataille de Grunwald.


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HENRYK SIENKIEWICZ
Les Chevaliers teutoniques
Traduit du polonais par Jacques de France de Tersant et Joseph-André Teslar
La République des Lettres
Les Chevaliers teutoniques
1
À Tyniec, en l’hôtellerie del’Aurochs Terrible, dépendance de l’abbaye,
quelques personnages, assis autour d’un vieux routi er, écoutaient le récit de ses
aventures de guerre et de voyage.
C’était un homme barbu, dans la force de l’âge, aux épaules carrées, presque
un géant, mais efflanqué. Ses cheveux serrés par un cordonnet, étaient enfermés
dans une sorte de résille garnie de perles artifici elles. Il portait une casaque de cuir
éraillée par la cuirasse et, par-dessus, une ceintu re entièrement faite d’agrafes de
cuivre. À la taille, un couteau dans une gaine en c orne et, au flanc, une courte épée
de voyage.
Tout près de lui, derrière la table, était assis un jeune garçon aux longs cheveux
et au regard joyeux, évidemment son compagnon, voire son écuyer, car il avait
également revêtu pour le voyage une casaque de cuir qui gardait l’empreinte de
l’armure. Le reste de la compagnie était composé de deux châtelains de la région
de Cracovie et de trois bourgeois en czapkas rouges à plis, dont les pointes ténues
leur pendaient sur le côté jusqu’au coude.
L’hôte, un Allemand, en capuce jaune, à collerette dentelée, leur versait de son
pichet une cervoise généreuse dans des bols de terre, et prêtait une oreille attentive
aux aventures guerrières.
Mais les bourgeois écoutaient avec une curiosité pl us grande encore. En ces
temps, la haine qui divisait depuis l’ère de Ladisl as Le Nain la ville et les châteaux
s’était sérieusement apaisée déjà, et la bourgeoisi e portait la tête plus haute que
dans les siècles plus reculés. On estimait fort son empressementad concessionem
pecuniarum(1)lleries des, aussi arrivait-il souvent qu’on vît dans les hôte
marchands boire de pair avec un noble. On les y voy ait même volontiers, car cette
sorte de gens avait plus aisément l’argent à la mai n et payait d’ordinaire pour les
personnages à blason.
Ils étaient donc assis et bavardaient, clignant de temps en temps vers le
tavernier, pour qu’il remplît les gobelets.
— Ainsi, noble chevalier, vous avez visité une gran de partie du monde ? dit un
des marchands.
— Peu d’entre ceux qui arrivent de toutes parts à Cracovie en ont vu autant que
moi, répondit le chevalier nouveau venu.
— Et ils sont nombreux, poursuivit le bourgeois. Grandes fêtes et grande liesse
pour le royaume ! On conte aussi, et c’est la vérité, que le roi a fait tendre
entièrement la couche royale de brocart orné de perles et disposer au-dessus un
baldaquin de même étoffe. Il y aura des divertissem ents et des tournois comme
jamais on n’en vit au monde.
— Compère Gamroth, n’interrompez pas le chevalier, dit le second marchand.
— Je ne l’interromps pas, compère Eyertreter, mais je pense qu’il sera lui-même
ravi de voir ce qu’on raconte, car il se rend certa inement à Cracovie. Nous ne
rentrerons pas non plus en ville aujourd’hui, car l es portes seront fermées avant, et
dans la nuit, la vermine qui grouille dans les pail lasses ne nous laissera pas dormir.
Nous avons donc temps pour tout.
— Et pour chaque mot, vous en dites vingt. Vous vie illissez, compère Gamroth !
— Mais je porte encore une pièce de drap mouillé à bout de bras !
— Oh là là ! Oui, mais, on voit à travers comme à travers un tamis.
Le routier interrompit le cours de la discussion en disant :
— Il est sûr que je resterai à Cracovie, car j’ai o uï parler des tournois, et je serai
heureux d’essayer mes forces dans la lice, et aussi mon neveu que voici et qui,
pour jeune et imberbe qu’il soit, a déjà vu plus d’ une cuirasse par terre.
Les hôtes contemplèrent le jeune homme qui sourit g aiement et qui, repoussant
de la main ses longs cheveux derrière ses oreilles, porta ensuite à ses lèvres son
pot de bière.
Le vieux chevalier ajouta :
— Enfin, même si nous voulions nous en retourner, n ous ne saurions où aller.
— Comment cela ? interrogea l’un des gentilshommes. D’où êtes-vous donc, et
comment vous nomme-t-on ?
— Je m’appelle Mathieu de Bogdaniec, et ce blanc-be c-là, fils de mon frère, a
nom Zbyszko. Nous portons sur notre écu un Fer Emou ssé, et notre cri est : Grady !
(2)
— Où se trouve Bogdaniec ?
— Hé ! demandez plutôt, frères, où il était, car il n’existe plus. Ha ! déjà, au
temps de la guerre des Grzymalites contre les Nalec z, ils nous avaient brûlé
jusqu’au sol notre Bogdaniec, en sorte que seule av ait subsisté la vieille maison et
tout ce qu’il y avait fut pillé tandis que les serv iteurs prenaient la fuite. Il restait la
terre nue, car les paysans qui habitaient au voisin age avaient gagné le cœur de la
forêt. Nous avons rebâti avec mon frère, le père de ce béjaune-ci, mais, l’année
suivante, l’eau nous emporta tout. Mon frère mourut ensuite et, à sa mort, je
demeurai seul avec l’orphelin. Je me dis alors : je ne resterai pas ici ! Or on parlait
en ces temps de la guerre et l’on disait que Jean d ’Olésnica, envoyé à Vilno vers
Nicolas de Moskorzow par le roi Ladislas, cherchait activement à recruter des
chevaliers en Pologne. Connaissant donc le digne Su périeur du couvent, notre
parent, Jean de Tulcza, je lui engageai la terre et, avec l’argent, j’achetai un
équipement, des chevaux, et je m’approvisionnai com me d’ordinaire pour une
expédition militaire. Pour le garçon, comme il avai t douze ans, je l’installai sur un
bidet, et hop ! vers Jean d’Olésnica.
— Avec l’enfant ?
— Ce n’était pas même un adolescent ; mais c’est vi goureux depuis l’enfance. Il
arrivait, dans sa douzième année à placer une arbal ète sur le sol, la crosse sur le
ventre, et il tournait la manivelle de telle sorte qu’aucun des Anglais que nous
avions vus à Vilno n’aurait pu mieux la tendre.
— Quelle force !
— Il portait mon casque derrière moi, et dès qu’il eut treize ans, il porta mon écu
avec.
— Il ne vous manquait pas de guerres, là-bas, déjà.
— À cause de Witold. Ce prince demeurait chez les C hevaliers Teutoniques et
chaque année, ils faisaient une expédition en Litua nie dans la région de Vilno.
Diverses nations marchaient avec eux : Allemands, F rançais, Anglais, les plus fins
archers, Tchèques, Suisses et Bourguignons. Ils aba ttaient les forêts, élevaient des
forts le long de la route, et accablèrent enfin cru ellement la Lituanie par le fer et par
le feu, en sorte que tout le peuple qui habite ces territoires voulait déjà les
abandonner et en chercher d’autres dans n’importe q uelle partie du monde, fût-ce
parmi les fils de Bélial, pourvu que ce fût loin de s Allemands.
— On disait aussi par ici que tous les Lituaniens v oulaient s’en aller avec
femmes et enfants, mais nous ne le croyions pas.
— Et moi, je l’ai vu ! Ah ! Sans Nicolas de Moskorz ow et Jean d’Olésnica, et,
sans forfanterie, sans nous, Vilno n’existerait plu s.
— Nous savons. Vous n’avez pas rendu le château.
— Bien sûr que non. Faites bien attention à ce que je vous dis, car je suis un
homme qui a servi et je suis versé dans l’art de la guerre. Les anciens disaient
déjà : « Lituanie rétive », et c’est la vérité ! Ils se battent bien, mais ils ne peuvent
se mesurer en rase campagne avec la chevalerie. Qua nd les chevaux des
Allemands tombent dans les marais, ou quand la forê t est épaisse, c’est autre
chose.
— Les Allemands sont de bons chevaliers ! s’écrière nt les citadins.
— Serrés l’un contre l’autre, ils forment une muraille et sont tellement cachés
dans leurs armures qu’on peut à peine voir les yeux de ces chiens à travers la grille
de leur casque. Et ils marchent en ligne. Parfois les Lituaniens frappaient et se
dispersaient comme la poussière, mais s’ils ne se d ispersaient pas, les autres en
faisaient une litière et l’écrasaient sous les pied s des chevaux. Et il n’est pas que
des Allemands parmi eux, car tout ce qu’il y a au m onde de nations sert chez les
Chevaliers Teutoniques. Et ce sont des vaillants ! Parfois un chevalier se penche,
croise la lance devant lui, et seul, avant la mêlée , fond sur la troupe adverse comme
un vautour sur un troupeau.
— Christ ! s’écria Gamroth. Et quels sont les meilleurs d’entre eux ?
— Cela dépend. À l’arbalète, l’Anglais l’emporte, q ue sa cuirasse protège contre
les volées de traits, et qui atteint un pigeon à ce nt pas. Les Tchèques tranchent
impitoyablement de la hache. Au sabre à deux mains, rien ne surpasse l’Allemand.
Le Suisse, à l’aide d’un fléau de fer, écrase les h eaumes ; mais les plus grands
chevaliers sont ceux qui viennent de la terre de France. Ceux-ci se battent à cheval
comme à pied, et en outre, ils tiennent de terrible s et de vaillants discours que
cependant l’on ne peut comprendre, car leur langue ressemble au choc de gamelles
d’étain, quoique leur nation soit pieuse. Ils nous reprochaient par le truchement des
Allemands de défendre les païens et les Sarrasins c ontre la Croix, comme nous le
faisions, et ils s’engageaient à le démontrer homme à homme. Il doit même y avoir
un jugement de Dieu entre quatre de leurs chevaliers, et quatre des nôtres, et la
rencontre est fixée à la cour de Venceslas, roi des Romains et des Tchèques.
La curiosité des châtelains et des marchands fut à son comble : ils tendirent le
col au-dessus des chopes du côté de Mathieu de Bogd aniec, et se mirent à
questionner :
— Et qui sont les nôtres ? Parlez vite !
Mais Mathieu portait les lèvres à son pichet. Il bu t et dit :
— Oh ! n’ayez crainte pour eux. Il y a Jean de Wlos zczowa, castellan de
Dobrzyn ; il y a Nicolas de Waszmuntowo, il y a Jea n de Zdakowo et Jarosz de
Czechowo : tous chevaliers d’élite et gaillards red outables. Qu’ils aillent à la lance,
à l’épée ou à la hache, ce ne sera pas pour eux une nouveauté. Les yeux des
hommes verront quelque chose et les oreilles auront quelque chose à entendre, car,
comme je le disais, tu écrases sous ton pied la gorge du Français, et il profère
encore des paroles chevaleresques. Ainsi, je jure D ieu et la Sainte Croix, que ceux-
là l’emporteront par leur bavardage et que les nôtres vaincront.
— Il y aura de la gloire, si Dieu nous bénit, dit l’un des gentilshommes.
— Et saint Stanislas ! ajouta l’autre.
Puis, se tournant vers Mathieu, il se mit à l’interroger de nouveau :
— Sus ! Parlez ! Vous avez glorifié les Allemands e t autres chevaliers qui sont
vaillants et qui ont aisément maintes fois écrasé l a Lituanie. Et avec vous, n’ont-ils
pas eu plus de mal ? Sont-ils tombés sur vous aussi volontiers ? Comment Dieu
vous a-t-il aidés ? Racontez les prouesses des nôtres !
Mais Mathieu de Bogdaniec n’était évidemment pas un fanfaron, car il répondit
modestement :
— Ceux qui arrivaient nouvellement des contrées loi ntaines, frappaient sur nous
à l’envi, mais après s’y être essayés à plusieurs reprises, ils n’y allaient déjà plus de
même cœur. Car notre nation est dure, et souvent on nous reprochait cette dureté :
« Vous méprisez la mort (disait-on) mais vous secou rez les Sarrasins, et pour cela,
vous serez damnés ! » Et la passion croissait encore en nous, car cela est faux ! Le
roi et la reine avaient baptisé la Lituanie, et cha cun y confesse Notre-Seigneur le
Christ, sans bien savoir comment peut-être. On sait d’ailleurs que notre gracieux
sire, quand on précipita le diable à terre dans la cathédrale de Plock, ordonna de lui
offrir un reste de cierge, et voilà les prêtres obligés de lui représenter qu’il n’était
pas décent de le faire. Que dire alors d’un simple rustre ! Plus d’un se fait cette
réflexion : « Le prince s’est fait baptiser alors j e me fais baptiser ; il a frappé les
dalles de son front devant le Christ, alors je frap pe ; mais pourquoi, dois-je refuser
d’offrir quelques miettes de fromage aux vieux diab les païens, ou de leur jeter des
navets cuits, ou de répandre l’écume de la bière. S i je ne le fais pas, mes chevaux
se couronneront, mes vaches prendront la gale, ou l eur lait tournera en sang, ou la
moisson pourrira. » Et beaucoup le font, et sont ainsi en butte au soupçon. Mais ils
font cela par ignorance et par crainte des diables. Ceux-ci étaient gâtés autrefois. Ils
possédaient leurs boqueteaux, de grandes huttes et des chevaux pour voyager, et
prélevaient la dîme. Et maintenant, les bois sont c oupés, rien à manger, les cloches
sonnent par les villes, aussi cette vermine s’est-e lle enfermée au plus profond des
forêts et y hurle-t-elle de nostalgie. Si le Lituan ien va au bois, l’un ou l’autre le tire
dans la brousse par sa peau de mouton et dit : « Do nne ! » Il en est qui donnent,
mais il y a également des hommes audacieux qui refu sent de rien donner, ou
encore les attrapent. L’un de ces derniers répandit des pois grillés sur une vessie
de bœuf, et treize diables y entrèrent. Et lui les fixa avec un pieu de sorbier et les
porta à Vilno pour les vendre aux frères Franciscai ns. Ceux-ci lui baillèrent de grand
cœur vingt écus pour exterminer l’ennemi du nom du Christ. J’ai vu moi-même cette
vessie d’où une ignoble puanteur s’enfonçait de loi n dans les narines des hommes,
car c’est ainsi que ces immondes esprits témoignaie nt de leur effroi de l’eau
bénite …
— Et qui a pu compter qu’ils fussent treize ? interrogea prudemment le
marchand Gamroth.
— Le Lituanien les a comptés, pendant qu’ils entrai ent. On pouvait voir qu’ils y
étaient, car on pouvait le démêler à la même puante ur, et personne ne voulait
arracher le piquet.
— C’est étrange aussi, étrange ! s’écria l’un des g entilshommes.
— J’ai vu moi-même bien de grands prodiges. On ne p eut le nier. Cette nation
est bonne, mais chez eux tout est singulier. Ils so nt très velus et c’est à peine si le
prince coiffe ses cheveux. Ils se nourrissent de na vets rôtis qu’ils préfèrent à toute
autre nourriture, car ils disent que cela développe la valeur. Ils vivent dans leurs
huttes avec le bétail et les serpents. Ils ignorent toute mesure dans la beuverie et la
mangeaille. Ils n’estiment pas les femmes mariées, mais honorent grandement les
filles et leur attribuent une grande puissance : si une jeune fille frotte un garçon
avec un « jater » sec sur le ventre, les coliques l ui passent.
— Si la fille est très jolie, il n’y a pas à regretter d’attraper des coliques ! s’écria
le compère Eyertreter.
— Pour cela, demandez-le à Zbyszko, repartit Mathie u de Bogdaniec.
Et Zbyszko éclata de rire, au point de faire trembler le banc sous lui.
— Il y en a de jolies ! dit-il. Et Ryngalla n’était-elle pas jolie ?
— Qu’est-ce donc que Ryngalla ? quelque gaillarde ? hein ? Dis vite !
— Comment ? Vous n’avez pas entendu parler de Rynga lla ? questionna
Mathieu.
— Pas un mot.
— C’est justement la sœur du prince Witold, la femm e d’Henry prince de
Mazovie.
— Que dites-vous ! Quel prince Henry ? Il y avait u n prince mazovien de ce nom,
électeur de Plock, mais il est mort.
— C’était lui-même. Les dispenses devaient arriver de Rome, mais la mort lui
donna la première dispense, car il avait évidemment trop peu réjoui Dieu par ses
actions. J’étais alors envoyé avec une lettre de Je an d’Olésnica au prince Witold
lorsque arriva le prince Henry, électeur de Plock, envoyé par le roi à Ritterswerder.
Witold était déjà las de la guerre, car en vérité, il ne pouvait s’emparer de Vilno, et
notre roi était dégoûté de ses frères et de leurs d ébauches. Le roi, voyant alors en
Witold une plus grande adresse qu’en ses frères, et une sagesse plus grande, lui
dépêcha l’évêque pour l’engager à abandonner les Ch evaliers Teutoniques, lui
promettant en échange le gouvernement de la Lituani e. Witold, toujours avide de
changement, écouta avec plaisir le message. Il y eu t même des banquets et des
tournois. Aussitôt élu, Henry monta à cheval, bien que les autres évêques ne
l’admettent pas, et montra sa force de chevalier da ns la lice. Mais tous les princes
mazoviens sont d’une race d’athlètes, et l’on sait bien que même les jeunes filles de
ce sang brisent aisément un fer à cheval. Ainsi une fois, le prince désarçonna trois
chevaliers, une autre fois, cinq, et il me renversa moi-même parmi les nôtres, et le