Les cigales ne passent jamais l

Les cigales ne passent jamais l'été

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Livres
242 pages

Description

Une demande d'amitié sur facebook d'une ex, ce n'est jamais amusant... surtout quand elle est morte 15 ans plus tôt.

Clara, jeune journaliste parisienne, file depuis peu le parfait amour avec Gabriel, son voisin. Un soir ce dernier reçoit une étrange invitation sur Facebook : celle d'Aurelie Massoni, sa petite amie lorsqu’il était adolescent et vivait à Marseille. Le problème : Aurélie est morte mystérieusement il y a plus de 15 ans ! Quelques jours plus tard, Gabriel disparaît après avoir envoyé un mail énigmatique à Clara. Persuadée du lien entre cette intrigante demande d'ami et la disparition soudaine de son amoureux, Clara décide de se rendre dans la cité Phocéenne pour le retrouver. La jeune journaliste commence alors une plongée infernale dans le passé de Gabriel. Pourquoi les habitants du quartier sont si réticents à parler du fait divers qui a marqué leur été 1995 ? Que s’est-il passé le soir de la mort d’Aurélie dans ce bar sordide où tous les oiseaux de nuit marseillais se réunissent pour consommer drogues et alcools à outrance ? Entre drames de voisinage, secrets de famille, trahisons et corruptions mafieuses, Clara va vite comprendre que tous les vieux amis de Gabriel ne lui veulent pas que du bien


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Informations

Publié par
Date de parution 10 avril 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9782919402281
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Wladimir Pandolfo
Les cigales ne passent jamais l’été
roman
Bruit Blanc ème 6 rue du Pont de Lodi, Paris 6
© Bruit Blanc 2014 Collection Bruit NoirbyBruit Blanc ISBN papier : 978-2-919402-26-7 ISBN Digital : 978-2-919402-28-1 www.bruitblanc.fr – www.bruitnoir.fr
à Maman, Papa et Benjamin
PROLOGUE
Paris, de nos jours.
— Et maintenant je mets quoi en photo de profil ? cria Clara du salon.
Gabriel, plongé dans l’intrigue de sa série préférée, avait vaguement perçu la voix de sa nouvelle copine sans comprendre clairement le sens de la question. Deux solutions étaient à envisager : soit, il continuait à comater sur le lit en ne lâchant pas une miette de l’histoire, soit il volait à la rescousse de Clara sans atten-dre. D’humeur héroïque, il se leva lentement et rejoignit la jeune femme. — Qu’est-ce qui se passe ma jolie ? — Je suis censée uploader une photo de profil, je mets quoi ? demanda Clara, réellement perdue. — Ma belle, ça fait des années qu’on est tous sur face-book et toi tu décides un dimanche à presque minuit de créer ton profil, ça sort d’où ce changement d’avis ? — J’me sens comme une conne quand tout le monde au bureau parle des photos ridicules du mec de la compta ou du statut de la directrice marketing. Et puis, y’a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… Tu y passes ta vie, toi ! — T’es en vacances ! Si on pouvait éviter les allusions au service compta, au rédac chef et aux conseils décos : je n’en voudrais à personne, ironisa Gabriel.
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— Gnagnagna ! Facile à dire ! Ça fait trois mois que tu ne bosses plus, donc t’as l’temps pour t’aérer l’esprit c’est sûr ! Même si Gabriel savait que Clara n’avait pas voulu le blesser, il ne put s’empêcher d’être un peu vexé par cette remarque. Il avait travaillé pendant près de dix ans dans un important cabinet de consulting, il avait tout donné à son métier, laissant de côté sa vie sentimentale. Plutôt malin et ambitieux, il avait gravi les échelons brillam-ment au point d’être le cadre supérieur le plus jeune de la société. Il meublait son faible temps libre à grands coups de week-ends à Deauville ou de nuits blanches dans les boîtes huppées de Paris. L’heure des remises en question avait sonné le jour de ses trente ans. C’était l’âge où son père l’avait eu. Et lui qu’avait-il ? Ses amis se mariaient les uns après les autres et commençaient leur vie de famille. Lui, avait la nette impression de stagner et de tromper son en-nui avec des dossiers professionnels. Pourtant, il ne se sentait pas pour autant la fibre paternelle. Il avait juste envie d’arrêter de vivre dans l’ambiance pesante et agressive d’une multinationale pour faire le point et prendre un chemin nouveau. À la grande surprise de ses supérieurs, il s’était porté volontaire au départ lors du dernier plan social de la boîte. Ils avaient tout essayé pour le retenir mais sa décision était prise : il voulait une autre vie. Le gros chèque qu’il avait touché suite à son licenciement lui permettait de faire une pause de quelques mois pour faire le point. Et des changements, il comptait bien en faire… — C’est l’été, je vais mettre une photo de mes vacanc-es à Barcelone… Dis Gab, tu m’écoutes ? Gabriel, préoccupé, ne lui prêtait effectivement pas attention. La première révolution dans sa vie avait été
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de changer d’appartement. La plus-value faite avec la vente de son 2-pièces montmartrois lui avait permis un train de vie tranquille pour réfléchir, sans stress finan-cier, à son avenir. Il avait décidé de louer un apparte-ment dans le quartier Saint-Georges et la voisine du dessous avait été pour lui comme un cadeau des Dieux. La jolie Clara, pigiste dans un mensuel de décoration, lui avait fait vite comprendre qu’il ne la laissait pas in-différente. Les choses s’étaient enchaînées très vite et cela faisait trois mois qu’ils se voyaient dès qu’ils en avaient l’occasion. — C’est super une photo de Barcelone ! Je cautionne à fond lui répondit-il amusé… J’ai le droit de retourner devant télé ? lui lança-t-il avec une voix de petit gar-çon suppliant. Il savait qu’elle ne résistait pas à son air d’éternel adolescent. — Ok kid ! Je mets mon premier statut à jour et je te rejoins, lui dit-elle en le gratifiant d’un baiser.
Il s’écroula sur le lit en songeant qu’il se sentait heu-reux comme il ne l’avait pas été depuis longtemps. Loin des relations passionnelles, des drames permanents et des histoires sans lendemain, il semblait enfin avoir trouvé une relation stable et saine qui lui faisait com-prendre que, lui aussi, pouvait finalement avoir droit au bonheur. Il ferma les yeux et sourit. Clara s’était blottie contre lui et lui caressait lentement la tête : — Je crois que je t’aime, lui chuchota-t-il doucement à l’oreille. Clara sursauta violemment en guise de réponse. Elle venait de se relever brutalement. — Gabriel, t’es vraiment lourd ! s’exclama Clara en ri-ant à moitié. Pourquoi tu mets toujours ton blackberry sous l’oreiller, il vient de vibrer, ça m’a fait super peur !
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Elle tenait le téléphone entre ses mains et changea brusquement de ton : — Tiens, c’est une alerte facebook, faudra que j’installe l’appli aussi sur mon téléphone. Y’a Aurélie Massoni qui souhaite t’ajouter à sa liste d’amis, c’est qui cette fille ? demanda-t-elle l’air intrigué. À ces mots, Gabriel se raidit et sentit son cœur s’accélérer. — Et du calme Gab ! Si c’est ton ex-copine, je vais pas me braquer. En plus, elle habite à Marseille d’après le descriptif. T’habitais là-bas quand t’étais ado, non ? Donc c’est vraiment une ex très ancienne. Aurélie Mas-soni, ça fait vraiment mega cagole comme nom. Elle doit être quoi ? Coiffeuse ? Caissière ? Cantinière ?... Regarde, c’est encore elle qui t’envoie un message… C’était plus fort qu’elle, Clara cliqua sur l’onglet des messages avant même que Gabriel ne puisse réagir et approcha son visage de l’écran pour mieux voir. — Les cigales ne passent jamais l’été… Mais qu’est-ce que ça veut dire ce truc ? Je ne sais pas comment on peut faire plus cliché provençal. On dirait une morale de La Fontaine version aïoli. Finalement, elle est peut-être devenue cuisinière dans un kebab de la Canebière. Gabriel ouvrit doucement la bouche, Clara sentit qu’il avait clairement du mal à parler. — Aurélie Massoni est surtout… morte en 1995, répondit Gabriel d’une voix tremblante. Il se saisit alors du téléphone et s’empressa de refuser la demande d’amitié virtuelle.
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