Les contre-jours de Camilla Lundt

Les contre-jours de Camilla Lundt

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18 pages

Description

À l’inverse des autres, l’état de vigilance de Camilla s’accroît considérablement quand la nuit tombe, lui interdisant de trouver le sommeil. Les nuits d’été, trop brèves, se doivent alors de gagner en intensité.

Aussi, quand dans la maison tout dort, Camilla quitte sa chambre et s’en va musarder à travers les rues de Villeneuve-la-Valleuse.

Là, elle fait d’étranges rencontres, entre créatures fantastiques et fantomatiques…

Ce texte séduit par sa très belle écriture, riche, dense, musicale et gourmande, empli de mots que l’on a envie de mettre en bouche, de prononcer à voix haute pour entendre leur écho résonner longtemps à notre oreille.
 
Il saisit par son univers, fantastique, au décor nocturne envoûtant, dans lequel le personnage de Camilla, attachant dans son irrépressible désir de jouissance, fait de nous les compagnons de ses fugues.

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Date de parution 01 novembre 2016
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EAN13 9791096379170
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Les contre-jours de Camilla Lundt
CÉCILE-MARIE HADRIEN
ISBN : 979-10-96379-17-0
© 15K - Novembre 2016
Couverture : © Quentin Marcadet
15K propose des textes courts inédits à lire et à écouter sur supports numériques.
www.15k.fr
-I-
e n’ai jamais pu me faire au rythme des autres. Jm’interdisant de trouver le sommeil. Au matin, ma f atigue est telle que je suis Quand la nuit tombe, mon état de vigilance s’accroî t considérablement, inapte à accomplir la moindre tâche. Je somnole tou t au long du jour pour m’éveiller à l’instant où le soleil se laisse choir comme du plo mb fondu derrière les toits de Villeneuve-la-Valleuse. Je suis rarement assez luci de pour assister à ce drame quotidien. Mes paupières ne se descellent complètement que dan s l’ombre et mes iris clairs, accoutumés depuis trop longtemps à la pénombre, ne souffriraient plus l’incandescence du jour. À cause de cette spécificité biologique, o n m’a relevée pour un temps indéterminé de toute obligation diurne.
À l’inverse des autres personnes, je dors davantage en été, quand les nuits sont courtes et j’entends remplir à ma guise mes nuits t rop brèves afin qu’elles gagnent en intensité. La léthargie comateuse de la fin d’après -midi met un temps infini à se dissiper. Quand je rentre enfin en pleine possession de mes m oyens, il est déjà tard et on n’entend plus aucun bruit dans la maison. Je quitte ma chambre avec discrétion, descends le grand escalier, ouvre la porte à double battant qui donne sur la rue – et me voilà dehors ! Je me hâte le long de la rue des Rep entantes et m’en vais musarder à travers la ville, en recherchant avec ferveur ce qu ’elle dissimule sous ses innombrables masques.