Les expériences d’une première sortie
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Il était une fois…Un jeune enseignant de français, langue seconde, que tous les apprenants admiraient. Son cours magistral était à chaque fois une mine d’informations et de distraction en même temps. Il avait une connaissance assez solide sur cette langue et sa littérature. Son vœu le plus cher est de le transmettre à ses apprenants de la manière la plus complète possible. Il était mercenaire à l’époque. Comprenez ici par mercenaire : un enseignant non fonctionnairequi court d’école privée en école privée pour dispenser son savoir,son savoir-faire, son savoir être à des sommes peu honorables ;et non pas la définition qu’en donne le petit Robert. Selon lepetit Robert, mercenaire signifie « adjectif (qui n’agit que pourun salaire, est inspiré par le profit) et nom masculin (soldat à lasolde d’un gouvernement étranger. Latin mercenarius… ». Ceciest la définition que j’ai trouvée dans la version électronique dudit dictionnaire au travers Gooogle bien évidemment, l’ami detous (des enseignants et encore plus des élèves désormais). Toutcela pour dire qu’un mot n’a de sens que dans son contexte. Biensûr, en temps normal les enseignants s’aident plutôt de la versionpapier pour créer la différence probablement mais cette fois-ci,je ne sais pas pourquoi, je garde la version numérique…L’enviepeut être…

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 2
EAN13 9789995278069
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES EXPÉRIENCES D’UNE PREMIERE SORTIE
Roman
Kadiatou BA
LES EXPÉRIENCES D’UNE PREMIERE SORTIE
Roman
INNOV EDITIONS Tous droits réservés Siège social: Route de Sotuba, près de l’Ex MINUSMA, Bamako,Mali E-mail : manuscritinnov@gmail.com Tel: (223) 76 04 87 63 / 98 94 14 14 ISBN: 978-99952-78-069 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Mali 2020
Kadiatou BA
Il était une fois… Un jeune enseignant de français, langue seconde, que tous les apprenants admiraient. Son cours magistral était à chaque fois une mine d’informations et de distraction en même temps. Il avait une connaissance assez solide sur cette langue et sa littérature. Son vœu le plus cher est de le transmettre à ses apprenants de la manière la plus complète possible. Il était mercenaire à l’époque. Comprenez ici par mercenaire : un enseignant non fonctionnaire qui court d’école privée en école privée pour dispenser son savoir, son savoir-faire, son savoir être à des sommes peu honorables ; et non pas la définition qu’en donne le petit Robert. Selon le petit Robert, mercenaire signifie « adjectif (qui n’agit que pour un salaire, est inspiré par le profit) et nom masculin (soldat à la solde d’un gouvernement étranger. Latin mercenarius… ». Ceci est la définition que j’ai trouvée dans la version électronique du dit dictionnaire au travers Gooogle bien évidemment, l’ami de tous (des enseignants et encore plus des élèves désormais). Tout cela pour dire qu’un mot n’a de sens que dans son contexte. Bien sûr, en temps normal les enseignants s’aident plutôt de la version papier pour créer la différence probablement mais cette fois-ci, je ne sais pas pourquoi, je garde la version numérique…L’envie peut être…
Ceci étant, quelques années après, à la suite de quelques for-mations, l’expérience aidant au fil du temps, il était aussi compé-tent qu’à l’époque, mais il avait une tout autre manière d’ensei-gner : il aimait à présent proposer des activités et laisser le libre choix à ses apprenants. Ses explications ne visaient plus l’exhaus-tivité des contenus, mais plutôt la réutilisation de la langue dans des contextes variées. Il était devenu un enseignant au service de ses apprenants, tout se faisait en fonction des besoins de ces
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derniers. Il était à la fois un modérateur et un facilitateur. Il privi-légiait la perspective actionnelle et l’apprentissage par les tâches. Il mettait ses apprenants au centre de leur formation et il leur faisait faire. Il honorait de jour en jour ses professeurs de l’École Normale Supérieure où il était sorti comme Professeur d’Ensei-gnement Secondaire, filière Lettres, un produit fini des meilleurs enseignants du pays : les Lettres ensuite les autres.
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Et comme on n’apprenait jamais assez, quelques années plus tard, l’envie lui vint de poursuivre ses études dans le même do-maine. Dans son pays, l’enseignement supérieur en Lettres se limitant qu’au master 1, il décida alors d’aller à la source : le pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, dans l’espoir d’apprendre plus sur le Français, le Français français, la langue de Molière. Pour contracter, il réussît autant que faire se peut à franchir les multiples d’obstacles et intégra une formation de master II pro-fessionnel en France. Obstacles, que dis-je ? Au-delà ! Je cherche le mot convenable mais rien…je ne trouve pas…Entrer en France un cauchemar : de démarches interminables, de tracasseries, de papiers, de rendez-vous, et au final autant de déception, de rêve brisé pour de centaine de milliers de personnes auxquelles on dit tout simplement NON sans explication. Si c’est un obstacle pour ceux qui veulent y accéder par la voie légale, va savoir pour ceux qui ont recours à l’illégale dans le but d’y être à tout prix. La France à tout prix ! L’eldorado l’impression donne. A dire vrai malgré les périples, quoi qu’on en dise, qu’on subisse, une fois sur place on ne peut pas se dire ou dire « tout ça pour ça ». Sincère-ment ça vaut le coût c’est déjà bien… Tout compte fait, il a réussi à intégrer la filière de ses rêves et y a appris qu’avant tout, l’usager et l’apprenant d’une langue doivent être considérés«comme des acteurs sociaux ayant à ac-complir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et un environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier…»(CECRL P.16). Il avait retenu à partir de là que :
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«Nous apprenons dans l’actionUne action répétée forme des habiletés et des habitudes ; Nous apprenons de l’expérienceLa pratique et l ‘expérience doivent donc faire partie inté-grante de tout programme de formation. Chacun doit réinventer pour lui-même l’ensemble de ses connaissances ; Nous apprenons par essais et erreursLes conséquences de nos actions sont autant de récompenses ou des punitions, selon que l’action est réussie ou pas. » Ce qu’il y avait de magique, c’était le fait qu’il acquière au cours de cette formation, une autre compétence en plus de ses potentialités antérieures. Il y figurera, à la suite de cette forma-tion, dans son Curriculum Vitae l’option spécialité : ingénierie en sciences du langage, filière Didactique du Français Langue Etrangère et Seconde. Cette mention révèle qu’il a eu le savoir et le savoir-faire nécessaire pour concilier son enseignement avec les outils de la nouvelle technologie dans l’objectif de concrétiser d’avantage sa pratique. Impeccable! En règle générale, l’honnêteté intellectuelle veut que lorsque l’on reprend les propos d’autrui, qu’on les met entre guillemets. Dans mon cas, les propos ci-dessus sont à la fois mien et au-trui. Je vous explique : j’ai repris des choses en rajoutant d’autres choses dans le but de les conformer à mon profil. Et comme je ne sais pas comment m’y prendre dans ce cas, j’ai décidé de mettre tous les propos, les miens comme ceux d’autrui, entre guillemets pour ne pas être taxé de plagiat, au pire d’être poursuivi. Pru-dence ! Bon, brefcet enseignant c’est moi, je me fais l’honneur et le plaisir de vous raconter tout ce que j’ai entendu et vu autour de moi lors de mon long et pénible périple pour la France, même si cela ne vous rend pas service. Je me ferai votre témoin oculaire et
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oreillard à votre gré. Vous pouvez compter sur moi, je vais assurer (c’est bien ça qu’on dit entre jeunes : noirs et/ou blancs.). Commençons par le début, le début du commencement. Je suis Bocar, Bocar Sy. Bocar ce n’est pas le nom, c’est le prénom. Je viens du Mali, de la cinquième région du Mali (Mopti, la Venise malienne), plus précisément de Bandiagara, la capitale du pays Dogon (Dogon : une ethnie du pays, d’ailleurs ethnie de ce seul pays, chose rare, très rare). Il y en aura parmi vous, certains qui n’arrivent toujours pas à se localiser. Je vais donc encore une fois (je dis encore une fois parce qu’avec mes apprenants c’est comme cela, je répète, reformule, reviens en arrière… pour que la ma-jorité comprenne) essayer de localiser tout le monde d’abord géographiquement. Pour mes camarades Africains, le Mali est un pays d’Afrique de l’Ouest, frontalier de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Nigerà l›est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest. Preuve que je retiens bien mes cours du collège. Bien. Je n’oublie point mes camarades Européens. Si je vous dis Tombouctou, cela évoque certainement quelque chose chez chacun d’entre vous. Cette ville évoque aux uns le patrimoine mondial de l’UNESCO et aux autres le bout du monde. Tout le monde a d’une manière ou d’une autre entendu parler de cette ville, la ville mystérieuse, la cité des 333 saints. Donc moi je viens du pays où se trouve cette ville qui est au Nord et ma ville se situe au sud. C’est clair pour tout le monde à présent. Pour ceux qui ignorent la défini-tion du sigle UNESCO, c’est L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture(enanglaisUnited Na-tions Educational, Scientific and Cultural Organization),UnescoouUNESCO,c’est pareil cela veut dire qu’il peut aussi être en minuscule. Pour plus d’information, conférez-vous à Gooogle.
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Je vais vous confier un secret : j’aime beaucoup expliquer tout et rien c’est pour cela que petit, on me qualifiait déjà de bavard et j’ai décidé que plus tard je serai journaliste. Grand, j’ai trouvé qu’un journaliste ne faisait pas plus bavard qu’un enseignant et qu’un enseignant était beaucoup plus objectif qu’un journaliste (les médias il faut s’en méfier quelquefois…), c’est pour cela que j’ai opté au final pour l’enseignement. Avec moi tout le monde à l’occasion de comprendre tout. Revenons un peu en arrière, je vois une expression qui mérite une petite explication : tout et rien. Nous disposons d’une figure de style dans la langue de Molière qui est propre à ces genres d’expression : l’oxymore. Je n’ai pas assez de temps pour vous l’expliquez, j’ai cours à 13h. Prochainement, j’irai droit au but, l’objectif c’est de vous étayer le processus à suivre pour pour-suivre ses études en France. Dans mon pays, la première des choses à faire lorsqu’on en-visage vraiment de faire quelque chose, on se renseigne, c’est le b+a=ba. De bouche à oreille, on a toutes les informations néces-saires pour réaliser son souhait. L’oralité, on le sait, est un propre du continent Africain par excellence. J’ai entendu dire… ! Ra-rement on entend l’expression : j’ai lu… ! On peut donc nous le reprocher à tort (on l’a hérité de nos ancêtres) ou à raison ème (inadmissible au 21 siècle) mais c’est un fait. Après tout, à quoi bon fournir un effort pour avoir des informations fiables dans les écrits si l’on peut se les procurer oralement. De toute façon, notre arrière-grand-père, le célèbre écrivain malien Amadou Hampâté Ba, nous enseigne encore (ses écrits) que « L’écriture c’est de l’oral couché sur du papier ». Alors j’en déduis que ce qu’on me dit dans les écrits, c’est la même chose que ce que je reçois à l’oral, même si moins vérifiable c’est ce qui implique qu’il n’est pas tou-jours fiable. Même avec cette réalité, un malien même instruit, reste toujours un africain pris dans cette réalité, la preuve… 10