Les Faux marabouts

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Description

Que se passe-t-il à Soké-Soké ? Téléphone, argent, sacs de riz, bidons d'essence disparaissent tandis que 2 mystérieux personnages promettent monts et merveilles. Le commissaire promet de les coffrer. Mais à malin, malin et demi !

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EAN13 9782350450780
Langue Français

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Bernard Pévé Béavogui

Les faux marabouts

Dans le cadre des valeurs de la compagnie UNICON,
l'hôtel Palm Camayenne développe un partenariat
avec des associations ou des entreprises guinéennes
dans une perspective de développement durable.

Nous nous associons aux éditions Ganndal pour
soutenir leur effort en direction de la jeunesse.
La jeunesse représente plus de 50 % de la population,
c’est le capital du pays. Mais une jeunesse
responsable, sur laquelle la société pourra appuyer son
développement, doit être instruite. La lecture est
l'une des clefs du savoir. C'est pourquoi il a semblé
tout naturel à la Compagnie UNICON de soutenir la
collectionGos&Garsdestinée aux lycéens.

Leonardo Vaquero
Directeur du Palm Camayenne

©Éditions Ganndal
ISBN :978-2-35045-078-0
B.P :542, Conakry - GUINÉE
Tél. :(224) 622 54 48 26 / 622 39 65 88
Courriel :ganndal.editions@gmail.com
Blog :http ://editionsganndal.blogspot.com

Dépôt légal: Octobre 2016

Tous droits réservés.

Ce fut à Soké-Soké que toute cette histoire
arriva.
Simbon et Fadimamba avaient décidé de se
rendre à Soké-Soké. C’était la ville la plus
vaste et la plus animée de la région. Aux
environs de 19 h, ils y arrivèrent. La nuit avait fini
d’envelopper toute la cité de son épais drap
noir. Et, ne connaissant personne dans cette
ville, ils partirent à la station d’essence pour
attendre le jour.
Après quelques minutes de conversation sur les
bancs de la station, fatigués par les multiples
soubresauts du trajet, nos deux voyageurs
s’endormirent quand soudain un vieil homme vêtu
de noir les réveilla. C’était le vieux Tanou
venu, comme d’habitude, acheter un peu de
pétrole pour sa lampe tempête. Il était fort
étonné devoir les deux jeunes somnoler sur
les bancs.

En effet, pour celui qui connait la piqûre des
moustiques de Soké-Soké, dormir dehors et de
surcroît en manches courtes est fort étrange.

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Simbon et Fadimamba venaient de Sorola. Une
ville située à l’Est, à une centaine de kilomètres
de Soké-Soké. Le vieux connaissait bien cette
ville. Il y avait passé une grande partie de sa
jeunesse et en gardait de très bons souvenirs.
Pour manifester sa gratitude envers les habitants
de cette ville, sans trop discourir, il demanda
aux deux jeunes de le suivre et les conduisit
chez lui.
Arrivés là-bas, après quelques mots
d’hospitalité, il les pria de se laver.
Avant d’aller au lit, notre vieil homme échangea
encore quelques petites phrases avec les
étrangers. Et puis, peu après, tout fut de
nouveau calme dans la maison. Les
ronronnements réguliers de Tintin, le chat du vieux,
étaient la seule chose qu’on entendait
faiblement. La nuit passa vite.
Le matin, au premier cri du coq, le vieux se leva
et alluma le feu sur lequel il plaça sa casserole
de quinquéliba. Les pendules indiquaient 5h.

Dans leur chambre, Simbon et Fadimamba
étaient déjà debout. Ils savaient qu’ils étaient
venus à Soké-Soké pour une mission. C’était
donc le bon moment pour demander comment
s’y prendre.

Ils sortirent pour dire bonjour au vieux qui leur
offrit deux tasses de quinquéliba plus deux

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morceaux de pain beurré comme petit déjeuner.
Et le bavardage commença. Simbon et
Fadimamba étaient curieux et posèrent
beaucoup de questions. Ils voulaient avant tout
connaître la chose qui avait fait tant de bruit
cette nuit derrière la maison.
« C’estWazi, la rivière sacrée, leur dit le sage.
Jadis, quand les ennemis venaient pour détruire
Soké-Soké, c’est cette petite rivière qui les en
empêchait. Elle devenait grande, grande
jusqu’à entourer le village et monter jusqu'à la
cime des arbres. Sans passage possible, les
ennemis rebroussaient chemin. Et généralement,
les téméraires étaient noyés sans que leurs
corps soient jamais retrouvés. Oui mes enfants,
poursuivit le vieil homme, Wazi a toujours été
la forteresse et le bouclier de Soké-Soké,
jusqu’à maintenant.»
– Elle monte encore aujourd’hui jusqu’aux
arbres ?demandèrent brusquement Simbon et
Fadimamba pris de peur.
– Non! Elle a perdu beaucoup de ses pouvoirs
à cause des gens, dit le vieux avant d’activer à
nouveau son feu qui commençait à s’endormir
sous les cendres.
Simbon et son compagnon se regardèrent
et firent quelques gestes indéchiffrables,
semblables à un soulagement.

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– Mais, ce que je sais, poursuivit le vieux sans
remarquer leurs mouvements, c’est que Wazi
n’a pas perdu tout son pouvoir. Jusqu’à présent,
on sent toujours sa protection. Jamais un
malfaiteur venu dans cette ville, n’est reparti
sans être vu et arrêté. Tous les malfaiteurs qui
ont tenté l’aventure ont été arrêtés. Et cela,
grâce aux génies de Wazi, conclut le vieux.
Fadimamba et Simbon se regardèrent à nouveau
d’un air terrifié et leur cœur se mit à battre
intensément.
Après ce récit, sans dire à ses hôtes où il allait,
le vieux s’excusa pour 30 minutes. Quelque
chose de pressant semblait l’appeler dehors.
Profitant de cette absence, Simbon et
Fadimamba prirent leur courage à deux mains
et descendirent à la rivière pour voir ce à quoi
elle ressemblait. Arrivés sur place, contre toute
attente, ils trouvèrent une toute petite rivière
serpentant péniblement entre des cailloux verdis
par l’âge. Simbon refusa de croire que c’était
cette eau qui faisait tant de bruit la nuit. En tout
cas, la journée, elle ne faisait aucun bruit. Cela
leur fit encore plus peur. Mais malgré cette peur
qui les habitait et l’évidence de la chose, ils
essayaient de soutenir leur force par des idées
contraires. Comme le dit un proverbe,qui avale
une noix de coco fait confiance à son anus.

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Dans la chambre, tout avait déjà été planifié par
les deux amis. Leur mission à Soké-Soké ne
devait durer que deux semaines. Ils n’avaient
donc pas de temps à perdre. Décidément, après
cette ville, ils se rendraient dans une autre ville.
Ils avaient besoin d’argent, de beaucoup
d’argent. Pour eux, l'heure H allait bientôt
sonner. Mais jusqu’à présent, leur tuteur ne
connaissait rien de leur activité. Pour lui, ces
deux jeunes étaient venus chercher du travail.
Un point, c’est tout. Il n’était pas du tout
curieux de savoir le type de travail que
cherchaient ses hôtes. Il ne les interrogea même pas
sur le métier qu’ils avaient appris à Sorola.

Poliment, après quelques rigolades, Simbon et
son ami firent savoir à leur tuteur, qu’à partir de
cette semaine, ils sortiraient pour se chercher
du travail et qu’il pourrait leur arriver de rentrer
tard à la maison indépendamment de leur
volonté. Le vieux fut compréhensif. Il leur
prodigua seulement quelques conseils de

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prudence face aux multiples dangers de la ville
et les regarda s’éloigner avec tendresse.
Simbon était un beau garçon qui avait
volontairement laissé sa barbe encadrer son visage pour
faire l’important. C’était un beau parleur qui
riait rarement. Il avait un teint relativement
clair avec des yeux enfoncés. Et Fadimamba,
lui, était de teint noir et très beau aussi. Il était
un peu plus grand et plus musclé que son ami et
mettait souvent des lunettes pour se donner un
genre.
à vrai dire, à les voir et à les écouter, les deux
jeunes donnaient l’impression d’individus
sincères et honnêtes.
En ce jeudi sur tous les calendriers de
SokéSoké, c’était le jour du marché hebdomadaire.
Simbon et Fadimamba devaient, sans tarder,
commencer leur opération. Ils partirent se
cacher derrière la mairie, l’un sous le cocotier
et l’autre un peu plus loin sous un hangar,
attendant les passants.
Un groupe de marchands arrivait. Ils bavardaient
joyeusement et ne prêtaient attention à rien. La
causerie et le souci d’arriver au marché à temps
les absorbaient visiblement.

Sous le cocotier et sous le hangar, on resta
tranquille. Même pas un mot. En de pareils cas, il
faut de la prudence. Le groupe est inattaquable.

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