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Les Grand-mères

De
128 pages
Un été au bord de la mer. Deux familles apparemment sans histoires se prélassent au soleil : Roz et Lil, deux femmes mûres mais encore belles, leurs fils, deux hommes séduisants dans la force de l’âge, et leurs charmantes petites-filles tout occupées à leurs jeux d’enfants.
Depuis toujours Roz et Lil sont aussi inséparables que des sœurs jumelles, et l’affection qu’elles se portent s’est doublée peu à peu d’un amour pour le moins trouble de chacune pour le fils de l’autre. Ce jour-là les règles du jeu vont changer. Mais qui a vraiment les cartes en main ?
À 86 ans, Doris Lessing signe un texte sulfureux et dérangeant sur des amours scandaleuses. Roman du non-dit et de la dissimulation, Les Grand-mères fait résonner haut et fort la plume de la grande dame des lettres anglaises.
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Doris LESSING
LES GRANDMÈRES
Traduit de l’anglais (GrandeBretagne) par Isabelle D. Philippe
Flammarion
w w w.centrenationaldulivre.fr Titre original :The Grandmothers Éditeur original : Flamingo, an imprint of HarperCollinsPublishers Doris Lessing, 2003 Pour la traduction française : Éditions Flammarion, 2005 ISBN : 9782080686569
De part et d’autre d’un petit promontoire surchargé de cafés et de restaurants s’étendait une mer folâtre mais modérée. Rien en tout cas qui approchât du véritable océan, lequel grondait et rugissait à l’extérieur du trou béant formé par l’arrondi de la baie et la barrière corallienne que tout le monde appelait – cela 1 figurait même sur les cartes – Baxter’s Teeth . Qui était ce Baxter ? Bonne question, souvent posée, à laquelle répondait un parchemin artistement patiné accroché au mur du restau rant situé au bout du promontoire. Cet établis sement occupait le plus bel emplacement, le plus élevé donc le plus prestigieux.Baxter’s était son nom ; on racontait que l’arrièresalle
1. En anglais : « Les Dents de Baxter ».(Toutes les notes sont du traducteur.)
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de brique légère et de roseau avait été la hutte de Bill Baxter, qu’il l’avait bâtie de ses propres mains. Ce Baxter était un navigateur infatigable, un marin qui avait découvert par hasard cette baie paradisiaque et son petit cap rocheux. Des variantes plus anciennes de la légende mentionnaient aussi des indigènes pacifiques et hospitaliers. Mais d’où prove naient ces « Dents » accolées à son nom ? Baxter continua à explorer avec passion les côtes et les îles avoisinantes ; et puis, s’en étant remis à une coque de noix construite à coups de bois flotté et de savoirfaire, il s’était échoué, par une nuit de clair de lune, sur ces « sept rochers noirs » à proximité de sa hutte où une lampetempête aussi fiable qu’un phare accueillait les bateaux assez petits pour pénétrer dans la baie après en avoir négocié le récif. La terrasse deBaxter’sétait à présent plan tée de grands arbres, qui abritaient des tables et leur cortège de chaises ; en contrebas, une mer bon enfant l’entourait. Un sentier montait en serpentant au milieu des arbustes pour s’arrêter aux jardins du Baxter’s. Un aprèsmidi, six personnes se lan
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cèrent dans cette douce ascension. Quatre adultes et deux petites filles, dont les cris de joie faisaient écho au tapage des goélands. En tête marchaient deux hommes sédui sants, plus tout à fait de la première jeunesse mais que seules de mauvaises langues pou vaient dire d’âge mûr. L’un d’eux boitait. Deux dames d’une soixantaine d’années les suivaient, assez belles pour que personne neûtsongéàlesjugervieilles.Àunetable visiblement bien connue d’eux, ils déposèrent sacs, paréos et joujoux ; c’étaient des êtres soignés et resplendissants, comme tous ceux qui savent profiter du soleil. Ils s’installèrent – les jambes brunes et soyeuses des femmes négligemment terminées par des sandales, leurs mains que l’on devinait actives pour un temps au repos. Les femmes occupaient un côté de la table, les hommes l’autre, avec les fillettes qui ne tenaient pas en place. Six têtes blondes ? Ils étaient sûrement parents. Ce devaient être les mères des hommes. Les petites filles, qui réclamaient à grands cris la plage – laquelle se trouvait au bas d’un sentier rocailleux – reçurent l’ordre, de leurs grand mères puis de leurs pères, de bien se tenir et
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de jouer gentiment. Elles s’accroupirent et se mirent à tracer des dessins dans la poussière avec leurs doigts et de petits bâtons. De bien jolies petites filles. Comment pourraitil en être autrement avec des géniteurs autant gâtés par la nature ? D’une fenêtre duBaxter’s, une jeune fille les interpella : — Comme d’habitude ? Je vous sers la même chose que d’habitude ? Une des femmes agita la main dans sa direction, ce qui voulait dire oui. Aussitôt apparut un plateau où des jus de fruits frais et des sandwichs complets montraient que l’on avait affaire à des personnes soucieuses de leur santé. Son examen de fin d’études secondaires en poche, Theresa était venue passer un an hors d’Angleterre avant d’entrer à l’université. Elle leur avait livré ce renseignement des mois plus tôt ; en retour, elle était tenue au courant desprogrèsdesfillettesenprimaire.Àce moment, elle demandait comment cela se pas sait à l’école. L’une après l’autre, les enfants firent entendre leurs petites voix pour dire que leur école était « cool ». La jolie serveuse
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