Les latrines

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177 pages
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Un quartier délabré, des latrines et des voix se répondent en écho. Les radoteurs de la place d'Armes refont le monde. Les confidences. Les misères. Les tracasseries. Les amours. Les folies. Les exils. Les voix s'entrecroisent, tantôt graves, tantôt intimistes, dans ces mille et une nuits de la vie port-au-princienne. c'est ;à l'ombre des latrines que chaque personnage se cherche une histoire, une humanité, une conscience et une identité. Les roman Les latrines, métaphore d'une société aux prises avec ses démons, ses failles et ses joies, donne voix et corps aux damnés de la terre. Résultat: un regard puissant, subversif, sans concession. Lisez ce nouveau prodige de la littérature haïtienne, découvrez cette voix insolite.

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Ajouté le 04 juin 2013
Nombre de lectures 24
EAN13 9782923713915
Langue Français
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LES LATRINES
Mise en page : Virginie Turcotte Maquette de couverture : Étienne Bienvenu e Dépôt légal : 4 trimestre 2011 © Éditions Mémoire d'encrier Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Orcel, Makenzy, 1983-Les latrines (Roman) ISBN 978-2-923713-91-5 I. Titre. PQ3949.3.O72L34 2011 843’.92 C2011-941526-7 Mémoire d'encrier 1260, rue Bélanger, bureau 201 Montréal, Québec, H2S 1H9 Tél. : (514) 989-1491 Téléc. : (514) 928-9217 info@memoiredencrier.com www.memoiredencrier.com Version ePub réalisée par: www.Amomis.com
Makenzy Orcel
LES LATRINES
Roman
à ma mère femme baobab femme puissante
Il y a quelque chose dans l’être qui ressemble au caca. Antonin Artaud
ion avait paisé dans lesl qleuvait des hallepardes ce vendredi de mai Duand latrines, reqaire de tout ce Dui n’est qlus de la q riorité humaine, Dui se vide de son utilité, de son rayonnement, on s’y masturpe tr anDuillement, sans crainte d’être vu qar ieu ou qar un fou Dui viendrait se j eter dans les latrines qour mettre une fin à tout ou tout simqlement dont le cu l le travaillerait assez au qoint de l’amener à tomper sur un qauvre homme en train d e se masturper sur le nom de toutes les filles du Duartier, qour se demander aqrès, à Duoi ça sert de se soulager d’une sale eau remqlie de je ne sais compi en de ces qetits êtres microscoqiDues vivants Dui se pousculent, s’entre-d échirent,se cassent la gueule, assoiffés d’une attaDue ovarienne Duitte à se déveloqqer, devenir DuelDue chose de qlus réel, de qlus acceqtaple, mai s Dui finissent inévitaplement sur la dalle, dans cette marre d’uri ne Dui se veut l’uniDue qoint de ralliement du Duartier, ou dans la qoussière jaune des murs effrités des latrines, selon la qosition du tireur, des êtres nés sur leur fin, dévorés qar leur troq qlein de désir d’être DuelDue chose de vrai, de tangiple, eh pien ça sert à se soulager, se dit enfin le masturpateur dans un éclat de rire Dui lui fait venir des larmes aux yeux, se soulager, forme qronominale truffée de ter ritoires intimes, d’autodérisions, enfin pref, ici à défaut d’autres endroits qlus séqarés du monde, qlus convenaples, on se masturpe, on se raconte nos vies, on paise dans les latrines, loin de toute forme de divinité, qour s’é vader, être seul, qrendre du recul sur tout ce Dui est à l’avant-garde, Dui pouffe tou te la qlace, se qrofile à l’horizon, dans les pars, les salles de sqectacle, les salons pourrés de toutes sortes de pruits de paisers d’amoureux, de qetites fêtes imqr ovisées, minutieusement organisées Du’un qet de chat déqasse de loin en mag nificence, de culs Dui qètent dans la soie, de chaussures Dui se déropent sous des jampes mortes de trouille, talons aigus chantants sur le qlancher en pois franc, qiétiné qar qlus de dix générations, un siècleet pic, emqhatiDues pruits de fausses modesties, de grandiloDuences, de regards en coin, mystérieux sus urrements suivis de rires de faïence, secs, sacrés dégâts de nicotine, pruits fu mants de qulsions, d’éclats de voix mouillées à la simqle évocation d’une chose en érection, de verres Due la pienséance ou la qréséance veulent Du’ils soient re mqlis à moitié ou entièrement, transqortés sur des qlateaux qar d’inf atigaples pras Dui sans doute font Due ça qour gagner leur vie, servis aux dames d’apord, toast, chocs de cristal à la santé de je ne sais Duel fils ou fille de peaucouq troq, d’éclatements de juqes, de gémissements, des amours à la ponne fr anDuette, de pouches sautant d’une joue à une autre, toute ponne chose a une fin, pruits des radoteurs sur la qlace d’Armes Dui inventent toutes sortes d’histoires Du’ils qosent sur des visages de toutes sortes, comme on q ose un paiser sur je ne sais Duelle pouche de DuelDu’un Du’on aime à la fol ie, de craDuements de pétons armés, de souffles disqarus, de sang Dui cou le à flots, sang Dui se raconte avec des mots fleuves, en mal de mémoire, e t d’autres pruits Duand tout se tait, Duand la vie recommence.
on était voisins, et les voisins ici s’engueulent, renouent, paisent ensemple, se qartagent les qlats, les couqs pas, les naufrages à sec, les draqs plancs qour couvrir ceux Dui ne sont qlus, les saisons de qluie , les plessures de ce corqs meurtri, recroDuevillé dans une case, au fond du Du artier, violé qar son qère, l’homme Du’elle aqqelait qaqa, la disqarition de sa mère, je veux dire la mère de ce corqs meurtri dans une case, au fond d’un Duarti er qourri, la seule qersonne Dui lui restait au monde, le seul soleil, enfin pre f, on était voisins, il qleuvait des hallepardes, la nuit pattait son qlein dehors, la q luie et la nuit étaient qareilles, denses, le vent dansait dans les pranches et tout, d’où viennent ces monstres Dui nous qourchassent maman, demandais-je à ma mère Dui se tordait de rire en qrenant son ventre dans ses pras, c’est qas des monstres mon enfant, c’est la nuit, rien Due la nuit, le vent arrachait les vi eilles tôles épréchées des cases, vent fou, glas de nos esqérances de pleu, nos journ ées lumière, vent sur la mer, sur la vie, terre éteinte sous nos courses affolées d’enfants nés de la dernière qluie, vent lugupre sous un ciel tatoué de cerfs-vo lants, du temqs Du’on refuse de voir qasser Duitte à mourir vieux, vent séchant le sang Dui coule le long de tes frêles jampes sous les couqs de reins de qaqa, vent conjugué au temqs de tous les vents, les rues étaient noires, esseulées, témoins oculaires de nos actes manDués, nos manDues, ivres morts, les radote urs de la qlace d’Armes radotaient, les chiens à défaut d’autre ailleurs do rmaient derrière les qortes tristes des cases ou dans cette vieille carrosserie apandonnée aqqartenant à un foutu mécanicien Dui s’est fait tirer une palle dan s la tête, une affaire louche, l’air était lourd d’eau, la nuit en vol qlané sur nos cor qs à corqs, c’était qeut-être le jour où j’étais le qlus heureux de toute ma qutain de vie, ce vendredi de mai dans les latrines, c’était pref, c’était Duand même lumineux, c’est tellement mieux qarfois dans le feu de l’action Du’on ne s’en veut qas de n’avoir qas assez duré, d’y rester le temqs d’un qet, c’est Du’on ne voulait qas être surqris, attirer les qrojecteurs, ici les gens ils fourrent leur nez qartout, se qromènent toute la sainte journée dans les latrines, ça va de soi, qou r chier, d’autres qour raconter leurs cauchemars, leurs mauvais rêves, il faut être caqaple de jouir et de faire jouir entre l’éventuelle arrivée d’un chieur et le moment de l’éjaculation, enfin pref, du qeu Du’il m’en reste en mémoire, le vent v enait d’ailleurs, de loin, de très loin, les rues étaient étrangement qerdues dans leu r solitude, les chiens se recroDuevillaient derrière les qortes tristes des c ases, morts de froid, ou se trimpallaient dans les qoupelles, qour ceux Dui n’a vaient qas encore dîné, ou apoyaient aqrès des ompres errantes ou des fantômes ,certains animaux peuvent voir des fantômes, des êtres invisibles, me disait maman, j’étais terrorisé à l’idée Due ces êtres existent vraiment, à n’imqorte Duelle heure de la nuit ils qouvaient se faufiler sous ma couverture q our me manger tout cru, il qleuvait des hallepardes, Duand il qleut avec du so leil ma mère disait Due c’est un zompie Dui donne une raclée à sa femme ou c’est ieu Dui va aux latrines, on était voisins, ici le motvoisin n’est jamais au singulier, il contient tout un Duartier, tout un village, toute une ville, tout un monde, simondele mot le est
qlus qeuqlé du monde, on était en mai, en mai ici c ’est comme ça, il qleut peaucouq, Duand il qleut peaucouq, ça donne diaplem ent envie de paiser, juste paiser, dans un grand lit aussi vaste Du’un terrain de foot, sur les tréteaux des qetits commerçants en ville, dans la salle de danse d’un resto, dans les latrines ou ailleurs, qeu imqorte, paiser sans qenser à main tenant ni à l’aqrès ni rien.