Les nouvelles de l'été - Le jour

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137 pages
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Les vacances d’été...


Être en vacances, c’est profiter d’une parenthèse durant laquelle il est enfin possible de se reposer, voyager, faire des rencontres, prendre du temps pour soi et ceux que l’on aime. Neuf auteurs ont abordé ce sujet des vacances, pour vous faire rêver, voyager, explorer et replonger dans vos souvenirs d’enfance.


Venez vous changer les idées aux Bahamas, explorer l’Australie et l’Inde, profiter de la famille, vous ressourcer dans votre village d’enfance ou découvrir la vie au XIXème siècle.

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EAN13 9782356770035
Langue Français

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Les Nouvelles de l’été
Le jour
© Editions du Saule, 2018
Tous droits réservés – Reproduction interdite
« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
Dépôt légal : Septembre 2018
ISBN 978-2-35677-003-5
Les Nouvelles de l’été
Le jour
Emma LERYO – Dominique KOUN – Sam CASTEL – Céline POULLAIN – Morgane SCHEINMEER – Florence METGE – Franck DOZION – Christine JEAN – Anna WALDERS
Éditions du Saule
Humdrum !
Emma LERYO
Ça y est, je n’en peux plus! Je ne supporte plus d’être la boniche à la maison avec deux ados qui se croient à l’hôtel! Ils m’adressent en plus à peine la parole, mangen t comme quatre et laissent leur vaisselle sur la tabl e. Ils laissent traîner leurs fringues sales au lieu de les déposer dans le bac à linge sa le et mon mari ne me voit plus que comme «la maman à tout faire»! Stop! Je dis stop! C’est décidé, je vais m’octroyer un congé! À moi les vacances, le repos! C’est à mon tour d’aller à l’hôtel et de ne plus cuisiner, repasser, ou faire le ménage 24 h/24 h et 7 jours/7! Fini les courses pour les ogres et le pressing pour monsieur! Bon, l’envie est forte, mais un minimum d’organisa tion s’impose! Il faut que je me trouve des vacances de rêve… loi n… tranquille… Oui, mais seule ça me fait un peu peur… Je ne suis jamais partie toute seule… Avec qui y aller? Je ne vais pas partir avec mon frère et sa famille… C’est la même que la mienne… Avec mes parentst long alors un séjour… non? Impossible, je les adore, mais déjà un repas c’es et puis ils vont me faire des reproches sans arrêt… non! Des amies… j’en avais bien des amies quand j’étais étudiante… Ensuite, on s’est perdu de vue… Chacune a fait sa vie… et comme je me suis arrêtée de travailler pour élever mes deux ados ingrats, je ne m’en suis pas f ait de nouveaux depuis longtemps… je vis un peu recluse en fait! Les seules personnes que je côtoie sont les amis ou collègues de Thomas (mon mari), les parents des amis de mes fils et ma famille! Je suis un vrai ours en fait! Quelle horreur! Mais comment ai-je pu laisser tout ce temps passé la tête dans le linge et le ménage e t mettre ma vie sociale à ce point de côtévoir le temps de me faire de? Et si je veux partir maintenant, je ne vais pas a nouveaux amis… d’ailleurs, comment se fait-on des a mis? Il faudrait que j’aie un loisir où je pourrais y rencontrer de nouvelles personnes… Je suis plutôt agréable et sociable, je devrais bien trouver quelques personne s sympathiques et m’en faire des amies! Bon, ce sera mon prochain objectif, mais avant, i l faut que je parte, histoire d’avoir de l’oxygène, histoire de marquer la rupture! Oui, mais on revient au point de départ… est-ce qu e je pars seule? Voyons voir, sur internet, s’il existe quelque chose pour des person nes seules qui ne sont pas en quête d’amour et de relations sexuelles débridées, mais j uste qui veulent partir en vacances loin de leur routine quotidienne! Ce n’est quand même pas trop demandé! Bon, que vais-je inscrire dans la barre de recherc he? Essayons «vacances pour personne seule»… Ah ouisuis! quand même, le choix est vaste… Finalement, je ne pas la seule dans ce cas! Ils ont même baptisé cela des «Célivacances»! Bon, on va éviter ceux pour les personnes trop âgées et ceux q ui cherchent à former un couple… Ah, je vois un site pour les «copines de voyage», oh, et il y a aussi le club Med! Ça me fait penser au film «Les bronzés»! Je ne suis pas une aventurière... Peut-être qu’un voyage dans le luxe me ferait à la fois le plus grand bien et me rassurerait sur la sé curité? Inutile d’aller dans un pays à risque sans structure! En plus, cela fait des années que je rêve d’un peti t voyage sympathique… J’ai toujours rêvé d’aller en Laponie faire un tou r en traineau… oui, mais on est en mai… je ne vais pas attendre et partir en décembre! Il me faut une autre destination…
voyons, voyons… Le printemps est bien entamé, mais la chaleur a du retard… Peut-être pourrais-je prendre une avance sur l’été et partir pour une des tination plus caliente? Les Bahamas! Oui, j’ai toujours rêvé de voir l’hôtel immense q u’il y avait dans la série Friends quand ils partaient aux Bahamas! L’hôtel avec un immense aquarium et un parc d’attractions! J’adore! Yes! C’est ça, il faut que je me trouve un vol et une réservation là-basue je n’ai même pas! Il y aura tellement de choses à faire sur place q besoin de me trouver quelqu’un pour voyager! Je serai comme un poisson dans l’eau là-bas! Oui, je m’y vois déjà! Mmm… cher le vol et la réservation… je ne pensais pas qu’on pouvait surtaxer à ce point les chambres… Tant pis, je me lance! De toute façon, nous avons des économies de côté… Il est temps qu’elles me revienn ent! Et voilà! Tout est réservé! Je vais partir aux Bahamas! Je suis toute excitée! Oh mince, il est déjà 11 h 55, il faut que je prép are le repas. On est mercredi et ils vont revenir du lycée dans quelques minutes. OK, je rang e tout. Effaçons l’historique de mes recherches, au cas où l’un d’eux déciderait de consulter mon ordi… Ils ont le leur, mais on ne sait jamais! Qu’est-ce que je vais leur préparer? Vu le timing, on va faire simple : poulet coco/riz, c’est facile à préparer, en 15 minutes c’est cuit! Le temps passe à une allure folle... Le repas term iné, je lave et range la vaisselle dans la foulée. Il est 14 h, et mes ados ont déjà rejoin t le monde des «écrans»… La communication est de plus en plus difficile… Entre eux, c’est insupportable, et avec moi, c’est quasi inexistant. Les seules fois où ils m'adressent la parole, c'est pour me demander de leur rendre un service, ou de leur ache ter quelque chose, ou encore pour un reproche sur quelque chose qu’ils ne trouvent fi nalement pas assez bien pour eux! Allez, j’ai tout l’après-midi pour m’organiser dis crètement. Leur père rentrera du travail que vers 19 h… cela me laisse 5 h pour faire ma val ise et me rendre à l’aéroport. C’est amplement jouable. Les ados sur leurs écrans ne rem arqueront pas que je fais ma valise. De toute façon, je prends le strict minimum . Je m’achèterai le reste, maillot de bain, etc. là-bas… Les miens ne sont plus à ma tail le ni à la mode (bien que je n’en sache pas grand-chose à vrai dire…) et je n’ai abso lument pas le temps pour faire du shopping! Commençons par commander un taxi. Mon vol est à 18 h ce soir. Il est noté sur le site qu’il faut s’enregistrer au minimum 1 h 30 avant le départ. Prévoyons 2 h, je ne me suis jamais rendue à l’aéroport Charles de Gaulle… Il do it être grand… Je vais surement m’y perdre, vu mon sens de l’orientation… Comptons 2 h 30 en avance, il faut donc que j’y sois pour 15 h 30! Il me faut donc un taxi, avec la circulation, pou r 14 h 30 au plus tard… Aïe! Il est déjà 14 h 15! Vite, vite, vite! Je n’ai pas une minute à perdre… Une petite valise suffira. De toute façon, la grosse est au-dessus de l’armoire… je ne vais pas réussir à l’attraper facilement… Voilà, hop sous-vêtements check, jupe check, tee-shirt check, un gilet check. Les shoes, je verrai sur place s’ils ont des tongs ou des nu-pieds. Je p ars en jean tee-shirt et baskets avec une petite veste, mes lunettes de soleil sur la têt e. Hop, je suis prête. Ah non, vite mes papiers, mon passeport, mon sac à main et le charge ur de mon portable. Et un bon livre. Oui, ce sera un long vol, mieux vaut que je prenne un bon gros roman! 14 h 28! Nickeluloir et passe la porte d’entrée! Sur la pointe des pieds, je me faufile dans le co le plus discrètement possible. Je la ferme à clef. 14 h 29, je suis devant la mais on avec ma valise. Les gamins n’ont rien vu ni entendu et le taxi n’aura pas besoin de klaxonner pour avertir de sa présence, je suis déjà là! Impeccable! Justement le voilà qui se gare devant moi. La
valise dans le coffre… ça y est, je pars en vacance s! Je jette un dernier regard sur la maison avant que le taxi ne tourne au bout de la ru e… Il va nous falloir une bonne heure pour arriver à l’aéroport CDG… et encore si la circulation est fluide… pour le moment, ça l’est, m ais c’est toujours plus dense à l’approche des terminaux! Heureusement, le taxi a des droits que les autres véhicules n’ont pas… Cela nous a épargné quelques minutes de bouchon… Ce n’est pas la panacée, mais je pense qu’on sera à l’heure. Je m’o blige à regarder les personnes dans les véhicules que nous passons pour m’occuper l’esprit et arrêter de fixer l’horloge et le montant qui s’affiche sur le tablea u d’affichage du taxi. Il a mis la radio… Ce sont des tubes de Nostalgie : «Est-ce que tu viens pour les vacances?», puis, «Sous les sunlights des tropiques» de Gilbert Montagné… Décidément, sans le vouloir, on est dans le thèmeaisser un! L’excitation s’estompe quelques minutes pour me l arrière-gout de culpabilité dans la gorge… Comment va le prendre Thomas? Je ne veux pas rompre, je veux juste une rupture dans le quotidien! Je sors violemment de mes pensées en raison d’un coup de frein brusque du taxi et d’un coup de klaxon tonitruant. Je regarde autour de moi… j’ai dû rêvas ser plus longtemps que prévu parce que nous sommes devant l’aéroport et les taxis sont si nombreux que tout le monde est garé en double file et que les esprits s’échauf fent… Je lui précise mon terminal, il m’explique qu’il ne pourra pas aller plus loin… Il faut que je descende là. 53 euros la course et me voilà avec ma valise devant l’un des p lus grands aéroports parisiens sans avoir aucune idée vers où me diriger. Il est 1 5 h 45. Je suis encore dans les temps si je ne me perds pas… D’après mes tickets, je dois me rendre porte E. Po rte E, porte E… il me faudrait un plan… Je n’en vois pas… Ceci dit, les départs sont indiqués par là-bas, il y aura plus de précision certainement là… Alors les portes A, B, et C, OK… La porte D, OK… I l n’y a pas de porte E! C’est insensé, je dois bien partir de Roissy CDG et j’y s uis! Je vais demander à une hôtesse. Il est 15 h 55, je perds du temps… — Bonjour, je cherche la porte E s’il vous plaît. — Bonjour madame, oui les portes E et F se trouven t de l’autre côté du terminal. Il vous faut traverser tout le hall dans cette directi on, puis la passerelle, pour ensuite rejoindre la porte E. — Très bien, merci. Galèrealloir marcher d’un bon! Je suis du mauvais côté de l’aéroport… Il va me f pas… Je suis bien contente d’être en baskets! Allez, hop, c’est parti! Devant toutes les boutiques du grand hall, mon pas ne décélère pas, m ais mes yeux virevoltent de magasin en magasin… Si j’avais eu plus de temps, je me serais bien laissée tenter dans ces boutiques! Mais non, non, non, je ne dois pas rater mon avio n! Allez, on se concentre et on garde le rythme. Voilà, je vois la fin du hall, la passerelle et le s portes E et F sont maintenant indiquées. Je ne dois plus être très loin de cette passerelle… Ah, la voilà! Je suis plutôt fière, finalement, je suis dans la bonne direction, et il n’est que 16 h 10. Pas mal, pas mal… Alors la porte E, oui, c’est au bout de ce hall… fa cile! Je présente mes billets et mon bagage. L’hôtesse l ’enregistre. Je peux donc rejoindre la salle d’embarquement tranquillement… Il est 16 h 25, mon vol ne décolle qu’à 18 h… J’ai du temps… Alors avant de passer la douane e t leur détecteur, je m’arrête à la «Brioche Doréehocolat. Cette» et me prends un petit café avec un croissant au c petite pause est délicieuse… J’en profite pour me p erdre encore une fois dans mes pensées, en regardant les familles, et les hommes e t femmes d’affaires, déambuler
dans ce hall… Moi je suis seule et pas en voyage po ur le business… Je me prends les vacances que j’ai méritées avant d’étouffer complèt ement et de sombrer dans l’aigreur… Ils comprendront… enfin, je l’espère… Je regarde mon portable, pas de message. Visiblement, ils n’ont toujours pas remarq ué mon absence… Vers 16 h 55, je me dis qu’il faut que je bouge. J e me dirige alors vers les douanes. Il commence à y avoir du monde alors je fais la queue. Mais vers 17 h 15, je suis en salle d’embarquement. Je me trouve une place assise près des grandes baies vitrées et regarde les avions ainsi que les agents qui tran sportent, sans soin d’ailleurs, nos valises et qui les balancent violemment! Ce n’est pas eux qui paient ces valises, ça se voit! Elles coûtent un bras, ils pourraient en prendre plus soin! Au micro, on annonce l’embarquement pour le vol AF 5426 de 18 h à destination de Miami. C’est le mien. Je me lève et me dirige vers l’hôtesse. Mes billets et mon passeport sont une fois de plus vérifiés et me voil à installée à côté du hublot, au milieu de l’appareil. Je sors de mon sac mon portable que je mets de suite en mode avion, un paquet de mouchoirs, mon livre, et le range ainsi q ue mon manteau dans l’emplacement pour les bagages cabine. Voilà, maint enant ce sont 8 h d’avion jusque Miami, puis une correspondance vers les Bahamas! Et normalement, dans un peu plus de 11 h je serai arrivée… Je suis soulagée. Je suis bien placée dans l’avion . Je n’ai pas de personne trop odorante à proximité (je déteste celles qui mettent des tonnes de parfum, cela me donne mal à la tête!). Je commence par regarder les nuages et la beaut é du ciel par le hublot puis je me plonge dans mon bouquin… Le repas est servi vers 19 h… Ce n’est pas de la haute gastronomie, mais ça me convient… E ncore un peu de lecture, et ensuite j’essaierai de dormir un peu. Il est prévu qu’on arrive à Miami pour 0 h (mon heure à moi). J’aurai ensuite 1 h de battement pour attraper ma correspondance pour les Bahamas. Une heure, c’est court, pourvu qu’il n ’y ait pas de problème! Non, non, il faut que j’arrête de paniquer, je suis en vacances, il faut que je profite! Me plonger dans l’histoire prenante de mon livre me permet de ne plus ruminer et de m’évader… C’est l’histoire d’une jeune fille qui quitte sa fa mille pour entreprendre un tour du monde seule, mais riche en rencontres. Je regarde mon tél éphone, il est 20 h… En mode avion, je ne reçois pas les appels ni les SMS… Thom as doit être arrivé à la maison à l’heure qu’il est… Je suppose que mon absence est d étectée. Ils doivent être inquiets… J’y pense, je n’ai même pas laissé un mot . J’espère qu’ils ne vont pas appeler la policempliqué! Mince, je n’ai pas pensé, un mot, ce n’est pas co ! C’est pendant que je suis toute troublée que des turbulen ces se font sentir… je ressers bien ma ceinture. Le voyant est allumé… l’hôtesse nous r assure, ce ne sont que des turbulences sans gravité… Mon stress est à son maxi mum! J’ai même des larmes qui coulent sur mes joues… Le calme revient assez rapid ement finalement, mais je reste encore quelques longues secondes contractée… Mon vo isin me regarde amusé… Je ne vois pas en quoi il peut se permettre de se moqu er! Super, je suis tout énervée maintenante prends mes écouteurs! Je ne vais pas réussir à dormir, c’est certain… J et essaie de me détendre avec mes morceaux préférés . C’est une chanson qu’on écoutait tout le temps ensemble avec Thomas. Dès qu ’on se baladait en voiture, on la mettait et on chantait à tue-tête… Qu’est-ce qu’on a ri avec ce morceau! L’effet détente est immédiat. Je me remémore ces instants joyeux… j ’en ai le sourire aux lèvres! Les morceaux suivants sont plus doux et calmes… je pens e que je me suis endormie dessus parce que lorsque j’ai ouvert les yeux, il é tait 23 h 45 et on allait amorcer l’atterrissage. L’arrivée à Miami de nuit est superbe. Les lumière s vues du ciel sont magiques. Mais