Les Petites culottes

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83 pages
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Description

Rien de plus intime qu'une culotte... Rien de plus impudique que l'écriture... Et quand les deux se rencontrent ? Et bien soyons culottées ! Franchissons le pas !


Et puisqu’il est très facile de se perdre dans toute cette lingerie, voici quelques petits exemples de situations cocasses dans lesquelles, mesdames, vous vous retrouverez forcément. Les garçons, c’est le moment de prendre des notes !


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Date de parution 25 avril 2013
Nombre de visites sur la page 713
EAN13 9782368860168
Langue Français

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Géraldine Collet
Les Petites culottes
Nouvelle
© 2013 NeoBook Édition « Cette œuvre est protégée par les droits d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
La culotte de petite fille
Je me souviens que ma mère m’avait achetée une série de culottes avec les jours de la semaine écrits dessus, avec un motif différent sur chacune d’elle. Et chaque jour, on changeait. Le problème c’est qu’elles n’avaient pas toutes les mêmes couleurs… e t que je préférais celle du mercredi. La rose bonbon. Alors, j’allais fouiller en douce dans le bac à linge et elle tenait jusqu’à… vendredi si j’arrivais à esquiver ma mère. Maman disait : « mais on peut pas toujours être mercredi ! » et elle me faisait répéter inlassablement les jours de la semaine quand elle me donnait le bain : « lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche. » De peur d’être envoyée directement chez le pédopsychiatre, je me pliais volontiers à cet exercice, mais quand elle comprit que je maîtrisais parfaitement le calendrier hebdomadaire, il y eut quelques jours de silence. J e pensais naïvement être enfin débarrassée ; après tout, dans tous les contes, toutes les histoires, toutes les mamans savent tout et comprennent sans qu’on leur dise un mot. Cette aventure aurait pu se terminer ainsi : « Viens ma chérie, maman ne t’achètera que les culottes de mercredi »… Je fermais donc les yeux, attendant le baiser tendre sur le front lorsque j’entendis : « Alain, c’est pas ça, la gamine, elle est sale, répugnante, crade, regarde-moi ça » dit-elle en montrant l’objet du crime.
Allez savoir pourquoi, je récitais d’un bloc : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre. Parce qu’une chose est sûre, si dans les contes, les bûcherons sont calmes et qu’ils ne se servent pas de leur hache, mon père lui, se servait facilement de ce qu ’il avait au bout de ses bras, c’est-à-dire, ses mains, aussi imprévisibles que rapides. Mais cette fois, non, rien. Maintenant, vingt ans plus tard, je sais pourquoi. Depuis que je suis mariée, depuis que je m’occupe du linge, changer un caleçon est une vraie séparation, un déchirement qui vient de loin. Mon père, c’est sûr, avait dû bloquer sur son slip du dimanche avec Spiderman dessus. Et lui, forcément, ne pouvait que me comprendre. Je me souviens qu’il avait simplement souri et qu’il avait répondu à ma mère « En tous cas, elle connaît bien les jou rs de la semaine et les mois » avant de quitter la pièce dans un « c’est bien, ma fille ».
Quelque temps après, j’ai découvert ce que voulait dire le mot hygiène : truc essentiel pour éviter que ça gratte. Il n’empêche que depuis, mercredi est mon jour préféré. Et si c’était en fait à cause d’une culotte ? Il faudra que je pose cette question à mon psy…
*** Petit jeu entre amis
« Dis, si tu me montres ta culotte, je te montrerai la mienne ».
« Dis, si tu me montres tes fesses, je te montrerai les miennes ».
« Dis, tu me montres ta zézette, je te montrerai mon zizi » Et c’est précisément à cette dernière étape que je perdais toujours ! Bon, bien sûr, maintenant je ferais autrement, c’est moi qui dirais, « montre-moi ton zizi si tu veux voir ma culotte » mais ma brave mère ne pouvait pas à la fois m’apprendre les jours de l a semaine, l’intérêt des pronoms possessifs et les pièges des garçons !
La culotte d’écolière
Je ne m’en rappelle pas la couleur. Ce jour-là, je portais des collants et une jolie robe. La maîtressea dit « c’est l’heure des pipis ». Les toilettes : une salle immense, carrelée avec au centre, une sorte de fontaine. Il fallait se mettre sur la pointe des pieds pour appuyer sur le robinet qui commandait le jet d’eau froide, des toilettes avec portes sans verrou s. L’envie était pressante et les portes fermées. Je les ai vite repérés, ces récipients blancs accrochés au mur, ils étaient presque tous libres, ils allaient me sauver. Un peu hauts quand même. J’enlève ma culott e sur mes collants, me hisse comme je peux, l’objet est inconfortable et froid. Je me dis que c’est mieux chez moi, que l’école c’est pas pour moi, que la maîtresse est une traître parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde à la fois et qu’au lieu de tout organiser, elle laisse faire les plus entreprenants, les salles gosses qui jouent des coudes, en somme. Elle arrive droit sur moi et dit « Bécasse, ça, c’est pour les garçons ». J’ai fini d’uriner su r et dans ma culotte, peut-être de peur ou de honte. Mai s en passant à ses côtés une bonne partie de la jliée à souhait, ma mémoire garde cette sensationournée, l’odeur saurait lui faire payer cher. Humi mouillée et a effacé totalement le visage de cette femme. Étrange tout de même, la mémoire…
La culotte de rechange
Finies les journées où je baignais dans l’urine ! M aman a mis dans mon cartable une culotte de rechange. Cette culotte, c’est un bouclier. Sauvée, je suis sauvée ! Elle est là, bien cachée dans la petite poche secrète pour que personne ne la voit, juste à côté de mon goûter. C’était sans compter Frédéric, mon voisin de derrière qui s’amuse depuis toujours à fouiller mon jardin secret. Désarticulé sur sa chaise, il se hisse et du bout de son stylo Bic harponne ma culotte qu’il fait maintenant tournoyer dans les airs. « Elle a une culotte blanche ! Elle a une culotte blanche ! ». Évidemment, tout le monde rit, alors la maîtresse s’avance dans l’allée, empoigne Frédéric et prend la culotte, ma culotte, qu’elle fait disparaître en un fracas dans l’un des tiroirs de s on bureau. Mais la scène ne s’arrête pas là. Le deuxième acte se joue dans la cour de récréation où les moqueries fusent, où je me bats comme je poù je mords à qui mieux mieux, et puis le dernier dans le bureau du directeur où mes parents sonteux, convoqués, où ma culotte de coton sagement posée su r le bureau acajou s’apparente désormais à l’objet d’un crime, où l’injustice se teinte d’une éclatante couleur blanche.
Les culottes et les slips
Quelle est la différence entre une fille et un garçon ? Quand on a cinq ans, la réponse est simple ; les filles ont une zézette et les garçon un zizi… Sauf qu’on n’est pas plus avancé ! À moins de voir « la chose » ! Mais comme je ne réussissais pas à convai ncre ni mes cousins ni mes copains d’école et encore moins mes voisins, je me suis faite à l’idée que les filles avaient des culottes avec des princesses et les garçons des slips avec des super héros. Pourtant, je vous assure qu’une culotte avec Goldorak et ses fulguro-poings auraient fait mon bonheur et que je n’avais rien d’un petit gars ! Fus-je donc réellement une petite fille ?