Les politiques non plus ne mettent pas de capotes

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Amandine de Beaujolais est une femme originaire de la banlieue toulousaine (avec toute la litanie des clichés que cela accompagne) promise à la fonction ô combien prestigieuse et convoitée de présidente de la République Française. Pourtant, à quelques heures d’une élection annoncée comme victorieuse, un événement important va venir remettre en cause les ambitions de la présidentiable. En effet, Amandine de Beaujolais va accoucher sans savoir préalablement qu’elle était enceinte. C’est donc un déni de grossesse

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EAN13 9782490637164
Langue Français

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Emett Legrand
Les politiques non plus ne mettent pas de capotes
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1. Partie de jambes en l’air L’hexagone se trouvait à un véritable tournant de s on histoire. Car toutes les certitudes réunies autour d’un système politico-fin ancier qu’on croyait infaillible montraient, pour la première fois au cours de ce se cond millénaire, d’importantes faiblesses et limites. Par conséquent, étant donné que l'économie français e ne renouait pas encore avec la croissance, que le taux de chômage ne cessait de grimper, que sa caisse d’épargne n’arrêtait pas d’accumuler les déficits et que son poids sur la scène internationale de continuer à baisser au profit de pays émergents tel s que la Chine, l’Inde ou le Brésil, la sixième puissance mondiale qu'elle était avait urge mment besoin d’un politique providentiel. Et, face au candidat sortant Nicolas Kosarcy, Amandine de Beaujolais s’était présentée avec le soutien de son camp — le Parti Socialiste. De la confiance, il en fallait de toute façon à cet te chalengeuse toulousaine. Puisqu'au-delà de son entourage proche, personne ne désirait logiquement lui faire de la place. Au contraire, ses adversaires lui avaient réservé un véritable baptême de feu, lui reprochant son inexpérience en politique et le fait qu'elle devait son parcours à un concours de circonstances. Des attaques auxquelles la novice s'était décidée à répondre avec force, pour ne pas voir sa carrière s ombrer avant même le décollage. Face à ses détracteurs qui prétendaient avoir de la bouteille, mais ne savaient pas gérer la chose publique considérant la situation dé sastreuse du pays, l’irrévérente affirmait qu'elle, au moins, pouvait se targuer du bénéfice du doute. Un échantillon de sorties médiatiques qui avait rapidement attiré l'a ttention des français. Sachant que dans ce monde souffrant des conséquences de la cris e financière mondiale de 2008, la candidate du changement ne paraissait pas mieux lot ie que ces concitoyens, n’étant pas née avec une cuillère en argent ni n’avait un m étier qui lui rapportait des mille et des cents. Elle avait l'image de la citoyenne du peuple, eu ég ard que sa vie n’était pas différente de celle des membres de la classe popula ire, de Monsieur et Madame tout le monde. Les médias n’avaient d’ailleurs pas attendu sa perm ission pour exploiter sa notoriété naissante. Le quotidien de cette femme, devenue en à peine quelques mois la chouchoute des désabusés du capitalisme-roi, était désormais scruté à la loupe. Tous ses faits et gestes étaient analysés, commentés, ex agérés, sans compter que la surmédiatisation soudaine de cette socialiste avait entraîné celle de ses proches. Amandine, pour sa part, ne se montrait toutefois pa s choquée par cette intrusion, estimant n’avoir rien à cacher aux français. Elle n e se contentait que d'être exigeante envers elle-même, n’hésitant pas, par exemple, à jo ngler entre ses activités de
prétendante à la magistrature suprême et celles de professeur à la prestigieuse Université Toulouse 1 Capitole. Un emploi du temps surchargé qu'elle justifiait par le fait qu’elle restait soumise à des obligations et à des contraintes, en dépit de ses nouvelles occupations. Qu’elle devait travailler du r pour payer ses factures, même durant les présidentielles. Sinon, comment pouvait- elle, selon ses propres mots, convaincre des électeurs de voter pour elle, alors qu’ils ne se reconnaîtraient pas dans son parcours, dans son existence ? * * * En tout cas, à quelques heures des résultats de ces élections présidentielles, les autorités des quartiers Mirail-Université, La Reyne rie et Bellefontaine étaient sur les dents, craignant que les événements ne prennent à n ouveau une mauvaise tournure, comme cela avait été le cas un certain 12 juillet 1 998, lors de la victoire par trois buts à zéro des français sur les brésiliens. Ce match historique, qui avait consacré pour la pre mière fois l’équipe de France au niveau mondial, avait poussé des gens, en particuli er ceux de cette partie excentrée de Toulouse, à sortir de chez eux pour communier tous ensemble sur la place publique. On aurait dit, à voir ces images de complicité, de partage et d'amour entre des personnes qui ne se connaissaient guère, qui n’avai ent rien en commun, que tous les problèmes communautaires étaient effacés. Qu’il n’e xisterait plus de raison de se méfier de son prochain, du présent et de l’avenir. Et pourtant, durant cette même période, loin des li eux mis en lumière où des jeunes en liesse dansaient librement sur des capots de voi ture, où des commerçants offraient bon nombre de leurs produits à des passants, où des personnes de toute origine se mélangeaient, s’embrassaient, la cohésion tant vant ée n’avait nullement été respectée. Et treize ans et plusieurs mois...