140 pages
Français

Les Safous

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Les safous, fruits charnus d'Afrique, symbolisent l'invitation à l'élite africaine à se retourner vers les sources profondes de l'être pour éprouver les racines de sa civilisation afin d'en dégager les valeurs permanentes. A travers l'entrelacement de cinq volets, Les Safous posent le problème de l'homme face à la timidité, à la souffrance et à la trahison, analyse les rapports entre christianisme, judaïsme, islamisme et animisme et manifeste la fidélité à une tradition qui continue d'inspirer le comportement des hommes et des femmes d'Afrique dans toutes les circonstances importantes de la vie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2012
Nombre de lectures 14
EAN13 9782296499805
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0079€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait
































Les Safous

















































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96984-1
EAN : 9782296969841
ELIE MAVOUNGOU





Les Safous











Préface de Christian Velasquez








Encres Noires
Collection dirigée par Maguy Albet
et Emmanuelle Moysan

La littérature africaine est fortement vivante. Cette collection se veut le
reflet de cette créativité des Africains et diasporas.

Dernières parutions

N°359, Cosmos EGLO, Du sang sur le miroir, 2012.
N°358, AYAYI GBLONVADJI Ayi Hillah, Mirage, Quand les lueurs
s’estompent, 2012.
N°357, Léonard Wantchékon, Rêver à contre-courant, 2012.
N°356, Lottin Wekape, J’appartiens au monde, 2012.
N°355, Kolyang Dina Taïwé, La rupture ou les déboires d’une conversion,
2011.
N°354, Blaise APLOGAN, Gbêkon, je journal du prince Ouanilo, 2011.
N°353, Sa’ah François GUIMATSIA, Des graines et des chaînes, 2011.
N°352, Sémou MaMa DIOP, En attendant le jugement dernier, 2011.
N°351, Lottin WEKAPE, Montréal, mon amour, 2011.
N°350, Boureima GAZIBO, Les génies sont fous, 2011.
N°349, Aurore COSTA, Les larmes de cristal. Nika l’Africaine III, 2011.
N°348, Hélène KAZIENDE, Les fers de l’absence, 2011.
N°347, Daniel MATOKOT, La curée des Mindjula. Les enfants de Papa,
2011.
N° 346, Komlan MORGAH, Étranger chez soi, 2011.
N°345, Matondo KUBU TURE, Des trous dans le ciel, 2011.
N°344, Adolphe PAKOUA, La République suppliciée, 2011.
N°343, Jean René OVONO MENDAME, Les zombis de la capitale,
2011.
N°342, Jean René OVONO MENDAME, La légende d’Ebamba, 2011.
N°341, N’do CISSÉ, Les cure-dents de Tombouctou, 2011.
N°340, Fantah Touré, Des nouvelles du sud, 2011.
N°339, Harouna-Rachid LY, Les Contes de Demmbayal-L’Hyène et
BodielLe-Lièvre, 2010.
N°338, Honorine NGOU, Afép, l’étrangleur-séducteur, 2010.
N°337, Katia MOUNTHAULT, Le cri du fleuve, 2010.
N°336, Hilaire SIKOUNMO, Au poteau, 2010.





À la mémoire de ma fille Tiessesse


« Quand un homme perd son père ou sa mère,
il devient orphelin.
Quand un homme perd sa femme, il devient veuf.
Mais quand un homme perd son enfant,
on ne sait pas ce qu’il devient »

(Proverbe Mina)











À la mémoire de ma mère
À la mémoire de mon père

« Si le sourd n’a pas entendu le tonnerre,
il verra bien la pluie »

(Proverbe Malinké)













À Lyane-Antonin mon fils,
À Lyssia ma fille,
À Virginie ma compagne,
À tous les miens.



« Le soleil n’oublie pas un village parce qu’il est petit »

(Proverbe Mbédé)



















Préface

Étrange pays qui dans la fureur du monde prétend se
nommer « Nnissot-Nniffou », prononcer sans hésitation
« Ni Sot - Ni Fou », et être de surcroît l’héritier d’une
antique royauté dont la vigueur féline fédéra sept
provinces immenses comme le ciel. Lequel concéda à
chacune une étoile particulière, quitte à les maintenir
solidement « dans la paume de sa main ». Il faut entendre
là, l’écho indiscutable d’une « apocalypse africaine » ou
« la révélation d’un pays » qui par sa géodésie – pile sur
l’Équateur – peut prétendre légitimement à l’équanimité
dans une nature puissante. Et mieux encore, « la révélation
des femmes » et secondairement des hommes qui le
peuplent et l’habitent au plein sens du terme.
Ce livre énigmatique vaut par les fulgurances paisibles
qui illuminent personnages et actions dessinant d’un trait
sobre des « visions » successives de la société, de son Être
et enfin de son avenir.
Les chapitres – tableaux mettent en scène des couleurs,
les particularités physiques des corps, les atmosphères
délicieuses de fin de journée, si propice à la conversation,
mille choses et plus.
Mais tout s’y traduit en symboles. Ces choses connues
de tous restent méconnues. Elles possèdent pour
l’immédiat un sens masqué. Il se cache par prudente
nécessité à des niveaux de signification que seuls les sages
connaissent, à la manière des prophètes testamentaires.
Le lecteur « clairvoyant » lit avec son cœur, entend
avec son âme. Attentifs aux signes discrets, il savoure
avec jubilations les contes dont les acteurs archétypes
idéaux universels s’appellent :
13- Madame Savoir-vivre (Mpangulu) aux jambes lasses
se bat au quotidien seule, son autorité est reconnue par
tous sur le marché et à la maison.
- L’Existence imprévisible se fait entendre par le
murmure de Monsieur Lu Kalulu.
- Le Destin s’incarne dans Mademoiselle Rossignol, sa
délicate messagère qui chante si bien dans l’obscurité. On
en connaît de pire et de plus sinistres dans nos sagas
médiévales.
- Dire Mbonzuku-Mbonzuku, et la dissonance signale
l’agitateur porteur de désordre !
Que le lecteur qui doute, écoute la confidence de
l’exceptionnelle et combien attachante Ngulu Munu : « Le
vrai plaisir de la vie, c’est d’avoir tout ce qui est
nécessaire à la plénitude de l’être » et s’il veut contester,
qu’il médite sur « la parole a été donnée à l’homme pour
cacher sa pensée ». Tout cela peut devenir pathétique,
humain, universel…
- L’Amoureux distrait, Lwib’ (Oubli) le bien nommé,
désespère à en mourir, une naïve fillette villageoise,
situation vieille comme l’adolescence. Le cœur se serre de
rage à l’évocation du dramatique avortement de la jolie
Buemba (la Grossesse). On a peur, on pleure avec elle
sous la haute canopée menaçante.
Les mots sont simples, précis. Le style mêle les temps
imparfait, présent et futur et fait perdre les repères comme
dans le jeu où les enfants tournent sur eux-mêmes avant
d’ouvrir les yeux. Il se fait répétitif comme celui d’un
conteur et quel conteur qui sait tirer l’oreille des
incompétents ou des coquins. Mais pas de duperie
possible, c’est bien l’auteur qui raconte… « La jeune
mariée plane dans son sommeil paradoxal » laissant son
14