Liondacier

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272 pages

Description

En plein Moyen âge, un vaillant guerrier se verra confronté à une malédiction le transformant en monstre. Pour retrouver son apparence et les siens, il partira au cœur des croisades chercher un remède, un miracle… il y trouvera un monde sanguinaire et injuste mais aussi l’amitié et l’amour. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage une dure réalité empreinte de moments à part, d’évasion, de combats acharnés en batailles incessantes, des rencontres surprenantes et improbables, la naïveté des uns et le pouvoir des autres, entre la pierre taillée et le son des enclumes répondant au fracas des boucliers et des haches ensanglantées.

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Date de parution 05 mars 2012
Nombre de lectures 14
EAN13 9782748377682
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Leonard Dacier
Liondacier La malédiction
Société des Écrivains
Sur simple demande adressée à la Société des Écrivains, 14, rue des Volontaires  75015 Paris, vous recevrez gratuitement notre catalogue qui vous informera de nos dernières publications. Texte intégral © Société des Écrivains, 2012 Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de lauteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À Valérie, Chantal, Mica, Laurent, sans qui ce livre naurait jamais vu le jour.
Prologue Vers la fin du XIIesiècle, en Europe centrale, sur les an-ciennes terres celtes et helvètes, entre la Bourgogne et le Saint Empire germanique, en ce monde médiéval aux frontiè-res instables et changeantes comme les seigneurs qui les dirigeaient, lOccident peinait à se relever. Les temps trou-bles ayant suivi la chute de Rome duraient depuis des siècles, une certaine monarchie tentait de sinstaurer avec ses classes sociales. Lentement, grâce aux marchés et aux routes permettant de cheminer dans toute lEurope, les conditions de vie pour cer-tains samélioraient tandis que pour dautres, elles se dégradaient encore. Alors quen pays arabes, le deuxième pèlerinage, plus connu sous le nom de deuxième croisade, venait de se terminer, on parlait déjà dune prochaine re-conquête des lieux saints. Le temps des guerres saintes battait son plein, sous légide du christianisme, doù le nom de croi-sade : prendre la croix. Lon cherchait à sapproprier les lieux saints dont Jérusalem était lemblème, tout homme ou femme cherchant le pardon divin, laventure ou lor, y trouverait son compte. Mais cétait généralement la mort qui les attendait et la ruine pour les familles restées en Europe. Les régions dEurope étaient tiraillées entre leurs suze-rains, les évêchés, les nobles, certains notables, bourgeois ou commerçants saccordant des privilèges. Quand ce nétait pas pour des raisons matérielles, on se battait pour de futiles pré-
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textes, mais souvent, seuls les lieux de passages ou regor-geant de richesses attiraient les convoitises. Les guerres incessantes entre Français, Anglais, Germains, Espagnols, Maures ou simplement entre quelques seigneurs revendiquant des droits sur les terres de lautre, quand ce nétait pas les bandes de routiers qui terrorisaient une région, mettaient le continent à feu et à sang, sous le joug de la vio-lence. Les hordes vikings venant des pays scandinaves nhésitaient plus à descendre bas dans les terres afin de piller et voler, avant de rentrer chez eux des chariots plein de ri-chesses, ne laissant que désolation, ruines et cadavres sur leur passage. Pour se défendre, lon construisit au début de simples châ-teaux mottes, une enceinte faite de petits troncs entourant une basse-cour au-dessus de laquelle on érigerait un donjon de bois. Quelques astuces telles que le pont relevable apparu-rent, mais cétait bien peu suffisant pour résister à certaines hordes ou armées, utilisant régulièrement de nouvelles ma-chines de siège perfectionnées ou le feu, lune des craintes majeures de lhomme, qui enfermé dans son enceinte se re-trouvait facilement pris au piège. De véritables forteresses de pierres étaient érigées sur des pitons rocheux ou des endroits difficiles daccès, faisant du terrain une première protection naturelle. On remplaçait le bois par la pierre taillée, plus so-lide, mais ô combien plus chère. Les villageois se cantonnaient en construisant des bastides ou en entourant le village dune palissade de bois, les hameaux se concentraient également afin de se prévenir des attaques dhommes mal -veillants ou simplement des meutes de loups ou autres prédateurs. Ceux qui avaient les moyens allaient quérir la protection dun suzerain qui en échange réclamait des jours de services pour sa garde, ou prélevait de nouvelles taxes.
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Il y avait beaucoup de fiefs, de nobliaux, de seigneurs et tous cherchaient à élargir leur territoire et à prélever plus dimpôts ; lentretien dun château avec ses vassaux ainsi que lenvoi dhommes en croisade coûtaient très cher et chacun reversait une partie à son suzerain, qui lui-même en remettrait à son protecteur. La monarchie nétait pas présente partout et certaines régions désorganisées profitaient à de riches com-merçants qui accroissaient leur pouvoir et obtenaient des droits voire des titres, quand ce nétait pas léglise elle-même qui prélevait ses impôts parmi les plus pauvres. Les paysans, bûcherons, essarteurs, meuniers, pêcheurs et autres petites gens qui vivaient de la terre et qui la faisaient exister étaient surtaxés ainsi que la masse populace qui au milieu de cela essayait de subsister, un jour sous le joug de lun, le lende-main sous lemprise de lautre. Quelques havres de paix subsistaient, rares, instables, mais ils existaient, habituellement sous la férule dun seigneur plus apte que les autres à écouter le sang de la terre, le labeur des ouvriers de Mère Nature. Il accordait des privilèges à ceux qui suaient plutôt quaux bénis de naissance, sachant faire respecter une justice égale pour tous, bien ou mal nés. Il arrivait quil permette à un paysan de défricher quelques ares de forêt et dutiliser le bois afin davoir plus de champs à cultiver, donc plus de grains à redonner également, de pêcher un jour par semaine ou cueillir fruits, champignons ou baies en reversant une partie de sa récolte : telles étaient les faveurs quelquefois accordées. Parfois, on ne laissait que la chance dêtre en vie aux pauvres gens afin quils travaillent, sans avoir droit à de quelconques privilèges. Et sils cherchaient à fuir, on les pendait à lentrée du village ou sur une colline avoisinante, pour lexemple, comme de vulgaires brigands. Sur une ancienne voie romaine traversant lEurope, à lentrée dune vallée où jaillissait de la montagne une rivière
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poissonneuse, dans une région fertile où lon cultivait le vin, la terre et où lon chassait le gibier et pêchait le poisson pour survivre, dans un petit village vivait Aymeric. Deuxième fils de petite mais noble lignée, il avait préféré vivre simplement des arts de la guerre. Soldat affirmé, devenu mercenaire, il élevait sa famille dans une bâtisse quil fit construire peu de temps avant que ne débute notre histoire. Élevé dans la demeure familiale, il y vit son père faire construire le châtelet, de solides bases en pierre de taille, puis le bâtiment en bois de deux étages, plus solide et grand que les petits fortins quil avait fait installer sur les routes à lentrée du village, sécurisant ainsi la vallée sur ses trois axes principaux. Dès son plus jeune âge, il suivit une formation comme son aîné : lire, écrire, chasser, apprendre à monter à cheval, puis se battre, la discipline. Son père, un homme assez dur mais juste, nhésitait pas à le corriger sil faisait mal les choses, son frère lui montrait souvent de quelle manière faire tel ou tel exercice ; ils grandirent ensembles et tissèrent des liens solides. Leurs chemins ne seraient pas les mêmes, car seul laîné reprendrait les rênes du fief plus tard. Aymeric choisit une autre voie, préférant lart des armes à ceux de la gou-verne, poussé par une soif de découverte insatiable. Très jeune, suivant une connaissance de son paternel, un marchand de fourrure, il partit en voyage en commençant par les pays nordiques, auprès des peuples Vikings, après avoir franchi la Germanie puis les mers froides. Là, il intégra une grande famille : le père était un véritable Viking. Le torse large comme un buf, des cheveux dun blond rappelant les blés dété, une longue barbe tressée lui donnant un air viril, mais au fond il était adorable et prenait le temps de soccuper, samuser et rire avec ses enfants, dont Aymeric qui en fit vite partie. La femme, occupée aux tâches ménagè-
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