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Mariposas

De
44 pages

Petits portraits de femmes au bord de la crise de nerfs...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-94799-4

 

© Edilivre, 2015

Retour au Pays

La lumière en stries du soleil pénétrait par les persiennes à demi-inclinées. Au loin, le chant d’un coq qui avait oublié d’être matinal. De délicieuses et réconfortantes effluves de mangot « fil » mêlées à celles, corsées, du café, vinrent lui effleurer les narines d’une caresse sensuelle. Elle sentit une coulée de bien-être s’emparer de sa chair, de son corps, de ses muscles hier encore engourdis par le stress et l’agitation de la vie parisienne ; Elle garda les yeux clos, de peur, peut-être, de se réveiller dans le petit matin gris, blafard et froid de son quotidien hexagonal ; Au loin, encore, des bruits redevenus familiers, de vaisselle, de casseroles, de canaris lavés et brossés de frais qui accueilleront tout à l’heure la victuaille enchanteresse du festin des retrouvailles.

Et il fallut bien ouvrir les yeux.

Un sourire se dessina, presque malgré elle, sur ses lèvres. C’était bien ça. Elle ne rêvait pas.

Sa chambre de jeune fille telle qu’elle l’avait laissée et qu’elle retrouvait, chaque fois, à la faveur de brefs séjours administratifs à peine commencés et déjà empreints d’une lancinante nostalgie.

Elle prit, cette fois encore, tout son temps comme pour se dire qu’elle ne rêvait décidément pas. Les rideaux aériens et immaculés, le bureau où elle avait sué pour avoir ses examens, sésame pour une vie qu’elle avait cru meilleure, de l’autre coté de l’océan. Son armoire, vide, maintenant et, juste à coté, sa valise encore estampillée « air france » mais qui, désormais, n’était plus synonyme de retour vers l’enfer.

Un chant d’oiseau, un pipiri, probablement, loin et pourtant si près. Voilà que la délicieuse odeur mangue et café mêlés revenait lui agacer les narines. C’était, décidément, l’heure du petit-déjeuner.

Le sourire heureux de sa mère, déjà affairée à ses fourneaux.

Man semblait rajeunie de dix ans, au moins.

Comme autrefois, mais le tout lointain autrefois, la presque quinquagénaire enfouit son nez au creux du cou tiède et légèrement plissé par les ans. Man, ferma, furtivement les yeux, renvoyée des décennies en arrière, étreignant sa petite fille éternellement collée à ses basques. Jusque là, nulle parole échangée. L’instant était magique et n’appartenait qu’à elles. Man et sa Fille, cabossée par la vie, se croyant à jamais condamnée au roulis soporifique du « métroboulotdodo »… alors qu’un jour, les rouages capricieux de l’Administration s’étaient desserrés pour la laisser partir sous d’autres cieux, achever une carrière passée à servir l’Etat-Providence, l’Etat-Chronophage sans être trop payée...