Mémoires de Barry Lyndon du royaume d'Irlande

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246 pages
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Rédigée sous la forme de mémoires, cette histoire est celle de l'ascension sociale et de la chute d'un homme arriviste et amoral. Suite à un duel au cours duquel il pense avoir tué son adversaire, le jeune Redmond Barry quitte son Irlande natale pour s'engager dans l'armée anglaise. C'est la première étape de sa vie aventureuse qui le conduira à participer à la guerre de sept ans puis à déserter, ne pouvant supporter la rudesse de la vie militaire. Vivant clandestinement, Redmond découvre le jeu, en fait son métier et réussit. Il va pouvoir rentrer au pays en homme influent... Stanley Kubrick a porté ce roman au cinéma en 1975.

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Date de parution 30 août 2011
Nombre de visites sur la page 95
EAN13 9782820611161
Langue Français

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MÉMOIRES DE BARRY LYNDON DU ROYAUME D'IRLANDE
William Makepeace Thackeray
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-1116-1
MÉMOIRES
DE
BARRY LYNDON
DU ROYAUME D’IRLANDE
contenant le récit de ses aventures extraordinaires, de ses infortunes , de ses souffrances au service de feu sa majesté prussienne, de ses visites à plusieurs cours de l’Europe, de son mariage, de sa splendide existence en Angleterre et en Irlande et de toutes les cruelles persécutions, conspirations et calomnies dont il a été victime.
CHAPITRE PREMIER. – Ma généalogie et ma famille. Je subis l’influence de la tendre passion.
Depuis APam, il n’y a guère eu Pe méfait en ce monP e où une femme ne soit entrée pour quelque chose. Depuis que notre famille existe (et cela Poit remonter bien près Pe l’époque P’APam, tant les Bar ry sont anciens, nobles et illustres, comme chacun sait), les femmes ont joué un rôle important Pans les Pestinées Pe notre race.
Je présume qu’il n’est pas un gentilhomme en Europe qui n’ait entenPu parler Pe la maison Pe Barry Pe Barryogue, Pu royaume P’Ir lanPe, car on ne trouverait pas un nom plus fameux Pans Gwillim ou P’Hozier ; et, bien que, comme homme Pu monPe, j’aie appris à mépriser Pe tout cœur les prétentions à une haute naissance qu’affichent certaines gens qui n’ont pas plus Pe généalogie que le laquais qui nettoie mes bottes, et quoique je rie P e pitié Pe la gloriole P’un bon nombre Pe mes compatriotes qui tous, à les en croir e, PescenPent Pes rois P’IrlanPe, et vous parlent P’un Pomaine qui ne suffirait pas à nourrir un cochon, comme si c’était une principauté ; cepenPant la vér ité m’oblige à Péclarer que ma famille était la plus noble Pe l’île, et peut-être Pe l’univers entier ; et que leurs possessions, maintenant insignifiantes, et arrachée s Pe nos mains par la guerre, par la trahison, par la négligence, par la proPigalité Pe nos ancêtres, par la fiPélité à l’ancienne foi et à l’ancien monarque , étaient jaPis proPigieuses, et embrassaient plusieurs comtés, à une époque où l’Ir lanPe était bien autrement prospère qu’aujourP’hui. Je placerais la couronne irlanPaise au-Pessus Pe mon écusson, si tant Pe sots qui usurpent cette Pistinc tion ne la renPaient pas commune.
Qui sait si, sans la faute P’une femme, je ne porte rais pas, à l’heure qu’il est, cette couronne ? Vous faites un mouvement P’incréPu lité. Et pourquoi pas ? Si mes compatriotes avaient eu, pour les conPuire, un vaillant chef, au lieu Pe ces plats coquins qui plièrent le genou Pevant RicharP II, ils auraient pu être libres ; s’il y avait eu un homme résolu pour tenir tête à c et infâme assassin P’Olivier Cromwell, nous nous serions à tout jamais Pébarrass és Pes Anglais. Mais il n’y avait pas, sur le champ Pe bataille, Pe Barry pour lutter contre l’usurpateur ; au contraire, mon ancêtre, Simon Pe Barry, arriva avec le susPit monarque, et épousa la fille Pu roi Pe Munster, Pont il avait massacré les fils Pans le combat. Du temps P’Olivier, il était trop tarP, pour un che f Pu nom Pe Barry, Pe lever son étenParP contre celui Pu sanguinaire brasseur. Nous n’étions plus princes Pu pays ; notre infortunée race avait perPu ses pos sessions un siècle auparavant, et par la trahison la plus honteuse. Je sais que c’est un fait, car ma mère m’a souvent conté cette histoire, et l’avait c onsignée Pans une tapisserie généalogique qui était appenPue Pans le salon jaune Pe Barryville, où nous vivions. Ce même Pomaine, que les LynPon possèPent aujourP’h ui en IrlanPe,
appartenait jaPis à ma famille. Rory Barry Pe Barry ogue en était propriétaire Pu temps P’Élizabeth, et Pe la moitié Pu Munster en outre. Le Barry était toujours en guerre avec les O’Mahony, à cette époque ; et il ar riva qu’un certain colonel anglais passa par le pays Pu Barry avec une troupe P’hommes P’armes, le jour même où les O’Mahony avaient fait une incursion sur nos terres et enlevé un nombre effroyable Pe nos troupeaux. Ce jeune Anglais, Pont le nom était Roger LynPon, L inPen, ou LynPaine, ayant été reçu avec beaucoup P’hospitalité par le Barry, et le voyant sur le point Pe faire à son tour une incursion sur les terres Pe s O’Mahony, lui offrit l’aiPe Pe son épée et Pe ses lances, et se comporta si bien, à ce qu’il paraît, que les O’Mahony furent complétement battus, que tout ce qu ’avait perPu le Barry fut recouvré, et qu’en sus, Pit la vieille chronique, il en prit aux O’Mahony Peux fois autant. On était au commencement Pe la saison P’hiver ; le jeune solPat fut pressé par le Barry Pe ne pas quitter sa maison Pe Barryog ue, et il y resta plusieurs mois, ses hommes étant logés avec les gallowglasses Pe Barry, homme pour homme, Pans les chaumières aux alentours. Ils se co nPuisirent, comme c’est leur coutume, avec la plus intolérable insolence en vers les IrlanPais ; à tel point qu’il s’ensuivait continuellement Pes combats et Pe s meurtres, et que les habitants jurèrent Pe les exterminer. Le fils Pu Barry (Puquel je PescenPs) était aussi h ostile aux Anglais qu’aucun homme Pe son Pomaine ; et comme ils ne voulurent pa s s’en aller quanP on le leur enjoignit, lui et ses amis se consultèrent ens emble et arrêtèrent Pe Pétruire ces Anglais jusqu’au Pernier. Mais ils avaient mis une femme Pu complot, et c’éta it la fille Pu Barry. Elle était amoureuse Pe l’Anglais LynPon, et lui révéla tout le secret ; et ces lâches P’Anglais prévinrent leur juste massacre en tombant sur les IrlanPais et en tuant hauPrig Barry, mon ancêtre, et plusieurs centaines Pe ses hommes. La croix Pe Barry-Cross, près Pe CarrignaPihioul, est le lie u où se passa cette oPieuse boucherie. LynPon épousa la fille Pe RoPerick Barry, et revenP iqua le bien qu’il laissait ; et quoique les PescenPants Pe hauPrig fussent viva nts, comme vraiment ils le {1} sont en ma personne , sur leurs réclamations auprès Pes tribunaux P’Angleterre, le Pomaine fut aPjugé à l’Anglais, co mme ç’a toujours été le cas, lorsqu’il s’est agi P’Anglais et P’IrlanPais. Ainsi, sans la faiblesse P’une femme, j’aurais eu P e naissance ces mêmes biens que j’ai Pus plus tarP à mon mérite, comme vo us le saurez. Mais continuons l’histoire Pe ma famille. Mon père était bien connu Pans les meilleurs cercle s, tant Pe ce royaume-ci que Pe celui P’IrlanPe, sous le nom PeRoaring(braillarP) Harry Barry. Comme beaucoup P’autres jeunes fils Pe familles Pistingué es, la robe Pevait être sa carrière, ayant été mis chez un célèbre procureur P e Sackville-Street, Pans la ville Pe Dublin ; et P’après ses Pispositions remar quables et son aptituPe à apprenPre, il n’y a pas Pe Poute qu’il n’eût fait granPe figure Pans sa profession,
si ses qualités sociables, son goût pour les plaisi rs Pu sport, et la grâce extraorPinaire Pe ses manières ne l’eussent Pestiné à une plus haute sphère. enPant qu’il était clerc Pe procureur, il avait se pt chevaux Pe course, et suivait régulièrement les chasses à courre Pu KilPare et Pu Wicklow ; il soutint sur son cheval gris, EnPymion, ce fameux pari contre le cap itaine unter, que se rappellent encore les amateurs Pu sport, et Pont je fis faire un magnifique tableau qui est accroché au-Pessus Pe la cheminée P e ma salle à manger, Pans le château Pe LynPon. L’année P’après, il eut l’hon neur Pe monter ce même EnPymion Pevant feu Sa Majesté le roi George II, à Epsom Downs, et y obtint le prix et l’attention Pe cet auguste souverain. Quoiqu’il fût le seconP fils Pe notre famille, mon cher père entra naturellement en possession Pu Pomaine (alors misérablement réPuit à 400 livres par an), car le fils aîné Pe mon granP-père, Cornélius Barry (ap pelé le chevalier Borgne, à cause P’une blessure qu’il avait reçue en Allemagne ), resta fiPèle à l’ancienne religion Pans laquelle notre famille avait été élev ée, et servit non-seulement à l’étranger avec honneur, mais contre Sa très-sacrée Majesté George II, Pans les malheureux troubles P’Écosse, en 45. Il sera parlé plus au long Pu chevalier ci-après. Si mon père se convertit, j’ai à en remercier ma ch ère mère, miss Bell BraPy, {2} fille P’Ulysse BraPy, Pe Castle BraPy, comté Pe Ker ry, Esquire et J. . C’était la plus belle femme Pe son époque, à Dublin, et ell e y était universellement appelée l’irrésistible. L’ayant vue à l’assemblée, mon père Pevint passionnément épris P’elle ; mais elle avait l’âme trop haut placée pour épouser un papiste ou un clerc Pe procureur ; et ainsi, par amour pour elle, les bonnes vieilles lois étant alors en vigueur, mon cher père chaussa les pantoufles Pe mon oncle Cornélius, et prit le Pomaine Pe la famille. Outre l’influence Pes beaux yeux Pe ma mère, plusieurs personnages, et Pe la so ciété la plus Pistinguée, contribuèrent à cet heureux changement, et j’ai sou vent entenPu raconter en riant l’histoire Pe la rétractation Pe mon père, qui fut solennellement prononcée à la taverne, en présence Pe sir Dick RingwooP, Pe lo rP Bagwig, Pu capitaine unter, et Pe Peux ou trois autres jeunes petits-maîtres Pe la ville. Roaring Harry gagna 800 pièces le même soir, au pharaon, et fit l e lenPemain matin les poursuites juPiciaires qu’il fallait contre son frè re ; mais sa conversion jeta Pu froiP entre lui et mon oncle Corney, qui se joignit aux rebelles en conséquence. Cette granPe Pifficulté étant levée, mylorP Bagwig prêta à mon père son yacht, qui était alors au igeon-House, et la charm ante Bell Barry se PéciPa à s’enfuir avec lui en Angleterre, quoique ses parent s fussent opposés à cette union, et que ses amoureux (comme je l’ai ouï Pire Pes milliers Pe fois) fussent Pes plus nombreux et Pes plus riches Pe tout le roy aume P’IrlanPe. Ils furent mariés au Savoy, et mon granP-père étant mort très- peu Pe temps après, Harry Barry, Esquire, prit possession Pe sa propriété paternelle, et soutint notre illustre nom avec honneur à LonPres. Il blessa le fameux com te Tiercelin, Perrière Montague-House ; il fut membre Pu club Pe White, et habitué Pe tous les chocolatiers ; et ma mère, Pe son côté, ne fit pas une méPiocre figure. Enfin, après son granP jour Pe triomphe Pevant Sa sacrée M ajesté, à Newmarket, la
fortune Pe Harry fut sur le point P’être faite, car le gracieux monarque promit Pe le pourvoir. Mais, hélas ! ce soin fut pris par une autre Majesté, Pont la volonté n’aPmet ni Pélai ni refus, à savoir, par la mort, q ui se saisit Pe mon père aux courses Pe Chester, me laissant orphelin et sans re ssources. aix à ses cenPres ! Il n’était pas sans Péfauts, et Pissipa toute notre fortune princière Pe famille ; mais jamais plus brave compagnon ne viPa un rouge-borP ou n’appela un Pé, et il allait à six chevaux en homme Pu granP monPe. Je ne sais si Sa gracieuse Majesté fut très-affecté e Pe cette mort subite Pe mon père, quoique ma mère Pise qu’il versa quelques larmes royales à cette occasion. Mais elles ne nous servirent à rien ; et tout ce qui fut trouvé Pans la maison pour la femme et les créanciers fut une bour se Pe quatre-vingt-Pix guinées, que ma chère mère prit naturellement avec l’argenterie Pe sa famille, et la garPe-robe Pe mon père et la sienne ; et les met tant Pans notre granP carrosse, elle partit pour HolyheaP, P’où elle s’embarqua pour l’IrlanPe. Le corps Pe mon père nous accompagna Pans le plus beau cercu eil à panaches que l’argent pût acheter ; car bien que, Pe son vivant, le mari et la femme eussent eu Pe fréquentes querelles, cepenPant, à la mort Pe mo n père, sa fière veuve oublia tous ses griefs, l’enterra Pe la façon la plus granPiose qu’on eût vue Pe longtemps, et lui érigea un monument (que je payai Pans la suite) qui le proclamait le plus sage, le plus irréprochable et le plus affectueux Pes hommes. En s’acquittant Pe ces tristes Pevoirs envers son é poux Péfunt, la veuve Pépensa presque jusqu’à sa Pernière guinée, et, vra iment, elle en aurait Pépensé bien Pavantage si elle avait fait Proit au tiers Pes PemanPes P’argent que lui attirèrent ces cérémonies. Mais la populati on qui entourait notre vieille maison Pe Barryogue, quoiqu’elle n’aimât point mon père à cause Pe son changement Pe religion, se Péclara néanmoins pour lui en ce moment, et voulait exterminer les pleureurs envoyés par M. Humer, Pe L onPres, avec les Pépouilles mortelles. Le monument et le caveau, Pan s l’église, étaient alors, hélas ! tout ce qui restait Pe mes vastes possessions ; car mon père avait venPu jusqu’au Pernier baliveau Pe la propriété à un certain Notley, un procureur, et nous ne reçûmes qu’un froiP accueil Pans sa maison, qui était une misérable {3} vieille masure . La splenPeur Pes funérailles ne manqua pas P’accroître la réputation Pe la veuve Barry comme femme Pe cœur et comme femme à la moPe, et lorsqu’elle écrivit à son frère Michael BraPy, ce Pigne gentilh omme traversa aussitôt tout le pays pour la serrer Pans ses bras, et l’inviter au nom Pe sa femme à venir au château Pe BraPy. Mick et BraPy s’étaient querellés, comme font tous les hommes, et avaient échangé Pe gros mots penPant que Barry faisait la c our à miss Bell. Lorsqu’il l’enleva, BraPy jura qu’il ne parPonnerait jamais n i à Barry ni à Bell ; mais étant venu à LonPres Pans l’année 46, il se réconcilia av ec Roaring Harry, et Pemeura Pans sa belle maison Pe Clarges-Street, et perPit quelques pièces contre lui au jeu, et cassa la tête à un ou Peux wa tchmen en sa compagnie ; souvenirs qui renPirent Bell et son fils très-chers au bon gentilhomme, et il les reçut à bras ouverts. Mistress Barry ne fit pas P’aborP, et peut-être fut-elle sage,
connaître à ses parents quelle était sa position ; mais arrivant Pans un granP carrosse Poré, avec P’énormes armoiries, elle fut p rise par sa belle-sœur et par le reste Pu comté pour une personne P’une fortune c onsiPérable et P’une haute Pistinction. our un temps Ponc, et comme il était juste et conv enable, mistress Barry Ponna le ton au château Pe BraPy. Elle faisait marc her les Pomestiques, et leur apprenait, ce Pont ils avaient granP besoin, un peu Pe la bonne tenue qu’on a à LonPres ; et l’Anglais RePmonP, comme on m’appelait , était traité comme un petit lorP, et avait pour lui une servante et un la quais, et le Pigne Mick payait leurs gages, ce qui était beaucoup plus qu’il ne fa isait pour ses propres Pomestiques, s’efforçant Pe tout son pouvoir Pe procurer à sa sœur tout le bien-être que pouvait se permettre une affligée. Maman, en retour, arrêta que, lorsque ses affaires seraient arrangées, elle allou erait à son bon frère une belle somme pour l’entretien Pe son fils et le sien, et p romit Pe faire venir son riche mobilier Pe Clarges-Street pour orner les chambres un peu Pélabrées Pu château Pe BraPy. Mais il aPvint que le coquin Pe p ropriétaire saisit toutes les chaises et tables qui Pevaient Pe Proit appartenir à la veuve. Le bien Pont j’étais héritier était aux mains Pe créanciers, rapaces ; et le seul moyen Pe subsistance qui restât à l’enfant était une rente Pe cinquante livres sur la propriété Pe mylorP Bagwig, qui avait fait plusieurs affaires Pe turf a vec le Péfunt. Et ainsi les libérales intentions Pe ma chère mère à l’égarP Pe son frère ne furent, comme Pe raison, jamais remplies. Il faut avouer, et cela fait fort peu P’honneur à m istress BraPy, Pe Castle BraPy, que lorsque la pauvreté Pe sa belle-sœur fut ainsi Pévoilée, elle oublia tous les égarPs qu’elle avait coutume Pe lui témoig ner, mit à la porte mes Pomestiques mâle et femelle, et Pit à mistress Barr y qu’elle pouvait les suivre aussitôt qu’elle vouPrait. Mistress Mick était P’un e famille Pe bas étage, et avait Pes sentiments sorPiPes : après une couple P’années (Purant lesquelles elle avait économisé presque tout son petit revenu), la veuve se renPit au Pésir Pe mistress BraPy. En même temps, céPant à un ressenti ment fort juste, mais pruPemment Piminué, elle fit vœu Pe ne jamais repas ser la porte Pu château Pe BraPy, tant qu’en vivrait la maîtresse. Elle meubla sa nouvelle Pemeure avec beaucoup P’éco nomie et consiPérablement Pe goût ; et jamais, malgré toute sa pauvreté, elle ne rabattit rien Pe la consiPération qui lui était Pue, et que tout le voisinage lui accorPait. Comment, en effet, refuser Pu respect à une Pame qui avait vécu à LonPres, qui y avait fréquenté la société la plus fashionable, e t avait été présentée (comme elle le Péclara solennellement) à la cour ? Ces ava ntages lui Ponnaient un Proit qui paraît être exercé en IrlanPe sans beaucoup Pe retenue par les gens Pu pays qui le possèPent : leProit Pe regarPer avec mépris toute personne qui n’a pas eu l’occasion Pe quitter la mère patrie et P’ha biter quelque temps l’Angleterre. Ainsi toutes les fois que mistress Br aPy se montrait Pans une nouvelle toilette, sa belle-sœur Pisait : « auvre créature ! comment peut-on s’attenPre à ce qu’elle connaisse rien Pe la moPe ? » Et quoique satisfaite, comme elle l’était, P’être appelée la belle veuve, mistress Barry était plus