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Menelik tel qu'il fut

De
256 pages

Il y a une centaine d'années, l'Ethiopie n'était guère pour l'Europe qu'une expression géographique, et seuls quelques religieux érudits, quelques poètes, rattachaient cette entité à un passé millénaire où se confondaient la fable et l'histoire. Le percement de l'isthme de Suez devait modifier radicalement les faits et faire de ce pays de l'est africain l'un des axes de la grand politique coloniale européenne. Mais l'on constata que l'Ethiopie, tenue à l'écart de la civilisation occidentale par ses déserts et ses montagnes, était restait inchangée, dans ses institutions et ses mœurs, depuis les temps bibliques, et qu'une espèce de miracle avait immobilisé, quatre mille ans durant et jusqu'à nos jours, un ensemble de petits royaumes à bases religieuses et féodales.
Dans un cahpitre liminaire d'un puissant raccourci, Henry de Monfreid résume l'histoire de ce qu'on peut appeler un anachronisme politique, avant de brosser le portrait et la chronique de celui qui fut le créateur de l'Ethiopie actuelle : Ménélik II, roi du Choa, puis empereur de 1889 à 1913. Et c'est sans exagération aucune qu'il le dénomme le Louis XI africain.
Car ce fut un étonnant rassembleur de territoires que ce potentat oriental, et les moyens qu'il employa pour parvenir au trône rappellent étrangement ceux de l'homme de Péronne et du Plessis-lez-Tours - l'un de nos plus grands rois. Guerrier et diplomate, il sut non seulement se défendre des intrigues des "grandes puissances", mais en jouer et les utiliser contre les autres prétendants à la couronne et contre son prédécesseur même, l'empereur Théodoros. Ruses, trahisons, équivoques, achats de consciences, machinations, toutes les ficelles, tout l'arsenal retors de la rouerie et de la subtitilité politiques lui servirent pour parvenir à son but, avant d'en venir à l'emploi de la violence. Et certains épisodes de cette geste épique, riche en embûches et en retournements de fortune, ne sont pas sans rappeler les pages les plus colorées et les plus cruelles de l'histoire byzantine.
Nul mieux qu'Henry de Monfreid n'était qualifié pour évoquer Ménélmik et son pays. Il a vécu près d'un demi-siècle en Ethiopie, et ses livres témoignent de l'acuité, de la netteté de son observation de la vie éthiopienne comme de l'amour qui lui porte. Il a approché beaucoup de compagnons de l'empereur, de ceux qui partagèrent ses luttes, et a obtenu d'eux quantité de souvenirs, de renseignements, d'anecdotes. Et peut-être est-il aujourd'hui l'un des derniers hommes ayant connu Ménélik II, le Louis XI éthiopien.

(1954)

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Il y a une centaine d'années, l'Ethiopie n'était guère pour l'Europe qu'une expression géographique, et seuls quelques religieux érudits, quelques poètes, rattachaient cette entité à un passé millénaire où se confondaient la fable et l'histoire. Le percement de l'isthme de Suez devait modifier radicalement les faits et faire de ce pays de l'est africain l'un des axes de la grand politique coloniale européenne. Mais l'on constata que l'Ethiopie, tenue à l'écart de la civilisation occidentale par ses déserts et ses montagnes, était restait inchangée, dans ses institutions et ses mœurs, depuis les temps bibliques, et qu'une espèce de miracle avait immobilisé, quatre mille ans durant et jusqu'à nos jours, un ensemble de petits royaumes à bases religieuses et féodales.
Dans un cahpitre liminaire d'un puissant raccourci, Henry de Monfreid résume l'histoire de ce qu'on peut appeler un anachronisme politique, avant de brosser le portrait et la chronique de celui qui fut le créateur de l'Ethiopie actuelle : Ménélik II, roi du Choa, puis empereur de 1889 à 1913. Et c'est sans exagération aucune qu'il le dénomme le Louis XI africain.
Car ce fut un étonnant rassembleur de territoires que ce potentat oriental, et les moyens qu'il employa pour parvenir au trône rappellent étrangement ceux de l'homme de Péronne et du Plessis-lez-Tours - l'un de nos plus grands rois. Guerrier et diplomate, il sut non seulement se défendre des intrigues des "grandes puissances", mais en jouer et les utiliser contre les autres prétendants à la couronne et contre son prédécesseur même, l'empereur Théodoros. Ruses, trahisons, équivoques, achats de consciences, machinations, toutes les ficelles, tout l'arsenal retors de la rouerie et de la subtitilité politiques lui servirent pour parvenir à son but, avant d'en venir à l'emploi de la violence. Et certains épisodes de cette geste épique, riche en embûches et en retournements de fortune, ne sont pas sans rappeler les pages les plus colorées et les plus cruelles de l'histoire byzantine.
Nul mieux qu'Henry de Monfreid n'était qualifié pour évoquer Ménélmik et son pays. Il a vécu près d'un demi-siècle en Ethiopie, et ses livres témoignent de l'acuité, de la netteté de son observation de la vie éthiopienne comme de l'amour qui lui porte. Il a approché beaucoup de compagnons de l'empereur, de ceux qui partagèrent ses luttes, et a obtenu d'eux quantité de souvenirs, de renseignements, d'anecdotes. Et peut-être est-il aujourd'hui l'un des derniers hommes ayant connu Ménélik II, le Louis XI éthiopien.
(1954)