Mes histoires, la version complète

Mes histoires, la version complète

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Livres
218 pages

Description

« Il vit ces hommes, ces femmes et ces enfants qui, visiblement, n'avaient rien entendu de ce qu'il avait hurlé. Le bonheur se lisait sur leurs visages. Ces trop rares instants s'offraient à eux, comme s'ils étaient les derniers. À l'époque de l'ancien empire, personne ne s'amusait. Tout le monde travaillait dur, dans la souffrance, la sueur et l'espoir. En les regardant, ils semblaient être au paradis. Les enfants riaient beaucoup car les adultes n'arrêtaient pas de jouer avec eux. Ils pensaient à leurs propres progénitures, retirées de force par la « nation » et disparues à jamais de leur vie. Ils auraient aimé, comme tant d'autres, connaître les filles et fils qu'ils avaient engendrés, mais ils se consolaient à l'idée d'être de nouveaux parents pour ces chérubins. » (Extrait de L'Aube des temps)


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Date de parution 27 avril 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782414229406
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-22938-3
© Edilivre, 2018
A ma famille
Les couleurs du mal
La seconde guerre mondiale avait débuté. Je m’appelle Vincent. Je dormais profondément dans un bunker du port militaire de Bordeaux. Dans le ciel, les étoiles avaient disparu et les lumières du matin apparaissaient. J’étais totalement inconscient, sur le siège qui commandait la grande mitrailleuse. Le soleil ne fit pas encore son apparition lorsque mon officier supérieur entra dans mes quartiers pour me réveiller avec colère. Il ne me sanctionnait pas. Il m’informait de l’arrivée imminente des allemands par la mer. Sur le coup, je devins très tendu.
J’observais au loin, des navires de guerre qui se dirigeaient vers nous. Les drapeaux nazis diaboliques aux couleurs du mal, hissés fièrement sur chaque bateau me remplissaient de haine. Il était clair que nous n’étions pas préparés. La victoire de l’ennemi semblait inéluctable. Sous les ordres de mon supérieur, j’ouvris le feu et cette machine infernale faisait un boucan de tous les diables. Les étincelles des balles éblouissaient jusqu’à chaque recoin. Le carnage que je produisais avait l’effet escompté mais la défense du port fut submergée. L’officier sortait avec son arme de poing et je profitais de cette occasion pour fuir avant de ne plus pouvoir le faire.
Je courus à perdre haleine dans la direction opposée et sans arme. Peu à peu, les bruits s’atténuaient et mes pas se faisaient de moins en moins pressants. J’entrais en ville mais j’avais le besoin terrible de vouloir me cacher. J’observais un hôtel chic qui donnait vue sur le port. Devant le bâtiment se trouvait une piscine qui n’était pas occupée. A l’intérieur, je ne croisais personne. Je montais quelques étages puis je choisissais une chambre au hasard. Un petit homme moustachu ouvrit la porte puis j’entrai sans demander la permission. Cette personne avait tout vu de ce qui se passait par la porte vitrée coulissante de chez lui. Il n’opposait pas la moindre résistance. Il m’offrit un café bien chaud mais je n’eu pas le temps de discuter.
Deux soldats nazis enfoncèrent la porte. Pris de panique, je jetais ma tasse, courant droit vers le balcon. Ces hommes m’empoignèrent violemment mais avec la force du désespoir, je les emmenais avec moi, par-dessus la barrière. Nous faisions tous les trois une chute vertigineuse jusqu’à la piscine. Dans l’eau, les deux allemands m’arrêtaient mais je ne me débattais plus car d’autres soldats nous attendaient. Ils pointaient leurs armes sur moi et j’acceptais la douloureuse réalité. Le soldat devenait prisonnier.
Ils m’emmenaient dans un camp de concentration particulier. Une ancienne caserne militaire française, entourée d’une clôture de plusieurs mètres de hauteur et principalement constituée de barbelés. Un grand terrain séparait cette frontière de la battisse. Je ne connaissais pas ma position géographique mais le voyage m’avait semblé long.
Avec mes camarades, je mangeais au réfectoire mais j’étais envahi par un sentiment de culpabilité. J’avais déserté. J’abandonnais mon poste en laissant derrière moi des hommes courageux. A la pensée de ma lâcheté, le poids de ma conscience me rendait la vie insupportable. Je ne pouvais continuer à poursuivre ce chemin. Je savais au plus profond de moi-même, que je ne méritais pas le luxe de ne rien faire. Je devais m’évader ou mourir.
Il y avait des étages en sous-sol. Un tunnel caché s’y trouvait. On se débrouillait pour ne pas faire éveiller le moindre soupçon, en travaillant pour les nazis tout en œuvrant pour la fuite. Faire des relais successifs étaient de rigueur. Au bout de quelques semaines, nous étions près de la foret, en dehors du territoire carcéral. Nous pouvions creuser un trou en surface, à l’abri du champ de vision.
Une nuit, ce fut le grand départ. J’avais réussi mon évasion mais tout le monde n’avait pas la même chance que moi. Certains étaient capturés ou tués. J’intégrais la résistance, jusqu’à la fin de la guerre. Je me suis racheté au nom de la liberté.
Raptor OPS
Année 2000. Moi Patrick, fatigué de ma dernière mission, je reprenais le chemin du quartier général pour attendre de nouvelles instructions et de nouveaux équipiers.
En face du bâtiment des services secrets français, se trouvait le titre « Gestion des finances », ce qui ne voulait pas dire grand chose. Personne ne devait savoir la vérité. L’organisation se trouvait en plein centre de Paris. A l’intérieur du centre se trouvait deux portes : la première conduisait à la ridicule « gestion » et l’autre au QG. Celle-ci était protégée par un code bien gardé. Je rentrais pour ensuite descendre cinquante six marches, pour me retrouver dans un tunnel blanc dans lequel se trouve la détection d’armes à feu. Les inspecteurs se trouvaient habituellement derrière un mur afin d’effectuer les contrôles. Ecran de surveillance ultra sophistiqué : vision des squelettes en jaune et des armes en rouge. Je posais mon œil sur l’osculateur afin de confirmer mon identification.
L’inspection terminée, je rentrais ensuite dans la salle principale où se trouvait d’habitude le patron, mes équipiers, les radars de surveillance à travers le monde et bien d’autres choses. C’était le cœur du service. La foule entière se leva, acclamant sans cesse mes derniers exploits sur des tapements de mains frénétiques. J’avais accompli une mission terrifiante, celle que je croyais la plus rude de ma vie. J’entendis souvent crier ces mots comme « T’es le meilleur ! » mais elles ne suffisaient pas aux remords d’avoir perdu mes co-équipiers durant l’opération. C’était une mission réellement dangereuse et redoutable. Malgré tout, la fierté et l’honneur étaient enfouis au fond de moi, l’amour de la patrie. Impossible d’oublier mes amis, surtout dans cette situation. Ma tête se remplissait à nouveau d’encombrements, les fantômes ne cessèrent de me hanter et je fus absent pendant quelques secondes. Je me dirigeais ensuite vers le boss, pour faire mon rapport. Mon patron m’adressait ses sincères félicitations : – Tu as sauvé le monde. Tu mérites la médaille d’honneur. Dommage que tu n’en as pas le droit. Puis je lui répondais : – C’était une mission périlleuse. J’ai perdu tous mes équipiers. – Je vais te présenter les nouveaux. Ils te suivront lors de ta prochaine mission. – Puis-je savoir leurs noms avant qu’ils arrivent. – Bien entendu ; les frères Sébastien et Vincent. Ils ne connaissent pas bien le métier. Je compte sur toi pour résoudre le problème. Emmanuelle, experte en espionnage et infiltration. Pour finir, le redoutable Jonathan qui fut légionnaire dans l’armée et ensuite commando dans des missions de haut niveau. – Je me ferais une joie de les rencontrer. – J’en suis certain. La nouvelle recrue fit son apparition dans un tel sentiment de fierté que moi-même je fus étonné. Seraient ils capable de donner leur vie pour leur pays ? Je savais que la suite serait au prochain épisode. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais rencontré des gens qui me considéraient comme un super héros. Tous se trouvaient devant moi lorsque un silence incroyable retentissait. Nous ne savions pas lequel devait parler en premier. Vincent osait le faire en disant : – Très heureux de vous rencontrer Monsieur. Désolé pour vos collègues. Avec tristesse, je disais :
– On essaye d’oublier. Puis le chef reprenait la parole, en disant ceci : – Maintenant que les présentations sont terminées, je vous prie de bien vouloir m’écouter pour la suite des évènements. J’ai dans ma main vos billets d’avion pour la Martinique. Vous partez dans une heure. Habituellement, je lui posais à nouveau cette question :
– En quoi consiste l’objectif ? – Le docteur Flinois, l’un des plus grands inventeurs mais aussi un grand psychopathe en puissance. Il s’est fait virer pour avoir utilisé des produits interdits par la loi. Apparemment, il a créé une arme très puissante mais nous ignorons tout le reste. Vous devez mener votre enquête puis vous procèderez à l’interpellation. – C’est un peu léger comme information. Cependant, le temps presse. Nous partons.
Nous courûmes ensuite à l’étage d’en dessous pour se ravitailler en armes à feu et armes blanches. L’aéroport atteint et muni de faux passeports, l’homme assermenté par l’état, attendant chaque départ de mission pour nous faire passer la douane avec les armes, attendait patiemment et sereinement. Il me demandait de montrer les papiers d’autorisation, dans une conscience purement protocolaire mais il me connaissait bien. Son petit sourire en coin et compatissant me faisait du bien. Nous étions dans un hôtel pas cher sur l’île de la Martinique. On plaisantait sans arrêt avec des blagues à deux sous mais c’était nécessaire. Nous avions tous pensé que notre obligation était de sortir le lendemain comme les touristes. Sébastien était formidable. Il me remontait souvent le moral avec ses gags idiots mais à la nuit tombée, l’heure venue de discuter de choses sérieuses s’annonçait. Je disais : – Nous sommes à quelques kilomètres du lieu des preuves. C’est à cet endroit que notre contact a trouvé les indices de l’arme secrète. Nous irons là-bas à pieds, dans la jungle. Puis Jonathan répondait : – Et nous sommes allés en Martinique rien que pour des indices ? – C’est possible, à moins que le docteur Flinois et son arme se trouvent ici. Le lendemain matin, l’intensité des rayons du soleil annonçait une journée particulièrement chaude. Jonathan, visiblement habitué aux conditions rudes de la nature, se portait bien. Pour le reste de l’équipe et moi-même, c’était moins facile. Des moustiques émanaient de toutes parts. L’homme était au rendez-vous, s’adressant à moi : – Agent Patrick, je suis heureux de vous rencontrer. Ce sont vos nouveaux co-équipiers ? Je faisais ensuite les présentations obligatoires : – Sébastien, Vincent, Emmanuelle et Jonathan. – Je vais vous donner les indices que j’ai trouvés. – Où sont-elles ? – Sous vos pieds. Cela ressemblait à des traces de dinosaures. L’inquiétude grandissait. Une fois de plus, le « contact » reprenait la parole : – Je me suis renseigné. Ce sont les traces d’un vélociraptor. Puis je lui répondais : – Les dinosaures n’existent plus. A quel endroit cet animal se dirigeait ? – Vers un château bien gardé. Le docteur est à l’intérieur mais je n’ai jamais vu la créature. – Nous réfléchirons tranquillement dans l’hôtel pour trouver l’angle d’attaque. – J’ai les plans du bâtiment qui vous seront utiles. J’ai aussi les fausses cartes d’invitation au château. Il y a une fête ce soir. – Voici la meilleure nouvelle depuis notre arrivée sur l’île.
A la nuit tombée, le plan fut soigneusement élaboré. Je voulais absolument faire un récapitulatif de tout ce qui avait été convenu :
« Je vais tout répéter pour la dernière fois. Emmanuelle est discrète, elle pourra supprimer le docteur sans que les autres ne s’en aperçoivent. Je ne serais pas loin d’elle, pour les éventuels problèmes. Les frères Vincent et Sébastien seront dehors pour assurer notre fuite en voiture. Jonathan devra nous protéger en cas de problèmes d’artilleries lourdes. Si la créature se montre, tuez-la. »
Tout le monde était prêt : Jonathan à côté du château, Vincent et Sébastien dans une voiture louée. Emmanuelle et moi, en tenue de soirée, en faux couple d’amoureux, devant le portail. Le gardien de l’entrée nous laissait passer sans problème. Jonathan s’était déjà infiltré dans le parc, malgré la surveillance des gardes qui faisaient leurs rondes. Elle et moi étions à l’intérieur lorsqu’une symphonie de musique classique célèbre commençait à se répandre dans chaque recoin. On discutait longtemps avec les invités, se prenant totalement au jeu. Le temps s’écoulait puis nous vîmes pour la première fois notre cible humaine se dirigeant vers les toilettes. Un coup de chance qu’on ne pouvait laisser passer. Elle partait discrètement d’un pas rapide mais discret jusqu’au lieu de la rencontre. Quelques minutes passaient puis elle revînt vers moi. Elle me disait : – Il est mort. Je n’ai rien pu faire d’autre car il ne voulait rien entendre. Heureusement, il n’y avait personne à part lui et moi. Puis je lui répondais : – Tu as fait ce qu’il fallait. Ne t’inquiètes pas. Il faut partir. On sortait du château dans le plus grand calme. Soudain, un cri se fit entendre. Le gardien du portail entendait ces bruits. Il nous observait attentivement car nous nous dirigions vers lui. Il avait des soupçons puis il prit la parole : – Vous allez devoir patienter avant de quitter les lieux. Je bluffais, avec ces arguments : – Veuillez s’il vous plait nous laisser sortir. Notre avion part dans peu de temps et nous sommes pressés. – Non, je regrette.
Une dizaine de soldats couraient vers nous mais Jonathan se trouvait à bonne distance pour tirer. Dans l’ombre des murs du manoir, il fit mouche avec son fusil, en éliminant tous les hommes sans nous toucher. Vincent et Sébastien nous attendaient la peur au ventre mais au fond toujours serein. Au final, nous montâmes tous dans la voiture sains et saufs, pour ensuite rouler à pleine vitesse jusqu’à l’hôtel. Quelques kilomètres plus loin, un homme nous attendait sur la route, en pleine nature. C’était notre précieux « contact ». Il nous informait qu’il avait trouvé l’animal à plusieurs dizaines de mètres de l’endroit où nous nous trouvions.
Il partait mais mon équipe et moi-même commencions les recherches à pieds, dans une obscurité glaçante. L’angoisse montait de plus en plus à chaque seconde et le monstre pouvait surgir à tout moment. Sébastien et Vincent passèrent à côté de l’animal, caché dans les feuillages. Les yeux jaune de la créature s’ouvrirent, dévoilant à Patrick, la cachette diabolique. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, en un éclair, la bête sauta à la gorge de Vincent, le décapitant d’un coup sec. Sébastien avait ouvert le feu en criant des mots de haine mais en vain. Les balles n’avaient pas eu l’effet escompté. Il mourut de la même manière que son frère.
A nouveau, le raptor disparaissait, nous empêchant d’intervenir à notre tour. L’attente ne fut pas longue. Soudainement, le monstre fit un bond de quelques mètres vers moi. Son corps, visible à la clarté lunaire fut notre seule chance de s’en tirer. L’animal prit trois balles dans la tête, expirant une dernière fois sur le sol. Le soulagement gagnait le reste de l’équipe. Le créateur et la création n’étaient plus nuisibles. Mission accomplie. Le lendemain, j’appelais la direction pour lui annoncer l’accomplissement de notre travail et le destin tragique de deux camarades. Le boss disait : – Bon boulot Patrick. Regrets sincères pour Sébastien et Vincent. Puis je répondais : – Je crois que nous n’avons plus rien à faire ici. – Oui, rentrez à la maison, j’ai un nouveau travail pour vous.
Emmanuelle écoutait ma conversation. Elle sentait dans le son de ma voix, une