//img.uscri.be/pth/6a7ddc1e8a107f18bd1446dfded961e89b0b65e3
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Mes Silencieux

De
107 pages
Je les appelle mes silencieux. Je ne les entends jamais arriver. Sournois. Des petits démons intérieurs. Un vrai travail de sape. Ils attendent, tapis dans l'ombre, le moment propice pour se réveiller et narguer l'apparente quiétude des choses. Ils composent ma vie. Inévitables. Ils se font doutes, peurs, angoisses. Alors, je ne résiste pas. Ils prennent le controle. Leur but,transformer une existence normale en cauchemar. Ils apparaissent régulièrement, meme et surtout quand tout semble aller pour le mieux. Vicieux. Jour après jour, ils s'insinuent et s'agrippent aux pauvres certitudes que je possède encore.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

2 Titre
Mes silencieux

3Titre
Marie-Laure De Muynck-Katan
Mes Silencieux

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01032-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304010329 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01033-6 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304010336 (livre numérique)

6





A Maurice et Clémence Katan, mes grands-parents
maternels. Pour tout ce qu’ils m’ont apporté…

A Christèle Denis qui a su trouver le chemin de mon
cœur et apaiser mes silencieux…
8 MES SILENCIEUX






Ecrire exige un engagement exclusif. On ne peut rien
faire d’autre que cela : écrire. On ne doit être distrait
par rien. On doit se consacrer entièrement au livre, lui
sacrifier tout le reste. C’est un sacerdoce, une entrée en
religion. Savez-vous que même lorsque je n’écris pas,
j’écris tout de même. Le temps de la contemplation, celui
de l’observation, celui de la mondanité, celui de l’oisiveté
sont des temps qui servent l’écriture. Dans ce désœuvre-
ment apparent qui m’est si souvent reproché, je travaille
en réalité au livre. La vie dans son entièreté est dédiée à
l’écriture. C’est impossible de faire autrement… Ecrire
est le sens que je donne à mon existence. Mon existence
disparaît derrière l’écriture. Ou encore je pourrais vous
dire : si je n’écrivais pas, je crois bien que je serai
mort… Vous reprenez : écrire est un travail. Le talent,
sans doute, a un peu à voir dans toute cette affaire, mais
avant tout, il faut travailler, travailler d’arrache-pied, se
donner une discipline de l’effort, des règles… Bien sûr, je
sais qu’il ne faut pas forcer l’écriture, ne pas se forcer à
écrire quand on ne se trouve pas dans des dispositions à
le faire. Il faut attendre que cela vienne, que cela soit là.
De même, il faudrait ne pas prolonger le moment de
l’écriture. Quand on sent que c’est fini, alors c’est fini. Il
ne faudrait pas s’entêter… Parfois, quand on a fini
9 Mes silencieux
d’écrire une page, on croit qu’on n’en écrira plus jamais
d’autres, que le livre va s’effondrer, qu’il ne parviendra
pas à exister, qu’on sera démasqué, que cette gigantesque
mascarade va être révélée pour ce qu’elle est. Alors, on
est dans le malheur absolu, une détresse abominable. Et
puis ça revient. Sans qu’on sache nécessairement pour-
quoi, ça finit par revenir. On peut repartir dans
l’écriture, dans le bonheur presque indicible de
l’écriture… Vous n’avez pas idée des obstacles qu’il
faut surmonter, des défis qu’il faut vaincre, et d’abord en
soi-même, de la folie que tout cela représente. C’est un
tour de force vraiment. C’est un acte tout de courage et
d’abnégation. C’est une occupation parfois incroyable-
ment ingrate, qu’on ne souhaiterait pas à son pire enne-
mi. Il y a de la souffrance dans l’écriture. On charrie de
la souffrance. Ceux qui me considèrent comme un oisif,
un bon à rien, un dilettante, devraient connaître l’énergie
que je dépense sans compter, les forces que je jette dans la
bataille, la volonté que je déploie… Je bâtis une église.
C’est cela que je fais. J’élève un monument. Ma jeunesse
en constitue les fondations. Une vie de choses vues et res-
senties, d’évènements collectifs et d’aventures individuelles
permet d’en dresser les murs… Je compose une fresque
ou certains, sans doute, croiront se reconnaître… Le
livre, aussi, est un enfant. D’abord il faut être amou-
reux, ou l’avoir été, il faut ressentir une brûlure amou-
reuse ou la morsure d’un manque, le vide d’une absence
pour commencer à écrire. L’amour et l’écriture sont in-
timement liés. L’un produit l’autre. Alors, il peut sur-
venir une fécondation, le voyage inexplicable d’une se-
10