METISSAGES 100% ROMAN

-

Livres
228 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Histoire inattendue, celle d'un croisement entre une jeune femme issue de l'immigration faisant carrière dans la mode, en conflit avec ses parents traditionalistes, et un professeur d'histoire et de langues orientales dont la vie tourne en rond. Dans le contexte de la négociation de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, les deux personnages vont être soumis au fil de leurs aventures à d'improbables métissages.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de visites sur la page 17
EAN13 9782296504967
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0124 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
est au croisement inaendu de deux « routes Méïssages 100 % de soi ». Une jeune femme issue de L’immigraîon faisant carrière dans La mode, en conlit avec ses parents tradiîonaListes, et un professeur d’histoire et de Langues orientaLes dont La vie tourne en rond. Sur fond de négociaîons de L’adhésion de La Turquie à L’Union européenne, nos héros sont menés d’aventures en épreuves, de BruxeLLes à IstanbuL, à La recherche de Leurs idéaux : 100 % d’improbabLes méîssages.
, psychologue, întervîent auprès de nombreuses însïtuïons acïves dans les domaînes de l’întégraïon et de l’înterculturalîté en Europe, aînsî qu’au Canada. Collaborateur de plusîeurs unîversîtés, îl est le dîrecteur scîenïique de l’Insïtut de recherche, formaïon et acïon sur les mîgraïons.
Altay Manço
MÉTISSAGES 100 %
Roman
Métissages 100 %
Altay Manço Métissages 100 % Roman
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99606-9 EAN: 9782296996069
100 %
Tuto nîu věnujî Berušce méo žîvota
Je cîcatrîse vîte. Je peux quîtter ’ôpîta pus tôt que prévu. Je ne peux pas mouîer mon pâtre : ça promet de bees acrobatîes, notamment dans a sae de baîn. e docteur Gaatî pare d’une premîère étape de sîx semaînes ; après, î audra bouger. Sîmpe ? Une petîte expérîence suIt pour me convaîncre du contraîre : comment rassember es afaîres de sa trousse sans poser e pîed à terre ? a convaescence s’annonce compîquée dans a soîtude de mon appartement.
Marîe-Rose a déposé ma vaîse de Genève. Ee est passée ce week-end avec es jumees. es jumees ! Je ne pourraî pas m’en occuper durant des moîs ! J’aî appeé Sevî. Ee vîendra me voîr dès que possîbe : entre es êtes, es gens sont dîIcîes à mobîîser. Ee annuera tous mes rendez-vous à a Facuté.
es îdées se cambouent dans ma tête pendant que je sautîe pour rassember mes afaîres. Mes repères sont sens dessus dessous d’autant pus que mes nombreux dépacements sont organîsés ongtemps à ’avance. e temps est ’éément précîeux derrîère eque je cours. Dans mon statut d’estropîé, je réaîse soudaîn que mon espace se réduîra à quatre murs, aors que je me trouveraî gratîié d’un temps abondant ! Mes cours me permettent de
5
rencontrer des dîzaînes de personnes tous es jours. Maîs, je n’approondîs aucun de ces contacts. a maéoe cassée, a sîtuatîon s’înverse : durant des semaînes, je seraî en entretîen approondî avec e même înterocuteur. Moî-même. es termes de a dîscussîon avec Fîîz me revîennent à ’esprît. Prîs par e Lux des préoccupatîons que je m’învente, je me erme. C’est a carapace de ’însecte. Je zappaîs, tourbîonnaîs, suraîs, papîonnaîs. Et bîen, pensez maîntenant ! Pensez à vous, pensez au nous. Pansez e ‘Je-Nous’ ! Je regrette de n’avoîr pas revu Fîîz… Mon manteau sur e dos et un sac à ’épaue, je découvre une nouvee dîIcuté însoupçonnée : se dépacer en béquîes. Sîonner es couoîrs me aît suer. J’espère ne pas attendre e taxî dans e roîd. J’arrîve à grand-peîne devant ’entrée prîncîpae ; ’împosante porte couîsse sur ’avenue, une vîoente averse s’abat assombrîssant a scène. e caquement des gouttes sur e trottoîr sonne comme des appaudîssements… Fîîz est à ! Devant moî ! Ee est sîmpement vêtue de sous-vêtements en dentees et de bas de soîe. Accrocée à son téépone, e vîsage grave, ee dît : ‘J’aî des auts et des bas’.
99 %
- Je n’arrîve pas à y croîre ! a maéoe ?! Je suîs pourtant de caractère prudent : je ne me précîpîte jamaîs. Enin, en prîncîpe. Sau ce matîn, à ’aéroport de Genève… ï aut dîre qu’on a beau prendre ’avîon mîe oîs, c’est caque oîs un petît stress. Fîgurez-vous que je rentre du Congrès d’etnoînguîstîque. J’y aî proposé une communîcatîon e sur es poètes nomades turcs du XV sîèce. J’enseîgne au département des angues orîentaes de ’Unîversîté européenne de Bruxees…
6
- Ouî, c’est a maéoe extérrrîeurrre gauce, Monsîeur. Je doîs vous envoyer à a rrradîogrrrapîe pourrr conirrrmatîon. - C’est amusant, vous n’aurîez pas un éger accent roumaîn ? - Sî, sî… Je suîs rrroumaîn. Je m’appee Gaatî. Je suîs en stage dans votrrre pays. - A, mercî. J’aîme bîen que es gens donnent ce genre de détaî. C’est e‘rrr’de radîograpîe quî vous a traî : j’aî déjà ’împressîon de connatre tout de votre vîe ! - Maîs moî, je ne saîs toujourrrs pas comment vous vous êtes rrracturrré a maéoe… - Vous avez raîson. Voîcî : j’étaîs en retard. D’abord, une attente anormaement ongue à a réceptîon de ’ôte pour a acturatîon. Puîs, a carte Vîsa n’a vouu passer qu’à a troîsîème tentatîve : dîre que j’étaîs au pays des banques ! Ensuîte, j’aî été apostropé par un coègue de ’Unîversîté de Boomîngton, dans ’ïndîana. Enin, j’aî dû patîenter ongtemps avant de voîr un taxî îbre… Seon e casseur de ’ôte, a pénurîe de taxîs étaît due à a puîe quî tombaît avec orce : ‘es gens prennent pus voontîers un taxî orsqu’î peut’, a-t-î dît. Maîs e pus mauvaîs étaît a neîge restée au so : ‘Avec a puîe, c’est e vergas assuré’, a ajouté e portîer, ‘ça peut aîre de a casse…’ Fînaement, un taxî est arrîvé et j’aî vîte réaîsé ce que ’empoyé de ’ôte avaît vouu dîre. Pusîeurs voîtures efectuaîent sur a caussée vergacée des gîssades dîgnes de igures împosées dans un concours de patînage. C’étaît un de ces matîns à vous aîre regretter de ne pas avoîr prîs e traîn ! Mon caufeur, un abîtué de ce cîmat sans doute — bîen qu’î m’aît sembé avoîr ’aîr d’un îmmîgré sud-amérîcaîn — a ort eureusement bîen négocîé
7
cette route gîssante. Nous sommes arrîvés sans encombre devant ’aéroport. ï me restaît une demî-eure à peîne avant d’embarquer pour mon vo en dîrectîon de Bruxees : j’étaîs ameusement en retard au pays de ’orogerîe. - Et a rrracturrre ?… - E bîen, justement. a rue devant ’aérogare étaît déserte et dégagée sous a puîe battante. En souevant ma vaîse à rouettes, j’aî commencé à courîr en dîrectîon du a Départs. Je me suîs même permîs un petît saut à ’approce du trottoîr pour survoer a Laque d’eau quî s’étaît accumuée autour d’une bouce d’égout, ponctuant aînsî d’un mouvement jouîssî cette petîte course de in de cooque. En entamant ’acrobatîe, j’aî poussé dans ma tête mon crî de guerre :Educatîon commando!— je m’excame aînsî quand, seu, je me sens emporté par ’entousîasme… ’atterrîssage du commando ut cependant raté. a rue étaît bîen dégagée, maîs pas e trottoîr. Mon pîed droît, quî a atteînt e so en premîer, a gîssé sur a gace et est partî vers ’avant. Mon autre pîed n’a pas tardé à cogner vîoemment e so et s’est écrasé sous mes kîos excédentaîres augmentés du poîds de a vaîse. J’aî entendu un bruît sourd : crac ! - Je voîs. Je vaîs acever votrrre ice d’admîssîon… Bon, nous sommes e 23 décembrrre. Votrrre nom, Monsîeur ? - Vous savez, orsque je me suîs reevé en me servant de a vaîse comme d’une canne, je ne me doutaîs guère m’être cassé queque cose. J’étaîs surtout préoccupé par e rîdîcue du sow aérîen que je venaîs d’ofrîr au peupe genevoîs. J’étaîs atterré. Une autre cose me préoccupaît aussî. - Quoî donc ? - Mon pantaon trempé. Je me suîs dît que ce seraît très désagréabe d’être assîs dans un avîon pendant pus d’une eure avec es esses mouîées.
8
- A, ouî ?… comment vous appeez-vous ? - de Caata. - Comment ? - de Caata. Apand Carman de Caata… Quand je me suîs précîpîté dans ’aérogare, j’étaîs e dernîer voyageur à se aîre enregîstrer. Bîen entendu, j’aî eu droît à a rangée 37 de ’Aîrbus, a dernîère de a casse économîque, juste à côté des toîettes. Cee-à même dont e sîège n’est pas rabattabe vers ’arrîère parce qu’î est boqué par a paroî du ond de ’engîn. Vous voyez ? Et comme es voîsîns de devant ne se gênent généraement pas pour rabattre e eur, a rangée 37 évoque en moî un désagréabe sentîment d’étoufement. J’aî évîdemment demandé pour canger de pace. ’empoyée – certaînement une personne orîgînaîre d’Arîque centrae – m’a poîment îndîqué que ’avîon étaît peîn et que je n’avaîs pus e coîx, vu ’eure tardîve de mon arrîvée. a préposée m’a conseîé de me dépêcer pour me présenter à a porte d’embarquement. Ce que j’aî aît sans pus tergîverser. Bîen entendu, je boîtaîs un peu. Je me suîs dît que je m’étaîs certaînement oué a cevîe. - Vous vous êtes appuyé sur votrrre pîed cassé ?! - Ouî. J’aî commencé à sentîr des éancements dououreux à a cevîe seuement après e décoage. J’avaîs égaement une sensatîon de caeur întense à ’artîcuatîon. Cea m’a încîté à reever e bord de mon pantaon pour examîner a bessure. a cose n’a pas été aîsée compte tenu de ’exîguté de cette satanée rangée 37 : e voyageur juste devant moî n’ayant pas ésîté à bascuer e dossîer de son sîège, dès e décoage. En efectuant queques contorsîons, je suîs bîen arrîvé à observer ma jambe, maîs caque mouvement s’accompagnaît d’un spasme dououreux. Mon pîed étaît
9