Mon Loulou

Mon Loulou

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173 pages

Description

Clara s'est réfugiée derrière le silence et le déni pour se protéger d'un monde implacable. Elle est mon Loulou, la jeune femme dont Désiré est amoureux et qui fera tout son possible pour lui sortir la tête de l'eau. Ils entreprennent de sillonner les routes et atterrissent chez Solange, La Dénicheuse, amie de longue date… Récit à la fois initiatique, onirique et métaphorique, les actes y ont l'essence d'un rituel , le cercle, la roue, le drap blanc et la couleur rouge sont les symboles ressorts du récit. L'air, l'eau, le feu, la terre ainsi que les animaux précipitent le destin des personnages. Ces êtres cherchent dans l'humilité et la sensualité à se départir de tout rôle dicté par la société, à la recherche d'un inestimable trésor.

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Publié par
Ajouté le 16 juin 2011
Nombre de lectures 135
EAN13 9782748185249
Langue Français
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Titre
Mon Loulou
3
Titre Véronique Mahieu
Mon Loulou La jeune femme au cœur d’oiseau
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-8524-2 livre imprimé ISBN 13 : 9782748185249 livre imprimé ISBN : 2-7481-8524-2 livre numérique ISBN 13 : 9782748185249 livre numérique
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Mon Loulou
« La liberté avance mais on ne la remarque pas : elle est si nue, tandis que les passants sont engoncés dans leurs croyances, dans leurs principes. Elle est nue, elle va son chemin, elle ne requiert nulle acclamation. » Jacqueline Kelen
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I
I
Désiré. Dans le parc de l’hôpital, elle se balançait, balayait l’air avec ses cheveux. À force de passer et repasser, elle creusait une route possible, débroussaillait un chemin pour qu’il la conduise au ciel. Puis elle se cambrait pour faire frémir l’herbe avec ses cheveux, ce qui avait pour effet de lui chatouiller le cuir chevelu. Seule sensation qu’elle se permettait encore. L’herbe que ses cheveux avaient brossée commençait à flétrir, pourrir puis disparaître, la terre devint chauve, forma une traînée boueuse. Puis elle se remit droite, ses cheveux recouvrant ses épaules nues, nénuphars humides. Ses cheveux asphyxiaient par leur abondance et leur épaisseur le haut de son corps aussi frêle qu’un hameçon. Assis dans l’herbe, j’attendais qu’elle redescende. Les chardons, pour se venger de n’être que d’insignifiants végétaux foisonnaient dans les champs. Ils voulaient sans doute se venger des fleurs, bien plus belles, qui poussaient à leur côté. Ils avaient la paix ainsi.
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Mon Loulou
Les humains, mais surtout les amoureux ne se roulaient plus dans l’herbe, ni même ne respiraient les fleurs sauvages de peur de se piquer les genoux et les mains. Je fus obligé d’aller la chercher, elle ne redescendait pas. Je m’approchai d’elle, elle résista un peu. Quand je stoppai la balançoire, tenta de taper du pied sur le sol puis la chaleur de ma main dans la sienne l’apaisa et elle se laissa emporter, telle une feuille sur un cours d’eau. Les derniers soubresauts s’échappèrent en faisant des bosses à travers sa robe légère. Elle pataugea dans les lilas mauves qui semblaient l’entraîner quelque part au-delà du monde en la poussant aux fesses vers les trous bleus laissés par les nuages. Si je ne la maintenais pas au sol, elle pourrait aller se noyer dans les petits lacs bleus que formaient les trouées dans le ciel. Les nuages formeraient des anneaux autour de sa gorge, un collier au goût de barbe à papa. Je lui frottai énergiquement les bras pour la réveiller de ce cauchemar en lui avouant que je l’aimais afin de la rassurer. Elle fronça les sourcils, prit une grande inspiration puis reprit son cheminement en se tordant les chevilles dans les crevasses, je la retenais, je voulais la soutenir du mieux que je pouvais à la lueur de ma volonté.
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