Mon péché ? Capitale !

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Description

D’un côté le charme gris parisien, unique, intemporel et plus ou moins imprimé en toile de fond. De l’autre des fantasmes et des travers humains difficilement contrôlables. Et entre les deux, 7 récits d’hommes et de femmes pris au piège autant de leurs excès et désirs que de leurs propres travers.


Paris passé au prisme des péchés capitaux, tel est le dénominateur commun de ce recueil écrit et préfacé par 8 plumes aussi créatrices que singulières.


Un couple torturé par ses démons intérieurs, un pianiste à l’impatience destructrice, une jeune et belle avocate plutôt intrépide, une SDF qui reproduit son étrange séquence chaque Noël arrivé, un détective privé plongé dans une enquête sulfureuse, un insupportable gendre aux plans machiavéliques et une vegan romantique en pleines errances paradoxales...


Tels sont aux premières lignes, les protagonistes de ces 7 histoires passionnées et passionnantes.


Mais jusqu’où seront-ils capables d’aller ?


Et sur quelles trajectoires inattendues leurs vies partiront-elles à l’approche du clap de fin, quand leurs rêves et leurs désirs auront été satisfaits ?


Ou pas...


***


L’avarice selon Karine Géhin
La colère selon Yannick Darbellay
L'envie selon Wen Saint Clar
La gourmandise selon Claire Larquemain
La luxure selon Roselys DesDunes
L’orgueil selon Wictorien Allende
La paresse selon Julia Rolin


Marc Menu

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EAN13 9791034808304
Langue Français

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Mon péché ? Capitale !













Collectif Electrons-Libres


Mon péché ? Capitale !

Recueil


Couverture : Maïka
Crédit photo (couverture) : William Tinchant


Publié dans la Collection Electrons-libres




© Evidence Editions 2018




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Paris passée au prisme des péchés capitaux
en 7 nouvelles long format…












L’Avarice selon Karine Géhin
La Colère selon Yannick Darbellay
L’Envie selon Wen Saint Clar
La Gourmandise selon Claire Larquemain
La Luxure selon RoseLys DesDunes
L’Orgueil selon Wictorien Allende
La Paresse selon Julia Rolin



AVARICE

Argent trop cher



Karine Géhin









Monsieur le curé avait beau s’échiner, sermonner, menacer, promettre… Ses paroissiens restaient sourds à ses
appels, et le tronc du pauvre restait désespérément vide. Au grand dam du ls Fauchard, qui le crochetait
régulièrement – dans l’espoir toujours déçu de se payer sa première pute.

Marc Menu « Avarice »






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1ère séance



— Avarice. Pouvez-vous me dire ce que ce mot évoque pour vous ?
Peter ré échit un instant à la question. Au plafond, les moulures dessinaient des arabesques compliquées
qui lui rappelaient les dessins qu’il faisait, enfant, au coin de ses cahiers d’écolier. Son regard dériva vers la
tapisserie épaisse et moirée, d’un beau marron tirant sur le rouge brique – rien à voir avec le papier peint
défraîchi de son propre salon. Tout le cabinet du thérapeute suggérait le luxe. Jusqu’au sofa sur lequel Peter
était allongé, tellement moelleux qu’il aurait pu s’y endormir, si la voix mielleuse du psy ne l’avait pas sans
cesse asticoté de ses questions.
— Peter ? insista d’ailleurs celui-ci.
Un profond soupir souleva la poitrine du jeune homme qui lâcha à contrecœur :
— Mon père.
— Pouvez-vous m’en dire plus ?
— Non.
Le psy garda le silence, espérant sûrement que, gêné par ce mutisme, son patient nisse par développer sa
réponse.
Il peut toujours attendre.
Peter sourit. Le plafond du cabinet était assez joli à regarder ; et le silence, son meilleur ami depuis
longtemps.
Son père, ce grand échalas aux traits secs et au nez aquilin, n’avait pas le sourire facile et la conversation
encore moins. Il pouvait se passer des jours sans que son ls entende le son de sa voix aigrelette. Peter n’avait
pas besoin de fouiller au fond de sa mémoire pour se souvenir de tout. Son enfance, il la haïssait. De la
sombre masure glaciale où il vivait avec le Vieux, jusqu’aux vacances chez tante ; érèse, cette bigote qui
l’abrutissait de ses préceptes religieux la journée et l’obligeait à prier des heures le soir… – le pire étant qu’il
préférât encore subir cette folle que le regard sournois de son père.
— Il n’en avait rien à foutre que son fils manque de tout…
Quel con ! Il avait pensé à voix haute et déjà le psy, se rengorgeant intérieurement de cette petite victoire,
rebondissait :
— Je vois…
Encore une phrase vide de sens, appelant une réponse exhaustive.
— Écoutez, commença Peter en quittant à regret le confort du canapé pour se relever, vous ne voyez rien
du tout, et je ne sais même pas ce que je fais là…
— En êtes-vous sûr ?
Aussi certain que l’envie que j’ai de t’étrangler avec ta cravate ridicule.
— Absolument. D’ailleurs, je m’en vais.
Peter attrapait son pardessus élimé lorsque la voix morne du psy décocha le coup fatal :
— Vous êtes là grâce à Margaux.
Le regard de Peter se tourna vers l’homme, toujours droit comme un i dans son fauteuil, bloc-notes posé4

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sur ses genoux croisés et stylo Mont-Blanc suspendu en l’air comme un point d’exclamation. Avec son
pantalon noir, sa chemise blanche et sa ne cravate à pois blancs, il avait plus l’air d’un fonctionnaire de
bureau que d’un des meilleurs psys de Paris. Patrice – le thérapeute demandait à ses patients de l’appeler par
son prénom – l’observait en silence, à l’affût de ses réactions. Peter se contenta de hausser les épaules.
Margaux.
Le corps appétissant de la jolie brune s’imposa à son esprit. Son petit visage en forme de diamant, ses yeux
noisette, son sourire lumineux…
— Elle a réglé cinq séances d’analyse pour vous, le saviez-vous, Peter ?
Le jeune homme en avait sa claque des manières policées du psy.
— Oui, je le savais, rétorqua-t-il, à la limite de l’agressivité. Et ?
— Vous lui devez quelque chose…
Les doigts de Peter se crispèrent sur le tissu du pardessus qu’il tenait toujours à la main.
— Salut, Patrice.

L’air de la rue, saturé de pollution et d’humidité, lui fouetta le visage. Face à lui, juste derrière les
bâtiments de l’avenue de la Bourdonnais, agrémentés de quelques arbustes apportant une touche de vert dans
la grisaille, se dressait la tour EiEel. Peter aurait adoré vivre dans ce quartier de Paris, dans un coquet
appartement avec vue sur la grande dame, mais le 7e arrondissement était à des années-lumière de son
budget. Ajustant son écharpe devant sa bouche a n d’éviter la morsure du vent, Peter descendit la rue de
Monttessuy à la recherche d’une station de métro.
Il aurait aimé tenir la main de Margaux et âner avec elle sur le Champ de Mars. Ensemble, ils se serraient
réchauEés de leurs baisers passionnés, leurs regards brillants narguant le ciel gris de cet automne
particulièrement maussade. Il pressa le pas. Inutile de rêver, Margaux avait été claire sur ce point : « Je refuse
de te revoir tant que tu ne te seras pas fait soigner… ».
Évidemment, au départ, Peter avait refusé tout compromis. Ce n’est pas parce que mademoiselle pétait les
plombs qu’il allait courber le dos et faire ses quatre volontés ! Non ? Si. Au bout de quinze jours sans la voir,
le jeune homme était déjà à l’agonie. Son sourire lui manquait, ses doigts lui manquaient, son corps lui
manquait…
Il avait craqué.
Il l’avait attendue à la sortie de ses cours – elle étudiait les lettres modernes –, s’était planté devant elle,
ravissante avec son petit blouson noir et ses bottines, et avait simplement demandé :
— File-moi le numéro de ce médecin dont tu m’as parlé.
Elle n’avait même pas pris la peine de faire semblant d’être surprise. Après avoir fouillé rapidement dans
son sac à bandoulière, elle lui avait tendu une carte de visite avec une désinvolture étudiée. Il avait saisi le
morceau de carton sans un mot et disparu aussi vite qu’il était apparu.

Peter s’engouEra dans la station École militaire, sauta par-dessus le portique et gagna le quai de la ligne 8,
direction Créteil, attrapant au passage un de ces quotidiens gratuits distribués dans le métro. « Direct
matin » serait parfait pour lui tenir compagnie durant les cinquante minutes de trajet. Mais une fois dans la
rame bondée, impossible de s’asseoir. Calé entre une métisse longiligne et un homme trapu au crâne rasé,
Peter ne pouvait même pas lever un bras.
À Opéra, un homme d’environ quarante ans se fraya un chemin jusqu’au centre du wagon et entama une
vieille chanson du groupe Téléphone d’une voix éraillée par la cigarette et l’alcool. Tandis que l’autre beuglait« Argent, trop cher ! » comme on appelle son chien, Peter se tourna vers la vitre taguée d’un énorme phallus
vert fluorescent.
La vie n’a pas de prix ? Mon cul !
Ses pensées se tournèrent à nouveau vers Patrice, les cinq séances réglées d’avance, Margaux et son sourire
carmin…
S’il était fou, c’était de cette fille.
Et c’était exactement pour cette raison qu’il retournerait chez ce satané psy la semaine suivante.
+
4



ème 2 séance



La semaine passa à toute vitesse. Une semaine à tourner en rond, partagé entre l’envie de dire clairement à
Margaux d’aller se faire voir et celle de lui chanter son amour dans toutes les langues de sa connaissance – à
savoir, deux. Elle lui manquait plus que ce qu’il s’était imaginé, et même en partant du principe qu’il décide
d’honorer ses séances de psychanalyse, il en avait encore pour quatre semaines – quatre autres longues
semaines ! – sans la voir.
Son patron lui avait fait remarquer le matin même qu’il devrait envisager de soigner son apparence et la
boulangère l’avait interrogé sur sa santé. L’esprit accaparé par mille questions auxquelles il n’avait pas de
réponse, Peter ferma les yeux et laissa le jet d’eau brûlant soulager les tensions de ses muscles. Il avait fait deux
heures supplémentaires après son travail et, sur le chemin du retour, le métro pour Créteil était resté bloqué à
Liberté, l’obligeant à faire le reste du trajet à pied, soit plus d’une heure de marche. Lorsqu’il était en n arrivé
chez lui, il faisait nuit noire et il était moulu. Réalisant soudain que des litres d’eau se déversaient inutilement
dans le bac de douche, il éteignit le robinet d’un geste brusque.
Abruti ! Quel intérêt de rester deux heures de plus au boulot si c’est pour jeter le fric par les fenêtres !
Peter sortit de la douche, enroula une serviette rêche comme une Scotch-Brite autour de ses reins, et
entreprit de se laver les dents. Il n’allait pas dîner, de toute façon.
Posant son regard sur son re et dans le miroir piqué de la salle de bain, il soupira. Le logo des hôtels
Mercure, au coin de la serviette-éponge, le narguait. Souvenir d’un stage de gestion comptable deux ans
auparavant. Il attrapa la brosse à dents dont les poils écartés trahissaient l’usure – il aurait aussi vite fait de se
nettoyer les dents avec le manche – et le reste d’un tube de dentifrice à moitié sec. Margaux avait
probablement raison. Peut-être était-il bien malade…
Il cracha dans le lavabo, se rinça la bouche rapidement et décida d’aller se coucher, direct. Le lendemain, il
avait rendez-vous avec le psy. Patrice allait l’aider.
Il le fallait absolument.

— Je suis ravi que vous preniez votre thérapie au sérieux.
Le psy l’observait de son regard de fouine, stylo plume en main. Il portait le même genre de tenue que la
semaine précédente, c’est-à-dire chemise blanche et minuscule cravate, à rayures cette fois. Peter hocha la tête
en silence.
— Prenez place, je vous en prie, l’invita à s’allonger le thérapeute en désignant le sofa d’un geste de la
main.
— C’est nécessaire tout ce… tralala ?
Patrice se contenta de sourire. Un rictus – Peter s’en serait bien passé – révélant deux canines pointues de
roquet prêt à mordre. Le jeune homme s’allongea en soupirant et ses yeux se perdirent à nouveau dans la
contemplation du plafond.
— La semaine dernière, nous en étions restés à votre père… commença le psy de sa voix monocorde.
Pouvez-vous m’en dire un peu plus quant aux relations qui vous unissaient ?4
+
+
;
;
;
Pendant une demi-heure, Peter joua le jeu. Tout le temps qu’il raconta son enfance – les brimades, la
solitude, les vacances, le manque de tout, le silence –, il s’obligea à se concentrer sur l’image de Margaux.
— En somme, vous avez souffert d’un manque d’affection…
En somme ? Peter serra les poings. Résumer ainsi les quinze premières années de sa vie revenait à
annoncer à un aveugle qu’il a des problèmes de vue !
— Bien sûr que j’en ai sou ert ! s’écria-t-il malgré lui. Comme j’ai sou ert de devoir distribuer des
journaux le dimanche pour gagner un peu de sous, que mon vieux venait me chouraver la nuit alors que je
faisais semblant de dormir ! Comme j’ai sou ert d’aller à l’école avec des vêtements récupérés à l’Armée du
Salut. Ou de faire cinq kilomètres à pied matin et soir parce qu’il ne voulait pas payer le car de ramassage
scolaire !
Il criait presque désormais, et la nausée le gagnait.
— Et votre mère ? Vous n’en parlez jamais.
Peter sursauta. Sa mère, maintenant ?
— Ma mère a pris son baluchon et s’est tirée alors que je n’avais que huit ans. Je n’ai rien à dire sur elle.
Elle n’a rien à voir là-dedans.
— Je pense, au contraire, qu’elle a tout à voir. Vous ne croyez pas ?
— La séance est finie, non ? grommela Peter en se relevant.

*
* *

— Margaux, ouvre-moi, s’il te plaît !
Cela faisait cinq minutes que Peter toquait à la porte de la jeune femme, en vain. Pourtant, elle devait être
rentrée, à cette heure-ci. Il jeta un coup d’œil à sa montre : 19 heures. Son dernier cours s’était achevé plus
d’une heure auparavant, le trajet depuis la Sorbonne prenait de mémoire une quinzaine de minutes, et même
si elle avait un peu âné sur le campus, il avait beau calculer dans tous les sens, elle devrait être là. Si son
appartement avait donné sur le devant de la rue Legouvé, il aurait pu voir s’il y avait de la lumière aux
fenêtres, mais il se trouvait côté cour. Peter soupira. Son poing allait s’abattre une nouvelle fois sur la porte
d’entrée lorsqu’une voix amusée retentit dans son dos :
— Tu m’attendais ?
Volte-face. La jolie brune le xait en souriant, son air espiègle encore renforcé par une queue-de-cheval
haute se balançant au rythme de ses mouvements de tête. Dans son manteau écarlate à la capuche baissée, elle
avait tout d’un petit chaperon rouge moderne. Cette pensée en entraînant une autre, Peter se dit que lui, avec
sa gueule mal rasée, ses cheveux hirsutes et son imperméable vieillissant, serait parfait dans le rôle du grand
méchant loup.
— Oui. Il est 19 heures.
Elle tiqua. S’il n’avait pas voulu laisser transparaître son agacement dans le ton de sa voix, il avait
visiblement échoué.
— Je croyais avoir été claire quant aux conditions, répliqua Margaux en fouillant dans son cartable de cuir
noir à la recherche de sa clé.
Peter allait rétorquer qu’il sortait de sa deuxième séance d’analyse, mais la jeune femme le chassa de devant
sa porte d’un revers de main, tourna la clé dans la serrure, entra, puis pivota vers lui :
— Pour être honnête, j’étais juste en bas, dans la rue de Lancry… Et j’étais nue.
Le jeune homme déglutit. Xavier Lemaire ! Ce ls à papa qui vivait à deux pas de chez elle et lui vouait;
+
une passion démesurée ne pouvait pas l’avoir déjà remplacé ! Comment ce gros naze, avec ses jeans retroussés
et ses mocassins – qu’il portait avec des chaussettes ridicules – s’y était-il pris ?
— J’étais chez Body Minute, pou a la jeune femme devant sa mine décomposée. Je me suis fait épiler le
corps. Tout le corps, si ça t’intéresse…
Peter, prenant à tort son sourire aguicheur pour une invitation, t un pas en avant, tout sourire. La porte
claqua devant son nez et le verrou cliqueta aussitôt.
Quelle merde !

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ème3 séance



— Où achetez-vous vos vêtements, Peter ?
Le jeune homme ré échit un instant. Il avait remarqué une trace de doigt au plafond et tandis qu’une
partie de son cerveau cherchait une réponse valable, l’autre échafaudait mille scénarios pouvant expliquer la
présence de ce pouce trois mètres au-dessus de sa tête.
— Peter ?
— On me les donne, en fait.
— Qui vous les donne ?
— Des gens. Je ne sais pas, moi !
— L’armée du salut ? Emmaüs ?
— Et alors ? s’écria Peter. Des gens donnent des fringues pour d’autres gens ! J’en profite. Point barre.
— Ils font cela pour aider les personnes dans le besoin. Êtes-vous dans le besoin, Peter ?
Jamais on n’avait autant utilisé son prénom en aussi peu de phrases. C’était Peter par-ci, Peter par-là,
comme s’il avait besoin qu’on lui rappelle sans cesse comment il s’appelait.
— Vous êtes comptable, insista le psychothérapeute. Combien gagnez-vous ?
— Au mois ou à l’année ? tergiversa son patient, mal à l’aise.
— Peu importe.
— Cela ne vous regarde pas, asséna Peter d’un ton sec.
— Assez pour acheter vos propres vêtements ?
Silence.
— Assez pour vous payer une écharpe ? Ce mois d’octobre est particulièrement froid…
Silence.
— Assez pour emmener Margaux au cinéma, ou au restaurant ?
Peter se redressa d’un bond.
— Ça suffit !
— Calmez-vous, Peter.
— Est-ce qu’on est obligé de dépenser de l’argent pour qu’une personne tombe amoureuse de nous ?
s’enflamma son patient, agité.
— Absolument pas, con rma le psy d’un ton apaisant. On tombe amoureux pour beaucoup de raisons.
Quelles sont les vôtres ?
— Margaux est merveilleuse, soupira Peter en s’allongeant à nouveau. Elle est belle, c’est sûr, mais ce n’est
pas pour ça que je tiens à elle. Elle est douce, tendre, elle m’écoute quand j’ai besoin, me stimule dans mes
projets quand j’en ai. Elle a du tempérament, mais ça me plaît. J’aime aussi sa voix, murmurant à mon oreille,
et sa façon de me regarder. Dans ses yeux, je suis le plus bel homme du monde…
— Eh bien ! C’est la plus grande phrase que je vous ai entendu prononcer à ce jour !
— Très drôle…
— Vous fait-elle des cadeaux ? enchaîna Patrice sans tenir compte de son sarcasme.