Naufragée de la dictature

-

Français
170 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Ce livre ne se prétend ni historique, ni politique, mais tend simplement à évoquer la vie de tout un peuple, le peuple congolais, qui n'a depuis des décennies connu d'autre horizon que celui de la guerre, de la misère, des transhumances, et des souffrances.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 janvier 2015
Nombre de lectures 55
EAN13 9782336365220
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Jean Claude Hombart
Naufragée de la dictature
De Mobutu à Kabila
Récit
Les impliqués É d i t e u r
NAUFRAGEE DE LA DICTATURE
Les Impliqués Éditeur Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire. Déjà parus Castellani (Robert-Noël),Vers l’apocalypse, essai, 2014. Rabesahala-Randriamananoro (Charlotte),La religion malgache ancestrale pratiquée, essai, 2014. De la Caffinière (Jean-Yves),d’un observateur des temps Glossaire présents, essai fragmenté, 2014. Nduwayo (Léonard),Une nouvelle page de la nouvelle université rwandaise, témoignage, 2014.
Heckly (Christophe et Serge),Une famille vosgienne à travers les deux guerres, récit, 2014. Arnould (Philippe),Pichegru, général en chef de la République : imposture et trahison, essai, 2014. Damus (Obrillant),Le regard d’un loup-garou haïtien, roman, 2014.
Boulbès (Denis),Petites aventures drolatiques et vagabondes, récit, 2014.
Chaudenson (Robert),Chronique de la présidence très horrifique du petit Nicolas, essai, 2014.
Pardini (Gérard),Dernier bordel, chroniques, 2014.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
Jean-Claude HOMBART
Naufragée de la dictature
*
De Mobutu à Kabila
RECIT
Les impliqués Éditeur
© Les impliqués Éditeur, 2014 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-04573-3 EAN : 9782343045733
Remerciements
Ilitch Pondja, Thoirey Sylvie, Claudy Hombart, Dorothée Rajiah…
Préface de l’auteur
L’indépendance de la République démocratique du Congo, jusqu’alors colonie belge désignée sous le nom de Congo-Kinshasa, a été proclamée le 30 juin 1960, avec Joseph Kasa-Vubu comme Président, et Patrice Lumumba comme premier ministre. L’espérance qu’elle avait alors suscitée se transformera cependant très rapidement en une désillusion complète et le pays, en proie à la guerre des chefs, se retrouvera divisé en plusieurs factions. Cette partition, fruit d’une lutte acharnée entre les seigneurs de guerre, causera de pertes humaines importantes et une grande souffrance au sein d’une population en déroute. L’arrivée de Sese Seko Mobutu, à l’issue d’un simulacre de coup d’État, et son avènement, en 1965 imposé en sous-main par les États-Unis, suscitèrent chez ce peuple épuisé par des années de guerre civile, un immense espoir. Mais trahissant la confiance que le peuple avait placée en lui, Mobutu imposera rapidement un régime dictatorial, sanguinaire et corrompu. Par son orgueil démesuré, son incurie, ses mauvaises décisions sur le plan économique, notamment la zaïrianisation, qui consistait à attribuer les entreprises appartenant aux étrangers aux Zaïrois, il laissera un pays exsangue, figurant parmi les nations les plus pauvres du monde. Quand le 17 mai 1997 son successeur, Laurent-Désiré Kabila prit le pouvoir, il apparut comme le rédempteur que le peuple espérait pour effacer ces 32 ans de dictature. Malheureusement, là encore, l’enthousiasme suscité par son investiture retomba très vite et le peuple qui comptait sur son action pour relancer l’économie découvrira l’amateurisme de sa politique. La marche de Laurent-Désiré Kabila vers le pouvoir s’était appuyée sur deux éléments : l’enrôlement des
7
enfants soldats, qu’il avait placés en première ligne, et qui furent désignés comme les responsables de la misère du peuple et de cette longue et cruelle guerre de l’Est d’une part, et le soutien de ses maîtres rwandais et ougandais, dont les armées avaient largement contribué à sa victoire d’autre part. Paradoxalement et en raison de graves erreurs tactiques, ce sont ceux-là mêmes qui l’avaient conduit à la victoire, qui précipiteront sa chute et fomenteront son assassinat, au moment où il voulait prendre son autonomie par rapport à ses anciens alliés et alors qu’il avait totalement abandonné les enfants soldats à leur triste sort. Ce livre ne se prétend ni historique, ni politique, mais tend simplement à évoquer la vie de tout un peuple, le peuple congolais, qui n’a depuis des décennies connu d’autre horizon que celui de la guerre, de la misère, des transhumances, et des souffrances. Un peuple soumis au despotisme, méprisé, tant par ses dirigeants que par ses « alliés », attirés par la richesse de son sous-sol. Un peuple enfin qui n’a jamais cessé d’espérer puis de désespérer du fait de l’incurie de ses leaders. Ce peuple, c’est le mien, et je l’aime, avec ses qualités et ses défauts, avec son sens de la débrouille mais aussi son aptitude à savoir chaque fois se relever pour espérer à nouveau. C’est de là qu’il tire sa force et c’est, je l’espère, ce qui le sauvera.
8
I – Introduction
La mort de mes parents m’avait bouleversée, et j’en garde, aujourd’hui encore un funeste souvenir. Je ne pourrais jamais oublier cette nuit où les militaires, à la recherche de mon père, sont arrivés chez moi alors que je dormais paisiblement dans ma chambre. Trouvant au passage ma mère, qui était un délice divin et dont la beauté explosait au grand jour, ils n’hésitèrent pas à satisfaire leurs instincts en se livrant à un viol collectif. Cette satisfaction, libérée par une pulsion erratique et diabolique qu’ils étaient incapables de maîtriser, représentait à leurs yeux, une redoutable arme de guerre. C’est dans cet esprit qu’ils s’acharnèrent sauvagement, persuadés d’accroître leur force et leur puissance et considérant alors cet acte comme un trophée, une prime à l’effort de guerre. Pourtant la réalité était tout autre ; ces jeunes soldats vivant dans la forêt depuis des mois, voire des années, dans des conditions inhumaines, ayant perdu tous contacts directs avec la population, étaient devenus des machines à tuer. La présence féminine ne représentait alors pour eux qu’une aubaine, destinée à satisfaire leurs pulsions. Cette nuit-là, mon père, grand homme d’affaires, qui avait fait fortune dans le diamant et en avait profité pour investir dans l’immobilier, notamment les hôtels, a été assassiné au cours d’une opération absurde, commanditée par le gouvernement au nom d’une stupide chasse aux « biens mal acquis ». À l’issue de cette expédition, ma famille fut décimée, et mon frère, encore très jeune, se retrouva enrôlé de force, dans l’armée. Revenons concrètement sur cette histoire invraisemblable dont les souvenirs s’enchevêtrent, laissant une cicatrice profonde qui s’effacera difficilement.
9