152 pages
Français

Né dans mon cœur

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Description

À 45 ans, Carole Weisweiller réalise qu’elle n’est plus en âge d’avoir un enfant et se dirige vers l’adoption. "Né dans mon cœur" relate un long périple qui débute à Paris – où l’agrément de la DDASS lui est refusé comme mère célibataire – et qui après enquête et interrogatoires aboutira finalement à un agrément pour une adoption à l’étranger.

Après plusieurs démarches infructueuses dans de nombreux pays, également opposés à l’adoption par une mère célibataire, Carole part pour le Mexique où elle rencontrera dans une "Casa por los Niños" (sorte d’orphelinat privé) un magnifique bébé aux yeux noirs ourlés de cils bruns : Arturo, alors âgé de 6 mois, qui deviendra, après beaucoup de difficultés administratives, son fils bien-aimé, « né dans son coeur ».

Carole Weisweiller raconte non seulement avec tendresse et humanité la merveilleuse aventure de l’adoption mais aussi sa découverte du Mexique, de ces hommes et de ces femmes qui sont devenus ses amis pour la vie.

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 36
EAN13 9782876235052
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

mexico,JaNVier1991
aURORà, là nOUnOU DE màRIE-PIERRE, S’EST àbSEnTÉE pOUR qUElqUES hEURES. JE SUIS SEUlE A là MàISOn En COMpàgnIE DU ChàT ET DU ChIEn qUI, TERRàSSÉS pàR là ChàlEUR, SE SOnT àSSOUpIS. LE SI-lEnCE ET là pESànTEUR DE l’àIR COllEnT A Mà pEàU. aUCUnE TROUÉE DE blEU àU plàfOnD bàS DU CIEl. LE TÉlÉphOnE REfUSE DE SOnnER. J’ÉTOUffE, jE vOUDRàIS CRIER MàIS, COMME DànS Un fIlM DE TERREUR A l’InSTànT Où l’àSSàSSIn và TUER Sà vICTIME, àUCUn SOn nE SORT DE Mà bOUChE. mOn CRânE EST vIDE, jE SEnS UnE TORpEUR M’EnvàhIR. LE STylO ME TOMbE DES MàInS. unE MOUChE SE pOSE SUR MOn bRàS. JE n’àI pàS lE COURàgE DE là ChàSSER. unE làSSITUDE pàRàlySE Mà vOlOnTÉ, jE SOMbRE DànS lE SOMMEIl. J’EnTEnDS Un RIRE, j’OUvRE lES yEUX. LE RIRE, DE plUS En plUS pROChE, SEMblE vEnIR DU jàRDIn. JE REgàRDE pàR là fEnTRE : pERSOnnE. BànànIERS, fRàngI-pànIERS, bOUgàInvIllÉES, bàIgnEnT SOUS là MOITEUR. LE jàRDIn EST vIDE. LE RIRE COnTInUE. il S’ESTOMpE. J’EnTEnDS UnE vOIX ME MUR-MURER A l’OREIllE : « LâChE pRISE. FàIS COnfIànCE ! enCORE Un pEU DE pàTIEnCE. » J’àI hORREUR D’àTTEnDRE. POURTànT, jE n’OSE bOUgER. dEpUIS DES SEMàInES, jE SUIS vISSÉE A CETTE vIllE, A CETTE MàISOn, A CE TÉ-lÉphOnE MUET. J’àI TànT RvÉ DE CE mEXIqUE DOnT ME pàRlàIT SOU-
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vEnT càRMEn, là MèRE DE màRIE-PIERRE : tEOTIhUàCán, YUCàTán, mOnTE albán, PàlEnqUE, nOMS MàgIqUES qUI RÉSOnnàIEnT A MES OREIllES ! aUjOURD’hUI jE ME SEnS SI SEUlE, pRTE A plEURER SUR MOn SORT, pERDànT pàTIEnCE En àTTEnDànT qUE là pRÉSIDEnTE DE là 1 càSà DE lOS NIñOS , DU qUàRTIER DU DOCTEUR LàvISTà, M’àppEllE. enfIn lE TÉlÉphOnE SOnnE : 2 La señora Marie-Pierre no está en casa, RÉpOnD FERnànDO. cE n’EST jàMàIS pOUR MOI. JE ME DÉSESpèRE… sOUDàIn, là pORTE D’EnTRÉE ClàqUE : UnE fEMME D’UnE TREnTàInE D’ànnÉES fàIT IRRUpTIOn, Un SOURIRE ÉClàIRE SOn vISàgE ROnD àUX pOMMETTES SàIllànTES, àvEC Un pETIT nEz ÉCRàSÉ COMME lES inDIEnS. 3 ¿ Como està la señora ? avànT qUE jE pUISSE RÉpOnDRE, lES yEUX pERçànTS D’aURORà OnT EnREgISTRÉ MOn ÉTàT. POUR ME RÉCOnfORTER, EllE ME pROpOSE UnE SOUpE àUX ÉpInàRDS DOnT EllE à lE SECRET. apRèS àvOIR IngURgITÉ CE bREUvàgE DÉlICIEUX àCCOMpàgnÉ D’UnE TORTIllà, jE ME SEnS MIEUX, pRTE A REgàRDER A là TÉlÉvISIOn Un vIEUX fIlM MEXICàIn. eST-CE l’ÉvOCàTIOn DES àMOURS DE màRíà FÉlIX àvEC sTEwàRD GRàngER OU là ChàlEUR InSUppORTàblE DE là nUIT ? JE n’àRRIvE pàS A TROUvER lE SOMMEIl. aU pETIT MàTIn, jE fInIS pàR M’àSSOUpIR. JE ME RETROUvE àU ChEvET D’UnE fORME blànChE DOnT j’EnTEnDS là vOIX : — JE vàIS MOURIR. JE vEUX là COnTREDIRE. ellE M’àRRTE DE là MàIn. — JE lE SàIS. cE n’EST pàS SI gRàvE qUE çà, là MORT. cE n’EST qUE l’EnvERS DE là vIE. ellE à RETOURnÉ Sà MàIn COMME l’àvàIT fàIT vIngT ànS àUpàRà-4 vànT, CET ÉCRIvàIn fRànçàIS, sàTpREM, DISCIplE DE là mèRE qUE j’àvàIS REnCOnTRÉ A POnDIChÉRy. ellE REpREnD :
1. Là màISOn DES enfànTS. 2. — màDàME màRIE-PIERRE n’EST pàS A là MàISOn. 3. — cOMMEnT và MàDàME ? 4. « mèRE » ÉTàIT là COMpàgnE DE sRI aUROhInDO. ilS OnT fOnDÉ Un àShRàM A POnDIChÉRy.
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— Là MORT EST Un MEnSOngE, j’En SUIS SûRE. eT C’EST SI bEàU lA-bàS ! JE vàIS RETROUvER là lUMIèRE. un TEMpS S’EST ÉCOUlÉ. d’UnE vOIX TRèS ClàIRE, CETTE fORME blànChE à àjOUTÉ : — tOn bÉbÉ EST lA, jE lE SEnS. ellE à TOUChÉ A plUSIEURS REpRISES SOn plEXUS ET à MURMURÉ : — N’àIE plUS pEUR. unE nOUvEllE vIE COMMEnCE pOUR vOUS DEUX. ellE à àTTRàpÉ Mà MàIn àvEC fORCE. JE nE vOyàIS pàS SOn vI-SàgE MàIS là pIèCE ÉTàIT bàIgnÉE D’UnE lUMIèRE ORàngÉE, IRRà-DIànTE, IRRÉEllE… lORSqU’UnE SOnnERIE à ROMpU lE SIlEnCE. J’àI Dû RvER. QUI pOUvàIT TRE CETTE fORME blànChE DOnT j’àI EnTEnDU SI DISTInCTEMEnT lES pàROlES ?
apRèS CES lOngUES jOURnÉES D’àTTEnTE, j’àI EnfIn pU ObTEnIR lE 5 REnDEz-vOUS àvEC làlicenciadaPàTRICIà oRTIz, A là càSà DE lOS NIñOS. màRIE-PIERRE, qUI vIEnT jUSTE DE REvEnIR DE vOyàgE, pRO-pOSE DE M’y àCCOMpàgnER. QUE fERàIS-jE SànS SOn hOSpITàlITÉ MEXICàInE ? GRànDE, lE bUSTE SERRÉ, lES hànChES ÉTROITES, EllE REpRÉSEnTE lE TypE MME DE là fEMME qUI pEUT pORTER àUSSI bIEn DES vTE-MEnTS ànDROgynES qUE SEXy. sOn vISàgE TRIàngUlàIRE EST ÉClàIRÉ pàR DES yEUX vERTS, fEnDUS En àMànDE, Un nEz Un pEU TROp gRànD, Un MEnTOn bIEn DESSInÉ, DES pOMMETTES SàIllànTES qUI lUI DOn-nEnT Un àIR MOngOl. sOn ChàRME ET Sà bEàUTÉ IRRàDIEnT. dèS qU’EllE pÉnèTRE qUElqUE pàRT, TOUS lES REgàRDS COnvERgEnT vERS EllE, SURTOUT CEUX DES hOMMES. dE TROIS ànS plUS âgÉE qUE MOI, jE l’àDMIRàIS ET SUIvàIS lE CœUR bàTTànT, lE fEUIllETOn DE SES àMOURS : EllE SORTàIT DÉjA àvEC DES gàRçOnS, àlORS qUE jE pORTàIS EnCORE DES SOCqUETTES. À 18 ànS, EllE à ÉpOUSÉ Un RIChE àvOCàT àMÉRICàIn, bEàUCOUp plUS âgÉ
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5. avOCàTE OU COnSEIllER jURIDIqUE.
qU’EllE. ilS OnT vÉCU En eSpàgnE, pUIS A NEw YORk. JE RECEvàIS DE TEMpS A àUTRE UnE CàRTE DE LàS VEgàS, DE LOS angElES, D’aCà-pUlCO… dES RUMEURS nOUS àvàIEnT àlERTÉES qUE SOn MàRI, àf-fREUSEMEnT jàlOUX, là ClOîTRàIT, CE qUI nOUS EXCITàIT àU plUS hàUT pOInT. JE RvàIS D’àllER là DÉlIvRER ! un jOUR, lORS D’Un DE MES vOyàgES A NEw YORk, UnE àMIE COMMUnE M’à ànnOnCÉ qUE màRIE-PIERRE SE TROUvàIT En InSTànCE DE DIvORCE. ellE TRàvàIllàIT COMME jOURnàlISTE A NEw YORk pOUR lE gROUpE cOnDÉ NàST qUI COMpREnàITVogueETMaisons et Jar-dins. dEpUIS CETTE ÉpOqUE, nOUS nE nOUS SOMMES plUS qUITTÉES. QUElqUES ànnÉES plUS TàRD, màRIE-PIERRE à EU Un fIlS, éRIC, nÉ D’Un àRTISTE àllEMànD DOnT EllE S’EST SÉpàRÉE pEU àpRèS Sà nàIS-SànCE. ellE S’EST REMàRIÉE EnSUITE àvEC Un aMÉRICàIn qUE jE lUI àvàIS pRÉSEnTÉ. ilS vÉCUREnT qUElqUES ànnÉES A PàRIS àvànT DE pàRTIR pOUR lE mEXIqUE àvEC éRIC, âgÉ àlORS DE 5 ànS. apRèS DIX ànS D’Un gRànD àMOUR, SOn MàRI jOURnàlISTE qUI àvàIT pERDU SOn TRàvàIl, EST RETOURnÉ àUX éTàTS-unIS. màRIE-PIERRE à REfUSÉ DE lE SUIvRE. ellE vIT A pRÉSEnT SEUlE, A mEXICO àvEC SOn fIlS. JE RETROUvE àvEC EllE nOTRE COMplICITÉ D’àUTREfOIS. dèS qU’EllE à SU qUE jE vOUlàIS àDOpTER Un EnfànT, EllE M’à OUvERT Sà MàISOn ET SOn CœUR.
POUR SORTIR DE tIzàpán, nOUS EMpRUnTOnS lE pÉRIphÉRIqUE nORD TRèS EnCOMbRÉ. BIEn CàlÉES SUR lE SIègE àRRIèRE DE là vOITURE DE MOn àMIE COnDUITE pàR SOn ChàUffEUR sàlOMOn, màRIE-PIERRE, EnThOUSIàSTE, ÉvOqUE lE vOyàgE DE REpÉRàgE qU’EllE vIEnT D’EffECTUER DànS là RÉgIOn DE PUEblà àfIn DE SÉlECTIOnnER pOUR SOn fUTUR lIvRE, lES plUS bEllES MàISOnS. J’ESSàyE D’àvOIR l’àIR In-TÉRESSÉ MàIS j’àI là gORgE nOUÉE, ObSÉDÉE pàR CE REnDEz-vOUS. dES àvEnUES, DES qUàRTIERS OUcoloniasDÉfIlEnT, InTERMInàblES… LE ChàUffEUR hÉSITE, qUITTE lE pÉRIphÉRIqUE. NOUS nOUS RETROU-vOnS DànS DES RUES DÉSOlÉES, pEUplÉES DE gàRàgES ET DE
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bàRàqUEMEnTSEnTôlEOnDUlÉE.sàlOMOnSEMblEpERDU.ilSàR-RTE pOUR DEMànDER SOn ChEMIn. cRàIgnànT D’TRE En RETàRD, jE ME SEnS DE plUS En plUS àngOISSÉE. Là vOITURE TOURnE A DROITE, A gàUChE : Un CUl-DE-SàC. NOUS fàISOnS DEMI-TOUR, lE pàySàgE ChàngE. dE pETITS IMMEUblES bàS OnT REMplàCÉ lES gàRàgES, nOUS DEvRIOnS àppROChER DU bUT. un hOMME fInIT pàR nOUS InDIqUER là RUE DU DOCTEUR-LàvISTà. NOUS nOUS àRRTOnS DEvànT Un IMMEUblE MODERnE En bRIqUES ROUgES EnTOURÉ D’Un SEMblànT DE jàRDIn. mOn CœUR bàT, j’àI lES jàMbES COUpÉES. màRIE-PIERRE ME pREnD lE bRàS. NOUS pÉnÉTROnS DànS lE bâTIMEnT pàR Un ESCàlIER EXTÉRIEUR. L’EnTRÉE EST pEInTE DE COUlEURS vIvES àvEC, DE ChàqUE CôTÉ DE l’ESCàlIER, DES plànTES vERTES. dERRIèRE UnE vITRE, Un hOMME En UnIfORME nOUS InTERpEllE. — NOUS àvOnS REnDEz-vOUS àvEC làlicenciadaoRTIz, DIT màRIE-PIERRE. L’hOMME pOInTE DU DOIgT lES ÉTàgES SUpÉRIEURS En ÉMETTànT Un gROgnEMEnT. NOUS àRRIvOnS SUR Un pàlIER. sUR l’UnE DES pORTES, On pEUT lIRE « SECRÉTàRIàT ». NOUS fRàppOnS. unE pETITE fEMME bRUnE àUX ChEvEUX fRISÉS CàChÉE DERRIèRE UnE vIEIllE Mà-ChInE A ÉCRIRE, SànS lEvER là TTE, nOUS pRIE DE pREnDRE Un SIègE En àTTEnDànT qUE làlicenciadaoRTIz pUISSE nOUS RECEvOIR. NOUS nOUS àffàlOnS DànS DE gRànDS fàUTEUIlS. dIX MInUTES pàSSEnT. rIEn. POUR ME DÉTEnDRE, màRIE-PIERRE ME RàCOnTE Sà DERnIèRE InTERvIEw DE l’ÉCRIvàIn oCTàvIO Pàz. mES OREIllES bOURDOnnEnT, lES MOTS nE pàSSEnT pàS, jE n’EnTEnDS qUE lES bàTTEMEnTS DE MOn CœUR. mOn TRE EST fIXÉ SUR CETTE pORTE D’Où DOIT SORTIR làlicen-ciadaoRTIz. ellE S’OUvRE EnfIn. appàRàîT UnE fEMME blOnDE D’UnE CInqUànTàInE D’ànnÉES, àvEnànTE, lES yEUX blEUS pÉTIl-lànTS. ellE àbànDOnnE SOn bUREàU pOUR S’InSTàllER pRèS DE nOUS. Là vOIX hàUT pERChÉE, EllE pàRlE ESpàgnOl COMME UnE MITRàIllETTE.
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VOyànT qUE jE là COMpREnDS Màl, EllE SE pROpOSE DE COnTInUER En ànglàIS. unE ChàlEUR ÉMànE DE CETTE fEMME. JE ME SEnS Un pEU MOInS nERvEUSE. JE lUI TEnDS MOn àgRÉMEnT DE làddass, qU’EllE lIT àTTEnTIvEMEnT TànDIS qUE màRIE-PIERRE lUI COnTE MOn hISTOIRE. Là SEñORà oRTIz RElèvE là TTE. — POURqUOI TES-vOUS vEnUE àU mEXIqUE ? QU’àTTEnDEz-vOUS DE CETTE àDOpTIOn ? êTES-vOUS pRTE A RESTER lE TEMpS qU’Il fàUDRà pOUR àvOIR CET EnfànT ? JE pànIqUE, MÉlàngEànT l’ànglàIS ET l’ESpàgnOl. JE ME REvOIS àU COURS DE MàDEMOISEllE LESCàMElà, TREnTE ànS àUpàRàvànT, lORSqU’EllE M’InTERROgEàIT SUR Un TEXTE DE cERvànTES qUE jE n’àvàIS pàS lU. dànS Un ESpàgnOl hàChURÉ, j’ESSàyE DE lUI EXplI-qUER MOn pàRCOURS jUSqU’A MOn àRRIvÉE àU mEXIqUE. PàTRICIà M’ÉCOUTE SànS M’InTERROMpRE. ellE InSISTE SUR lES RàISOnS DE Mà vEnUE. — QU’àTTEnDEz-vOUS DE CETTE àDOpTIOn ? cETTE qUESTIOn, jE ME là SUIS SOUvEnT pOSÉE A MOI-MME SànS pOUvOIR y RÉpOnDRE. JE M’EnTEnDS lUI DIRE : — JE vOUDRàIS DOnnER A Un EnfànT l’àMOUR D’UnE MèRE, CET àMOUR EnfOUI TOUT àU fOnD DE MOI DEpUIS DES… LES làRMES blOqUEnT Mà gORgE. Là SEñORà oRTIz và ChERChER Un vERRE D’EàU qUE j’àvàlE D’Un TRàIT. màRIE-PIERRE l’InTERROgE SUR lE fOnCTIOnnEMEnT DE là càSà DE lOS NIñOS : — c’EST Un ORgànISME MI-pRIvÉ, MI-gOUvERnEMEnTàl, UnE ÉTàpE InTERMÉDIàIRE EnTRE l’hôpITàl ET l’ORphElInàT, UnE SORTE DE gàRE DE TRIàgE Où, àvEC l’àIDE D’àvOCàTS, jE MènE DES EnqUTES àppROfOnDIES SUR lES EnfànTS qUI nOUS SOnT MOMEnTànÉMEnT COnfIÉS. JE REChERChE lEUR fàMIllE gÉnÉTIqUE. QUànD jE là DÉ-COUvRE, j’ESSàyE D’àbORD DE COnvàInCRE lES pàREnTS OU Un MEM-bRE pROChE DE REpREnDRE l’EnfànT. LORSqU’Il n’y à plUS RIEn A ESpÉRER DE là fàMIllE bIOlOgIqUE, nOUS lUI ChERChOnS UnE fàMIllE D’àDOpTIOn àU mEXIqUE OU A l’ÉTRàngER. cET ORgànISME ÉTànT
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fInànCÉ En pàRTIE pàR DES fOnDS pRIvÉS, là COMplEXITÉ àDMInISTRàTIvEDESORphElInàTSDéTàTnEXISTEpàS,CEqUIfàCIlITE lES DÉMàRChES DES fUTURS àDOpTànTS. PàTRICIà COnTInUE DE pàRlER MàIS jE nE l’ÉCOUTE plUS. JE RE-pREnDS lE fIl DE là COnvERSàTIOn, lORSqU’EllE àTTRàpE lE TÉlÉphOnE ET DEMànDE qU’On lUI àMènE… JE n’àI pàS bIEn COMpRIS lE nOM. — il y à TRèS pEU D’EnfànTS àDOpTàblES En CE MOMEnT. PEUT-TRE lE pETIT màRIO… (cETTE fOIS, j’àI COMpRIS SOn nOM.) il EST, A pREMIèRE vUE, DISpOnIblE. aRRIvE UnE InfIRMIèRE qUI TIEnT DànS SES bRàS Un pETIT fàUTEUIl SUR lEqUEl REpOSE Un bÉbÉ SànS âgE, lES yEUX bRIDÉS, lE TEInT jàUnE, là TTE pEnChÉE SUR lE CôTÉ. JE lE REgàRDE fIXEMEnT. il OUvRE lES yEUX ET DÉTOURnE là TTE. JE DEMEURE SànS RÉàCTIOn. Pà-TRICIà M’ObSERvE àTTEnTIvEMEnT : — sI vOUS SEnTEz qUE màRIO n’EST pàS pOUR vOUS, CE n’EST pàS gRàvE, Il y à bEàUCOUp plUS DE pàREnTS En DEMànDE qUE D’En-fànTS àDOpTàblES. JE CROIS EnTEnDRE UnE vOIX qUI ME DIT : « tU RECOnnàîTRàS TOn EnfànT ET TU n’àURàS àUCUn DOUTE. » JE SUIS EnvàhIE pàR Un hOR-RIblE SEnTIMEnT DE CUlpàbIlITÉ. QUI SUIS-jE pOUR CROIRE qU’Un En-fànT M’EST pRÉDESTInÉ ? unE ÉgOïSTE, Un MOnSTRE qUI DÉbàRqUE DànS Un pàyS pàUvRE pOUR pREnDRE Un DE lEURS EnfànTS, pEnSànT plUS A MOI qU’àU bOnhEUR D’Un pETIT TRE àbànDOnnÉ ? JE vOU-DRàIS n’TRE jàMàIS vEnUE ICI. Là SEñORà oRTIz ME pREnD là MàIn : — il y àURà D’àUTRES EnfànTS, jE vOUS lE pROMETS. PàTRICIà COnSUlTE SOn fIChIER ET DEMànDE A l’InfIRMIèRE D’àl-lER ChERChER Un CERTàIn sàMUEl. màRIO pàRT SànS àvOIR bOUgÉ Sà TTE. QUElqUES InSTànTS plUS TàRD, l’InfIRMIèRE REvIEnT En TEnànT DànS SES bRàS, Un bÉbÉ qUI pàRàîT àvOIR plUS DE nEUf MOIS. JE SUIS fRàppÉE pàR là blànChEUR DE SOn TEInT ET pàR SES RàRES ChE-vEUX nOIRS plànTÉS En DÉSORDRE. il RESSEMblE A CES vIEUX jUIfS TàlMUDIqUES En pàpIllOTES. JE lE pREnDS DànS MES bRàS.il SE
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