Pablo Mendes

Pablo Mendes

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158 pages

Description

Bernard, un jeune et brillant avocat, est envoyé à Perpignan par le cabinet qui l’emploie pour régler un litige. Il propose à sa compagne, la belle et charmante Isabelle, de l’accompagner. Un soir, ils se rendent au « Malt à Gogo », dancing réputé pour ses soirées cosies et sa fameuse cave à whiskies. Ils y feront une rencontre qui pourrait bien bouleverser leur vie…

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Date de parution 15 décembre 2017
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EAN13 9782955374245
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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PABLO MENDES Bernard SAADA Pablo Mendes faisait partie de ces hom m es indestruc tibles, une force de la nature, une santé de fer, une résistance à toutes épreuves. Il pouvait encaisser les fêtes et les nuits sans som m eil. Rien ne pouvait altérer son être, il pouva it boire toute la nuit, jam ais il n’était ivre, il contrôlait toujours tout. Pablo était un pur-sang à chevelure noir, il avait des yeux bleu clair, le teint m at, une m oustache fine qui rehaussait son visage. Son nez g rossier avait été m alm ené par les coups et quand il se m ettait en colère, son visage était com m e convulsionné, ses yeux sortaient de leurs orbites, sa bouche se tordait, accom pagnés de battem ents de cils sporadiques. Il était grand, fort, rien ne lui résistait. Il bat tait tous ses adversaires au bras de fer et s’envoyait juste après sa victoire, des quantités de whisky. Il lui arrivait d’être colérique, de ne pouvoir contenir sa nervosité, ultra-violent certai ns soirs. Seules les fem m es arrivaient à le calm er. Les fem m es, parlons-en, il les aim ait à se rendre f ou. Quand il en rem arquait une qui lui plaisait, il fallait qu’il l’ait, m êm e si cela deva it lui couter un paquet de fric ! Quand il parlait, on l’écoutait par crainte de représailles et on n’osait l’interrom pre. Sa voix était forte et grave, tel un ténor, pourtant quand il était calm e, sa voix se m étam orphosait, elle devenait plus claire voir m êm e chantante. Il ne craignait personne et regardait tout le m onde dans les yeux, sans jam ais les baisser. Son regard fixe lui perm ettait de fouiller l’âm e de l’autre. Oh, il avait participé à des bagarres où il avait encaissé des coups, m ais il s’était tou jours relevé. Il était com m e une bête, le sang l’attirait et plus d’une fois il avait m is ko, voir m êm e envoyé à l’hôpital, les plus intrépides de ses adversaires. Il préférait se battre à la loyale , avec les poings à la m anière ancienne des pugilistes ; m ais si par m alheur on lui pointait un couteau, fou de rage, il attrapait une bouteille, en cassait le cul, la pointait droit dev ant lui, prêt à en découdre. C’était dents pour dents pour chaque com bat, rien ne pouvait stopper s on irrésistible envie de « m ordre cette putain de vie ! », com m e il le disait souvent. « Tu voisHermanoande qu’à êtreonde ne dem , ce m m angé ! » Il ne touchait pas à la drogue, ah ça non ! Se sentir planer, jam ais ! Il aim ait trop être dans le vif, et pour ça, le whisky l’y plongeait. Grand am ateur, il aim ait les singles m alts, m ais surtout le bourbon sans eau ni glace, sec. Il paria it sur tout ce qui bouge, le sport, les canassons, sur qui allait éventuellem ent rem porter telle victo ire ou qui pouvait tom ber sur un ring de boxe… il trainait souvent autour des tables de jeux , le verre à la m ain les yeux aiguisés, il était capable d’un sim ple coup de tête de m iser une forte som m e d’argent com m e ça. Il vivait avec sa fam ille dans une im m ense m aison à Perpignan. Il aim ait à répéter que grâce à lui, grâce à sa réussite et son travail ach arné, il avait pu sortir sa fam ille de la pauvreté et de la m isère. Il avait une fem m e et une fille de cinq ans. Son clan était com posé de sa m ère, ses trois frères et une sœur. Il était l’ainé de se s frères, tous travaillaient pour lui, dans son entreprise du bâtim ent. Â ses débuts, il avait fait des petits chantiers « au black », puis au fur et à m esure, il avait profité du boom de l’accession à la propriété et av ait investi dans des lots d’appartem ents délabrés qu’il avait su rénover puis vendus com m e n eufs, jusqu’à avoir sa propre entreprise de rénovation et de vente im m obilière. Cette opportuni té lui avait fait gagner un gros paquet de pognon. Il sortait souvent et appréciait particulièrem ent le « Malt à gogo », où une cave à whisky y faisait sa renom m ée ainsi que ses soirées cosys. Qu and il se pointait seul ou avec toute sa bande, le personnel réagissait im m édiatem ent pour l’installer à sa table préférée, face à la piste de danse. Ainsi, il pouvait, à loisir, contem pler l es plus belles courbes déam buler sur un air de salsa endiablé. Ce fût à cet endroit qu’un soir, il rencontra par h asard son ancien am i de régim ent, Bernard. — Mais je rêve où quoi ! Bernard, non !?
— Pablo, alors ça, si je m ’attendais ! — Dans m es bras m on sauveur ! Ah ! Ah ! Ah ! Pablo s’était levé soudainem ent, sous les yeux em bu és de ses frères et am is qui le regardaient gesticuler, pensant qu’il y avait une e m brouille. Une fois rassurés par cette dém onstration d’affection, ils ne firent plus atten tion. — Qu’est-ce qu’un gentil gars com m e toi vient foutre dans un endroit pareil, hein !? — Pablo, laisse-m oi te présenter Isabelle. Pablo posa les yeux sur Isabelle quelque peu troubl é. Il ne put quitter du regard cette splendide blonde de vingt-quatre ans. — Madem oiselle, je suis sous le charm e, heureux de vous connaitre, où êtes-vous installé tous les deux ? — Notre table est au fond de la salle. — Mais ne restez pas à cette table, on n’y voit absolum ent rien, venez plutôt nous rejoindre que je vous présente à m es frères et am is, nous ser ions m ieux pour bavarder et de plus nous bénéficions d’un excellent panoram a sur la piste de danse ! — Si tu n’y vois pas d’inconvénients chérie… — Mais pourquoi y trouverait-elle un inconvénient ? N’est-ce pas m adem oiselle ? Cela fait si longtem ps que je n’ai pas vu ce bougre ! De la place pour m es am is ! Allez, ouste ! Bernard et Isabelle ne purent refuser à Pablo son invitation devant tant d’insistance. — Garçon par ici ! — Oui Monsieur Mendes ! — Apportez-nous une bouteille de votre m eilleur cha m pagne. Je suppose que vous aim ez les petites bulles Isabelle ? — Oh oui, bien sûr ! Merci m onsieur. — Appelez-m oi Pablo ! Pas de chichi ! — D’accord Pablo, oui, j’adore le cham pagne. — Et toi Bernard ! Veux-tu te risquer à déguster un bourbon ou un pur m alt ? — Pourquoi pas ! Ok, va pour un whisky. — Je n’aurais jam ais pensé revoir m on am i dans un e ndroit com m e celui-ci ! — Et tu as raison Pablo, ce n’est effectivem ent pas le genre d’établissem ent que je fréquente d’ordinaire. Non, en fait c’est Isabelle qui aim e danser ! — Vous ne pouviez pas trouvez m ieux pour danser Isa belle, l’orchestre du « Malt à gogo » est électrisant, d’ailleurs m oi-m êm e je danse, si vous le désirez, nous pourrions faire quelques pas, après bien sûr, avoir bu votre coupe de cham pagne. — Oh ! C’est bien aim able à vous Pablo. — Allons, allons, pas de vous ! Pablo tout court ! — Cela ne te dérange pas chéri ? — Voyons non ! Tu sais ce que je pense de la danse ! Ils levèrent leurs verres et trinquèrent. Le cham pagne et le whisky eurent tôt fait de m ettre tout ce petit m onde à l’aise. — Alors Bernard, que fais-tu là à Perpignan hein ? — Je suis ici de passage. Après l’arm ée, j’ai pours uivi des études de droit et une fois m es diplôm es en poche, je m e suis installé à Paris où j e travaille pour une grande société en tant qu’avocat en droit im m obilier et foncier. En fait, je défends un client ici m êm e. — Avocat ! Voyez-vous ça ! Alors là tu m ’en bouche un coin ! Et vous Isabelle, vous le suivez dans tous ses déplacem ents ? Com m e un anim al de cha rm ante com pagnie ? — Oh ! Vous vous m oquez ! Non, je suis actuellem ent en vacances m ais je poursuis toujours m es études de juriste. C’est com m e ça que nous nous som m es rencontrés Bernard et m oi. — Et Paf ! Le coup de foudre pas vrai !? — En effet, il m ’a plu à la m inute où j’ai porté m e s yeux sur lui. Je l’ai trouvé m ignon, discret, hum ble, ce grand gaillard « il est pour m o i ! », m e suis-je dit. — Si c’est pas beau l’am our ! Et toi Bernard, j’im a gine que devant une telle splendeur, tu n’as pu résister à ses charm es ? — Arrête Pablo, tu nous gènes ! — Je suis si content de te voir ! Où créchez-vous m es agneaux, hein ? — Un hôtel du centre-ville nous accueille.
— Dem ain tu donneras ton congé, vous allez loger à la m aison ! — Mais non Pablo ! — Si, si, m on am i ne reste pas dans une cham bre d’h ôtel ! Tu es là pour com bien de tem ps ? — Une sem aine m axi ! — Alors c’est tout décidé, à partir de dem ain vous crècherez à la m aison ! Ma m ère vous fera une paëlla. C’est entendu, c’est com m e ça, il n’y a rien à ajouter ! — Qu’en penses-tu, chérie ? — Je ne voudrais pas offusquer ton am i et accepte bien volontiers son invitation.