Passion de soutane

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138 pages
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Description

Brissy ne trouve plus goût à la vie. Son papa est à l'agonie dans un hôpital surpeuplé, un mouroir en somme. Il erre dans cet univers hostile où il accompagne son père sur la dernière route. Jusqu'au jour où il découvre, grâce à une prostituée, un étrange document : les mémoires d'un prêtre qui s'accroche passionnément à sa soutane, Brissy croise le regard de la belle Nicky qui va illuminer son coeur.

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Date de parution 01 janvier 2018
Nombre de lectures 343
EAN13 9791091832304
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Passion de soutane
Serge GRAH
Passion de soutane Roman
Nouvelle édition
JD Éditions 04 B.P. 206 Abidjan 04 (Côte d’Ivoire)
© JD Éditions, Abidjan, 2018 ISBN : 979-10-91832-30-4 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
DANS LA VIE, IL Y A DEUX GRANDS MIRACLES : LA VIE ELLE-MÊME ET LA BONNE SANTÉ !
PREMIÈRE SEMAINE
outte après goutte, le sérum pénètre son G sang. C'est devenu son quotidien depuis qu'il occupe le lit numéro 3 de la chambre 393 de la Médecine Générale du Centre Hospitalier et Universitaire de Bassa. Malgré les soins intensifs, il ne recouvre toujours pas la santé et trouve dif-ficilement le sommeil. Il se redresse, puise dans ses maigres ressources des forces pour se traîner jusqu'au chevet du lit où il s'assoit. Adossé au mur comme pour reprendre ses esprits, il me regarde du coin de l'œil, sourit et ne dit mot. Il me fixe un peu plus longuement, gardant toujours le sourire. Son regard se promène lentement dans la pièce, et s'arrête dans un angle du mur où une mouche, imprudemment, s'est fait prendre dans une toile d'araignée. Sa toux sèche brise le lourd silence de la chambre. Puis, un son rauque lui échappe.
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Il refuse l'eau que je lui propose, mais prend non sans grande difficulté, la bouteille d'eau minérale qui se trouve sur le guéridon et se sert un verre. Après avoir bu, il reprend sa place d'où il continue de suivre la souffrance de la mouche en captivité. La chambre 393 se trouve au premier étage du bâtiment A de la Médecine Générale. Le palier ouvre sur un long couloir qui se termine devant le bureau des internes. Le balcon de la chambre donne sur un parc qui n'existe plus que de nom. Le jardin ayant été transformé en un vaste dépotoir au milieu duquel on aperçoit distinctement un préau branlant. Du balcon, on peut jeter la vue vers les autres bâti-ments d'en face derrière lesquels, la nuit, on aperçoit parfois les silhouettes de certains parents des malades obligés de dormir sous le préau. Dans les chambres, les parents prennent des précautions pour se murmurer quelques mots. Quelquefois, pour ne pas entendre les voix joyeuses et futiles du dehors, ils referment toutes les portes qui sont restées entrouvertes.
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* * *
J'ai le cœur serré de voir mon père diminué de cette façon. Il s'affaiblit un peu plus de jour en jour. Ces derniers temps, sa tension n'a pas baissé, au contraire elle ne cesse d'augmenter. Lucy, ma petite sœur, et moi nous nous succédons à son chevet pour ne jamais le laisser seul. Papa n’a pas de compagne. Ce qui complique davantage les choses. En effet, je ne lui ai jamais connu de vie maritale. Il a eu, certes, des relations suivies, il a même vécu quelque temps avec certaines de ces femmes. Malheureusement, ces unions n'ont duré que le temps d'une rose. Chaque fois, elles lui ont trouvé un défaut insupportable et insurmontable : « Il est trop compliqué », finissent-elles toujours par dire. C'est généralement les moindres détails qui se transforment en vices et se révèlent être l'obstacle à la relation. À la vérité, mon père est trop amoureux. Je crois même qu'il aime passionnément. Si bien qu'au fond de lui, il avait peur de l'amour. Il avait peur de perdre sa liberté d'aimer. Peur de perdre toute mesure et toute lucidité. Comme André Gide, il pense que :«Tout attachement est douleur et souffrance, surtout
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