//img.uscri.be/pth/9b9217167cbb1d11fee044429c3b67495089a607
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,45 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Portraits de face

De
153 pages
Artiste peintre coloriste,art-thérapeute,auteur de nouvelles et conseillère littéraire, Muriel Cayet jongle avec les talents. Difficile de faire plus éclectique sur le plan thématique: les voyages, le trait, la marque, l'empreinte, le Château Intérieur, en bref, tous les sentiments (ex: les intentions, la raison, l'être en devenir etc.) et la condition humaine sont sujets à une interprétation picturale par cette artiste cérébrale. De quoi satisfaire les érudits en quête d'exception. Un art total, puissant, vecteur d'exaltation des sens et qu'il fait bon vivre au quotidien qu'elle choisit là de mettre en mots !
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

2
Portraits de face
3
Muriel Lozac'h
Portraits de face
Nouvelles
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9822-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748198225 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9823-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748198232 (livre numérique)
6
.
.
8
COMME UN MATIN DE GUERRE
Ce jour-là, ils allaient tout comprendre…
Killian… Bien trop blond, trop beau, le visage frais si doux, le corps maigre et les gestes empêtrés ; sans défense. Un regard d’ange perdu ou d’ange déchu. Un petit écorché vif de douze ans. Mon petit – fils. Mon si petit, fils. « Fils », je l’appelle parce qu’« on » m’a pris le mien, les Anglais m’ont volé mon fils unique, le seul, oui, son père, mon enfant, est mort à la guerre. Sur le champ de bataille de Culloden, cette effroyable boucherie de 1746. Cela fera bientôt onze ans que mon fils a perdu la vie et que je le cherche. Un Ross à la guerre, jamais nous n’aurions dû accepter de le laisser partir… Un Ross à la guerre ; non, jamais un Ross ne se serait engagé. Mais il était pratiquement devenu un Mac Leod et ce n’était pas vraiment la guerre… une révolte dit-on encore. Jamais une telle chose n’aurait dû arriver. Nous les paisibles, nous les pacifiques. Les penseurs, les
9
Portraits de face
philosophes. Les Ross, clan tellement en accord avec la nature. . La nature et nous, notre mère-nature. Et cette vie à servir, ces existences à respecter. Oh, quel gâchis ! Le loch l’a encore appelé ! C’est son endroit à lui, celui où il aime se reposer, presque se recueillir accompagné de son chien et de son troupeau. Il a des rêves mon petit ; et ceux qui ne savent pas pourraient croire qu’il est bien différent des autres enfants : il parle aux pierres. Elles lui racontent des choses plutôt. Il m’a demandé de lui enseigner leur langage. Il était alors bien trop jeune ; un jour, évidemment un jour, il saura. Il pense tellement à sa mère, à son père morts tous les deux. Morts ? Disparus ? Absents ! Je préfère dire : « absents » ! Il est là, sur le bord de notre loch. Il jette des cailloux dans le flou de cet hiver qui n’en finit pas. Il entre dans la mémoire de ses parents, coucher de soleil après coucher de soleil, sans jamais quitter des yeux les ruines du château oublié. Il songe à ce passé dont il ignore tout en pensant à ce que ces pierres pourraient lui apprendre. Je sais tout cela, ce sont les pierres qui me le disent. Les pierres que l’on regarde et que l’on interroge ; oui, elles disent à ceux qui veulent entendre. Elles disent ! Mais Killian est tellement jeune et si fragile encore. Chercher ses parents ; les approcher, faire naître une émotion à défaut de voir apparaître
10