Pour Cause de Fin de Bail

Pour Cause de Fin de Bail

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172 pages

Description

Extrait:
Tout à coup, pareillement au crépitus d'un canon à tir rapide, une série de détonations déchira l'air. Les vingt pneus des camarades venaient d'éclater. (Accident ? Malveillance ? C'est ce que l'enquête ouverte par l'A.T.C.H.O.U.M. établira.) Nos gaillards eurent bientôt fait de réparer le désastre, mais au moment où, d'un énergique et simultané travail, ils regonflaient leurs pneumatiques, voici qu'ils tombèrent tous sur le sol, en proie à des mouvements spasmodiques, et comme asphyxiés, les pauvres ! L'explication du phénomène est bien simple : les vingt-cinq pompes de ces messieurs, absorbant l'air ambiant pour l'enfourner au sein des caoutchoucs, avaient fait le vide dans le chemin creux et les cyclistes subissaient les affres du petit oiseau que, dans les laboratoires, on met sous la cloche de la machine pneumatique. L'accident, par bonheur, n'eut pas de suite, une forte brise ayant ramené de l'air dans ces parages ; mais tous les affiliés de l'A.T.C.H.O.U.M. ont bien juré que cette mésaventure leur servirait de leçon.

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Date de parution 05 avril 2017
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Langue Français

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E Ad lpmho nsed
Allais CHARDCHAP I T RE I V
Gaudissart s’amuse
   bien raison de s’amuser Gaudissart, p endant qu’il est
jeune !E La vie est un p ont, mor ne p ont qui réunit les deux né ants, celui
d’avant, celui d’après.
Or , que fair e sur un p ont, à moins que l’ on n’y danse tous en r ond,
ainsi que cela se pratique notoir ement sur le p ont d’ A vignon ?
Gaudeamus igitur , mes frèr es, et laissons les g ens grav es souffler
ridiculement dans de ridicules baudr uches qu’ils considèr ent ensuite tels des
blo cs de Par os.
V oilà p our quoi j’aime les v o yag eur s de commer ce , g ens g ais,
philosophes et qui s’ar rang ent toujour s p our take a smile with life , comme
disent les Anglais.
Nous nous tr ouvions donc réunis, quelques-uns de ces messieur s,
plusieur s chasseur s et moi, un ré cent soir , dans l’ estaminet de la b onne
aub er g e d’un v oisin gr os b our g.
13Pour cause de fin de bail Chapitr e I V
Le p atr on du lieu est un fort brav e homme légèr ement candide et
d’une indérap able complaisance .
Chacun le sur nomme – je n’ai jamais su p our quoi – le pèr e Be
cquenfleur .
Nul d’ entr e nous n’avait sommeil, et bien qu’ on dût se le v er de fort
b onne heur e le lendemain, p er sonne ne se souciait d’aller se coucher .
Vite conclue , la connaissance entr e les v o yag eur s et nous tour na plus
vite encor e à la cordialité p arfaite .
Ces messieur s, d’ailleur s, étaient tous char mants.
L’un deux pr op osa :
— V oulez-v ous qu’ on fasse une b onne blague au pèr e Be cquenfleur ?
Assentiment unanime .
V oilà notr e far ceur qui se p ose juste en face de la vieille et ancestrale
horlog e et qui, do delinant de la tête , l’inde x tendu, accomp agne d’un
balancement r ythmique de tout son cor ps le mouv ement du balancier .
Entr e le pèr e Be cquenfleur .
— Zut ! s’é crie le fumiste , c’ est tr op difficile !… C’ est même imp ossible .
— Qoi donc qu’ est imp ossible ? s’infor me l’ing énu b onhomme .
— Se metr e en face d’une horlog e et suiv r e , le doigt tendu et en
balançant le cor ps, le mouv ement du p endule , tout cela, p endant cinq minutes,
et sans ouv rir la b ouche .
— C’ est si difficile que ça ?
— Je v ous dis que c’ est imp ossible .
— Allons donc !
— V oulez-v ous p arier ? … T enez, je v ous p arie du champ agne p our
toute la comp agnie que v ous n’y ar riv ez p as.
Le pèr e Be cquenfleur se grate la tête , suppute et tient la g ag eur e .
Pas un sp e ctacle au monde ne me semblera jamais d’un comique
comp arable à celui que nous eûmes alor s sous les y eux.
Le pèr e Be cquenfleur , ser rant les lè v r es far ouchement, p our ne p as
p arler , avait contracté un mouv ement qui rapp elait celui de ces our s assis
sur leur der rièr e et qui se balancent en mesur e .
Pendant ce temps, l’un de ces messieur s courait à la cuisine et pré v
enait la mèr e Be cquenfleur .
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