Princesse Ebla

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194 pages
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Marie-Audrey est une jeune fille gâtée et insupportable : son père, qui gagne confortablement sa vie, lui assure un quotidien privilégié – belle maison, voyages linguistiques l’été, répétiteur pendant l’année scolaire... Pourtant, ce beau confort ne la protège ni des disputes de ses parents ni du coup d’État perpétré en Côte-d’Ivoire au tournant de l’année 2000. L’angoisse générée par ces événements – de rangs et de dimensions non comparables – l’oblige à se poser des questions sur sa famille et à affirmer ses propres choix. Sa vie bascule radicalement le jour où elle croise l’écrivain Pognan lors d’une rencontre scolaire : conquise par son discours, elle décide de vouer sa vie non seulement à la lecture mais aux arts plastiques. Grâce à l’argent de son père, elle devient mécène. Apothéose finale : le Ministre de la Culture, pour l’anniversaire de ses quinze ans, se déplace en personne afin de récompenser son parcours exemplaire.

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Date de parution 01 octobre 2017
Nombre de visites sur la page 13
EAN13 9782369970392
Langue Français

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Princesse Èbla
CAMARA Nangala
Princesse Èbla
Africa Reflets Éditions 01 BP 3648 Abidjan 01 E-mail : areflets.editions@yahoo.fr
Couverture & illustrations :ARE / SILUÉ I.Kassem Maquette :ARE / KOUASSI K. Marc Mise en page :ARE / OUATTARA Awa / KOUASSI K. Marc Suivi éditorial :OZÉ G. Roger
e © Africa Reflets Éditions, 4 trimestre 2017 ISBN : 978-2-36997-039-2
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Du même auteur en littérature de jeunesse
La poupée Les filles au grand cœur Vacances mouvementées Le trio de choc La dernière chance Un papy sympa Le cahier noir Le médaillon magique Le messager Don du ciel La Belle au sac en croco Zaouli
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J’ ai pour prénoms Melissa Vanessa Pricillia Laetitia Ingrid Marie-Audrey. Je serais curieuse de savoir pourquoi vous souriez. Ҫa y est, je comprends ! Mes prénoms y sont certainement pour quelque chose Vous n’êtes pas les premiers et vous ne serez certainement pas les derniers à vous en étonner. Je crois qu’une petite explication s’impose. À ma naissance, mes grands-parents maternels décidèrent de me prénommer Melissa. Du côté paternel, mammy choisit le prénom Vanessa tandis que papy penchait plutôt pour Pricillia. Tante Philomène, une cousine de maman, fut choisie pour être ma marraine. Je l’appelle donc affectueusement Marraine. Elle proposa que je sois prénommée Laetitia. Tante Solange, la sœur de papa, pour sa part, opta pour Ingrid, du nom d’une célèbre actrice de cinéma qu’elle adore. Papa et maman, en ce qui les concerne, avaient pour préférence
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Marie-Audrey. Pour éviter de vexer toutes ces personnes qui manifestèrent un si grand intérêt pour ma personne, papa décida d’inscrire tous ces prénoms sur mon acte de naissance. En agissant ainsi, il coupait court à toute suspicion et à toute susceptibilité. Heureusement que tante Emma était en voyage à Paris ! Maman dit que sa sœur m’aurait collé au moins deux prénoms de son choix. Quand celle-ci est rentrée au pays, c’était trop tard. Mon acte de naissance était déjà établi. Voici pour la petite histoire ! Voulez-vous connaître mon âge ? Je n’y vois aucun inconvénient, même si tante Emma répète tout le temps qu’une femme ne doit jamais dévoiler son âge. Eh bien, tant pis ! Moi, je ne suis pas encore une femme. Je ne suis pour l’heure qu’une jeune fille. Donc, pas de problème. J’ai neuf ans et demi. Lorsque j’atteindrai l’âge de tante Emma, j’aurai tout le loisir de me livrer aux caprices de femme. C’est plutôt amusant, pour le moment, de donner sa date de naissance à ses amis. Pour sûr, je vous considère comme des amis ! Mieux, vous êtes mes amis. À un ami, on dit tout. Pas de cachotteries. Sinon, cela ne vaut pas la peine d’être des amis. La franchise, rien que la franchise ! J’adore la natation, la télé, le cinéma, les voyages, internet et le tennis. Il est un moment privilégié de
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la journée qui m’a toujours fascinée : midi. J’aime paresser des heures durant dans l’eau une fois le soleil perché au zénith. Il m’arrive cependant de nager aussi la nuit, à condition que papa et maman me le permettent. Parfois, je boude tellement que, pour se débarrasser de moi, ils m’autorisent à prendre du bon temps dans le grand bassin au cours de la soirée. Ce que j’apprécie le plus, dans ces moments-là, c’est le calme et le silence qui entourent la piscine. Tout paraît apaisé, reposé, tranquille et même mys-térieux. Les étincelles des lucioles ajoutent un rien de magie à la douceur de ces instants. Arbres et fleurs se revêtent de mystère et prennent des allures de fantômes lorsque les lumières de la cour projettent leurs ombres sur les bords de la piscine. J’avoue qu’il m’arrive d’être effrayée par les formes bizarres qui surgissent soudain de la pénombre. J’ai des frissons. Je me ressaisis très vite, à l’idée que papa et maman sont au salon et le vigile dans la guérite. En cas de danger, tout le monde accourrait à mes appels. Je retrouve mon calme et ma sérénité. Je monte en silence sur le perchoir, je m’immobilise, l’intervalle d’un instant, le regard projeté au loin vers les lampadaires de l’éclairage public qui s’allongent vers le ciel. J’ai l’impression d’entendre battre le cœur de la ville. Le monde m’appartient en ces instants. J’aspire un grand bol d’air, puis je
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m’élance. L’eau me reçoit dans sa multitude de bras. Elle pousse des cris de joie qui me procurent des sensations extraordinaires. J’évolue silencieusement sous la masse liquide sur une bonne distance avant de remonter à la surface. J’aime ce contact avec l’eau, surtout lorsque sa masse voluptueuse enveloppe tout mon corps. Je vis un bonheur sans pareil. Plus rien ne compte. Il n’y a que cette complicité entre l’eau, la nuit et moi. Le charme de ces instants magiques et délicieux est malheureusement toujours rompu par mes parents. Ils me rappellent que l’heure est venue de me mettre à mes leçons. Je suis souvent irritée. Les larmes me montent aux yeux. Je sors de l’eau, le cœur gros comme ça ! Ce n’est pas parce que je suis paresseuse. Je serais offensée si vous le pensiez. Franchement, il est des fois où je me demande pourquoi je vais à l’école ! Certains jours, je suis de mauvaise humeur. Je m’enferme dans ma chambre, au milieu de mes nounours. J’en possède une vingtaine. Ils me tiennent compagnie. Dans ma famille, tout le monde sait que j’ai un faible pour les animaux en peluche. J’en reçois chaque année, à l’occasion de mon anniversaire, des fêtes du nouvel an et des voyages fréquents de mes parents à l’étranger. J’ai sélectionné et rassemblé dans ma chambre ceux qui ont mes faveurs. Les autres
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