Propos et apophtegmes
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Description

De A à V, de Aimer à Vulgaire, de Courage à Foule, de Mots à Simplicité, voici un livre qu invite le lecteur à une promenade inédite dans les mots et la pensée. Un voyage buissonnier, jamais en ligne droite, où chaque pas en appelle un autre. L'auteur partage ses coups de coeur, ses sujets de réflexion, entre l'apopthegme, la maxime et la méditation à mi-voix. A ceux-là, il ajoute des citations et des morceaux divers, très choisis, d'auteurs qui lui sont compagnons de route.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 53
EAN13 9782296700642

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Propos et Apophtegmes
Robert Gaulin


Propos et Apophtegmes


L’Harmattan
Collection « Vivre et l’écrire »
dirigée par Pierre de Givenchy

(voir la liste des titres de la collection en fin d’ouvrage)


Ouvrages inédits, du même auteur (auto-édition)


Au plaisir des vins et des mots pour le vivre
L’Analyse transactionnelle
Communiquer et négocier
à venir : Propos et Apophtegmes suite n° 2


© L’HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-12027-3
EAN : 9782296120273

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
« Ce que je vous demande, c’est d’ouvrir votre esprit, non de croire. » (Krishnamurti)

Non ridere, non lugere, non indignari, sed intelligere (ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas s’indigner, mais comprendre), Spinoza, Tract politic, 1,4.

« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? »
( Quid habes, quod non accepisti ? si autem accepisti, quid gloriaris quasi non acceperis ? , saint Paul 1. Épître aux Corinthiens IV, 7)
AVANT-PROPOS
Pourquoi ces pages ? Pour donner, donner ce que j’ai reçu. Pour donner à certains le goût de la lecture, de la réflexion et pour d’autres la découverte ou la redécouverte de tel ou tel auteur, dans la Bible ou avec Montaigne, Pascal, Spinoza, de Saint-Exupéry, Alain, Julien Green et plus près de nous Tenzin Gyatso (le Dalaï-Lama), André Comte-Sponville (philosophe), Jean-Marie Rouart (de l’Académie française) et beaucoup d’autres auteurs que je vous laisse découvrir dans ce document.

Je vous invite à fréquenter ces grands esprits. Ils sont immortels : ils nous parlent, nous consultent, nous apportent des solutions. Mais pour cela il faut les entendre, il faut se relier à eux comme dans une vaste communion.

J’ai cueilli leurs meilleures pensées en y apportant ma petite plus-value à partir de ce que j’ai observé, vu, entendu ; j’ai écarté tout ce qui pourrait être autobiographique. Les rayons des librairies sont surchargés en Pensées et Mémoires de toutes sortes. Aujourd’hui des gens du show-biz et du monde médiatique surproduisent dans ce style.

Ce livre sera complété par des suites : n° 1 et n° 2 sont en préparation. Il n’exige pas une lecture page après page ; il se lit facilement, thème après thème.

Quant aux citations latines, elles sont données pour leur beauté, ou leur vérité, pour faire apprécier aussi une langue pas si morte que l’on dit, puisqu’elle se trouve dans de nombreux mots de notre propre vocabulaire.
L’étymologie nous éclaire souvent sur le sens perdu des mots.

Pourquoi ce titre : Propos et Apophtegmes ?

Je préfère « propos » à « pensées ». Aujourd’hui une foule de gens écrit ses pensées et puis le mot est moins pompeux. Si Jules Renard, dans son journal, dit qu’« écrire c’est une façon de parler sans être interrompu », je pense que dans « propos » il y a propositions. Je propose un élargissement des idées émises. Je sollicite même des contre-propositions afin d’enrichir les textes. N’hésitez pas à m’interrompre. Par ce titre, je veux aussi rendre hommage à Auguste Detoeuf qui nous a donné ses Propos d’O.L. Barenton confiseur et à Érasme pour ses Apophtegmes.

Apophtegmes (en grec apophthegma : sentence litt. Parole mémorable exprimée de façon concise). Mot choisi pour ne pas employer le terme de sentence, trop sentencieux, trop judiciaire.
Pour la forme, j’ai choisi ce mot en pensant aux auteurs anciens et pour le fond en souvenir des sages de Chine qui, pour communiquer, éveiller l’esprit, convaincre et éduquer utilisaient les sentences et les proverbes, sans emphase et sans spéculation métaphysique, tout simplement. Peut-être trop simplement pour l’Occident.
En pensant aussi à cette belle image de Diderot, « la maxime est un clou qui s’enfonce dans l’esprit ».

Enfin, je paraphraserai La Bruyère (dans ses Caractères ) : « Si on ne goûte point ces [Propos et Apophtegmes], je m’en étonne ; et si on les goûte, je m’en étonne de même »… mais je serais stupéfait que l’on n’apprécie point les citations de nos grands auteurs rapportées ici et là dans les textes qui suivent, elles font partie du patrimoine littéraire mondial.

Puisse la consultation de ce recueil aider le lecteur dans son intention d’enrichir son raisonnement par la fulgurance et la pertinence de ces apophtegmes. Que de nombreux « clous » s’enfoncent pour fixer efficacement la réflexion utile à toute action.
REMERCIEMENTS
Ce livre n’aurait pas vu le jour sans l’aide et les encouragements de :
Nicole Delepelaire
Claude et Serge Échard
Pierre de Givenchy
François Tézenas du Montcel.

Je tiens à les remercier très chaleureusement.
Merci également aux lectrices et lecteurs des premières heures m’ayant invité à collecter et à diffuser mes textes.
a
AIMER
Avec ce verbe, que de confusions, que de déclarations mais aussi combien de trahisons dans son expression (cf. rubrique « Expression française »).

Dans une langue aussi subtile que la nôtre, tant de pauvreté est surprenante.

En effet, ne dit-on pas indifféremment aimer la bonne chère, le sport, aimer une femme, aimer lire, aimer la nature, aimer son prochain…
On pourrait dire, dans certains cas, « adorer », mais laissons de côté les idolâtres.

En réalité, nous ne savons guère aimer que nous-mêmes et nos proches, et encore ! Si nous aimions vraiment,
Avec plus de réflexion, nous nous y prendrions autrement
Pour vivre moins confusément,
Plus intensément, plus amoureusement.

Revenons sur les expressions grecques, sur ces trois genres d’amour : éros, philia, agapè.

É ROS . C’est l’amour passion ou amour fou, c’est l’amour possession, égoïste, cochon…
Pour cet amour-là, les Espagnols ont une phrase très significative : te quiero (je t’aime, ou je te veux). Cet amour ne dure jamais longtemps car il est basé sur la passion. Il est voué à l’échec.
Comme très bien résumé par André Comte-Sponville : « La passion ne dure pas ne peut pas durer… vouloir à tout prix être fidèle à la passion, c’est être infidèle à l’amour et au devenir : c’est être infidèle à la vie… » (Dans son Petit traité des grandes vertus )

P HILIA . C’est l’amour épanouissement, accomplissement, fait de fidélité, d’attention à tout instant, de partage sans marchandage.
On aime parce que… ça ne s’explique pas. C’est un don.

C’est l’amour des parents pour les enfants,
Et réciproquement.
C’est l’amitié vraie, celle qui résiste au temps.
C’est l’amour entre mari et femme, cette « amitié maritale », comme le dit Montaigne, si élégamment. C’est un amour qui donne et qui dure parce qu’il porte en lui une force constructive positive, à l’opposé de l’égoïsme.
Seul l’amour véritable donne un sens à la vie, c’est la source de toutes les vertus, c’est la vertu des vertus.
« Il y a cette joie légère et simple, cette familiarité, cette évidence, cette paix, il y a cette lumière, le regard de l’autre, il y a ce silence, son écoute, il y a cette force d’être deux, cette ouverture d’être deux, cette fragilité d’être deux… »
« C’est l’amour qui fait vivre… C’est l’amour qui sauve et c’est donc lui qu’il s’agit de sauver... » (André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus – Dictionnaire philosophique ).

A GAPÈ. C’est le mot grec des premiers chrétiens pour dire charité.
C’est l’amour spontané, universel sans calcul, sans limite, sans préférence, sans justification. C’est l’amour le plus pur, totalement désintéressé, discret et gratuit.
C’est l’amour suprême, quasiment impossible et qui va jusqu’à aimer ses ennemis. Mais comment aller jusque-là, à moins d’être un saint tibétain ou chrétien ou païen.
Mais cet amour, on peut néanmoins l’approcher dans certains moments de grâce.

Cet amour, par commodité, je l’appelle « dilection » pour ne pas dire « compassion », terme bouddhiste généralement mal compris pour avoir dans nos mentalités occidentales une connotation restrictive de pitié. Il suffit d’ailleurs de consulter nos dictionnaires pour en avoir confirmation.
Pour ne pas employer non plus le mot de « charité », trop galvaudé depuis des siècles et des siècles, par la condescendance et l’hypocrisie des bigots, et des bien-pensants.

On le voit, la dilection, c’est l’amour au troisième genre qui n’a rien à voir avec l’altruisme ou la philanthropie mondaine, celle qui s’affiche.

C’est l’amour créateur de valeurs, nous rejoignons ici le philosophe Alain qui nous dit que « aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi ». Cet amour conduit au plus grand bonheur.

Ah ! si nous pouvions revenir à l’ère des premiers chrétiens pour effacer tous ces siècles d’Inquisition, de rénégation, d’abomination, si nous pouvions suivre le grand commandement admirablement exprimé dans l’un des plus beaux textes de la Bible qui en fait le livre de l’amour, dans la première Épître de Paul aux Corinthiens, 13 :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges… Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science...
Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes…
Si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien. »


En vérité, c’est la dilection qui donne la bonne direction pour aller vers un avenir humain meilleur,
vers une humanité supérieure.
Déclaration :


Après toutes ces considérations,
Ceci sera ma déclaration :


Je n’emploierai pas cet éternel « je t’aime »
Que tu entends chez trop de gens,
Dit comme pour se faire pardonner,
Ou pour prendre, égoïstement, trop souvent.
Je ne dirai donc pas « je t’aime » . Mais je dis que je te bénis,
Je te bénis pour tout ce que tu es, tout simplement,
Amoureusement, tout bonnement.
Au-delà du temps.

Je te bénis car tu es facile à vivre, saine, Discrète.
Je te bénis pour ta grande simplicité.

Merci pour ton humour,
Pour ta bonne humeur de tous les jours,
Pour tes pitreries, pardon, pour tes drôleries.

Tu me rechoisis, je le sais et moi je te rechoisis.

Merci aussi de partager avec moi tant de beautés,
Les merveilles de la nature, toutes ces splendeurs.
Tu remplis ma vie de mille et une fleurs,
D’immenses mélodies et d’exquises couleurs.
Avec toi, c’est toujours la bonne heure.
À chaque heure sa surprise, sa poésie, sa fantaisie, de bonnes heures,
Un bonheur.
Avec toi je ne connais jamais l’ennui.
Merci d’être à mes côtés,
Jour et nuit.
Merci de ta belle et forte présence,
Oui, tu embellis, tu enrichis mon existence.
AMBIGUÏTÉ
Pourquoi donner à un même mot des sens opposés, quand ce mot énonce un concept et à la fois son contraire.
Par exemple, le mot amateur.

« Amateur, du latin amator, celui qui aime » qui cultive un art ou une science pour son plaisir et avec compétence (dict. Larousse) ou encore
« qui s’adonne aux beaux-arts, à un sport sans en faire sa profession ».

Pourquoi donner à ce mot un sens péjoratif dans le parler de tous les jours signifiant « manque de zèle, de compétence... » Il n’est pas étonnant d’avoir des querelles de mots ! ou des problèmes de communication. Il faut bien s’entendre sur le sens des mots, en ajustant ses discours.
AMI
« Un ami est un puissant soutien, qui l’a trouvé a trouvé un trésor. » (Ecclésiastique 6-14)
L’ami, c’est le complice de longue date, par tant et tant de communications chargées de compréhension, d’attention, d’échanges...
Si tu es dans l’erreur, il se doit de t’avertir, de te mettre en garde, de te conseiller.
L’ami ne marchande pas avec toi, il ne compte pas sauf les occasions manquées de te faire plaisir ou de te rendre service. L’ami ne te juge pas, il pardonne avec tristesse tes maladresses. Il est ton cœur, ton esprit, ta conscience, ton censeur. Il veut ton bonheur, et toi, tu dois accepter d’être amendé, sans heurt. L’ami survit à l’épreuve majeure de la réussite quand l’un des deux connaît le succès sans porter ombrage à l’ami moins fortuné qui reste l’ami pour toujours.
ANCÊTRES
Nous qui croyons avoir tout inventé, nous devons beaucoup à nos ancêtres. N’oublions pas la longue cascade de plus-values, depuis la préhistoire : le feu, les outils, la roue, l’agriculture… N’oublions pas Léonard de Vinci qui, au XVI e siècle inventait le premier aéroplane, le parachute, la première automobile…, Pascal, au XVII e siècle, avec sa machine à calculer, les frères Lumière, Pasteur…

Soyons donc modestes.
APOPHTEGMES
Aide-toi, le ciel ne t’aidera pas et encore moins l’État.
Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier, et comme disait mon voisin, mets-les dans plusieurs paniers, cache-les et suis-les bien des yeux.

Pour ta tranquillité, ne te prends pas au sérieux, ne vis pas au-dessus de tes moyens mais vis et pense au-dessus de ton esprit et de toutes les querelles.

Les imbéciles ce sont toujours les autres. Fais attention à cette réaction, tu seras toujours l’autre d’un autre.

Souviens-toi que toute faiblesse de ta part renforce ton adversaire. C’est la faiblesse des bons qui fait la force des mauvais.

Qui trop embrasse mal étreint… et mon ami cheminot (et chemineau) ajoutait « manque le train ».

Ne fais pas toujours référence à la rigueur mathématique. 1 + 1, ça fait souvent plus que 2.
Ni fleurs ni couronnes ! ça ressemble à des remords, c’est avant qu’il fallait apporter des fleurs.

La patience a ses limites, au-delà c’est de la lâcheté.

Si tu ne veux pas être déçu, sois réaliste et n’attends pas trop en dehors de toi.

La pire des humiliations, c’est la charité condescendante.

Très souvent les liens du cœur et de l’intelligence sont plus forts que les liens du sang.

Tu n’apprendras rien des gens qui sont toujours d’accord avec toi, tu recevras plus avec des échanges contradictoires, tes jugements s’ajusteront en conséquence.

Se tromper est permis, ce qui n’est pas permis c’est de ne pas en tirer leçon.

La beauté d’une œuvre dépend de celui qui l’aborde.

Trop d’informations tue l’information : filtrez, analysez et faites votre synthèse.

C’est en croyant aux projets qu’on les réalise.

Il faut se méfier des rumeurs, ça commence par une simple bagarre et ça finit en troisième guerre mondiale.

Il faut souvent toute une vie pour faire simple.

Ce sont toujours des intérêts masqués qui mènent le monde.

Les épreuves déjà subies fortifient et préparent à un bon combat, et mènent à la victoire.

La société a besoin de boucs émissaires pour sauver les apparences. C’est vieux comme le monde.

La chance, en-dehors de rares cadeaux du ciel, c’est souvent une grande détermination dans la réalisation des buts fixés.

Associe-toi avec ceux qui peuvent échanger avec toi, évite les rapaces.

Être libre, c’est pouvoir choisir.

Tout pouvoir sans contre-pouvoir conduit aux abus et finalement à sa perte.
L’argent, pour beaucoup, aide à compenser un déficit culturel. Qui n’a pas connu ce nouveau riche possédant des mètres de livres dans sa bibliothèque de luxe sans avoir lu un seul des ouvrages exposés.

La compréhension du présent s’appuie sur le savoir du passé.

« On transforme sa main en la mettant dans une autre » À cette belle phrase de Paul Éluard ajoutons : attention de ne pas tendre la main au diable.

Pourquoi ferais-je de la politique ? disait mon voisin, je ne sais pas mentir.

La culture s’enrichit de mélanges, d’échanges, de rencontres. Mais avant de s’imprégner des autres cultures ne faudrait-il pas bien connaître la sienne ? Il y a un réel déficit culturel dans notre pays.

Les choses valent le prix que toi tu leur donnes.

Ne vous trompez pas d’ennemi, c’est tellement d’actualité.

Les rustres se font servir, les gens d’âme se font aider.

Respecte toujours les subalternes : Marie la bonne aujourd’hui, peut-être la patronne demain.
AUDIT (étymologiquement : audire, écouter)
Définition courante : procédure de contrôle et de gestion des entreprises.
L’audit est généralement présenté comme un outil de gestion moderne né durant la seconde guerre mondiale.
En réalité, l’audit n’est pas une conception américaine, l’audit vient des temps anciens : lisez la Bible, Exode 18 – 14 à 27.
« Le beau-père de Moïse, voyant tout ce qu’il faisait pour le peuple, lui dit « Comment t’y prends-tu pour traiter seul les affaires du peuple ? Pourquoi … » Le beau-père de Moïse. lui dit « Tu t’y prends mal !… maintenant écoute le conseil que je vais te donner...» Moïse suivit le conseil de son beau-père et fit tout ce qu’il lui avait dit…
« Puis Moïse laisse repartir son beau-père… »

Ces faits remontent à environ 1250 avant J-C. J’invite les lecteurs à lire ce passage biblique difficile à reproduire intégralement ici. Vous y trouverez les bases de l’audit, la démarche interrogative (comment ? pourquoi ?...), le conseil de délégation, d’organisation (avec des implications décimales), la sagesse de l’audité comme de l’auditeur…
AUTODIDACTE
L’autodidacte, c’est celui qui s’est instruit lui-même. C’est celui qui s’est affranchi des carcans de l’instruction officielle pour cultiver sa faculté d’être pleinement lui-même.

On n’enseigne pas l’imagination, ni l’originalité, ni la créativité, clés de la réussite, couronnement de la culture.
C’est un art réservé à ceux qui développent leurs propres capacités. Le reste, c’est de la technique. Ne donnez pas à ce mot « autodidacte » un sens péjoratif, trop d’autodidactes illustres sont là pour nous émerveiller : Boudin, Gauguin, Oudot, Utrillo, Valadon, Vlaminck, Van Dongen, Van Gogh... et bien d’autres et pour ne parler que des peintres.

Au fait, le Créateur n’est-il pas le meilleur et le plus grand des autodidactes ?
On dit de l’autodidacte qu’il est parti de rien. Non, il est riche d’un héritage culturel, riche de ses racines qui l’ont aidé à bien grandir.
AUTORITÉ
L’autorité, la véritable autorité, ni volée, ni décrétée, découle du prestige de personnes rares, exceptionnelles par leur force et leur richesse intellectuelle et morale.

Elles n’ont pas à forcer la voix pour se faire entendre, un hochement de tête, un froncement de sourcils, un simple mot suffisent.

Ces personnes sont grandes, par l’exemple.
Elles ne briment pas, elles ne brillent pas, elles donnent la direction à prendre, sans s’imposer, dans le respect des autres. Seuls les despotes, des faibles déguisés en forts, seuls ceux-là veulent dominer, imposer dans la répression. Ils sont des névrosés agressifs et l’autorité vraie leur échappe.
b
BABEL
Avec la Tour de Babel (Genèse 11, 7), l’orgueil, la démesure sont punis par une confusion dans le langage.
Le syndrome de Babel se manifeste aujourd’hui avec ces gratte-ciel imposants, signes de puissance, abritant des « rois-dollars ». Ainsi la confusion dans le langage est poussée à l’extrême, jusque dans nos langues maternelles où les mots sont vidés de leur sens... La confusion entraîne le désordre des esprits. Un désordre savamment organisé.
«... dans ce déluge de mots mal employés se cachent ceux qui lui couperont la langue un beau jour... Nous vivons sous le lourd héritage de Babel », Julien Green (Journal). Il faudra revenir au sens des mots, ou alors disparaître.
BANNI : confidences d’un banni
J’appartenais à ce pays, terre du père de mon père, terre de mes aïeux depuis des siècles. J’appartenais à cette terre, à son terroir chargé d’histoire et d’espoir, j’y plongeais mes racines, j’en tirai mon essence et le sens de ma vie.
Aujourd’hui, ô désespoir, ce lien intime est brisé.
Je suis banni de mon pays, étranger sur ma terre, trahi, dépossédé, méprisé, refusé, exploité et diabolisé par un ennemi intérieur… et par des hordes de profiteurs venus d’ailleurs et qui ne parlent même pas ma langue.

Qui me sortira de cet exil ? Je mets mon espoir dans une juste revanche de l’histoire, j’attends, mobilisé. Comme je suis proche de tous les peuples opprimés, leur espoir est le mien.
BIBLE
C’est le Livre, étymologiquement et réellement c’est le Livre des livres, éternel, écrit pour les générations passées et à venir, terriblement d’actualité, les hommes n’ayant pas ou guère changé. Et pour preuve, pose la Bible à côté de tes journaux du jour, cherche dans la Bible la bonne page et tu trouveras la réponse à tes questions d’aujourd’hui.
BYZANCE (ou la décadence)
Souviens-toi de Byzance et de sa décadence.
Quand les Byzantins discutaient oisivement du sexe des anges, les Ottomans, insidieusement, s’installaient à leur place. Comme l’Occident d’aujourd’hui dans ses palabres à n’en plus finir, ressemble curieusement à Byzance… Oui, l’histoire se répète, elle devrait nous faire réfléchir.
BONHEUR
La recherche du bonheur, c’est déjà du bonheur.
En quête de valeurs vraies et perdues dans un monde en confusion extrême allant jusqu’à perdre le sens des mots, confondant ainsi plaisir et joie, dans un monde fou où même les religions font faillite, trouve tes propres repères, là est l’espoir et la clé du bonheur…

Pour ce faire, connais-toi toi-même, fais retraite en toi, analyse et fais la synthèse pour établir ton échelle de valeurs…

Agis en toi, sois toi-même et « deviens ce que tu es ». (Montaigne). Plus encore : deviens ce que tu as décidé d’être.
Décide.
C’est alors que tu donneras un sens à ta vie et que tu aideras ceux que tu aimes, et tous les autres.

Mais si la recherche du bonheur, c’est déjà du bonheur ce n’est toutefois pas le bonheur suprême. Écoutons André Comte-Sponville {1} : « Cessons de rêver la sagesse ! Cessons de rêver le bonheur !
« Le bonheur n’est pas le but du chemin, il est le chemin même.
« Chemin cahotant, approximatif, difficile ? oui, presque toujours. Mais si nous n’aimons pas la difficulté, ou si nous ne l’acceptons pas, comment pourrions-nous aimer la vie ? Le bonheur n’est pas un repos ; c’est un effort qui réussit, ou un échec qui se surmonte... Le bonheur n’est ni dans l’être ni dans l’avoir. IL EST DANS L’ACTION, DANS LE PLAISIR ET DANS L’AMOUR {2} . »

Sur l’erreur de chercher le bonheur :

« L’erreur est même de le chercher tout court. C’est l’espérer pour demain, où nous ne sommes pas, et s’interdire de le vivre aujourd’hui. Occupe-toi plutôt de ce qui compte vraiment : le travail, l’action, le plaisir, l’amour – le monde. Le bonheur viendra par surcroît, s’il vient, et te manquera moins, s’il ne vient pas. On l’atteint d’autant plus facilement qu’on a cessé d’y tenir. « Le bonheur est une récompense, disait Alain, qui vient à ceux qui ne l’ont pas cherchée. »

« Enfin, il y a le bonheur du sage, que j’appelle la béatitude, qui est un bonheur actuel, vécu en vérité (et non dans l’imagination d’une joie), donc en éternité (et non plus dans la somme, nécessairement imaginaire, d’un passé et d’un avenir). Nous ne sommes pas des éternels. Mais nous pouvons connaître, ici et maintenant, des moments d’éternité. Nous ne sommes pas des sages. Mais nous avons nos moments de sagesse. Celui qui a « senti et expérimenté » cette béatitude (cela fait comme une éternité heureuse, comme une joie éternelle), il ne l’oubliera pas. Cela ne l’empêchera pas de mourir, au bout du compte. Mais sa mort ne l’empêchera pas davantage d’avoir été éternel. »
BONHEUR – Apologie
Le bonheur, n’est-ce pas le but ultime de la vie ?
Oui ! Alors écoute ceci : le bonheur dépend essentiellement de toi, tu l’obtiendras par ton état d’esprit, malgré tout et malgré tous, même si tout va mal autour de toi, malgré même la maladie ou le dénuement.
Le bonheur, tu l’auras par une discipline intérieure, par une démarche mentale. Sois différent et cultive ta bonne différence.

Ne sois pas jaloux, ni envieux… ils ont tout, ils ont quoi ?… du vent, souvent.
Mets entre parenthèses ta culture d’Occidental matérialiste, perverti par l’argent. Allège tes soucis, tes soucis de faux riche, fais table rase de ce que tu as pour être riche de tes propres valeurs intérieures, humaines, car posséder c’est être possédé par le démon de l’argent. Évalue et réexamine ce que tu es et qui vaut plus que ce que tu as.

Renforce ton échelle des valeurs, surveille tes réflexes, chasse le naturel qui revient au galop, sois positif, écarte tout ce qui est négatif, en toi et chez les autres. Regarde avec des yeux neufs, transforme ton regard ; les choses doivent avoir la valeur que toi tu leur donnes ; sois constructif, positif... positif et créatif.
Le mental est primordial, retiens les seules valeurs apportant le bonheur et fixe tes priorités en conséquence.

Affine ta vision des choses, des événements et des gens, tout est relatif…
Rien n’est définitif, élargis ton champ de conscience, sans cesse, en allant jusqu’à voir ton ennemi d’aujourd’hui autrement… peut-être ami de demain.

Aborde les problèmes sous plusieurs angles en distinguant l’essentiel de l’accessoire. Sois pertinent et cohérent.
Trouve des formules de remplacement mais ne te bute pas la tête contre les murs, ne te bats pas contre des moulins à vent. Contourne les obstacles.
Pense et agis seulement après, avec grand discernement.

Transforme les crises ou les difficultés en opportunités. Change ta vision des choses pour découvrir le côté positif dans toute nouvelle situation ; derrière chaque problème trouve la bonne opportunité. Ainsi, si tu es cloué au lit, alors ne gémis plus, ne pense pas au ciel bleu du dehors, mais lis, écris, réfléchis… fais face aux défis de la vie, positivement.

Cultive ton sens de l’humour, prends tes distances avec la morosité, fréquente les optimistes, les comiques pour vivre au-dessus de ton esprit.

« Dédramatise » les situations pénibles, adapte-toi par sublimation ; liquide l’angoisse devant la maladie et même la mort, par ascèse et création en captant tes énergies supérieures.

Prends la décision d’être heureux quoi qu’il arrive en découvrant le sens caché des choses les plus simples.
c
Carpe Diem (mets à profit le jour présent, Horace Odes I.11.8)
Carpe ! Cueille mille mots pleins de sens et de bonheur, cueille mille fleurs et couleurs et senteurs et mille mélodies chargées d’éternité.
Ne gâche pas ces moments précieux de méditation. C’est l’addition de tes heures gagnées sur les ruminations épuisantes et stériles, sur la morosité ambiante et sur les faux problèmes, c’est la somme de tous ces temps arrachés à la vaine agitation du monde qui fait le bonheur, le bonheur simple et solide.
Cueille les fruits de la sérénité et rejette les fruits amers de la société : argent, pouvoir, délire de possession et de consommation…

Diem ! Aujourd’hui ! Profite, sois heureux, aujourd’hui et n’attends pas une rage de dents ou une hospitalisation pour regretter...

Choisis tes objectifs, invente ce qui peut suspendre le temps, le bonheur c’est ici et maintenant et non demain et ailleurs. Gagne du temps, le bonheur est urgent. Troque maintenant et sans tarder les menus plaisirs pour de vraies joies.
Fuis le futile et le vulgaire, fréquente les Immortels, cultive et cueille des fruits spirituels, vis dans le vrai avec ceux qui ne meurent jamais.
Médite bien cette belle phrase de Jean Bernard d’abord médecin (il sait de quoi il parle) et ensuite académicien : « Ajouter de la vie aux jours lorsque l’on ne peut plus ajouter des jours à la vie. » Sois serein devant l’inévitable, accepte l’inéluctable et cherche à ne changer que ce qui peut être changé. Profite de chaque instant, pleinement, intensément.
CHANGEMENT
Tout change, sans cesse et rien n’est définitif.
Le jour succède à la nuit, l’été au printemps, le beau temps à la pluie, l’adulte à l’enfant, tout change, tout le temps.
Tout se transforme, continuellement.
La vie même s’inscrit dans ces cycles.
Souvenez-vous de cette loi du changement
pour prendre vos distances avec les événements
et il n’y aura pour vous plus rien de surprenant.

Pour ne pas être pris au dépourvu, observez donc, analysez et anticipez sur ce qui doit arriver, nécessairement.

Quand le changement survient, relativisez alors sur ce qu’il advient, en bien ou en mal, car tout peut s’inverser, se retourner d’un moment à l’autre.

« Rien n’est acquis, tout est en perpétuelle évolution, tout est passager et un « changement en prépare un autre ». (Machiavel)

« Rappelez-vous bien, mes enfants, qu’il n’existe rien de constant si ce n’est le changement. » (Bouddha)
CHANGER pour mieux vivre, authentiquement
Les raisons de changer :
La désespérance, la souffrance avec ceux qui n’en peuvent plus, qui ont trop souffert, trop tourné en rond, trop cherché une issue pour que ça change (et en cherchant, ils ont trouvé). L’espérance fait place à la désespérance.
La découverte soudaine que l’on peut changer, par la réflexion, par une lecture, par une rencontre…
La contagion de l’exemple, plus rare. Le mal médiatique, loin de prôner l’effort et les valeurs humaines, flatte plutôt la médiocrité, la facilité.

Encore plus rare est le chemin de Damas, celui de la conversion soudaine de saint Paul.