Quand s'élève l'Helvétie

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L'Helvétie s'élève, mais quelques pages plus loin, elle vacille. Il se passe des choses bizarres dans ce recueil de contes: le portrait attendri d'une mère héroïque, le procès loufoque d'un apiculteur, la vie consternante d'un dictateur héréditaire, les revers de fortune d'une militante intrépide, les exploits d'un coq légèrement daltonien, et bien d'autres choses encore, comme le B.A.BA du business « moderne » et le Dictionnaire de la Pensée Correcte. Dans ce nouveau recueil hétéroclite, décalé et volontiers iconoclaste, D. Valot nous assène une fois de plus des vérités premières et de bien étranges pitreries, de la politique fiction et une bonne dose de politiquement incorrect.

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Date de parution 29 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 20
EAN13 9782342033878
Langue Français

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Quand s'élève l'Helvétie
Du même auteur
Au Bouddha bar, éditions Publibook, 2013 Sur le plus haut trône du monde, éditions Publibook, 2012
Daniel Valot Quand s'élève l'Helvétie et autres contes Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120118.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2015
Un grand merci à mes sœurs, Anne-Marie et Colette, pour leur aide attentive à propos de Ma mère, ce héros, et pour bien d’autres cho-ses encore....
Ma mère, ce héros
Mon père ce héros au sourire si doux
Victor HugoOui, ce héros, et sûrement pas cette héroïne. Non seu-lement parce que dans héroïne il y a drogue, et que ma mère n’avait besoin d’aucune drogue pour mener sa bar-que et atteindre ses objectifs. Mais aussi, et surtout, parce que le mot héroïne n’est qu’un pâle dérivé féminin du qua-lificatif « héros », tout comme Ernestine est un dérivé d’Ernest, Claudine un dérivé de Claude, grenadine un dé-rivé de grenat, etc. Or ma mère était une fonction première, tout le contraire d’une fonction dérivée. Et donc : ce héros, et certainement pas : cette héroïne. Oui, ma mère ce héros, et tant pis pour la syntaxe qui dans le cas présent serait totalement inadaptée. Habituel-lement, il faut bien le dire, j’ai le plus grand respect pour la syntaxe, pour la clarté et la rigueur qu’elle introduit dans notre trésor national, la langue française. Mais quand il s’agit de ma mère, je suis prêt à tordre le cou à dame Syntaxe, afin de pouvoir proclamer en toute quiétude : ma mère, ce héros. Une lionne, c’était une lionne, une vraie. Avec nous, ses lionceaux, elle ne faisait pas dans la dentelle. « Va balayer les escaliers ! » ou « Va aider ton père à ramasser les feuilles mortes », suivi d’un « Et qu’ça saute ! ». Pour peu que l’on se mette à renâcler, il lui suffisait de darder
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son œil noir, et on n’insistait pas. Mais qu’un étranger s’avise de venir toucher un seul cheveu de l’un de ses en-fants, elle s’interposait, sortait ses griffes et sautait à la gorge de l’imprudent. Elle se serait fait hacher menu plutôt que de laisser qui que ce soit faire du mal, même bénin, à ses gosses. Une vraie lionne. Elle ne craignait rien ni per-sonne. Elle était née en 1914, dans un village perdu de l’est de la France, en Franche-Comté. Un climat rude, des terres ingrates, un labeur épuisant pour cultiver quelques pom-mes de terre, faire grossir quelques cochons, ramasser les foins afin de nourrir les bêtes pendant l’hiver glaçant de ces contrées coincées entre Vosges et Jura. J’imagine qu’elle n’a pas dû rigoler tous les jours. En 1938, elle épouse un travailleur du même village, Louis le taciturne. Un an plus tard, c’est la guerre, puis la défaite, puis l’Occupation. Dans ce village paumé, situé non loin de la frontière avec l’Allemagne, on n’avait ja-mais au cours des siècles cessé de se frotter avec les « Boches ». Pour autant, les années 1940 à 1945 n’ont pas été une partie de plaisir. La paix revenue, ma mère et son Louis, prenant leurs deux marmots sous le bras, sont ve-nus, comme des millions d’autres paysans, tenter leur chance à la ville. En l’occurrence, pour nous, une petite cité de l’est parisien, Lagny, sur la Marne, ou, plus préci-sément, l’un de ses faubourgs qui répondait, et répond toujours, au doux nom de Pomponne. Ce nom charmant provient d’un certain Arnauld de Pomponne, qui fut minis-tre des Affaires étrangères sous Louis XIV, ce qui n’était pas rien. Chez nous, l’empilement hiérarchique n’étant pas de mise, ma mère ce héros était tout à la fois le roi, le mi-nistre des Affaires étrangères, le ministre des Finances et le conseil d’en haut à elle toute seule.
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