Quatre gousses d'ail

-

Livres
128 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

QUATRE GOUSSES D'AIL Collection Écritures dirigée par Maguy Albet et Gérard da Silva ZIANI Rabia, Le secret de Marie. 1995.. STARASELSKI Valère, Le Hammam, 1996. DES HAIRES lM., L'Impromptu d'Alger, 1996 GOURAIGE Gùy, Courage, 1996. GENOT Gérard, La/rontière des Beni Abdessalam, 1996. MUSNIK Georges, Par-dessus mon épaule, 1996. BOCCARA Henri Michel, Traversées, 1996. STARASELSKI Valère, Dans la/oUe d'une colère très juste, 1996. ALATA l-F., Les Colonnes de/eu, 1996. COISSARD Guy, L'Héritier de Bissas Moïse Simba Kichwa Ngunuri, 1996. DUBREUIL Bertrand, Pierre, fils de rien, 1996. GUEDJ Max, Le cerveau argentin. 1996. AOUAD Maurice, Dernier jour, dernier rois, 1996. BALLE Miguel, L'éveil, 1996. BENSOUSSAN Albert, Les eaux d'arrière-saison, 1996. GREVOZ Daniel, Les vires à Balmat, 1996. BRUNE Elisa, Fissures, 1996. LESIGNE Hubert, Blues des métiers, 1996. KHERROUBI Maurice, Lafuite de Souad, 1996. LE HOUEROU Fabienne, Les enlisés de la terre brûlée, 1996. RENOUX Jean-Claude, La petite qui voulait voir les montagnes danser, 199~. BOURGUIGNA T Philippe, Soleil moqueur, 1996. DUMONT Pierre, Le Toubab, 1996. SHARGORODSKY Alexandre et Lev, Nouvel an à Eilat, 1996. PAILLER Jean, Issa Ghalil, 1996. KELLER Henri, Boubou, 1997 BARAKATNajwa, La locataire du pot de/er, 1997. GIRIER Christian, Qalame, 1997. SARV A Mani, Le cœur de la différence, 1997. SAINT-LOUP Gérard. Phnon Penh, la douceur assassine, 1997. KOV AKS Laurand, La rose noire, 1997. REBONDY Michel, La Percheaude, 1997.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 1997
Nombre de visites sur la page 190
EAN13 9782296342590
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

QUATRE
GOUSSES D'AILCollection Écritures
dirigée par Maguy Albet et Gérard da Silva
ZIANI Rabia, Le secret de Marie. 1995..
STARASELSKI Valère, Le Hammam, 1996.
DES HAIRES lM., L'Impromptu d'Alger, 1996
GOURAIGE Gùy, Courage, 1996.
GENOT Gérard, La/rontière des Beni Abdessalam, 1996.
MUSNIK Georges, Par-dessus mon épaule, 1996.
BOCCARA Henri Michel, Traversées, 1996.
STARASELSKI Valère, Dans la/oUe d'une colère très juste, 1996.
ALATA l-F., Les Colonnes de/eu, 1996.
COISSARD Guy, L'Héritier de Bissas Moïse Simba Kichwa Ngunuri,
1996.
DUBREUIL Bertrand, Pierre, fils de rien, 1996.
GUEDJ Max, Le cerveau argentin. 1996.
AOUAD Maurice, Dernier jour, dernier rois, 1996.
BALLE Miguel, L'éveil, 1996.
BENSOUSSAN Albert, Les eaux d'arrière-saison, 1996.
GREVOZ Daniel, Les vires à Balmat, 1996.
BRUNE Elisa, Fissures, 1996.
LESIGNE Hubert, Blues des métiers, 1996.
KHERROUBI Maurice, Lafuite de Souad, 1996.
LE HOUEROU Fabienne, Les enlisés de la terre brûlée, 1996.
RENOUX Jean-Claude, La petite qui voulait voir les montagnes
danser, 199~.
BOURGUIGNA T Philippe, Soleil moqueur, 1996.
DUMONT Pierre, Le Toubab, 1996.
SHARGORODSKY Alexandre et Lev, Nouvel an à Eilat, 1996.
PAILLER Jean, Issa Ghalil, 1996.
KELLER Henri, Boubou, 1997
BARAKATNajwa, La locataire du pot de/er, 1997.
GIRIER Christian, Qalame, 1997.
SARV A Mani, Le cœur de la différence, 1997.
SAINT-LOUP Gérard. Phnon Penh, la douceur assassine, 1997.
KOV AKS Laurand, La rose noire, 1997.
REBONDY Michel, La Percheaude, 1997.
LAFONT Suzanne, Passions mineures, 1997.
@ Éditions l'Harmattan, 1997
ISBN: 2-7384-5520-4HENK BREUKER
QUATRE
GOUSSSES D'AIL
Éditions L'Harmattan L'Harmattan Inc.
55. rue Saint-Jacques5-7. rue de l'École-Polytechnique
Montréal (Qc)75005 Paris - CANADA H2Y I K9Du même auteur
Romans:
Kinderen spelen toneel, ABC, Amsterdam.
La peste grise, P. J. Oswald, 1975
Réédition EGW, Montpellier, 1996.
Monsieur Dril ou les nuits d'Amsterdam, L'Harmattan, Paris,
1988.
Nouvelles:
Quatorze Juillet, Bruna, Utrecht.
Le Naufrage de Bock Panaché, La Licorne, Montpellier.
Verduistering, Camille, Klaverjassen, Puzzle, Monsieur
Vandaele,De Tweede Ronde, Amsterdam.
Poésie:
Rekeldichten, Leo, Montpellier.
Traductions:
Gerrit Achterberg: Matière, en collaboration avec F.J, Temple et
François Cariès, La Licorne, Montpellier.
Georges Arnaud: Le salaire de la peur, van Holkema &
Warendorf, AmsterdamBien que Néerlandais, pièce rapportée, mon
cœur m'a dicté ces quelques histoires. Je n'adore pas
le Languedoc, je l'aime, c'est différent. Certains me
reprocheront d'avoir succombé au folklore.
D'autres qu'il flotte par-là une soutane surannée.
Paix à mes cendres! Mieux vaut-il encore sentir le
curé d'hier, rural en plus, que d'empester les pots
d'échappement d'aujourd'hui.
H.B.Mes remerciements vont à Henry Deluy qui, à
l'époque, m'a assisté pour traduire du néerlandais
la quatrième GOUSSE D'AILÀ MathildeVRAIMENT VRAI
ENCORE VRAIMENT VRAI
TOUJOURS AUSSI VRAI
ET POUR LA QUATRIÈME FOISVRAIMENT VRAI
Quand grand-père nous parlait du temps où le
Midi était encore couvert de vignobles, il semblait
que sa barbe devenait une grappe de raisin, que
deux feuilles de vigne remplaçaient ses oreilles, et
que son cou de vieillard ne pouvait être qu'un cep,
tant la sève lui mouillait les lèvres. Ah! les
vignobles de grand-père... Nous autres, les gosses,
qui avons grandi au pied des silos titanesques
d'Aigues-Mortes, dans le riz jusque-là, parmi les
pommiers de Candillargues et ses usines de
confiture, la volaille du Biterrois et ses mayonnaises
Famous all over the world, Ie pétrole que
vomissent les garrigues du Crès, l'industrie
chimique qui empeste, et les moutons qu'avalent,
jour et nuit, les abattoirs de Grabels, nous raffolions
de l'entendre chanter ce pays bucolique dont les
globules blancs et rouges ont tranfusé à grands flots
le sang méridional aux quatre coins du monde.
Quel pays! Chaque motte de terre y nourrissait sa
souche. Un même vert embrasé liait à l'infini le
ciel torride au sol. Sur La route du vin, l'œuvre de
IlMaurice Chauvet dont la statue en pleine rizière
perpétue la mémoire, nous battîmes la poussière
des grands étés de l'Occitanie, et nous nous
engouffrâmes dans le pullulement des grains
chauds, grand-père en tête. A peine la mer
s'étaitelle ourlée de dunes, que les vignobles envahirent
les plaines, assiégèrent les mas, les villages et les
villes, coururent sur les collines, dégringolèrent, et
de vague en vague, tel un raz-de-marée végétal
montèrent à l'attaque des montagnes, s'infiltrèrent
dans les gorges, s'étagèrent sur des pentes
réfractaires; il fallut du roc nu pour en briser l'élan.
Ainsi répandue, la verdure fut sans faille, si
bien que les routes semblaient des raies dans une
chevelure et les camions-citernes des poux gavés de
sang. A l'heure actuelle, grand-père en était
convaincu, le Midi aurait eu ses pipe-lines, tout un
système sanguin qui, par les pulsations d'une seule
cave centrale, aurait desservi le pays entier. "La
vigne chez nous" pérorait-il, se saoulant de
paroles: "ça pousserait dans un caillou. Nos sols se
moquent de la pierraille. Plantez-y un pied, demain
vous aurez un mille pattes. Ça tète le feu. Ça prend
le soleil pour une mamelle. Ça mange les astres. Ça
ronge la lune. Ça boit la rosée, les brumes, les
pluies, les giboulées. Tout y passe. Reste un sol sec,
un soleil d'automne sevré, des nuits sans étoiles,
orageuses, une lune pleine de manques, mais la
récolte surcharge la terre de ses tonnes de grappes,
toujours des grappes, à gogo... Une masse qui
brisera les reins des vendangeurs".
Bien que fils d'un entrepreneur en
maçonnerie et maçon lui-même, grand-père avait conservé
son âme de vigneron, malgré la truelle. Grâce à
12