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Remue-ménage

De
158 pages
Pour diverses raisons, dont le départ d'Anaïs n'est pas la moindre, Félix Arpeggione accepte de partager son appartement avec Romance Délie, jeune inconnue plutôt bien faite de sa personne, blonde de surcroît, mais d'un abord glacial – les premiers temps, du moins. Car sans doute est-il inéluctable qu'avec la proximité on devienne plus proche et qu'à vivre si près on finisse tout contre.
Remue-ménage est paru en 1999.
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REMUEMÉNAGE
DU MÊME AUTEUR
COUP DE FOUDRE,roman, 1995 LESATOMIQUES,roman, 1996 LIQUIDER,roman, 1997 REMUE-MÉNAGE,roman, 1999 DEHORS,roman, 2000 NE PAS TOUCHER,roman, 2002 ÀLA FIN,roman, 2004 CLARASTERN,roman, 2005 RENAISSANCE ITALIENNE,roman, 2008 LESDÉCOUVERTES,roman, 2011
ÉRIC LAURRENT
REMUEMÉNAGE
LES ÉDITIONS DE MINUIT
L’auteur tient à remercier le Centre national des Lettres pour son précieux concours.
1999 by L É M ES DITIONS DE INUIT 7, rue BernardPalissy, 75006 Paris www.leseditionsdeminuit.fr
En application des articles L. 12210 à L. 12212 du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction à usage collectif par photocopie, intégralement ou partiellement, du présent ouvrage est interdite sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC, 20, rue des GrandsAugustins, 75006 Paris). Toute autre forme de reproduction, intégrale ou partielle, est également interdite sans autorisation de l’éditeur.
Première partie
Le bonheur, dans l’acception modérée où il est reconnu comme possible, est un problème d’éco nomie libidinale individuelle.
Sigmund Malaise dans la
FREUD, culture.
Pour Félix Arpeggione, Romance Délie n’avait été, la première fois où il la vit, qu’un buste glissant avec fluidité audessus du toit des voitures descendant la rue GayLussac. Puis le jet en éventail de la fontaine centrale de la place EdmondRostand l’avait voilée quelques secondes, lui conférant ensuite, lors que se dissociant du trafic pour biffer de ses longues jambes les bandes blanches du pas sage piétonnier rayant le boulevard Saint Michel elle en avait surgi, un bref statut ana dyomène. Après quoi, d’une courbe techni quement parfaite, elle avait traversé la place. Alors elle lui était apparue en pied : casquette noire, brassière blanche coupée audessus du nombril et short de jean bleu, les membres ceints de coudières et de genouillères de plas
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tique rouge, les mains prises dans des mitaines de cuir brun – comme vêtue en pointillés.
L’impulsion qu’elle avait donnée à sa paire de rollers l’ayant finalement conduite le long de la terrasse de café à laquelle, au commen cement de la rue de Médicis, il était attablé, Arpeggione, autorisé en cela par les verres fumés de sa paire de lunettes, considéra, l’espace d’un court instant, les seins de l’inconnue (desquels l’ombre conique qu’ils projetaient sur le tissu blanc de sa brassière rehaussait l’éminence), avant de relever promptement la tête pour saisir son visage : peau tachetée de son, cheveux couleur de chaume et yeux d’un bleu céruléen, celuici colligeait les teintes d’un champ de blé par un aprèsmidi d’été.
Comme elle le dépassait bientôt, il laissa son regard s’attarder à sa suite et s’abaisser sur son short de jean (ultime avatar, de toute évidence,
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