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Requiem pour un maître queux

De
119 pages
Sylvie Fortin a déjà publié quelques nouvelles dans des revues littéraires québécoises. Elle nous offre ici un recueil de courts textes de fiction un peu baroques, voire inclassables, qui parlent d'œufs et de désir bafoué, d'écriture et de débordements culinaires, de revanche et de gastronomie nouvelle : une histoire de victime et de bourreau où les rôles s'inversent, en effet, mais également une réflexion sur la littérature, sur une société à peine sortie de l'obscurantisme, toujours à cheval sur deux cultures et encore à la recherche de son identité. L'univers de l'auteure est particulier, certes, mais peut-être pas aussi sombre qu'il en a l'air.
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2 Titre
Requiem pour
un maître queux

3Titre
Sylvie Fortin
Requiem pour
un maître queux
ou l’ultime cocorico d’un maître coq
Nouvelles
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9812-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748198126 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9813-1 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748198133 (livre numérique)

6 . .
8 Prélude

PRÉLUDE
ANTICIPATION BAROQUE OU PAS SANS MON ANGELO

Bien sûr il y a la lumière. Blanche. Mais les grandes
quiétudes ne sauraient être éternelles. Les fleurs se fanent
même sous les coupoles. Comment vivre alors ? Les nefs
longues et sombres sont accueillantes. Ainsi que les
ovales de Corrège. Puis la ligne floue de ton visage
douloureux. Et ton corps lourd qui tombe mort. Tant de
beauté que le cœur, pareil à la forme, se dévide. Expire.
Je m’éveille à peine à l’immense fragilité des hommes.
Serait-ce essentiellement cela, renaître ?
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Je suis écrivain. Je n’utilise pas le féminin du
terme pour me qualifier, car il m’importe de
signifier à qui veut l’entendre que j’ai acquis, par
l’écriture, quelque chose de masculin qui me
procure une grande joie. Hier, j’étais à Los
Angeles. Dans une immense cafétéria très
blanche, le cabaret de son déjeuner entre les
mains, le garçon avec qui j’ai rompu la veille (je
dis « garçon » et non pas « homme » parce que,
comme moi, il ne fait pas son âge) me cherche
du regard inquiet de celui qui est encore
amoureux en même temps qu’il cherche une
place pour s’installer. Je suis si heureuse de le
voir ! Mais je ne ressens pas le besoin de
manifester ma présence. D’où je suis assise,
plus vers l’arrière de la salle, les jambes
pendantes sur une espèce de bloc de bois
d’environ trois mètres de haut, blanc lui aussi, je
l’examine pendant qu’il mange. Après son
départ, ma mère me relate qu’il s’est enquis, en
la croisant à la sortie, si elle ne m’avait pas
aperçue quelque part et qu’elle lui a répondu
11