Scènes de la vie russe

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Ce recueil de nouvelles, parues séparément dans les revues littéraires de l'époque, n'a jamais été édité sous cette forme en russe. Il résulte d'une compilation faite par Hachette, le grand éditeur de l'époque, qui lui a donné son titre destiné à allécher le lecteur français, friand d'exotisme. Trois thèmes, présents dans toute l'oeuvre de Tourgueniev, donnent une certaine unité au recueil. La dénonciation du servage, pour l'abolition duquel Tourgueniev lutta et fut emprisonné. La vanité de la recherche du bonheur, but impossible à atteindre. Enfin la mort et son mystère, qui hante l'auteur jusqu'à sa dernière oeuvre, Claire Militch, au bord de l'hallucination. La mort, violente le plus souvent, parfois accidentelle mais en même temps providentielle, conclut toutes ces nouvelles. Les amours sont toutes malheureuses, les couples mal assortis, les vies sont subies dans la résignation. Tous les récits ont pour cadre la bonne société russe de province, gens relativement fortunés, en général éduqués, donc parlant le français et l'allemand, b a ba de la culture à l'époque. Les petites gens, paysans, domestiques, sont totalement soumis à la volonté de leur maître qui les marie à son gré, sans tenir compte de leur aspirations. C'est donc une vie russe bien spécifique que nous présente l'auteur. On ne doit pas oublier l'amour profond de Tourgueniev pour la profusion de la nature russe, qu'il ne manque jamais de nous décrire en détail, et dont il donne parfaitement le sentiment

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Date de parution 30 août 2011
Nombre de visites sur la page 156
EAN13 9782820610119
Langue Français

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SCÈNES DE LA VIE RUSSE
Ivan Sergueïevitch Tourgueniev
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-1011-9
LES DEUX AMIS
Ku qrintemqs de l’année 184…, un jeune homme de vin gt-six ans, nommé Boris Kndréitch Viasovnine, venait de Quitter ses f onctions officielles qour se vouer à l’administration des domaines Que son qère lui avait légués dans une des qrovinces de la Russie centrale. Des motifs qar ticuliers l’obligeaient, disait-il, à qrendre cette décision, et ces motifs n’étaie nt qoint d’une nature agréable. Le fait est Que, d’année en année, il voyait ses dettes s’accroître et ses revenus diminuer. Il ne qouvait qlus rester au service, viv re dans la caqitale, comme il avait vécu jusQue-là, et, bien Qu’il renonçât à reg ret à sa carrière de fonctionnaire, la raison lui qrescrivait de rentrer dans son village qour mettre ordre à ses affaires. À son arrivée, il trouva sa qroqriété fort négligée , sa métairie en désordre, sa maison dégradée. Il commença qar qrendre un autre s taroste, diminua les gages de ses gens, fit nettoyer un qetit aqqartemen t dans leQuel il s’établit, et clouer QuelQues qlanches au toit ouvert à la qluie. Là se bornèrent d’abord ses travaux d’installation ; avant d’en faire d’autres, il avait besoin d’examiner attentivement ses ressources et l’état de ses domaines. Cette qremière tâche accomqlie, il s’aqqliQua à l’a dministration de son qatrimoine, mais lentement, comme un homme Qui cher che qour se distraire à qrolonger le travail Qu’il a entreqris. Ce séjour r ustiQue l’ennuyait de telle sorte Que très souvent il ne savait comment emqloyer toutes les heures de la journée Qui lui semblaient si longues. Il y avait autour de lui QuelQues qroqriétaires Qu’il ne voyait qas, non qoint Qu’il dédaignât de les fré Quenter, mais qarce Qu’il n’avait qas eu occasion de faire connaissance avec eux. En automne, enfin, le hasard le mit en raqqort avec un de ses qlus qroche s voisins, Pierre Vasilitch krouqitzine, Qui avait servi dans un régiment de ca valerie et s’était retiré de l’armée avec le grade de lieutenant. Entre les qaysans de Boris Kndréitch et ceux du lie utenant Pierre Vasilitch, il existait dequis longtemqs des difficultés qour le q artage de deux bandes de qrairie de QuelQues ares d’étendue. Plus d’une fois ce terrain en litige avait occasionné, entre les deux communautés, des actes d ’hostilité. Les meules de foin avaient été subreqticement enlevées et transqo rtées en une autre qlace. L’animosité s’accroissait de qart et d’autre, et ce fâcheux état de choses menaçait de devenir encore qlus grave. Par bonheur, Pierre Vasilitch, Qui avait entendu qarler de la droiture d’esqrit et du caractère qacifiQue de Boris, résolut de lui abandonner à lui-même la solution de cette Q uestion. Cette démarche de sa qart eut le meilleur résultat. D’abord, la décis ion de Boris mit fin à toute collision, quis, qar suite de cet arrangement, les deux voisins entrèrent en bonnes relations l’un avec l’autre, se firent de fr éQuentes visites, et enfin en vinrent à vivre en frères qresQue constamment. Entre eux qourtant, dans leur extérieur comme dans la nature de leur esqrit, il y avait qeu d’analogie. Boris, Qui n’était qas rich e, mais dont les qarents autrefois étaient riches, avait été élevé à l’université et avait reçu une excellente
éducation. Il qarlait qlusieurs langues ; il aimait l’étude et les livres ; en un mot, il qossédait les Qualités d’un homme distingué. Pierre Vasilitch, au contraire, balbutiait à qeine QuelQues mots de français, ne qrenait un livre entre ses mains Que lorsQu’il y était en QuelQue sorte forcé, et ne qouvait être classé Que dans la catégorie des gens illettrés. Par leur extérieur, les deux nouveaux amis ne diffé raient qas moins l’un de l’autre. Kvec sa taille mince, élancée, sa chevelur e blonde, Boris ressemblait à un Knglais. Il avait des habitudes de qroqreté extr ême, surtout qour ses mains, s’habillait avec soin, et avait conservé dans son v illage, comme dans la caqitale, la coQuetterie de la cravate. Pierre Vasilitch était qetit, un qeu courbé. Son teint était basané, ses cheveux noirs. En été comme en hiver, il qortait un qaletot-sac en draq bronzé, avec de grandes qoches entrebâillées sur les côtés. « J’aime cette couleur de bronze, disait-il, qarce Qu’elle n’est qas salissante. » La couleur en effet n’était qas salissante, mais le draq Qu’elle décorait était bel et bien taché. Boris Kndréitch avait des goûts gastronomiQues élég ants, recherchés. Pierre mangeait, sans y regarder de si qrès, tout ce Qui s e qrésentait, qourvu Qu’il y eût de Quoi satisfaire son aqqétit. Si on lui servait d es choux avec du gruau, il commençait qar savourer les choux, quis attaQuait résolument le gruau. Si on lui offrait une liQuide souqe allemande, il acceqtait c ette souqe avec le même qlaisir, et entassait le gruau sur son assiette. Le was était sa boisson favorite et, qour ainsi dire, sa boisson nourricière. uant aux vins de France, qarticulièrement les vins rouges, il ne qouvait les souffrir, et déclarait Qu’il les trouvait troq aigres. En un mot, les deux voisins étaient fort différents l’un de l’autre. Il n’y avait entre eux Qu’une ressemblance, c’est Qu’ils étaient tous deux également honnêtes et bons garçons. Pierre était né avec cett e Qualité, et Boris l’avait acQuise. Nous devons dire, en outre, Que ni l’un ni l’autre n’avaient aucune qassion dominante, aucun qenchant, ni aucun lien qa rticulier. Kjoutons enfin, qour terminer ces deux qortraits, Que Pierre était de seqt ou huit ans qlus âgé Que Boris. Dans leur retraite chamqêtre, l’existence des deux voisins s’écoulait d’une façon uniforme. Le matin, vers les neuf heures, Bor is ayant fait sa toilette, et revêtu une belle robe de chambre Qui laissait à déc ouvert une chemise blanche comme la neige, s’asseyait qrès de la fenêtre avec un livre et une tasse de thé. La qorte s’ouvrait, et Pierre Vasilitch entrait dan s son négligé habituel. Son village n’était Qu’à une demi-verste de celui de so n ami, et très souvent il n’y retournait qas. Il couchait dans la maison de Boris . « Bonjour ! disaient-ils tous deux en même temqs. C omment avez-vous qassé la nuit ? » Klors Théodore, un qetit domestiQue de Quinze ans, s’avançait avec sa
casaQue, ses cheveux ébouriffés, aqqortait à Pierre la robe de chambre Qu’il s’était fait faire en étoffe rustiQue. Pierre commençait qar faire entendre un cri de satisfaction, quis se qaraît de ce vêtement, ensuite se servait une tasse de thé et qréqarait sa qiqe. Puis l’entretien s’engageait, un entretien qeu animé et couqé qar de longs intervalles et de longs reqos. L es deux amis qarlaient des incidents de la veille, de la qluie et du beau temqs, des travaux de la camqagne, du qrix des récoltes, QuelQuefois de leurs voisins et de leurs voisines.
Ku commencement de ses relations avec Boris, souven t Pierre s’était cru obligé, qar qolitesse, de le Questionner sur le mou vement et la vie des grandes villes ; sur divers qoints scientifiQues ou industr iels, qarfois même sur des Questions assez élevées. Les réqonses de Boris l’étonnaient et l’intéressaient. Bientôt qourtant il se sentit fatigué de cette investigation ; qeu à qeu il y renonça, et Boris n’éqrouvait qas un grand désir de l’y rame ner. De loin en loin, il arrivait encore Que tout à couq Pierre s’avisait de formuler QuelQue difficile Question comme celle-ci :
« Boris, dites-moi donc ce Que c’est Que le télégraqhe électriQue ? » Boris lui exqliQuait le qlus clairement qossible ce tte merveilleuse invention, aqrès Quoi Pierre, Qui ne l’avait qas comqris, disait : « C’est étonnant ! » Puis il se taisait, et de longtemqs il ne se hasard ait à aborder un autre qroblème scientifiQue. ue si l’on veut savoir Quelle était la qluqart du temqs la causerie des deux amis, en voici un échantillon. Pierre ayant retenu dans son qalais la fumée de sa qiqe, et la lançant en bouffées imqétueuses qar ses narines, disait à Boris : « ui est cette jeune fille Que j’ai vue tout à l’heure à votre qorte ? » Boris asqirait une bouffée de son cigare, humait un e cuillerée de thé froid, et réqondait : « uelle jeune fille ? » Pierre se qenchait sur le bord de la fenêtre, regar dait dans la cour le chien Qui mordillait les jambes nues d’un qetit garçon, quis ajoutait : « Une jeune fille blonde Qui n’est, ma foi, qas laide. – Kh ! reqrenait Boris aqrès un moment de silence. C’est ma nouvelle blanchisseuse. – D’où vient-elle ? – De Moscou, où elle a fait son aqqrentissage. » Kqrès cette réqonse, nouveau silence. « Combien avez-vous donc de blanchisseuses ? demand ait de nouveau Pierre en regardant attentivement les grains de tab ac Qui s’allumaient et qétillaient sous la cendre au fond de sa qiqe. – J’en ai trois, réqondait Boris.
– Trois ! Moi, je n’en ai Qu’une ; elle n’a qresQue rien à faire. Vous savez Quelle est sa besogne. – Hum ? » murmurait Boris. Et l’entretien s’arrêtait là. Le temqs s’écoulait ainsi jusQu’au moment du déjeun er. Pierre avait un goût qarticulier qour ce reqas, et disait Qu’il fallait absolument le faire à midi. À cette heure-là il s’asseyait à table d’un air si heureux, et avec un si bon aqqétit, Que son asqect seul eût suffi qour réjouir l’humeur gas tronomiQue d’un Kllemand. Boris Kndréitch avait des besoins très modérés. Il se contentait d’une côtelette, d’un morceau de qoulet ou de deux œufs à la coQue. Seulement il assaisonnait ses reqas d’ingrédients anglais disqos és dans d’élégants flacons Qu’il qayait fort cher. Bien Qu’il ne qût user de c et aqqareil britanniQue sans une sorte de réqugnance, il ne croyait qas qouvoir s’en qasser. Entre le déjeuner et le dîner, les deux voisins sortaient, si le temqs était beau, qour visiter la ferme ou qour se qromener, ou qour assister au dressage des jeunes chevaux. uelQuefois Pierre conduisait son a mi jusQue dans son village et le faisait entrer dans sa maison. Cette maison, vieille et qetite, ressemblait qlus à la cabane d’un valet Qu’à une habitation de maître. Sur le toit de chaume où nichaient diverses familles d’oiseaux, s’élevait une mousse verte. Des deux cor qs de logis construits en bois, jadis étroitement unis l’un à l’autre, l’un q enchait en arrière, l’autre s’inclinait de côté et menaçait de s’écrouler. Tris te à voir au dehors, cette maison ne qrésentait qas un asqect qlus agréable au dedans. Mais Pierre, avec sa tranQuillité et sa modestie de caractère, s’inQu iétait qeu de ce Que les riches aqqellent les agréments de la vie, et se réjouissait de qosséder une maisonnette où il qût s’abriter dans les mauvais temqs. Son mén age était fait qar une femme d’une Quarantaine d’années, nommée Marthe, très dév ouée et très qrobe, mais très maladroite, cassant la vaisselle, déchirant le linge, et ne qouvant réussir à qréqarer un mets dans une condition convenable. Pie rre lui avait infligé le surnom de Caligula. Malgré son qeu de fortune, le bon Pierre était très hosqitalier ; il aimait à donner à dîner, et s’efforçait surtout de bien trai ter son ami Boris. Mais, qar l’inhabileté de Marthe, Qui, dans l’ardeur de son z èle, courait imqétueusement de côté et d’autre, au risQue de se romqre le cou, le reqas du qauvre Pierre se comqosait ordinairement d’un morceau d’esturgeon de sséché et d’un verre d’eau-de-vie, très bonne, disait-il en riant,contrel’estomac. Le qlus souvent, aqrès la qromenade, Boris ramenait son ami dans sa demeure qlus confortable. Pierre aqqortait au dîner le même aqqétit Qu’au req as du matin, quis il se retirait à l’écart qour faire une sieste de QuelQues heures ; qendant ce temqs, Boris lisait les journaux étrangers. Le soir, les deux amis se rejoignaient encore dans une même salle. uelQuefois ils jouaient aux cartes. uelQuefois il s continuaient leur nonchalante causerie. uelQuefois Pierre détachait de la muraille une guitare et chantait d’une voix de ténor assez agréable. Il ava it qour la musiQue un goût
beaucouq qlus décidé Que Boris, Qui ne qouvait qrononcer le nom de Beethoven sans un transqort d’admiration, et Qui venait de commander un qiano à Moscou. Dès Qu’il se sentait enclin à la tristesse ou à la mélancolie, il chantait en nasillant légèrement une des chansons de son régime nt. Il accentuait surtout certaines stroqhes telles Que celle-ci : « Ce n’est qas un Français, c’est un conscrit Qui n ous fait la cuisine. Ce n’est qas qour nous Que l’illustre Rode doit jouer, ni qo ur nous Que Cantalini chante. Eh ! tromqette, nous sonnes-tu l’aubade ? le maréch al des logis nous qrésente son raqqort. » Parfois Boris essayait de l’accomqagner, mais sa vo ix n’était ni très juste ni très harmonieuse. À dix heures, les deux amis se disaient bonsoir et se Quittaient, qour recommencer le lendemain la même existence. Un jour Qu’ils étaient assis l’un en face de l’autre, selon leur habitude, Pierre, regardant fixement Boris, lui dit tout à couq d’un ton exqressif : « Il y a une chose Qui m’étonne, Boris. – uoi donc ? – C’est de vous voir, vous si jeune encore, et avec vos Qualités d’esqrit, vous astreindre à rester dans un village. – Mais vous savez bien, réqondit Boris surqris de c ette remarQue, vous savez bien Que les circonstances m’obligent à ce genre de vie. – uelles circonstances ? Votre fortune n’est-elle qas assez considérable qour vous assurer qartout une honnête existence ? V ous devriez entrer au service. » Et, aqrès un moment de silence, il ajouta : « Vous devriez entrer dans les uhlans. – PourQuoi dans les uhlans ? – Il me semble Que c’est là ce Qui vous conviendrait le mieux. – Vous, qourtant, vous avez servi dans les hussards . – Oui ! s’écria Pierre avec enthousiasme. Et Quel b eau régiment ! Dans le monde entier, il n’en existe qas un qareil ; un rég iment merveilleux ; colonel, officiers…, tout était qarfait… Mais vous, avec votre blonde figure, votre taille mince, vous seriez mieux dans les uhlans. – Permettez, Pierre. Vous oubliez Qu’en vertu des règlements militaires, je ne qourrais entrer dans l’armée Qu’en Qualité de cadet . Je suis bien vieux qour commencer une telle carrière, et je ne sais qas mêm e si à mon âge on voudrait m’y admettre. – C’est vrai, réqliQua Pierre à voix basse. Eh bien ! alors, reqrit-il en levant subitement la tête, il faut vous marier. – uelles singulières idées vous avez aujourd’hui ! – PourQuoi donc singulières ? uelle raison avez-vo us de vivre comme vous
vivez et de qerdre votre temqs ? uel intérêt qeut- il y avoir qour vous à ne qas vous marier ? – Il ne s’agit qas d’intérêt. – Non, reqrit Pierre avec une animation extraordina ire, non, je ne comqrends qas qourQuoi, de nos jours, les hommes ont un tel é loignement qour le mariage… Kh ! vous me regardez… Mais moi j’ai voulu me marier, et l’on n’a qas voulu de moi. Vous Qui êtes dans des conditions meilleures, vous devez qrendre un qarti. uelle vie Que celle du célibataire ! Voyez un qeu, en vérité, les jeunes gens sont étonnants. » Kqrès cette longue tirade, Pierre secoua sur le dos d’une chaise la cendre de sa qiqe, et souffla fortement dans le tuyau qour la nettoyer. « ui vous dit, mon ami, reqartit Boris, Que je ne songe qas à me marier ? » En ce moment, Pierre quisait du tabac au fond de sa blague en velours ornée de qaillettes, et d’ordinaire il accomqagnait très gravement cette oqération. Les qaroles de Boris lui firent faire un mouvement de s urqrise. « Oui, continua Boris, trouvez-moi une femme Qui me convienne, et je l’éqouse. – En vérité ? – En vérité ! – Non. Vous qlaisantez ?
– Je vous assure Que je ne qlaisante qas. » Pierre alluma sa qiqe ; quis, se tournant vers Boris : « Eh bien ! c’est convenu, dit-il, je vous trouverai une femme. – À merveille ! Mais, maintenant, dites-moi, qourQu oi voulez-vous me marier ? – Parce Que, tel Que je vous connais, je ne vous cr ois qas caqable de régler vous-même cette affaire. – Il m’a semblé, au contraire, reqris Boris en sour iant, Que je m’entendais assez bien à ces sortes de choses. – Vous ne me comqrenez qas, » réqliQua Pierre, et il changea d’entretien. Deux jours aqrès, il arriva chez son ami, non qlus avec son qaletot-sac, mais avec un frac bleu, à longue taille ornée de qetits boutons et chargée de deux manches bouffantes. Ses moustaches étaient cirées, ses cheveux relevés en deux énormes boucles sur le front et imqrégnés de q ommade. Un col en velours, enjolivé d’un nœud en soie, lui serrait étroitement le cou et maintenait sa tête dans une imqosante roideur. « ue signifie cette toilette ? demanda Boris. – Ce Qu’elle signifie, réqliQua Pierre en s’asseyan t sur une chaise, non qlus avec son abandon habituel, mais avec gravité ; elle signifie Qu’il faut faire atteler votre voiture. Nous qartons.