Si j

Si j'y suis

-

Livres
105 pages

Description

" J'observai la mer et songeai au manque que la plupart des gens venaient combler ici, chaque année, à la même saison, en pratiquant des activités nouvelles, en contemplant les vagues, eux aussi, jusqu'à l'étourdissement. Et c'est en guettant cette ligne d'horizon que j'entendis la voix dans mon dos. "



Cet été-là, dévasté par la maladie de sa mère, Jacques part dans les Landes. La plage semble être un lieu de prédilection pour cet homme, un lieu de l'expérience, où tout se révèle à lui mais aussi où tout lui échappe.



Mélange de douceur et d'implacable lucidité, Si j'y suis parvient à condenser en quelques tableaux les enjeux d'une vie. Tout dans ce roman contribue à imposer la voix d'un nouvel écrivain.




Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 janvier 2013
Nombre de lectures 15
EAN13 9782823601053
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Si j’y suis
Extrait de la publication
Extrait de la publication
ERWAN DESPLANQUES
Si j’y suis
ÉDITIONS DE L’OLIVIER
 978.2.8236.0106.0
© Éditions de l’Olivier, 2013.
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Extrait de la publication
Extrait de la publication
À Constance
Extrait de la publication
Làbas
Extrait de la publication
Extrait de la publication
Il était certain que j’avais acquis un rythme. Une allure fluide qui me faisait progresser le long de cette digue dont les pans étaient recouverts de graffitis, de simples paraphes, sans revendication, exprimant une sorte de satisfecitgénéral, comme dans les livres d’or. Au loin, la mer se donnait en spectacle, avec ses plis indolents, ses brisures. Le ciel ne semblait pas peser lourd. Je n’avais pas d’idées sur la suite des événements. Tout juste quelques intuitions dont je soupesai la portée avec calme. Jusqu’au ponton, me disje. Et, discipliné, je marchai jusqu’au ponton. Marion finirait bien par me retrouver, par recon naître mon pas, ma silhouette. Je savais à quel point il était capital de la revoir après toutes ces années, loin de ma mère dont l’épreuve me dévastait ; en y repensant, je l’entendis ce mot, dévasté – oui, j’étais dévasté – et je me promenais le long de la plage avec cet adjectif que je traînais comme une valise de plomb. Mais cela se dénoue, songeaije, portant les yeux sur
11
Extrait de la publication
  ’   
ma véritable valise, cette fois, dont j’essayai de visuali ser le contenu, opérant mentalement un tri rapide entre les choses plus ou moins essentielles qu’elle comportait, entre ces vêtements courts, adaptés à la chaleur, que je ne regrettais pas d’avoir emportés, et la grande photo encadrée dont je ne me séparais plus, ce portrait de ma mère que j’avais imaginé accomplir d’étranges vaet vient entre mes diverses tenues. Cette plage des Landes n’avait pas pris le temps de changer, fidèle à ses longues façades qui étaient repeintes chaque année, à la fin de l’hiver. Je reconnus le petit club de plage à côté duquel nous avions coutume de nous installer, Marion et moi. La guérite était toujours là. Seul le toboggan avait disparu. J’observai la mer et songeai au manque que la plupart des gens venaient combler ici, chaque année, à la même saison, en prati quant des activités nouvelles, en contemplant les vagues, eux aussi, jusqu’à l’étourdissement. Et c’est en guettant cette ligne d’horizon que j’entendis la voix dans mon dos. Je suis là, Jacques. Nous prîmes acte du changement, celui de mon visage surtout, dont j’avais examiné en détail les faiblesses dans les toilettes du train, tandis que le sien n’avait
12