Sœur de sang 2

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166 pages
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Description

Sa sœur de sang, Mikénian, disparue, Shana trouve refuge å Bruxelles où elle fait la connaissance d'Emmanuel. Ils convolent en justes noces. Une union que les rancœurs du passé viennent troubler. Shana décide alors d’accepter de parler à Hector, son ex-fiancé afin de retrouver la paix. Celui-ci veut que Shana lui accorde non seulement son pardon, mais aussi une deuxième chance, ce qu’elle refuse. Lorsqu'elle est frappée par un horrible coup du sort, Hector saisit la balle au bond. Arrivera-t-il à reconquérir la seule femme dont il n'a jamais pu guérir ?

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Date de parution 01 janvier 2017
Nombre de visites sur la page 115
EAN13 9782916532615
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0214 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Régina YAOU
Sœurs de sang Tome 2 Une seconde chance
Roman
Vallesse Éditions 01 B.P. 2290 Abidjan 01 (Côte d’Ivoire) e-mail : edition_vallesse@yahoo.fr
CollectionYenian dirigée par Régina YAOU
© Vallesse Éditions, Abidjan, 2017 ISBN : 978-2-916532-61-5 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
À
Biton Koulibaly qui m’a découverte, Mical Dréhi qui m’a soutenue, Ketty Liguer Laubhouët qui a accepté de publier mon tout premier roman.
Merci de m’avoir donné ma chance.
PROLOGUE
Shana déposa les clés de la voiture sur le buffet en bois bété qui se trouvait dans un coin du vestibule et marcha à pas de loup vers la chambre. Emmanuel avait peint jusqu’aux aurores et était profondément endormi lors-qu’elle sortait. Elle avait emmené Emmanuel Kangah-Ebossey Junior chez sa « mamy Nice » comme il avait surnommé Eunice Assépouey. À part ses parents – et à un degré moindre les jumeaux Assépouey – personne ne comptait plus pour lui que cette femme qui avait toujours été là, aux côtés de sa maman. Shana sourit en pensant au vigoureux petit bonhomme si turbulent que c’était une tor-ture ambulante les jours où il n’allait pas à la crèche. « Merci Seigneur ! » murmura Shana comme à chaque fois qu’elle réalisait que son fils était séronégatif. Lorsqu’elle ouvrit doucement la porte, elle fut surprise de constater qu’Emmanuel était
bel et bien réveillé, qu’il était assis sur le lit et qu’il lui tendait les bras. En riant, Shana se jeta dans ces bras qui se refermèrent sur elle. Emmanuel feignit de retomber sur le lit poussé par le poids de Shana, avec un petit cri. Shana lui referma la bouche d’un fougueux baiser. Il se libéra presque aussitôt et se mit à débou-tonner le chemisier de Shana. Celle-ci fit sem-blant de lui résister. Des rires remplirent la chambre et, soudain, ce fut le silence, un si-lence plus tard entrecoupé de soupirs… Emmanuel sursauta et regarda sa montre. Bientôt midi ! Il remonta le drap sur Shana qui s’était endormie, récupéra sur la chaise près du lit son short et son tee-shirt, puis sortit sur la pointe des pieds après avoir posé sur elle un regard plein de tendresse. L’été, qui semblait bousculer le printemps pour prendre sa place, s’annonçait par un parfum enivrant de fleurs revenues à la vie et de pépiements d’oiseaux. Emmanuel huma l’air et ne put réprimer le rire qui lui chatouillait la gorge : il était un homme heureux, un homme encore vivant ! Il fit un détour par la véranda qui jouxtait la cuisine et y resta un bref moment, comme pour savourer par anticipation le reste de la journée qui se déroulait encore devant lui.
Puis ses pas le conduisirent vers sa véritable destination : la cuisine. Il voulait surprendre sa Shana, une fois de plus. Il était fou amou-reux de cette fille et se demandait parfois s’il n’allait pas en mourir. Pourquoi ? Eh bien parce que son cœur pouvait lâcher ! Depuis bientôt quatre ans qu’elle était entrée dans sa vie, il ne pouvait pour ainsi dire plus vivre sans elle. Son souffle était comme suspendu au sien. Sa mère le taquinait chaque fois qu’elle était de passage chez eux, son père aussi. En retour, il se moquait du couple que formaient Abraham Kangah et Maria Ebossey, ses parents. À sa naissance, ils avaient, d’un commun accord, décidé de lui donner chacun leur patronyme, Kangah et Ebossey. Emmanuel était un parfait mélange de ses deux parents : il tenait de sa mère, mulâtresse, la peau claire, les cheveux ondulés ainsi que les yeux verts, et de son père, la haute stature. Celui-ci disait à Emmanuel qu’il avait eu beaucoup de chance car chez les Kangah, lui, Abraham, était le seul homme de grande taille. Ce qui amusait infiniment le fils. Abraham et Maria aimaient tellement leur fils ! Il était devenu enfant unique parce que, après la triste expérience qu’avait faite leur mère avec la naissance
difficile de deux enfants mort-nés, le couple avait décidé d’arrêter les frais. La vie de Maria parut plus importante à Abraham que la pers-pective d’avoir d’autres enfants. Ils n’eurent jamais de regrets. Même lorsqu’Emmanuel leur annonça les raisons pour lesquelles sa première fiancée s’était suicidée et comment il était devenu séropositif, ils le soutinrent et souhaitèrent qu’il puisse un jour mener une vie somme toute normale, grâce aux progrès de la science. Pourtant, cette nouvelle les avait complètement dévastés pendant un certain temps. Shana et Emmanuel Kangah-Ebossey Junior étaient la preuve palpable que leurs prières avaient été exaucées. C’étaient la pru-nelle des yeux de Maria et d’Abraham. Et Shana, qui s’était tout de suite attachée à Maria, le leur rendait bien. Après avoir mis le couvert et recouvert le tout d’une belle nappe brodée, Emmanuel revint dans la chambre où Shana dormait toujours. Il remua la tête en souriant et entra dans la salle de bain. Le bruit de l’eau réveilla alors Shana qui bâilla longuement, s’étira et ouvrit enfin les yeux. Elle regarda l’heure et se leva affolée : elle n’avait rien préparé pour le déjeuner et il était déjà treize heures ! Elle se
rhabilla et voulut sortir, mais se ravisa : ils pouvaient toujours aller manger au restau-rant ! Elle poussa un gros soupir pour s’être inutilement alarmée et se rassit. Sur ces entrefaites, Emmanuel sortit de la salle de bain avec une serviette à la main, ten-tant de se sécher rapidement les cheveux. Shana y entra précipitamment, tandis que son mari riait aux éclats. Agacée, Shana se retint pour ne pas laisser jaillir un « tchrou » bien senti. Il y avait des jours où ce cher Em-manuel faisait tout pour l’énerver, il fallait bien le reconnaître. Et pourtant, elle ne l’aurait ja-mais échangé contre un autre, jamais ! Il lui arrivait même de remercier Mikénian de lui avoir volé Hector Milandy. Cette paix – même relative – du cœur, cette sensation de se sen-tir si aimée, les aurait-elle trouvées avec lui ? Et surtout cette patience dont avait toujours su faire preuve Emmanuel à son égard. Au début de leur mariage, il lui arrivait de se mettre à pleurer pendant qu’ils faisaient l’amour ou même de se débattre et de vouloir s’éloigner de son époux. Il comprenait ce que signifiait pour elle l’acte sexuel à présent : tromperie et séropositivité. Et il ne voulait la brusquer en rien, mais arriver, petit à petit, à
l’aider à guérir de ce traumatisme. Pendant longtemps, jamais Shana n’avait manifesté de désir pour Emmanuel, même si elle ressentait une terrible envie de se donner à lui. Mais Em-manuel ne s’était pas découragé pour autant. Il avait toujours été vers elle, l’avait caressée, embrassée, entourée de toute sa tendresse. Parfois, il l’avait gardée dans ses bras toute la nuit, sans essayer d’aller plus loin, même si une furieuse envie lui tenaillait les reins. Et puis il avait cette manie : rire ! Certes, cela aga-çait parfois Shana, mais Dieu seul savait à quel point il lui aurait été difficile de vivre sans cela. Lorsqu’elle avait dû s’installer à Luanda, elle avait commencé à le réaliser. L’Angola est un pays magnifique, avec des paysages à vous couper le souffle. Tout comme l’Afrique du Sud. Mais sans Emmanuel qui ne pouvait y séjourner que deux fois l’an, c’était trop dur. Heureusement, il y avait eu des réaménage-ments au sein de cette multinationale qui l’avait embauchée depuis Abidjan et l’avait mutée à Madrid pour enfin commencer sé-rieusement le travail dans ce cabinet interna-tional. Ne plus entendre son « Emme » rire à gorge déployée pour tout, ou faire du bruit à la cuisine au milieu des casseroles, encore plus