Tachetures

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des histoires de jeunes dans un monde de violence

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EAN13 9782350450797
Langue Français

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Hakim BAH
Tachetures
Nouvelles
1
Brochette de lycéens
Après m’avoir tabassé. Bien tabassé. Rossé. Bien ro ssé. À coups de matraque. On me fout en cachot. Nous étions une bonne brochette de jeunes lycéens e ntassés dans une même petite cellule. * * *
«Le baccalauréat débutera demain très tôt le matin» il avait dit. Il l’avait répété. Plusieurs fois. Le ministre. Sûr dans sa voix. La v eille. À la télé. La grève des syndicalistes qui paralysait le pays, le ministre d ans son complet quatre poches s’en fichait. Pourtant, depuis cinq jours, le pays tout entier ét ait étouffé par une grève générale qui touchait tous les secteurs d’activité. Dehors.
Les rues, les ruelles désertes ou presque.
Les magasins, boutiques, kiosques, stations, banque s, bureaux, restos, bars café, cybers café, vidéos club, maquis…, fermés.
Les crissements des pneus et les klaxons interminab les des autos, des motos stoppés tout net. On sentait une certaine tension v ibrer dans l’air * * * Neuf heures. Peut-être même plus. Peut-être même mo ins. On s’en lassait d’attendre. Crispés. Énervés. Exaspérés. Irrités. E xcités. On n’arrivait plus à se contenir.
Nous étions une bonne brochette de jeunes lycéens à envahir les rues. À crier. À chanter. À siffler. À branler. À brûler des pneus s ur le goudron. À claquer les mains. La poussière nous pissait dessus. On s’en foutait. Les bruits continus des pas, de nos pas, de nos cri s, de nos charivaris, de nos claquements de mains, fendaient le calme matinal de la ville.
* * * Direction le gouvernorat où toutes les autorités ad ministratives étaient camouflées, ou presque, pour demander des comptes. Leur demande r des comptes. Nous voulions des explications même si on savait à l’ava nce qu’aucune explication ne calmerait notre fureur. La petite cour du gouvernorat était pleine à craque r. Nous étions des centaines, voire même au-delà, dans la cour. Chacun portant son uniforme bleu-blanc. Debout. Tous debout. Nos regards constamment fixés sur le gouverneur qui avait décidé de prendre la parole au nom de toutes les au torités administratives de la ville.