Tant que l
343 pages
Français

Tant que l'oiseau chantera

-

Description

Un homme découvre qu’il est atteint d’un cancer, lequel finira par avoir raison de son existence. Mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est que la maladie va aussi l’obliger à avoir raison de ses mensonges : de la double vie qu’il mène entre sa femme, Anne Laure, et Judith, sa maîtresse, comme la responsabilité à l’égard de son fils Alexandre.
Dans ce roman, précis, sensible et fin, que seule une experte de la profession médicale pouvait écrire, Brigitte Apicella explore les ravages insoupçonnables d’un mal qui, lorsqu’il surgit au sein d’une famille, ne ronge pas seulement les corps, mais contraint tous les protagonistes à se demander de nouveau ce que signifie vivre et aimer.
Brigitte Apicella est infirmière à l’hôpital cantonal de Genève.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 janvier 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782823117622
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

© Editions Persée, 2011 Pour tout contact : Editions Persée — 67 cours Mirabeau — 13100 Aix-en-Provence www.editions-persee.fr
Il arrive que la maladie s’installe dans notre vie. Elle entre, impunément, sans toquer. Elle envahit notre espace, s’empare de notre intimi té. Elle peut être douceur et sertir le bonheur. Mais elle peut être tornade, furie déchaîn ée des éléments, balayant sur son passage nos valeurs, nos croyances, nos adages et n e laissant dans son sillon que les ravages de sa destruction…
À mes collègues du 6 DL… À mes enfants Axel et Sacha À mon ex-époux Stéphan Merci à Isabelle et Anne. Je remercie plus spécialement et plus chaleureusement Philippe pour son soutien durant la rédaction de ce roman et pour l’élaboration de la couverture.
PROLOGUE Jean-Luc sauta du lit dans un élan de culpabilité. Aussitôt il s’effondra sur le sol, inanimé. Anne Laure observa la scène incrédule. La surprise laissa rapidement la place à la panique et à la peur. « Jean-Luc ! Jean-Luc ! Réveille-toi ! » Elle le se coua violemment mais sans effet. Les deux silhouettes indistinctes assises sur la ba nquette arrière du véhicule, le regard tourné en direction du chauffeur, faisaient face à Jean-Luc.Vae victis. Les perfusions avaient eu raison du trouble obscur de Jean-Luc qui se réveillait avec indolence. Il distinguait maintenant leurs traits avec une totale netteté. Sorti de sa torpeur, sa perception des images avait d’abord été imprécise, mystérieuse comme une brume évanescente jaillissant d’un étang nébuleux à la po inte du jour. Nulle équivoque quant à leur tenue vestimentaire : elles appartenaient bien au corps médical. Son père avait son âge lorsqu’il perdit la vie dans un accident de la voie publique laissant sa mère veuve en début de grossesse. Les secours s’étaient rendus su r le lieu du drame et l’avaient emporté en ambulance. Aujourd’hui le protagoniste d e la tragédie, c’était lui. Ballotté comme un sac de farine, sanglé comme un animal sauv age il se remémorait cette épreuve dramatique. Il se projetait dans le passé e t anticipait l’avenir. L’hôpital, les médecins maladroits et ceux soucieux d’éviter les b lessures supplémentaires, les infirmières pressées, le bruit du matériel, les gém issements et les pleurs de la souffrance… Tout remontait en flash-back. Plus les souvenirs s’amassaient plus ils devenaient âpres. La digestion du décès prématuré d e son père, il ne l’avait jamais faite. Les aigreurs s’installaient à la fois dans son âme et dans son cœur. L’un des deux hommes s’approcha et se présenta : — Monsieur Milo ? Je suis le docteur Brillard et vo ici mon collègue infirmier. L’infirmier lui adressa un sourire bienveillant et à son tour dévoila son identité. — Je m’appelle Axel. Votre fils et votre femme vont bien, ils nous suivent. Le médecin reprit : — Vous avez fait deux malaises à votre domicile. Ma intenant tout va bien. Votre épouse a prévenu les secours et nous sommes venus e n SAMU vous donner les premiers soins. Nous vous amenons à l’Hôpital Génér al. Vous allez d’abord passer par les urgences et eux décideront s’ils veulent vous g arder, en fonction du diagnostic qui sera posé. Jean-Luc fit volontairement écran à la fin de la ph rase. Il s’abandonna à un sommeil léger. Le chant lancinant de l’alarme sur le toit r ésonnait à ses oreilles tel un métronome posé sur le bord d’un piano blanc laqué et glacé. S on temps était-il compté ? Était-il vraiment l’inspirateur et l’auditeur privilégié de cette« marche funèbre »Son esprit ? fantaisiste reprenait du service timidement. Il se dit qu’il n’aurait pas fait de Berlioz un ami s’il l’avait entendu proférer une offense aussi lamentable. Le véhicule du SAMU stoppa net. Brutalement, tout s ’activa autour de lui. Il restait dans une passivité qui ne lui était pas coutumière. Des visages, des mots, des gestes, des sourires et des regards graves. Des phrases techniq ues dont il ne comprenait pas le sens. Tout s’enchaînait dans une inévitable organis ation tourbillonnante. Tout allait très vite, trop vite. C’était étourdissant, cela semblai t virevolter autour de lui comme une nuée d’oiseaux autour d’un platane. Et sans qu’il ait pu s’en rendre compte, il se retrouva libéré de ses liens de cuir brun. Il était maintenant allo ngé sur un brancard étroit. Une feuille de papier blanche courait le long de son dos et jouait le rôle de barrière hygiénique. Les murs étroits de la pièce étaient recouverts de peti ts carreaux bleus et brillants et de
placards blancs. Il y avait aussi des instruments a ussi hétéroclites que mystérieux qui étaient suspendus aux murs. Une ambiance peu rassur ante dans un box miniature. Une infirmière équipa Jean-Luc d’un brassard, d’un ther momètre, d’une pince à saturométrie et d’électrodes qu’elle colla sur son torse. Elle é tait calme et interrogea Jean-Luc. — Je m’appelle Isabelle. Que vous est-il arrivé ? Jean-Luc afficha un regard perdu à la recherche de souvenirs récents. — Je crois que j’ai fait deux malaises. Ma femme a appelé les secours. Est-ce qu’ils sont là, ma femme et mon fils ? L’inquiétude animait Jean-Luc. — Oui Monsieur Milo, ils sont en salle d’attente. J e dois vous faire quelques contrôles avant que vous ne puissiez les voir. Avez-vous des antécédents médicaux ou chirurgicaux ? L’infirmière posait ses questions et simultanément en consignait les réponses dans un dossier qu’elle avait posé sur la paillasse du box pour écrire confortablement. — J’ai été opéré d’un ulcère à l’estomac il y a tro is ans et maintenant tout va bien. Quand j’étais enfant j’ai été aussi opéré de l’appe ndicite. Mais à part quelques petits bobos rien de bien intéressant. — Vous n’êtes pas diabétique ? Pas d’hypertension ? Avez-vous une douleur quelque part ? L’infirmière poursuivait son travail. Elle étoffait son anamnèse pour mieux connaître Jean-Luc, et plus particulièrement son organisme, a fin d’optimiser sa prise en charge. Jean-Luc, passablement troublé, répondait d’un air visiblement agacé qu’il s’efforçait avec grand-peine et déférence de dissimuler. — Non, rien de tout ça. Merci. Le « merci » renvoyait à une tentative de conclusio n. Mais l’infirmière obtuse ne donna pas le moindre signe de renoncement. — Je vais vous faire un électrocardiogramme. Vous s avez ce que c’est ? Et voilà que maintenant elle le prenait pour un ign are. — Oui. Mon père en a eu plusieurs. Il était cardiaq ue. Jean-Luc soutenait une argumentation implacable. — Vous n’avez plus votre père ? C’en était trop, elle virait au pathétique et bient ôt deviendrait empathique. Il fallait l’arrêter ! — Non il est décédé d’un accident de la route. Il m e reste ma mère et ma sœur cadette. La sécheresse du ton découragea la curieuse qui com prit qu’il était temps d’interrompre ses questions. Néanmoins avant de s’é clipser, elle informa Jean-Luc que le médecin allait passer pour l’ausculter et lui deman da de rester tranquille et couché en attendant. L’immobilité revint enfin au sein du box. Durant qu elques courtes minutes, Jean-Luc put se détendre et ramasser ses idées. Et, il entra. Sa blouse blanche était négligemment déboutonnée, l ’air sûr de lui, presque suffisant, il arborait un sourire étouffé de circonstance à mi-ch emin entre un « Hé ! Bonjour Monsieur Milo ! » d’accueil chaleureux et un « pauv’type ! » de pitié. La fine intelligence de Jean-Luc reçut cette contre-attitude en pleine face et u n frisson lui parcourut le dos. Il se mit à trembler. Le médecin gardait ses distances. — Monsieur Milo, bonjour. Je suis le médecin urgent iste et je viens de consulter les résultats de la prise de sang que l’infirmier vous a faite lorsque vous étiez encore chez vous. Il s’arrêta un instant. Il réfléchissait à la façon dont il allait formuler le reste de sa
phrase. — Les résultats ne sont pas très bons. Il y a un pr oblème. Vos globules rouges sont beaucoup trop bas et vos globules blancs beaucoup trop hauts. Il entra ensuite dans des explications très techniq ues. Il déblatéra dans un jargon médical qui lui servit de paravent pour se protéger du risque d’effusion affective que Jean-Luc représentait. Jean-Luc ne décodait pas. Ce pendant deux éléments percutants l’abasourdirent : leucémie, hématologue. Il fut tra nsféré ensuite dans un box stérile et plus personne ne l’approcha qui ne soit masqué et r evêtu d’une blouse de protection. Ensuite, Anne Laure et Alexandre pénétrèrent dans l’antre de l’asepsie.
CHAPITRE1 – JEAN-LUC La veille Niché au fond de son canapé, Jean-Luc, entreprenait une lente et douce descente dans le réconfort de cet illusoire et transitoire r efuge. Ses pensées se bousculaient. De son esprit en éveil s’échappaient une multitude d’i dées qu’il n’arrivait à juguler qu’au prix d’efforts redoublés. Les images se succédaient : le s clients mécontents, le banquier narcissique et sarcastique, les vendeuses trop bava rdes, et les chiffres. Une quantité de chiffres indéfinissable. Plus il s’enfonçait dans l a mansuétude de ce mobilier lénifiant plus les pensées s’estompaient comme des écritures sur u n tableau blanc que l’on gomme à l’aide d’un chiffon sec. Blanc, un tableau blanc. C omme il aurait souhaité, juste à ce moment, que tout son univers revêtît cette nuance d e sérénité, de pureté synonyme de clarté et de bien-être ! Comme il aurait souhaité s e sentir seul, libéré du courant de la vie qui l’entraînait inévitablement dans les rouages in extricables d’une existence sans répit ! Sa vie, il l’avait choisie. Il l’avait construite m ois après mois, années après années en réaction à ses frustrations juvéniles, élaborant prématurément ses projets. Très tôt il avait décidé d’être indépendant, de choisir lui-même ses domaines d’activités professionnelles et de les gérer dans l’autonomie, malgré la désappr obation de sa mère. Cependant pour des raisons pratiques et financières il avait opté pour une association avec son meilleur ami Bernard. Ils avaient réussi. Aujourd’hui, l’ent reprise prospérait plus vite qu’ils ne l’avaient envisagé et l’argent ne manquait pas. Les premières années s’étaient révélées difficiles : un prêt conséquent à rembourser, des é pargnes sévères, une rigueur dans la gestion des comptes et une disponibilité physique q ui ne laissait que très peu de place aux loisirs. Jean-Luc était un homme de tête, à la tête de trois grands magasins réputés dans plusieurs départements environnants. Les comme rces fonctionnaient pour la plupart avec du personnel qualifié que les deux ass ociés avaient eu soin de trier sur le volet. Leur équipe avait évolué avec eux et la moti vation de leurs salariés leur assurait une confiance indubitable. Le sang-froid de Jean-Lu c, sa fermeté, sa personnalité déterminée et son originalité avaient su insuffler à l’ensemble de l’équipe des idéologies commerciales qui propulsaient leur entreprise vers les sommets. Bernard était un homme de comptes. Jean-Luc était un hyperactif sûr de lui et de ses choix bien que capable d’une profonde remise en question. Il avait une apt itude au changement et une énergie telles qu’il ne craignait en rien de tout bousculer quitte à faire basculer l’ensemble de ses valeurs et de ses croyances. Croyant, il ne l’était pas. Trop pragmatique et probablement trop réaliste, il n’avait jamais adhéré à aucune re ligion. La réflexion était un point caractéristique de sa personnalité et il avait la f âcheuse habitude de tout intellectualiser. Pour croire il aurait fallu qu’il ait le sens du « lâcher prise » avec le réel, ce qu’il était incapable de concevoir. Ses croyances étaient basée s sur la dureté de sa vie et sur lui-même. Il avançait, guidé par une intelligence intui tive dont il distinguait les limites et qu’il avait appris à utiliser pour satisfaire à ses besoi ns. Ainsi, cet homme à la maîtrise constante de ses actes n’en demeurait pas moins trè s agréable et rayonnait en société. Il avait peu d’amis mais la fidélité qu’ils lui vouaie nt et qui les unissait contrastait avec leur quantité. Jean-Luc était un individu proche de son entourage. Il trouvait toujours la solution aux problèmes, quelle que soit l’urgence o u la difficulté de la situation. Il cultivait une empathie presque professionnelle à l’égard des gens qu’il rencontrait. Toujours prêt à venir en aide aux plus démunis et aux plus malheu reux. Rien ne lui échappait. C’est probablement par ce biais-là qu’il avait conquis le s personnes qui évoluaient dans son entourage. Jean-Luc était un homme que l’on avait e nvie d’aimer et sur lequel on avait envie de se reposer. Mais à cet instant précis il perdait son dynamisme. Il se sentait totalement anéanti par
une force bien supérieure à la sienne. Il ne pensai t plus. Il lâchait toute prise avec le réel. Lui à l’ordinaire si actif et si sportif se laissai t maintenant emporter par une espèce d’extinction qui le consumait. Il se laissait dépou iller. Il était là, en débrayage depuis plusieurs minutes quand, dans le lointain de la maison retentit le bruit familier de la porte d’entrée qui s’ouvrait. — Salut ! Tu es déjà rentré ? Anne Laure faisait ir ruption dans le séjour affichant un sourire affectueux. Houlà ! Toi, ça ne va pas ! Tu as laissé le magasin à Judith ? Tu dois être bien fatigué ? Le sourire affectueux se convertit en moue interrog ative et perplexe. Jean-Luc ne répondait pas. Il restait prostré, affa lé dans son divan, insensible aux tendres railleries de son épouse. Jean-Luc et Anne Laure s’étaient rencontrés dix-neu f ans auparavant. Ils avaient vécu l’ascension professionnelle de Jean-Luc dans un sou ci partagé de prospérité et d’ambition. Les premières années de leur union s’ét aient révélées à la fois tumultueuses et intenses. Ils avaient connu des moments de forte s émotions qui se soldaient aujourd’hui par une profonde complicité affective e t sincère. Il aimait sa jovialité, son humour et son optimisme ; elle aimait son sang-froi d, l’acuité de son intelligence et sa détermination. Ils éprouvaient une admiration mutue lle et chacun exploitait les qualités de l’autre pour son propre bénéfice. Physiquement l a communion de leurs corps les avait scellés dans une harmonie peu ordinaire et leur ren contre, trop peu fréquente au goût de Jean-Luc, leur procurait toujours beaucoup de plais ir. Elle avait participé avec une énergie débordante à ses tourments et ses difficult és puis, en accord, ils avaient décidé qu’elle exercerait sa propre activité professionnel le. Le lycée qui l’engageait depuis bientôt dix ans l’occupait à mi-temps. Le reste de son temps elle le consacrait à l’éducation de leur fils, Alexandre qui allait fête r ses dix-huit ans en juillet. La vie de famille se déroulait beaucoup à l’insu de Jean-Luc qui n’avait, la plupart du temps pour échos que les récits croustillants des aventures d’ Alexandre. Anne Laure prenait généralement seule, les décisions fondamentales aux quelles Jean-Luc adhérait sans contestation. La famille fonctionnait ainsi, et ell e fonctionnait bien. Jean-Luc et Anne Laure se connaissaient parfaitement, se respectaien t et s’appréciaient, reconnaissant la valeur de chacun dans ses fonctions et ses missions . Si lors de longues discussions, leurs avis s’échangeaient, les décisions retenues r estaient toujours prises par celui qui était concerné par le problème évoqué. — Hou, hou, je n’existe plus ? Anne Laure persistai t dans ses sarcasmes mais Jean-Luc se sentait incapable de réaction. Tu es mort ou vivant ? Dois-je téléphoner tout de suite à la morgue ou me fais-tu dans les trois seco ndes qui viennent, un bisou d’accueil ? Attention c’est un ultimatum ! Jean-Luc ouvrit timidement un œil esquissant un sou rire décourageant. C’est la seule réaction primitive qu’Anne Laure obtint ce jour-là. Elle capitula non sans avoir eu le dernier mot. — Bien sûr, tu n’as toujours pas nettoyé la cage de Prosper ? Prosper l’oiseau chantonnait plus faiblement que d’ habitude sur son micro-perchoir. Jean-Luc avait eu un coup de foudre pour ce petit v olatile quelques mois auparavant. Il avait été séduit par le plumage chatoyant de ce can ari jaune immaculé. Comme il ne se refusait à peu près aucun caprice, il en avait fait l’acquisition spontanément en passant devant une oisellerie alors qu’il se promenait en a moureux dans les rues un après-midi d’été. C’est à lui donc que revenait la tâche ingra te de rafraîchir la cage de son animal fétiche. Mais ce jour-là, ni l’oiseau ni Jean-Luc n e manifestaient d’envie de propreté. Soudain, à la grande surprise d’Anne Laure qui comm ençait à se diriger, résignée, vers le hall d’entrée pour se défaire, Jean-Luc eu un so ubresaut de vie. — Tu as vu Alexandre ? Il n’est pas encore revenu d u lycée ? Anne Laure se retourna promptement profitant de ce moment de lucidité que lui offrait son adversaire pour renchérir :
— Tiens la marmotte a fini d’hiberner ? Tu t’intére sses aux horaires d’Alexandre maintenant ? Rappelle-toi, nous sommes mardi, et le mardi, comme tous les mardis, Alexandre, notre fils va à son cours de trompette. Raison pour laquelle tu ne le verras pas avant dix-neuf heures trente ce soir ! Désolé d e te décevoir mais tu vas devoir te contenter de ma seule présence pendant deux grosses heures ! La vengeance était acquise ! Jean-Luc s’enfonça de plus belle dans son havre de paix. Et c’est ainsi que les deux belligérants conjugaux se retirèrent dans leur quartier respectif.