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Tant que les papillons auront des ailes...

De
119 pages
Ce sont douze histoires différentes. Douze morceaux de vies avec des enjeux et des personnages différents. Douze bribes d'existence avec leurs joies, leurs déceptions, leurs attentes, leurs colères, leur tristesses ou leurs bonheurs. Comme cette jeune fille qui attend pour se drogue pour oublier son enfance, cette trentenaire qui attend l'amour, ce jeune homme gay qui veut reprendre sa vie en main ou cette vieille dame qui voit passer les jours dans la solitude. Douze moments choisis autour d'un dénominateur commun: l'espoir.
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2 Titre

Tant que les papillons
auront des ailes...

3Titre
Gaël Cottat
Tant que les papillons
auront des ailes...

Nouvelle(s)
5Éditions Le Manuscrit
























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01560-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304015607 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01561-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304015614 (livre numérique)

6





L’espoir des hommes, c’est leur raison de vivre
et de mourir
André Malraux

Laura
18
LAURA
Laura vient tout juste de fêter son dix-
septième anniversaire. Elle a la douceur,
l’innocence de son jeune âge. Pourtant, ses yeux
trahissent de profondes angoisses. Son rire a
toujours un arrière goût un peu amer et ses
larmes se sont taries depuis l’enfance, non pas
qu’elle n’éprouve pas de chagrin, c’est juste que
ses yeux sont secs. Elle reste impassible,
imperméable face aux événements du
quotidien. Du moins en apparence, car
intérieurement, elle lutte depuis toujours contre
de vieux démons qui viennent la hanter chaque
nuit. Mais elle ne veut pas que ça se voit, pas
que ça se sache alors elle essaie de rester droite
et de ne pas plier sous le poids des angoisses,
ses angoisses qu’elle traîne chaque jour comme
un poids mort accroché à la cheville, accroché
au cœur, accroché à l’âme… Seulement autour
d’elle, personne n’est dupe, ni ses parents qui
font semblant de ne rien voir, ni son frère
David, de deux ans son aîné, qui tente comme il
peut de lui venir en aide. La vie de Laura n’a
9 Tant que les papillons auront des ailes…
semble t-il jamais connu de traumatisme fort.
Ses parents se sont séparés lorsqu’elle était
toute petite avant que sa mère ne se remarie
quelques années plus tard. Elle a ensuite grandi
paisiblement dans un petit pavillon de banlieue
à l’abri de toute violence mais avec une douleur
lancinante dans la tête et un gros tas de cailloux
dans le ventre.
Ce matin, Laura est en retard pour aller au
lycée. Elle a encore passé la nuit sans dormir.
Cela fait longtemps qu’elle ne dort plus parce
qu’elle a bien trop peur de devoir affronter cet
horrible cauchemar, toujours le même, qui vient
la réveiller en sueur, tremblante, la respiration
saccadée dès qu’elle a le malheur de s’assoupir.
Le cauchemar d’une vie, celui de la sienne
exactement. Le soir est pour elle une plaie
béante où elle se laisse sombrer un peu plus
chaque fois. David l’attend pour la conduire en
voiture avant d’aller à son travail. Elle attrape
rapidement son blouson sur un cintre et
traverse le salon en courant pour aller le
rejoindre.
Les turpitudes de l’existence sont écrites dans
une langue indéchiffrable aux yeux de Laura et
le remède miracle qu’elle croit avoir trouvé n'y
fait rien. Elle oublie un temps mais tout est
toujours à la même place lorsqu’elle revient et
elle, elle a toujours aussi mal.
10 Laura
– Qu’est ce que tu fous, ça fait une heure que
je t’attends ?
– Excuse moi, je…
– Ca va ? T’as une petite mine.
Elle le coupe en lui expliquant qu’elle a mal
dormi, qu’elle est juste un peu fatiguée. Elle
préfère toujours donner ce genre d’explications
que d’être obligée de donner des détails sur ce
qui ne va pas. De toutes façons, elle ne le sait
pas elle-même, ce qui lui fait si mal alors à quoi
bon en parler aux autres. Je dois me taire, voilà
ce qu’elle se dit. Arrivée à destination, la voiture
s’arrête et Laura en descend avant que son frère
n’ait eu le temps de l’embrasser. Il pleut à
torrents.
– Prends un parapluie dans le coffre !
– Je n’ai pas le temps ! Elle ne lui répond pas,
elle ferme la portière et part en courant. Elle
bouscule un élève de seconde qui tenait tous ses
livres dans ses bras, tant pis je ne m’arrête pas.
Toute cette eau qui ruisselle sur mon visage me
brouille la vue. Enfin, elle arrive à l’intérieur et
elle peut reprendre son souffle. Je suis trempée.
Je voudrais tellement ne plus avoir peur… Elle
se rend aux toilettes pour pouvoir se sécher.
Elle s’immobilise devant la glace, contemplant
son visage humide et ses lèvres gercées par le
froid. Elle est mieux ici, la salle de cours est
pour elle un purgatoire bien trop violent. Et elle
est de toutes façons trop faible, trop vide, trop
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