Témoin de la nuit
238 pages
Français

Témoin de la nuit

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Description

Violence au cœur de l’Inde. Une jeune fille de bonne famille est retrouvée, violée et battue, entourée de treize cadavres, dans une immense maison incendiée. La police locale la soupçonne d’être la responsable de cette tragédie. Simran Singh, une travailleuse sociale peu conventionnelle, décide alors d’intervenir. Pour comprendre l’histoire familiale de Durga, Simran dévoile peu à peu un monde épouvantable dans lequel chaque petite fille qui naît n’est jamais sûre de vivre bien longtemps…« Aucun bon thriller (depuis Millenium) ne s’est révélé aussi érudit, audacieux et fascinant que Témoin de la nuit… Au cœur de ce roman à suspense captivant et complexe se trouvent deux héroïnes énigmatiques…Je vous mets au défi – que vous soyez femme, homme, les deux ou ni l’un ni l’autre – de ne pas l’adorer ! » Abigail Tarttelin, Huffington Post.« Formidable ! » The Telegraph. « Un conte triste et stimulant. » The Guardian.

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Date de parution 15 octobre 2013
Nombre de lectures 11
EAN13 9782815908740
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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P O L A R
Kishwar Desai
Témoin de la nuit
l’aube
Témoin de la nuit
CoectîonL’Aube noîre dîrîgée par Manon Vîard
Tître orîgîna :Wîtness the Nîght
© Kîshwar Desaî, 2010
© Édîtîons de ’Aube, 2013, pour a traductîon rançaîse www.edîtîonsdeaube.com
ïSBN 978-2-8159-0875-7
Kîshwar Desaî TÉMOIN E Là NUI
roman traduît de ’angaîs par Benote Dauvergne édîtîons de ’aube
DU MêME àUEUr : Les orîgînes de ’amour, à paratre La mer d’înnocence, à paratre
À Meghnad, ’artîsan de notre merveîeuse vîe ensembe
09.09.2007
ChàpIrE 1
Vous m’avez demandé d’écrîre mes pensées. Maîs î y a trop de questîons quî se bouscuent dans ma tête, trop de craîntes. ï Faudraît d’abord que je me débarrasse de toutes ces înquîé-tudes, et aors seuement j’arrîveraîs de nouveau à penser. Vous ne pouvez pas comprendre combîen c’est dououreux. Personne ne e peut. Comment échapper à a tyrannîe de nos rêves ? Aux empreîntes quî ne cessent de nous ramener vers cette maîson peîne de Fantômes, où chaque Fenêtre est occupée par un vîsage aux yeux Ixes, autreFoîs connu et aîmé ? Maîntenant, es yeux sont sangants, es èvres grîses, es maîns baantes, es corps lasques maîs anguîssants. ïs sont tous sîencîeux. La trîstesse Faît suînter de eurs cœurs une bîe épaîsse, quî eur remonte dans a gorge et es empêche de parer. Leurs cheveux caîrs et îndîstîncts ressembent à des agues, vertes et Iandreuses, lot-tant dans ’aîr. Et pourtant, tout autour de eurs corps afaîssés pane ’odeur écarate du meurtre encore Fraîs, a vîande à eurs pîeds vîent d’être déchîquetée pour es chîens, quî se comportent étrangement et n’aboîent jamaîs. ïs ne laîrent même pas a vîande. Savent-îs à quî ee appartîent ? Comment peuvent-îs e devîner ? La chaîr humaîne a-t-ee un goût dîférent ? L’ADN des anîmaux renFerme-t-î une certaîne oyauté quî eur permet de Faîre a dîstînctîon ? Pus rîen ne sembe norma dans
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a maîson, car une autre odeur se répand et monte maîntenant, 1 cee de a chaîr brûée. La maîson est unghatde crématîon, et es leurs n’ont pas encore été cueîîes… es leurs, car c’est comme ça qu’on appee es os une Foîs încînérés : on dît qu’îs se transForment en leurs banches. À présent, chaque vîsage à sa Fenêtre, caressé par mes maîns et embrassé par mes èvres, va dîsparatre sous Forme de leurs banches dans une urne en terre et se noyer dans e Gange. Les bouîons des eaux denses et împîtoyabes vont monter et saîsîr es urnes de eurs doîgts avîdes, es engoutîr d’un coup sec, es arracher à mes maîns împuîssantes. Je dîraî treîze prîères pour chacune d’ees, marmonneraî treîze Foîs ce que ’on m’a dît de dîre. Je contempe a maîson quî tangue dans e vent… ï peut, j’adore a puîe. Pendant que a nuît resserre son étreînte autour de moî, je reste parFaîtement îmmobîe dans e jardîn et aîsse es gouttes me transpercer a peau. Je veux qu’ees me touchent partout, que mes armes se mêent à ’averse réguîère pour ne pus pouvoîr es dîstînguer des gouttes de puîe. Je veux tout absorber en moî, a puîe, es nuages, e vent, je veux que ces goutteettes quî tombent par mîîers me Frappent jusqu’à m’abrutîr, qu’ees aveugent mes yeux evés vers e vaste cîe pour que je ne puîsse pus voîr a maîson nî ces vîsages à a tendresse împacabe derrîère eurs Fenêtres. Sî je pouvaîs m’échapper, je e Feraîs, maîs où aer ? Je tourne e dos à a maîson pour courîr vers a route, monter 2 dans unrîckshaw , rouer jusqu’à a gare et prendre un traîn pour Dehî, comme on m’a dît de e Faîre. Maîs queque chose me retîent. Est-ce e sang quî se Ige sur es marches en marbre
1. Escaîers aux arges marches de pîerre quî permettent de descendre dans es Leuves en ïnde. Ceux de Manîkarma à Bénarès, e ong du Gange, sont spécîaîsés dans es crématîons. [Toutes es notes sont de a traductrîce.] 2. Véhîcue éger tîré par une bîcycette aîsant oIce de taxî.
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