Tingis café
146 pages
Français

Tingis café

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Description

À Tanger, au Grand Socco. Quand le narrateur rencontre Bachir, en haillons, traînant une infirmité de l'oeil droit qui le défigure, il lui fournit le pain et le lait pour apaiser la faim qui le tenaille. Au Tingis, où il a l'habitude de déguster le meilleur café cortado, il prend la décision de l'aider, de le sortir de sa condition de mendiant. Cet acte suffira-t-il à le réconcilier avec son passé ? Avec sa ville ? Se débarrassera-t-il de la culpabilité qu'il trâine confusément depuis qu'il a quitté les siens, en traversant le détroit sans se retourner ? Lui permettra-t-il de retrouver une liberté nouvelle ?

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Date de parution 05 novembre 2017
Nombre de lectures 6
EAN13 9782140051463
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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tranant une ïnirmïté de l’œïl droït quï le déigure, qu’ïl luï fournït le païn et le laït pour apaïser la faïm quï le tenaïlle, ïl est loïn d’ïmagïner qu’ïl vïent là de faïre la connaïssance d’un enfant de la rue, doué d’une volonté de fer, d’une ïntellïgence rare, éprïs de lïérature, aïmant se réfugïer avec délectaon dans des vïes fantasmées. Au Tïngïs, où ïl a l’habïtude de déguster le meïlleur café cortado, ïl prend la décïsïon de l’aïder, de le sorr de sa condïon de mendïant. Cet acte suîra-t-ïl à le réconcïlïer avec son passé, avec sa vïlle ? Se débarrassera-t-ïl de la culpabïlïté qu’ïl trane confusément depuïs qu’ïl a quïé les sïens, en traversant le détroït sans se retourner ? Luï permera-t-ïl de retrouver une lïberté nouvelle ?
régIon parIsIenne. Parallèlement à son méîer dans la banque, Il a culîvé secrètement le
parîcIpaîon à l’atelIer d’écrIture de MaIsons-LaiTe. Tïngïs café
Photographïe de couverture de l’auteur. ISBN : 978-2-343-13500-7 15
JNeaajinbPAirefraroeuiPisetta
Tingis café Roman
Tingis café
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Hochman (Natacha),Derrière la grille, 2017. Lévy (Odette),Les plis du temps, 2017. Moreau (Marie-Hélène),Téléréalité, 2017. Duperray (Françoise),Dans le souffle des vagues, 2017. Morin (Claude),Loin de la violence, 2017. Boxberger (Pierre),Lola ou le contrat de méfiance, 2017. Derville (Paul),Bouromka, 2017. Lebel (Dominique),Bitume ou L’enfer de la route, 2017. Gontard (Marc),Granville Falls, 2017. Estragon (Gérard),À l’étape et autres nouvelles, 2017. Henri (Christian),Marrakech photo, 2017. Jullien (Claudine),Comme un verre brisé, des éclats de mémoire, 2017. Hillion (Joël),Une île sur le fleuve, 2017. Winling (François),L’âge d’or de l’avenir, 2017. Labbé (Michelle),Le brise-lames, 2017. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Najib Arfaoui Tingis café Roman
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-13500-7 EAN : 9782343135007
A Armen Tarpinian, à qui je dois une bonne part de ce que je suis.
Chapitre I
Le jour est levé depuis un bon moment et ma tête me fait mal. La nuit, j'ai été victime d'une avalanche de rêves stupides et épuisants. La cause en est ce projet, cette aventure, le retour à Tanger, la ville que j'ai quittée cinq ans plus tôt. Un avion me déposera cet après-midi à Boukhalef, et si tout se passe bien, je pourrai enfin et dès ce soir embrasser ma famille et rire avec mes amis. Même cette agréable perspective n'arrive pas à desserrer l'étau qui encercle mon crâne brûlant. Rien n'y fait, ni la douche glacée qui me fige les sangs, ni les comprimés d'aspirine, ni un massage prolongé des tempes. Comme j'ai encore quelques heures devant moi, je cherche le calme du corps et de l'esprit allongé sur le divan, les yeux grands ouverts, fixant au plafond une petite tache noire que je n'avais jamais remarquée auparavant et qui semble se déplacer en prenant des formes variées, tantôt un papillon, tantôt un scarabée. La fatigue d'une nuit agitée aidant, mon imagination vagabonde.
Je me revois dans les années soixante, comme tous les garçons de mon âge, chemise blanche, col relevé, chevelure ondulée et gominée, pantalon gris foncé et chaussures noires bien cirées, déambulant sur l’unique boulevard, le boulevard Pasteur, avec une armée d'adolescents qui se donnaient le plus grand mal pour se montrer mauvais garçons à la façon de James Dean.
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