Tu penses à quoi, papy ?

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144 pages
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Jean-Claude Amblard, moderne septuagénaire, veut bien être grand-père, mais ne veut pas être un papy. A travers de petites scènes de la vie quotidienne d'aujourd'hui et d'autrefois, ordinateur, Ipod, 4cv Renault, bains-douches, produits cosmétiques en tous genres, douleurs et analyses de sang, musiques actuelles et chansons de naguère sont passés au crible du regard aiguisé de ce doyen d'une famille recomposée. A faire lire aux grands-pères, actuels et futurs et même aux grands-mères !

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Date de parution 01 octobre 2010
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EAN13 9782296433922
Langue Français

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PAPY
LE NOMPour lui, avec les petits-enfants, ça n’a pas bien commencé! Jusqu’à la naissance annoncée de Léa, sa première petite-fille, il avait toujours accepté sans discuter les noms, surnoms et petits noms qu’on avait pu lui donner. Mais cette fois, pour cette étape, émouvante évidemment, de sa vie, la dernière se dit-il quand il est sombre, il avait décidé de choisir lui-même, et le choix était à la fois difficile et restreint. Il craignait pépère et redoutait pépé; l’un lui semblait passif et ralenti, l’autre un peu minable et pauvret, les deux très ploucs; il n’appréciait pas davantage grand-père, assurément trop snob et réclamant une espèce de vouvoiement démodé, comme dans la vieille chanson d’André Claveau qu’il se fredonnait quand même à cette occasion : « Voulez-vous danser, grand-mère, voulez-vous valser, grand-père ? »,mais il ne voulait pas non plus d’un papy passe-partout, banal, éculé, qui l’installait à jamais dans ce troisième âge officiel où il entrait à reculons. Désirant en fait s’affirmer papy sans l’être, il avait, au prix d’une longue et silencieuse réflexion, décidé qu’on l’appellerait papou. Pour le côté vacances en Méditerranée peut-être ou pour la consonance, il voulait être papou et il avait subrepticement glissé le nom dans l’oreille attentive de sa petite-fille qui l’avait perçu, retenu sans aucun doute et presque aussitôt appliqué à son autre grand-père, lequel avait très complaisamment accepté. Il y avait donc un papou et un papy, mais papou, c’était l’autre et papy c’était lui. Pourquoi moi? se demande-t-il souvent, lorsqu’il entend ses petits-enfants babiller des papy, papy, alors qu’on dit partout conduire comme un papy, la génération des papys, le papy-boom, et autres clichés qui émoussent quand même un peu le plaisir qu’il éprouve à voir l’enfant lui sourire et lui tendre les bras.
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LE NOM~~~~~~~~ MAMY: Elle est adorable évidemment, je ne vais pas te dire autre chose, tu penses. Tiens, mais avant qu’on raccroche, je ne t’ai pas dit, mais figure-toi que Jean-Claude est presque furieux. Il voulait que la petite l’appelle papou. Tu te rends compte? Il trouvait ça plus original, il dit que maintenant tous les grands-pères s’appellent papy... Ah oui, je suis comme toi, je trouve ça plutôt cucu la praline comme nom. Alors il était là à lui dire papou par-ci, papou par-là, ton papou il va te donner ceci et faire cela, je t’assure, encore plus gâteux que nature! Et alors il est plutôt déçu, parce que c’est Jacques, tu sais bien, le père de Pascal, qu’elle appelle papou ! et lui, Jean-Claude, elle l’appelle plutôt papy! Tu vois le tableau ! ... Ça te fait rire, mais il en ferait presque une crise. Il dit que c’est nul, parce que Papy ça veut dire vieux, que les papys c’est les vieux, conduire comme un papy, des voyages pour les papys, des trucs comme ça. Moi je lui dis que papou ou papy, s’il est grand-père c’est qu’il n’a plus vingt ans et qu’il n’a pas besoin d’avoir l’air tarte en plus avec son papou... Moi? C’estDany, et je suis très contente... Ah oui, comme tu dis, Papounet, ça aurait été le comble ! ~~~~~~~~
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