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Un Cadavre à la barre

De

Au départ de la Route du Rhum, la grande course au large, la mort rôde sur les quais de Saint Malo...


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Epub cover

Contenu

  1. Chapitre 2
  2. Chapitre 3
  3. Chapitre 4
  4. Chapitre 5
  5. Chapitre 6
  6. Chapitre 7
  7. Chapitre 8
  8. Chapitre 9
  9. Chapitre 10
  10. Chapitre 11
  11. Chapitre 12
  12. Chapitre 13
  13. Chapitre 14
  14. Chapitre 15
  15. Chapitre 16
  16. Chapitre 17
  17. Chapitre 18
  18. Epilogue
  19. Vous aimez la mer ?
  20. Nos livres sont pour vous...

Chapitre premier

Le quai des Corsaires, à proximité du poste de déchargement des phosphates diffusait une lumière orangée, émise par les éclairages au sodium. La bruine d’octobre se piquait maintenant d’éclats bleus et blancs. Une demi-douzaine de fourgonnettes clignotantes stationnaient à côté d’un vraquier en cours de chargement.

Le lieutenant de police Jacquel, mal réveillé, s’emmitouflait dans son parka en contemplant l’eau huileuse agitée par les bulles des hommes-grenouilles. Le policier, contraint de se lever à quatre heures du matin, s’était habillé en quelques minutes. Hirsute, pas rasé, il se disait qu’il aurait dû choisir d’entrer dans les douanes.

Un imposant camion-grue éclairé comme un sapin de Noël venait de se mettre en position le long du quai, à côté de la camionnette du SAMU, lorsque le premier plongeur ressortit. Ôtant son masque, l’homme-grenouille déclara à la cantonade :

— Le véhicule est sur le toit, envasé jusqu’à mi-portière... impossible d’y accéder. Il y a un type à l’intérieur.

A priori, il est seul, faut remonter la voiture, on est à quinze mètres de fond.»

Aussitôt, on lui passa les crochets et le camion-grue se mit en position, câble déployé. Un quart d’heure plus tard, une Volvo break se balançait au-dessus du quai en déversant de l’eau, de la vase et des algues.

L’immeuble haussmannien de la rue de Châteaudun, situé dans le neuvième arrondissement de Paris offrait une blancheur virginale au regard étonné de Loïc Kermadec.

Depuis plus de six mois, l’enquêteur chargé de vérifier les sinistres de la compagnie d’assurances "Défense et Sauvegarde Traditionnelle", se faufilait entre des poteaux métalliques, des bâches et des liquides blanchâtres, pour atteindre l’interphone du porche d’entrée.

Loïc constata avec satisfaction que le bruit de la circulation n’était plus couvert par le rugissement des compresseurs. Le ravalement était enfin terminé. Cette amélioration des conditions de travail allait certainement avoir des influences positives sur le caractère de son chef de service, Hermione Pinçon, que la durée des travaux avait rendue plus acariâtre que de coutume. L’ascenseur qui n’avait pas bénéficié de la cure de rajeunissement offerte à l’immeuble de la société l’emporta, en grinçant, au quatrième étage réservé aux chefs de service. Il en profita pour s’observer dans la glace qui lui faisait face.

Les cheveux châtains mi-longs, les yeux vert clair, un bon mètre quatre-vingt il n’affichait pour le moment qu’un léger embonpoint. Il se savait séduisant mais tempérait son charme naturel par une timidité en désaccord avec sa profession. Le jeune homme se dit qu’à trente ans, il avait toute la vie devant lui... Il se fit une dernière grimace, découvrant ses dents régulières, avant que la cabine ne s’immobilise.

Sur le palier il introduisit sa carte à puce dans le lecteur de la porte blindée. La caméra vidéo, dissimulée dans les moulures du palier, compara les informations et satisfaite, déverrouilla la porte d’entrée.

— Bonjour Loïc, lui susurra Ingrid, la réceptionniste, une jolie blonde en tailleur grège et au décolleté avantageux souligné par une blouse de soie bleue. Elle lui fit silencieusement voir sa montre et lui désigna la deuxième porte au fond du couloir. Simultanément, elle annonçait son arrivée à Madame Pinçon.

Le jeune homme parcourut, au pas de course, la distance qui le séparait de l’antre de son chef de service. La porte s’ouvrit avant qu’il n’ait eu le loisir de frapper.

– Alors Kermadec, c’est quoi l’excuse aujourd’hui une grève, des embouteillages, une mauvaise digestion, les travaux qui vous ont empêché d’atteindre l’interphone ou votre paresse congénitale qui vous empêche de vous lever avant neuf heures du matin ? Il est dix heures trente et vous êtes censé commencer à huit heures quarante-cinq.

— Madame, avec les trente-cinq heures je débute à…

Elle le coupa sèchement :

— Ah oui ! La récupération du temps de travail vous permet d’officialiser vos horaires fantaisistes et de profiter de la mansuétude de la Compagnie pour éviter de passer quelques heures par semaine dans votre bureau ! Vos statistiques ont six mois de retard et la direction n’apprécie pas cette forme d’anarchie qui peut bouleverser le calcul de nos primes et mettre en péril notre société centenaire.»

Loïc, tout en affichant une mine contrite et attentive, attendait que sa chef de service finisse sa diatribe. Il était habitué aux récriminations permanentes d’Hermione Pinçon, une vieille fille célibataire de cinquante-quatre ans au visage et au corps anguleux. Les cheveux blancs coupés court, toujours vêtue d’un tailleur-pantalon gris, Hermione avait deux passions : la société d’assurances qui l’employait depuis trente ans et un perroquet nommé Arthur qui partageait sa vie depuis vingt-deux ans.

Dirigeant le service "Enquêtes" qui contrôlait les sinistres déclarés par les clients de la Défense et la Sauvegarde Traditionnelle, elle détestait donner son accord au paiement des indemnités lorsqu’aucune fraude n’avait été découverte.

Incorruptible, intègre et têtue, elle régnait sur une équipe de trois enquêteurs qu’elle envoyait vérifier le bien-fondé des remboursements demandés.

Les dizaines de millions qu’elle avait permis à la compagnie d’éviter de rembourser indûment lui donnaient un statut privilégié dans la société. Elle ne dépendait que du président.

— Vous m’écoutez, Kermadec, ou vous préférez aller vous recoucher avant de passer à l’A.N.P.E. ?

Loïc brutalement ramené à la réalité fixa les yeux gris de sa chef et balbutia :

— Je... je vous écoutais mais… je réfléchissais.

— Et bien, vous allez pouvoir exercer votre sagacité : nous venons de recevoir la demande de remboursement d’une assurance-vie de cinq millions de francs. La victime s’est noyée en tombant avec sa voiture, il y a dix jours, dans un bassin du port de Saint-Malo. Il s’agit d’un architecte naval couvert de dettes. La police a été souscrite il y a six mois. C’est sa femme qui en est la bénéficiaire. Tout ceci sent l’arnaque. Le dossier vous attend au secrétariat.

— Que conclut l’enquête ? hasarda Loïc .

— Mort accidentelle, comme d’habitude. Le Ministère de l’Intérieur ne paie pas les remboursements d’assurances. Ils s’en foutent et bâclent leurs enquêtes sans penser qu’ils peuvent nous ruiner.

Bon, vous allez partir ce soir pour Saint-Malo. Installez-vous où vous pourrez et faites-moi signe.

Elle ajouta perfidement :

— N’oubliez pas de prendre un duvet vous allez certainement dormir dans votre voiture. Tous les hôtels sont complets avec les préparatifs de la Route du Rhum.

Chapitre 2

Loïc, au volant de sa 206 cabriolet grise, regarda la montre digitale qui affichait dix-neuf heures. Après avoir mentionné « à l’intention de Dorothy », sa compagne, sur le tableau noir de la cuisine "Mission importante à Saint-Malo. Bisous, te téléphonerai ce soir", il avait quitté son appartement de la rue Poncelet dans le dix-septième arrondissement, à quatorze heures.

Enfermé dans sa cage en osier, depuis tout ce temps, Mi-Août, son chat, commençait à miauler d’impatience. L’animal dont le nom s’expliquait par sa naissance trois ans plus tôt le 15 août, l’accompagnait dans tous ses déplacements. Discret, doué d’une intelligence ou d’une chance étonnante, il avait souvent aidé involontairement le jeune homme dans ses enquêtes. Le chat noir aux yeux verts adorait explorer les nouveaux endroits pleins d’odeurs et de surprises où le travail de son maître l’emmenait. Son instinct lui avait appris les moments où il devait se faire invisible et sa patience de chat était souvent mise à l’épreuve. La récompense de sa sagesse se manifestait par l’ouverture d’une délicieuse boîte de filet de thon blanc à l’huile d’olive. Confiant dans sa bonne étoile, Loïc n’avait pas emporté de duvet.

Après un bref arrêt à l’office de Tourisme à proximité du port de plaisance et de la porte Saint-Vincent, il eut la chance de bénéficier d’une annulation. Il put se loger à l’hôtel de l’Univers, place Chateaubriand. Un établissement dont le bar avait abrité le siège du Yacht-Club malouin pendant des décennies.

La chambre claire meublée de deux lits jumeaux décorée de gravures marines, était dotée d’une salle de bain surdimensionnée et donnait sur la place, face au château pavoisé. Le chat et lui prirent possession des lieux avec satisfaction. Mi-Août fut abandonné devant une boîte au suprême de volailles et un bol d’eau malouine sans oublier les toilettes portatives félines. L’enquêteur après avoir salivé devant la carte du restaurant sortit sur la place Chateaubriand.

L’animation, malgré une petite pluie fine, était à son comble. Les cirés et les doudounes se croisaient dans le vieux Saint-Malo intra-muros. On s’interpellait dans toutes les langues. Le départ de la Route du Rhum dans vingt jours donnait déjà la fièvre à la cité Corsaire. Une quarantaine de voiliers stationnaient sur les bassins Vauban et Dugay-Trouin dans une cacophonie de drisses métalliques. On s’affairait sur les multicoques et les monocoques à la lueur de projecteurs halogènes.

Les touristes filmaient et photographiaient. Malgré la nuit tombée, ils s’imaginaient barrant l’un de ces gigantesques catas ou trimarans face à de monstrueuses déferlantes.

Loïc décida de rentrer dîner et de déguster le somptueux plateau de fruits de mer qu’il avait découvert, illustré, sur la carte. Il téléphona à la veuve de l’architecte et ne put que laisser un message à un répondeur anonyme. Il se consacrerait à son enquête dès le lendemain matin.

Sa conscience professionnelle apaisée, il dégusta le tourteau, les langoustines, les crevettes, les bulots, les amandes et les huîtres du plateau de fruits de mer royal qu’il avait commandé. Une demi-bouteille de Muscadet sur lie compléta ses agapes qu’il termina par une crêpe Suzette.

En sortant de table il eut envie d’aller faire un tour au bar de l’hôtel. Le bar de l’Univers avait été, de 1900 à 1970, le siège du Yacht-club malouin.

Les murs étaient couverts de trophées : rostre de poissons-scies, carapaces de tortues géantes, dents de cachalots, maquettes, casque de scaphandrier et surtout une pléiade de photos jaunies, en noir et blanc, où figuraient les plus grands marins qui avaient sillonné le globe.

Les vieux solitaires - qui ignoraient le sponsoring - arboraient des mines de gamins espiègles ou des regards sévères sur fond de cocotiers et de quarantièmes rugissants.

Le bar était bondé comme un métro à l 'heure de pointe. On s’interpellait dans une odeur de laine mouillée et d’alcool. Il eut la bonne surprise, après avoir commandé un cognac, de se voir proposer du Delamain. Il réussit à s’installer parmi une tablée de plaisanciers locaux.

La conversation portait sur les chances des catamarans surdimensionnés qui allaient prendre part à la course. Au bout de quelques instants Loïc posa la question qui lui brûlait les lèvres :

— Vous connaissez peut-être Francis Vermulen, l’architecte naval ?

Les quatre hommes et la femme qui étaient à la table devinrent silencieux.

— Qui êtes-vous ? lui demanda la jolie brune d’une trentaine d’années qui portait un ciré jaune ouvert sur un pull marin.

— Je suis chargé du marketing de la compagnie d’assurances "Défense et Sauvegarde Traditionnelle" et mon président aimerait négocier une participation de dernière minute afin de figurer parmi les sponsors de la course.

— Mais pourquoi contacter Francis Vermulen, reprit la jeune femme ? Les dévoreurs de budget ne manquent pas. Tous les skippers vous feront un emplacement publicitaire du moindre morceau de bateau vierge de publicité.

— Notre investissement correspond à une queue de budget que nous devons utiliser avant la fin novembre, pour des raisons comptables. Le montant disponible n’est pas très important. Le choix de Francis Vermulen, l’architecte naval a été réalisé, quinze jours après la demande de notre président, en lisant une interview de lui dans Libération.

— Monsieur, vous ne connaissez rien au monde de la course en mer, je suppose, affirma la jolie brune en secouant sa chevelure ébouriffée. Autrement vous sauriez que l’architecte ne choisit pas les sponsors. C’est le skipper qui décide, c’est lui le chef de projet. Vous devez aussi lire les journaux en dédaignant les faits divers ! Ce qui vous a fait rater quelques lignes importantes : Francis Vermulen est mort, il y a une dizaine de jours.

— Madame, je suis confus, c’était peut-être un de vos proches ?

— Non, mais je le croisais sur les quais et au Yacht-club. Je n’avais pas une grande sympathie pour lui mais je n’aurais jamais souhaité la mort stupide qu’il a eue.

— Que lui est-il arrivé ?

— Il rentrait tard en longeant le quai des Corsaires à côté du poste de chargement des vraquiers de la Timac et il est tombé dans le port avec sa voiture. Les dockers et les matelots qui s’occupaient du chargement ont entendu le bruit de la voiture qui tombait à l’eau mais ils ne l’ont pas vue arriver.

— Les secours ont été prévenus tout de suite, ils n’ont pu rien faire ? interrogea Loïc ?

— Le bassin, pour permettre aux gros cargos de manœuvrer atteint par endroits dix-huit mètres de fond. Les hommes-grenouilles des pompiers sont arrivés dans les dix minutes. Ils n’ont pu remonter la voiture, avec l’aide d’un camion-grue, que trente minutes plus tard. Il était déjà mort et les tentatives de réanimation ont échoué.

— Je vous remercie de vos renseignements. Si je vous en crois, je pourrai proposer notre participation au skipper que je ne connais malheureusement pas. J’avais juste eu un premier contact informel avec feu monsieur Vermulen.

— Écoutez, Monsieur…

— Loïc Kermadec, dit-il, en tendant sa carte de visite.

— Monsieur Kermadec donc, je connais très peu Karl Hottenbaden, le skipper, mais je puis vous le faire rencontrer.

— Je vous remercie et je serais ravi de vous inviter à déjeuner demain midi, en tout bien tout honneur.

La jeune femme eut un sourire charmeur et dit :

— Pourquoi pas, Monsieur l’assureur.

Les quatre hommes qui occupaient la même table n’avaient pas participé à la conversation et semblaient se désintéresser totalement des propos de leur compagne. C’est lorsqu’ils se levèrent avec un vague signe de tête en guise d’au-revoir que Loïc réalisa que son interlocutrice était seule.

— Je ne connais pas votre nom.

— Je m’appelle Anne-Marie Le Calvez et suis correspondante du Télégramme de Brest et de différents magazines parisiens.

Loïc lui tendit la main chaleureusement et lui proposa un dernier verre.

— Non, merci, Monsieur l’assureur, je serai ravie de vous aider et de déjeuner avec vous demain. Je dois rentrer, ma fille m’attend. Dans quel hôtel êtes-vous descendu ?

— Mais, ici à l’Univers, sourit Loïc un peu déçu par la vie familiale accaparante de son interlocutrice.

— Je vous souhaite une bonne soirée monsieur Kermadec et, si vous le désirez, nous nous retrouvons demain à onze heures dans le hall de l’Univers.

— D’accord avec plaisir et bonne soirée, à vous aussi, ajouta-t-il perfide.

En se rapprochant du bar, moins encombré, il remarqua l’énorme service à punch en argent. Au moment de régler son cognac, il découvrit les différentes pintes de bière du même métal accrochées au mur. Il remarqua que les jeunes barmen du début de soirée avaient été remplacés par un septuagénaire à l’élégance discrète. Il régla sa consommation et nota l’air amusé de l’homme :

— Ils vous ont servi un cognac... mieux un Delamain.

— C’est moi qui l’ai demandé. J’apprécie la Rolls des cognacs.

Surpris, le vieux barman approuva :

— Seuls les étrangers boivent du cognac et plus personne ne connaît le Delamain. Pour une fois que je rencontre un amateur de votre génération, permettez-moi de vous en offrir un autre.

Loïc hésita puis accepta. Après tout, il dormait à l'hôtel, juste au-dessus.

Le bar était pratiquement désert. Le barman s’était lui-même servi un petit verre ballon.

— Excusez-moi, Monsieur, d’être indiscret. Vous êtes en vacances ou vous travaillez pour la Route du Rhum business ? Vous comprenez, je suis retraité mais j’ai travaillé quarante ans de ma vie dans ce bar lorsque c’était celui du Yacht-club. J’ai connu les plus

grands : les vrais aventuriers. Maintenant, c’est autre chose, l’argent est roi mais il reste les hommes. Certains peuvent gagner avec de faibles moyens. C’est pourquoi tant que j’en suis capable je reviens faire des extras au moment de la Route du Rhum.

Amusé et intrigué par le côté compassé du vieil homme, Loïc répondit :

— Je suis venu proposer un peu d’argent à un skipper pour qu’il inscrive le nom de notre société sur son bateau.

— Je vois, reprit le barman. Vous voulez faire de la réclame pour votre marque. Je me demande si ça marche ce genre de publicité. Je ne sais pas ce que vous vendez mais moi je ne vais pas changer de mousse à raser parce que j’aurais vu, à la télévision, une autre marque sur la voile du gagnant.

— Nous sommes une compagnie d’assurances et nous cherchons un skipper valable que pensez-vous de Karl Hottenbaden ?

— Le jeunot qui vient du Luxembourg ! Il a eu un gros pépin dernièrement, l’architecte qui lui avait dessiné son bateau est mort noyé dans le port au volant de sa voiture.

— En quoi cela compromet-il les chances du Luxembourgeois ? Le bateau est achevé et l’architecte a fini son travail.

— Ce n’est pas aussi simple. Je sais que Francis Vermulen était associé avec Karl Hottenbaden pour cette Route du Rhum. Ils étaient même trois à avoir réuni leurs compétences et leurs sous pour réaliser "Hôtel Resort" leur trimaran.

— Quel est le troisième interrogea Loïc ?

— Un Malouin celui-là, Yves Marec, un jeune ingénieur qui devait travailler à Météo France. Il a préféré devenir le routeur et l’associé de l’équipe. Mais la rumeur qui circule autour des bassins prétend que le trimaran n’a pas tout son accastillage. Son budget de 6 millions de francs serait insuffisant et ne lui permettrait pas de prendre le départ, mais vous savez les rumeurs…

Loïc s’aperçut qu’ils étaient seuls dans le bar. La pendule indiquait deux heures...