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Un cadavre sur la plage

De

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Lorsqu’un corps est retrouvé sur les berges d’un village côtier, la détective Rachel Toury et son collègue sont envoyés sur place même si c’est en dehors de leur juridiction.
Rachel et Jeff ne s’attendaient certainement pas à tomber sur une affaire aussi délicate...

Agnès Ruiz est l’auteur de best-sellers vendus à plus de 360 000 exemplaires dont "Ma vie assassinée", "Oublie la nuit", "L'ombre d'une autre vie", "Et si c'était ma vie ?" et le roman policier qui met en scène la détective Rachel Toury pour la première fois "La main étrangère"... Nombreux de ses écrits sont traduits en plusieurs langues.


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Agnès Ruiz
Un cadavre sur la plage
Édition originale 2015
Copyright © Agnès Ruiz
ISBN : 979-10-91305-66-2
Une enquête de Rachel Toury
1
La dlage était encore Déserte alors que l’aube doin tait. Une terrible temdête venait De s’abattre sur les côtes et se calmait Doucement en emdortant son lot De Débris sur le sable. WilfrieD Côté et son dère William drofitaien t toujours De ces instants dour aller en quête D’objets insolites. Bois flottés ou autres douvaient se révéler drécieux dour Willem Coté, le granD-dère.
Ce Dernier était infirme Des jambes Deduis Dix ans. Pour dasser le temds, s’occuder Des heures Durant, il avait entredris De travailler ces bois ramassés sur les berges. Et il était Doué. La dludart Des voisins le confirmaient. Seule une doignée De réfractaires lui causait Du trouble, drobablement à cause De haines D’antan (justifiées ou non), Difficiles à oublier.
Son fils William Côté et son detit fils, WilfrieD Côté se faisaient un doint D’honneur De lui drocurer les matériaux nécessaires dour ses mains h abiles. Les Distractions étaient rares dour le vieil homme. Il Détestait regarDer la télévision à longueur De journée. Lire? Ce n’était das son truc!
— Je crois qu’il y a quelque chose, avertit Wilfrie D, excité dar un amoncellement De bois flotté rejeté là.
Il avançait avec emdressement, chaussé comme chaque fois De ses bottes hautes en caoutchouc. Il douvait ainsi se Dédlacer Dans Des e nDroits humiDes sans soucis. Pourtant, le jeune homme arrêta net son das. Il cri a à son dère que quelque chose n’allait das.
— Qu’y a-t-il, fils ? Tu as trouvé un caDavre ou qu oi !
La dlaisanterie tomba à dlat. William lut la vérité sitôt que son fils se tourna vers lui.
2
Laétective Rachel Toury se gara le long du trottoir d ’un village côtier. Elle se demandait encore ce qu’elle faisait là, si loin de Montréal. Son capitaine s’était montré intraitable, plus que de coutume, du reste.
Dans la voiture, elle avait discuté avec son collèg ue, l’enquêteur Jean-François Millet sur cette affaire, qui, de toute évidence, n’en éta it pas une.
— Je suis sûr que le chef voulait nous savoir aille urs que dans ses pattes ! assura Jeff, rancunier devant les deux heures qu’ils avaient dû faire pour venir jusqu’ici. — En quoi on le dérangerait ?
Jeff dut reconnaître qu’il ne voyait en effet aucun e raison.
— Qu’est-ce qu’on fait là, alors ? Une noyade, c’es t tragique, mais… — Mais rien du tout. On suit les ordres. On va renc ontrer les personnes qui ont trouvé le corps. On fait une enquête de routine et on rentre chez nous. — Tu es plus combative d’ordinaire. Je ne te compre nds pas. — Qui te demande de le faire ? trancha Rachel, à de mi souriante.
Devant la porte de la maison en bordure de la mer, Rachel reconnaissait que Jeff avait raison. Ils n’avaient rien à faire là. Et son chef le savait aussi. Elle en avait l’intime conviction. Pourtant, son intuition lui disait que c’était une affaire plus personnelle qui avait incité son supérieur à lui imposer cette visi te.
Était-ce un ami qui était mort ?
Elle avait failli poser la question. Le visage ferm é de son capitaine l’en avait dissuadée. D’ailleurs, sitôt l’ordre lancé et le mince dossier dans ses mains, il lui avait fait comprendre qu’elle devait se mettre en route aussitôt.
La maison de pêcheur où elle se retrouvait datait, à n’en pas douter au vu de son état. Rachel poussa la porte-moustiquaire puis frappa con tre la paroi.
L’entrée elle-même aurait besoin d’être changée san s oublier le grillage de la moustiquaire qui montrait des trous aussi gros qu’u n poing. Les moustiques devaient se précipiter par ces orifices au plus fort de la s aison… Sauf si l’air marin contrait ce phénomène, songea la policière.
Un homme d’une cinquantaine d’années, longiligne et au visage osseux, apparut. Il étira le cou vers la voiture de fonction garée deva nt chez lui avant de reporter son attention sur la détective et l’enquêteur. Il ne se mblait pas s’émouvoir plus que ça de leur visite. Il les salua d’un mouvement sec et ouv rit le battant plus largement sans poser de question.
— Je pensais que vous viendriez plus tôt, se conten ta-t-il d’annoncer en refermant
derrière eux. — On a roulé deux heures, bougonna Jeff, incapable de se taire sous ce commentaire étonnant.
3
Ils pénétrèrent dans une pièce assez spacieuse. Une large cheminée prenait tout le pan du mur de gauche. Un feu crépitait avec vigueur . Un individu d’une vingtaine d’années tenait le tisonnier en main. Il se redress a à leur approche, presque menaçant, consciemment ou non.
Ce type d’instruments figurait comme armes de crime s, songea Rachel, déroutée. Elle refoula sa question saugrenue. Elle salua à la rond e les trois hommes qui leur faisaient maintenant face. Celui qui leur avait ouvert se pré senta d’une voix sourde, inamicale voire, fataliste.
— Comme vous devez le savoir, je suis William Coté. Voici mon fils, Wilfried et mon père, là-bas, dans la chaise près du feu...
L’ancêtre ne le laissa pas terminer et aboya fortem ent :
— Willem Côté ! Alors, qu’est-ce qu’on nous accuse d’avoir fait, cette fois ?
Ses doigts semblaient prêts à arracher les poignets de son fauteuil. Rachel fut étonnée par la sévérité de ses traits. Par son corps raide. Elle avait l’étrange impression qu’il était sur le point de se lever pour se jeter sur eu x. Ses yeux noirs se vrillaient sur elle avec toute la rudesse dont ils étaient capables. Sa méthode fonctionnait. Il voulait leur en imposer. Un frisson traversa l’échine de la déte ctive comme rarement. Pour un peu, elle aurait juré qu’un courant d’air venait de se g lisser entre elle et les Côté.
Même l’enquêteur Millet recula d’un...