Un concert à Cherchell

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Français
374 pages
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Description

Dans cette ville chargée d'histoire, l'auteure, du regard de l'enfant qu'elle était à Cherchell, et de la mémoire qu'elle porte à travers une saga familiale, balaie plusieurs générations. Jalons de cet itinéraire, les demeures familiales, au sein desquelles déambulent les différents personnages, sont plantées dans un environnement coloré, riche, empreint d'une culture et d'un art de vivre existant bien avant l'Occupation française, et dont l'art culinaire et la musique arabo-andalouse constituent la clé de voûte.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de lectures 69
EAN13 9782296514980
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

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Un concert à Cherchell récIt
UN CONCERT À CHERCHELL
Nora Sari UN CONCERT À CHERCHELL L’HARMATTAN
Photo de couvertureMme Ould Baba Ali Saliha, épouse Mohammed Sari
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00244-6 EAN : 9782336002446
« La nostalgie est un poison ; elle rend le présent invivable. » ALEXANDRENAJJAR
DÉDICACEÀ Mayssa et Anis, mes petits-enfants. À tous les miens. À tous les Cherchellois d’Algérie et d’ailleurs. À la mémoire du Marchand d’alphabet, de mon parrain, le cheikh Ahmed Ibnou Zekri, de Dahmane Ben Achour, de Yamina-Biza Ayadi, dont l’annonce du Mal a suscité l’écriture de ces textes.
- 1 -DAR EL HAKEM Eté 1952 Yamina Yousfa jette d’un geste ample sonhaïk zenqa sur ses épaules. Des deux mains, elle pince le milieu de chaque pan, à gauche, puis à droite, qu’elle coince sous son aisselle gauche, puis elle se couvre la tête et, croisant les doigts, imprime deux plis en oblique autour de l’œil droit, ne laissant à la vue qu’un triangle de la taille de l’œil. Un triangle plus grand, découvrant ne serait-ce qu’une ébauche de sourcil, trahirait une légèreté d’attitude des plus inconvenantes. Son aînée Fatmezohra habite à deux ruelles de l’impasse. Aujourd’hui, c’est jour de grands préparatifs ; demain, les invités d’Alger, de Blida, de Miliana et de Cherchell seront là, et Dar Sidi Hakem est la plus appropriée pour servir de maison d’hôte. D’un pas cadencé et lent, alourdie par son poids, se déhanchant d’un côté puis de l’autre, elle sort de l’impasse, bifurque à gauche, puis à droite, longe le four banal qui réchauffe tout au long de l’année le hammam construit au-dessus du four, par son époux, trente ans auparavant, puis pousse l’un des battants de la porte attenante, et rentre chez sa fille, Fatmezohra. Dar El Hakem est une jolie maisonnette, petite, modeste, mais chaleureuse et conviviale, à l’architecture hispano-mauresque avec, comme toutes lesdouérettede la cité, une cour carrelée d’azulejos et dont les quatre côtés s’ouvrent vers les chambres de différentes tailles. A l’angle nord-est du patio, une treille hardie et volontaire s’élance à la conquête des murs, s’agrippant de toutes ses griffes, enroulées tels des grappins de flibustiers allant à l’abordage vers les terrasses voisines. La chambre mitoyenne au hammam subit en toutes saisons les assauts caniculaires émanant du four, et, naturellement, cette pièce prit le nom de Chambre chaude. La plus grande pièce fait face au long vestibule, en forme de L, qui donne accès au bain par un étroit escalier en arc de cercle. C’est la chambre à coucher du couple et qui sert, à l’occasion, de salle de réception, ainsi que de suite réservée aux invités et aux hôtes de marque. Au centre, une porte à deux battants, et de part et d’autre, deux fenêtres ouvrant sur le patio à ciel ouvert, surmontées d’arcs en accolade. Ce salon occupe l’un des quatre côtés du patio. Etroite et longue, la pièce est meublée avec simplicité et raffinement à la fois. Un long canapé, supportant des matelas en laine recouverts de velours fleuri, court le long du mur, alignant en dossiers une douzaine d’oreillers
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