Un pan de vie
160 pages
Français
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Description

Un pan de vie met en scène Salif Diarra qui, grisé par la réussite après qu’il est devenu directeur national des impôts, s’adonne à une vie vagabonde avant d’atterrir en prison : il y apprendra les leçons de sa vie. Un pan de vie s’ouvre sur ces élus qui détournent l’argent des contribuables pour acheter une belle maison, une grande voiture et avoir de belles maitresses. Salif Diarra, enseignant au lycée et mari attentionné, devient militant du parti La renaissance. Il va très vite gravir les échelons : de simple militant à, tour à tour, secrétaire général de sa section puis coordinateur en chef adjoint des commissions d’organisation pour la réussite des élections présidentielles auxquelles son parti présente un candidat.Grâce à ses dons d’orateur et sa grande imagination, soutenu par son épouse Salimata, il va jouer des coudes et s’assurer les bonnes grâces de Touré, le président du parti et candidat aux élections présidentielles. Une fois au pouvoir, ce dernier nomme Salif Diarra au poste de directeur général des impôts.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2018
Nombre de lectures 3
EAN13 978999528433X
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

UN PAN DE VIE
Roman
OUMAR DEDEOU
UN PAN DE VIE
Roman
INNOV EDITIONS Tous droits réservés Siège social: Route de Sotuba, près de l’Ex MINUSMA, Bamako,Mali E-mail : manuscritinnov@gmail.com Tel:(223) 76 04 87 63 / 98 94 14 14 ISBN: 978-99952-84-33 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Mali 2018
PREMIÈRE PARTIE
LE DÉCLIC
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Oumar Dédéou
— « Comment satisfaire tous ces convives ? » — « Que doisje faire pour accueillir ces hommes et femmes importants qui seront de la partie ? »  Salif Diarra se posait un tas de questions car pour la pre mière fois il devait recevoir chez lui, le chef du parti la Renais sance et d’autres personnalités importantes, à l’occasion de la cérémonie de baptême de son second enfant.
Au moment où il réfléchissait, le soleil commençait à s’in cliner vers le couchant pour recouvrer son lit doré. La visibilité, à cet instant, était réduite par une poussière grisâtre confuse à la fumée dégagée par les engins qui s’affairaient dans le quartier. Cette atmosphère ambiante contrastait avec les cris des enfants qui jouaient à différents jeux, près de la petite cour contiguë à celle qu’habitait Salif Diarra et sa femme Salimata, des cris qui se mêlaient très souvent aux cocoricos des coqs et aux bêlements des multiples moutons du voisinage.  De l’autre côté de la cour, à l’extérieur, sous l’ombre genreux des murs vespéraux, le mari de Salimata seul, habitué à ce climat, assis tranquillement sur une chaise et une autre posée devant lui soutenant ses pieds – Il aimait cette façon de s’assoir qui lui as surait confort et confiance – Un stylo et un blocnotes en main, de temps à autres il griffonnait quelques notes puis s’arrêtait par intermittence pour réfléchir et finaliser son projet, avant l’arrivée des autres membres du ‘‘grin’’. Il faisait des calculs et des prévi sions pour mieux réussir ‘‘le grand jour’’ qu’il attendait depuis toujours. Il voulait que tout soit parfait, jusqu’aux moindres dé tails.
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Un pan de vie
‘‘La présence du chef du parti’’, voilà pourquoi il dénommait le jour de la cérémonie de baptême ‘‘le grand jour’’. Le dernier mot de son monologue coïncidait avec l’arrivée de Karim.
— Donc tu parles seul, Salif ! déclara Karim qui s’appro chait — Non, pas du tout ! j’étais juste en train de faire quelques prévissions quand tu arrivais. — Ah, oui ! Le baptême se prépare, j’imagine. — Bien sûr, surtout que ce baptême est spécial. — Ah, bon ! — Oui ! — Et qu’estce qui le rend si spécial ? — C’est une surprise, tu verras. — D’accord… j’ai hâte de découvrir cette surprise qui, vrai semblablement, te rend joyeux et nerveux à la fois. N’estce pas un paradoxe ? — Bon écoute, j’ai quelques courses à faire. Je vais dire à un enfant de la cour de t’apporter les théières et nous, nous allons nous reprendre ce soir après le dîner.
Salif quitta Karim sans vouloir étendre le débat avec lui et se rendit au marché de bétail où l’attendait Alpha, un vieil ami, avec qui il voulait acheter un bélier digne de ce nom pour le bap tême, avant la tombée de la nuit.
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Oumar Dédéou
Voilà déjà cinq jours, que Madame Diarra Salimata a accou ché pour la seconde fois d’un petit garçon. Un accouchement de plus qui avait procuré au jeune couple Diarra un bonheur intense et qui avait constitué par la même occasion une réponse fulgurante à toutes les mauvaises langues qui s’ingéraient dans tout ce qui ne les regardait pas, singulièrement à ceux qui s’im misçaient dans leur couple.  En effet, le couple Diarra avait passé cinq longues annéesde vie commune sans qu’il n’y ait aucun signe de grossesse chez Salimata. Cette situation d’infertilité inquiétait particulièrement Madame Diarra qui voyait son mariage menacé par cette réali té complexe et involontaire. Les femmes du quartier ne taris saient pas de propos sarcastiques à son encontre. À la première circonstance Salimata était raillée. Elle a été traitée de tous les noms : «femme stérile, femme sans semence, femmeà la féminité incomplète »et d’autres méchancetés de ces genres.  La famille de Salif, surtout ses deux sœurs, Hawa et Fatou, mettait une grande pression sur leur frère pour qu’il se cherchâtune autre femme qui pourrait leur donner un héritier au moins, qui va assurer la continuité de leur lignée. Etant donné que Salif était le seul garçon de sa famille donc l’inquiétude était tropélevée.  En dépit de tous ces critiques à son égard, Salimata restait toujours sereine car elle a le soutien de son mari et celui de sa famille et chaque fois que son inquiétude grandissait, elle se rap pelait ces propos tenus par sa mère, un jour qu’elle manifestait sa lassitude face à cette situation devenue insupportable : « arrête de te morfondre ma fille, si une chose ne s’est pas encore réalisée dans ce bas monde cela veut dire que son heure n’est pas arrivée. Je te donne ma parole et ma bénédiction de mère : s’il est vrai que
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Un pan de vie
le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest et s’il est vrai que j’ai toujours été fidèle à ton père depuis notre première rencontredatant de plus de trente ans, tu enfanteras pour Salif ». Au souve nir de ces propos elle récupère en énergie et affronte, encaisse ou esquive les coups que cette vie impitoyable lui donnait.  C’est au cours de leur sixième année de vie conjugale qu’un jour, au petit matin, Salimata sentait des vertiges, ses seins étaient plus lourds et plus sensibles que d’habitude, elle souf frait d’anorexie et tout cela était couronné par des nausées et des vomissements. Malgré qu’elle ne se sente pas bien, son cœur jubilait…  Quelle était cette joie interne qui se manifestait dans un moment de peines ? Sans chercher à répondre à cette question cruciale, Salimata se rendit au centre de santé le plus proche pour se faire consulter.  Après qu’elle eût été consultée, le docteur lui dit :
— Rien de grave ! et… toutes mes félicitations, Madame Diarra, vous êtes enceinte de six semaines.
 A entendre cette nouvelle, elle n’en revenait pas. Salimata ne savait pas à cet instant précis comment manifester sa joie. Elle resta bouche bée, très soulagée, elle laissa apparaitre un pe tit sourire qui confirmait toute la sensualité de ses lèvres suaves. C’est après ce petit instant de paix intérieure qu’elle dit : « mer ci docteur ». A ces mots, elle s’adossa sur la chaise et pensa à toutes les peines qu’elle avait endurées pendant sa longue période d’infertilité : les moqueries, les railleries, les paroles piquantes ou choquantes, surtout les propos qu’avait tenus sa voisine Aissata, un jour quand cette dernière avait vu sa fille pleurer dans les
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